Le 19 septembre 2007 - « M. et Mme Untel sont les heureux parents dâune fille/garçon nĂ© dans leur foyer ce jour. Le baptĂȘme est prĂ©vu tel jour Ă tel endroit », « La rĂ©union de notre Amicale des anciens de la promotion est convoquĂ©e tel jour ». Il nâest pas rare de recevoir de tels messages sur votre tĂ©lĂ©phone portable, faisant de cet instrument non pas un objet de luxe mais un outil des relations sociales à « lâafricaine » mises Ă mal par la vie trĂ©pidante et stressante de mĂ©galopoles que sont devenus certaines villes du continent.  « Je ne lâai pas vu (un ami ou un parent) depuis un certain temps, mais on sâest eu au tĂ©lĂ©phone rĂ©cemment », entend-on souvent au dĂ©tour dâune conversation ou bien : « Je tâappelle », lancĂ© Ă un interlocuteur Ă qui on ne peut pas consacrer de temps sur le coup.  Il nâest pas non plus exclu de prĂ©senter ses condolĂ©ances, de fĂ©liciter pour un Ă©vĂ©nement heureux (anniversaire, mariage, naissance, baptĂȘme, fĂȘtes religieuses ou de fin dâannĂ©eâŠ) par tĂ©lĂ©phone de vive voix ou par SMS (Ă envoi multiple ou Ă liste), en attendant de pouvoir faire le dĂ©placement physique chez la personne concernĂ©e. Certains, plus comprĂ©hensifs que dâautres, mettent tout cela sur le compte des nombreuses obligations liĂ©es Ă la vie en ville.  Source de croissance  La solution du tĂ©lĂ©phone sâest ainsi imposĂ©e comme la plus simple et la plus Ă©conomique. Elle est instantanĂ©e et devient de plus en plus accessible, en terme de coĂ»t et mĂȘme de disponibilitĂ© de lâoffre. Le Mali nâĂ©chappe pas au phĂ©nomĂšne de lâaugmentation de lâoffre de communication. Son secteur des tĂ©lĂ©communications a connu une forte croissance suite Ă la dĂ©cision du Gouvernement dâadopter une politique dâouverture progressive du secteur.  Selon une rĂ©cente mission de la Banque mondiale pour superviser la composante tĂ©lĂ©communications du Projet dâappui aux sources de croissance (PASC) financĂ© par lâinstitution au Mali, la compĂ©tition a menĂ© Ă une croissance exponentielle du parc dâabonnĂ©s au tĂ©lĂ©phone, une diversification des produits pour les utilisateurs et une baisse significative des prix. La densitĂ© globale a atteint 15% en juillet 2007, au-dessus de la moyenne de densitĂ© globale dans la sous-rĂ©gion (12.8 %).  Pour le rĂ©seau fixe, le nombre de lignes fixes est passĂ© de 65.834 en 2004 Ă 81.785 en juillet 2007 avec une concentration des lignes Ă Bamako qui regroupe les 2/3 des lignes facturĂ©es. La SociĂ©tĂ© des tĂ©lĂ©communications du Mali (SOTELMA), service public, domine encore le marchĂ© du fixe. MalgrĂ© sa licence globale, Orange Mali (privĂ©) ne sâest intĂ©ressĂ©e au secteur du fixe que rĂ©cemment, Ă travers son offre convergente (internet + ligne fixe) utilisant la technologie WI-Max. Le nombre total dâabonnĂ©s fixe dâOrange sâĂ©lĂšve Ă 2500.  La SOTELMA emploie directement 1.584 agents permanents, 122 stagiaires et gĂ©nĂšre indirectement prĂšs de 18.000 emplois Ă travers la gestion de 8.175 tĂ©lĂ©-centres et cybercafĂ©s sur lâensemble du territoire national. Pour faire face Ă la concurrence ardue d'Orange Mali et pour satisfaire sa clientĂšle, lâentreprise sâest engagĂ©e dans dâimportants investissements, Ă la fois dans le secteur du fixe (norme CDMA) et de lâInternet. Sur la pĂ©riode 2007, les frais de raccordement des lignes fixes ont connu une rĂ©duction de 65% pour rendre plus attractif les connexions au rĂ©seau fixe.  Pour le rĂ©seau mobile, la concurrence est effective. Ce secteur du marchĂ© de tĂ©lĂ©communication a connu une croissance exponentielle dĂ©passant les prĂ©visions les plus optimistes grĂące Ă une libĂ©ralisation rĂ©ussie qui a drainĂ© dâimportants investissements privĂ©s. Au mois de juillet 2007, le nombre d'abonnĂ©s Ă la tĂ©lĂ©phonie mobile est passé de 45.974 abonnĂ©s en 2002 Ă prĂšs de 1.900.000 abonnĂ©s, soit un taux de croissance annuel moyen de 100%.  