Montréal, le 24 septembre 2007– La Banque mondiale et son personnel ont reçu 24 récompenses en reconnaissance de leurs « assistance [et] contributions exceptionnelles » en faveur de pays en développement, dans le cadre de l’effort mondial pour la protection de la couche d’ozone.
Les récompenses ont été décernées lors d’une conférence internationale tenue à Montréal marquant le 20e anniversaire du Protocole de Montréal, qui a permis d’éliminer progressivement 95 % de la production et de la consommation mondiales de substances appauvrissant la couche d’ozone.
Kathy Sierra, vice-présidente de la Banque mondiale pour le développement durable, a déclaré aux délégués assistant à la conférence que « ces 15 dernières années, la Banque mondiale s’est engagée à fond dans le programme de protection de la couche d'ozone dans son rôle d’agence d’exécution du Fonds multilatéral. Elle est fière de figurer en première ligne pour ce qui est des modalités et des approches novatrices de projets qui ont répondu aux besoins de pays émergents, tout en respectant la condition de responsabilisation, rentabilité et durabilité imposée par le Fonds ».
Après avoir accepté de faire partie des quatre agences d’exécution sous l’égide du Fonds multilatéral en 1991, la Banque mondiale est devenue un partenaire clé pour la mise en œuvre du Protocole de Montréal. La Banque aide les pays en développement à mettre en place un programme de transition. La Banque a soutenu des programmes de pays sans grande expérience, qui identifient d’abord le domaine d’emploi des substances de raréfaction de l’ozone ainsi que des stratégies avancées, orientées vers des programmes à l’échelle nationale, centrés sur la phase finale d’élimination de l’emploi de substances appauvrissant la couche d’ozone.
L’appauvrissement de l’ozone se traduit par une augmentation des rayons ultraviolets (UV) à la surface de la terre, augmentant ainsi l’incidence des cancers cutanés chez l’homme. Sans le Protocole de Montréal, le niveau des substances appauvrissant la couche d’ozone dans l’atmosphère aurait augmenté de dix fois d’ici à 2050. Ce taux aurait occasionné jusqu’à 20 millions de cas supplémentaires de cancer cutané et 130 millions de cas de cataractes de plus par rapport à 1980.
Un nouveau champ d’action
Lors de la conférence donnée à l’occasion du 20e anniversaire, les ministres de l’environnement et les hauts fonctionnaires en provenance de 191 pays se sont réunis à nouveau pour essayer de renouveler cette performance. Ils se sont entendus sur les mesures suivantes pour accélérer l’élimination de la dernière catégorie majeure de produits chimiques destructeurs d’ozone encore largement utilisés – les hydrochlorofluorocarbures ou HCFC :
Fixation d’un niveau de base, qui est la moyenne de la consommation pour 2009 et de la production pour 2010.
Gel de la consommation et de la production aux niveaux de base en 2013.
Élimination complète de la production et de la consommation en 2030, selon les étapes de réduction suivantes : 10 % d'ici à 2015, 35 % d’ici à 2020 et 67,6 % d’ici à 2025, avec une moyenne annuelle de 2,5 % pendant la période de 2030 à 2040.
Non seulement les HCFC détruisent la couche d’ozone protectrice de la haute atmosphère, mais ils sont aussi un puissant gaz à effet de serre. Les activités humaines entraînent l’émission d’une série de produits chimiques contenant du chlore et du brome, lesquels entraînent une réduction des niveaux d’ozone dans l’atmosphère. Les HCFC s’utilisent dans des millions d’appareils électroménagers, tels que les appareils de climatisation et les réfrigérateurs ainsi que ceux qui produisent de la mousse.
De gauche à droite: Marco Gonzalez, Secrétaire exécutif, Ozone Secretariat; John Baird, Ministre de l'environnement du Canada; Katherine Sierra, Vice-présidente pour le développement durable, Banque mondiale; Achim Steiner, Directeur exécutif, PNUE. Cliquez pour agrandir l'image
L’ONU estime que l’accélération de l’élimination pourrait se traduire par une réduction de 3,5 % des émissions de gaz à effet de serre dans le monde entier, soit 22
milliards de tonnes d’équivalent en gaz carbonique entre 2010 et 2050.
« Tout en admirant le succès du Protocole de Montréal et du Fond multilatéral, a déclaré Mme Sierra, nous ne devons pas perdre de vue les tâches importantes et difficiles qu’il nous reste à faire. Les efforts doivent être poursuivis et nous devons profiter de la dynamique présente dans de nombreux pays visés à l’Article 5. J’adresse mes vœux les plus sincères de réussite et d’obtention de moyens financiers aux pays visés par l’Article 5 pour qu’ils réalisent les dernières tâches les plus exigeantes qui les attendent d’ici à l’élimination prévue pour 2010. »
Les pays visés par l’article 5 sont environ les 120 nations développées qui ont été autorisées à retarder la mise en œuvre des contrôles de production et de consommation de CFC.
Les réalisations
Dès la fin de 2006, les projets financés par le Fonds multilatéral de la Banque (MLF) dans 25 pays ont entraîné des réductions de plus de 259 000 tonnes de CFC doux pour une dépense cumulée de 687 millions de dollars. Ceci représente 69 % de toute l'élimination réalisée sous l’égide du MLF par toutes les agences d'exécution et agences bilatérales pour seulement 44 % du coût total. Le portefeuille de projets du MLF de la Banque mondiale se montait à 891 millions de dollars en juillet 2007.
Les pays en transition vers une économie de marchéne peuvent pas bénéficier de l’aide du Fonds multilatéral, mais peuvent être soutenus par le Fonds pour l'environnement mondial. En tant qu’agence d’exécution du Fonds pour l'environnement mondial, la Banque mondiale a prêté assistance à neuf pays en transition pour un financement de près de 93 millions de dollars pendant les années 1990 et jusqu’en 2000, contribuant ainsi à la réduction et à l’élimination de la consommation et de la production de plus de 230 000 tonnes de CFC doux (le niveau de base).