Des vertus de la concurrence  La concurrence a fait accroĂźtre le parc dâabonnĂ©s dâune maniĂšre significative et a gĂ©nĂ©rĂ© beaucoup dâemplois directs et indirects. Orange revendique 250 emplois directs et 10.000 indirects dans le rĂ©seau de distribution, points de ventes ainsi que dans les tĂ©lĂ©-centres Orange. Lâentreprise rĂ©alisait en fin 2006 un chiffre dâaffaire de 100 milliards de FCFA.  La concurrence entre les opĂ©rateurs a aussi conduit Ă une importante baisse des prix aussi bien pour les communications locales quâinternationales. Pour les communications internationales le prix a baissĂ© de 700 FCFA Ă 120 pour zone 1 et de 3000 FCFA Ă 242 pour zone 2 soit une baisse entre 83% et 92% entre 2002 et 2007. De mĂȘme le prix de la puce a Ă©tĂ© rĂ©duit de 200.000 FCFA en 2004 Ă 1000 FCFA en 2006 (inclus 1000 pour communication).  IKATEL du groupe France TĂ©lĂ©com (qui dĂ©tient Ă hauteur de 70% du capital par le biais de la filiale sĂ©nĂ©galaise SONATEL) est devenu depuis le 30 novembre 2006 Orange Mali dans le cadre de lâuniformisation des marques commerciales de France Telecom. Elle est titulaire depuis aoĂ»t 2002 dâune licence globale pour lâĂ©tablissement et lâexploitation de rĂ©seaux et services de tĂ©lĂ©communications y compris des services de tĂ©lĂ©phonie fixe, des services de tĂ©lĂ©phonie cellulaire GSM, des services de transmission de donnĂ©es et des services de tĂ©lĂ©communications internationales.  Orange Mali recense sur le marchĂ© environ 1.500.000 abonnĂ©s. Depuis dĂ©cembre 2006, on note Ă©galement une croissance significative du nombre dâabonnĂ©s de MALITEL liĂ©e Ă lâextension de la capacitĂ© de son rĂ©seau. MALITEL revendique aujourdâhui 460.000 abonnĂ©s et se propose dâaugmenter sa capacitĂ© Ă 720.000 Ă la fin de 2007.  Afin d'amĂ©liorer de façon significative l'accessibilitĂ© au tĂ©lĂ©phone, mais aussi offrir Ă sa clientĂšle un service de qualitĂ©, MALITEL, la sociĂ©tĂ© de tĂ©lĂ©phonie mobile de la SOTELMA, a dĂ©cidĂ©, d'une part, de porter son rĂ©seau GSM Ă 760.000 lignes, d'autre part, de renforcer ses rĂ©seaux d'accĂšs sans fil CDMA de Bamako, la capitale et Kayes (Ouest). Les deux projets ont Ă©tĂ© examinĂ©s au cours du 30Ăšme Conseil d'administration de la Sotelma-Malitel tenu le 21 aoĂ»t 2007.  ConformĂ©ment Ă son cahier des charges, Orange Mali sâest lancĂ©e dans de vastes programmes dâinvestissement. Depuis 2003, Orange Mali a investi 136 milliards de FCFA pour couvrir 700 localitĂ©s et prĂ©voit dâinvestir 30 milliards de FCFA pour lâannĂ©e 2007. Assistance de la Banque mondiale En visant Ă stimuler lâinvestissement du secteur privĂ© par lâaugmentation de la productivitĂ© totale des facteurs et en ciblant les facteurs de croissance sectoriels, le secteur des tĂ©lĂ©communications a Ă©tĂ© identifiĂ© comme lâune des sources de croissance dans le cadre du Projet dâappui aux sources de croissance (PASC). Les tĂ©lĂ©communications sont Ă la fois moteur et prometteur de croissance. Lâappui au secteur de tĂ©lĂ©communications se retrouve ainsi dans deux sous-composantes du projet Ă savoir lâamĂ©lioration du climat dâinvestissement/renforcement des capacitĂ©s institutionnelles et lâappui Ă lâinfrastructure pour la croissance. Lâassistance du projet consiste Ă amĂ©liorer le cadre lĂ©gislatif et rĂ©glementaire actuel rĂ©gissant le secteur des tĂ©lĂ©communications en lâĂ©largissant au secteur postal, en corrigeant les insuffisances du rĂ©gime actuel, en adaptant le nouveau cadre juridique Ă lâĂ©volution technologique (convergence des technologies et dĂ©veloppement des TIC), en actualisant le cadre juridique et rĂ©glementaire du secteur postal et en introduisant la fonction de rĂ©gulation postale dans le mandat du ComitĂ© de rĂ©gulation des tĂ©lĂ©communications (CRT). Il est Ă©galement prĂ©vu lâadoption des dĂ©crets dâapplication des textes en vigueur.  Le projet se propose dâappuyer le Gouvernement dans la privatisation de la SOTELMA en finançant les charges fixes liĂ©es au conseiller en privatisation associĂ© Ă cette opĂ©ration et en supportant lâĂ©tude portant sur le plan social.  Par Moussa DIARRA ChargĂ© de communication |