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Faire des affaires au Mali : diagnostic du climat des investissements

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Le 22 octobre 2007 - En juin 2005, la Banque mondiale publiait l'Enquête sur le climat des investissements (ECI) au Mali (PDF). Ce rapport repose en grande partie sur les résultats d'une enquête réalisée en 2003/2004 dans le pays et porte sur un échantillon représentatif de 200 entreprises formelles, essentiellement dans le secteur manufacturier mais aussi le tourisme et les transports.

En fait, pour la Banque mondiale, il s’agissait de contribuer au débat sur le développement du secteur privé au Mali à la suite de cette évaluation du climat des investissements qui est défini comme l'environnement de politique économique, institutionnel et comportemental qui affecte la rentabilité et les risques associés aux investissements.

Cette notion, selon l’étude (résumé exécutif(PDF) recouvre ainsi un vaste domaine, allant du cadre réglementaire et comportemental aux performances des entreprises en passant par le fonctionnement du marché des facteurs. Les firmes maliennes bénéficient d'un bon cadre macroéconomique et conservent encore quelques performances de productivité, surtout comparées aux firmes en Afrique de l'Est, même si ce niveau reste environ 3 fois inférieur à celui des zones exportatrices en Chine. Cependant, nombre de contraintes sévères demeurent et limitent le développement des firmes au Mali, restreignant ainsi les possibilités de croissance future.

Climat des investissements difficile

En 2003/2004, un certain nombre de contraintes sérieuses au niveau de l'environnement des entreprises demeurent au Mali. La principale contrainte est liée à la corruption, les problèmes relatifs aux infrastructures viennent en seconde position. Ceux liés au fonctionnement du marché des facteurs et aux réglementations viennent en troisième position.

La corruption constitue ainsi un motif sérieux d'inquiétude pour les entrepreneurs. C'est un élément qui contribue à accroître l'incertitude réglementaire et les coûts d'opération des firmes. Elle constitue un motif sérieux d’inquiétude pour 48,7% des entrepreneurs du secteur manufacturier. Le Mali se trouve dans le groupe de pays où ce problème est perçu comme le plus élevé par les dirigeants des firmes manufacturières.

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L'évacuation des déchets dans la zone industrielle est qualifiée de mauvaise qualité. © Banque mondiale

Les infrastructures ont un rôle crucial dans la productivité des entreprises. Celles-ci posent problème au Mali. En outre, il apparaît que la présence des firmes au sein d’une zone industrielle renforce la perception négative de la qualité des services d'infrastructure. Les problèmes y apparaissent en effet, et d'une manière apparemment surprenante, comme plus aigus. Ceci peut être rapporté aux sérieux problèmes que connaît la Zone industrielle de Sotuba (à Bamako) qui, en pratique, annulent les effets bénéfiques escomptés d'une installation en un tel lieu.

L'échantillon d'entreprises manufacturières enquêtées souffre de la mauvaise qualité de l’évacuation des déchets, du transport ferroviaire et du réseau routier.

Les contraintes réglementaires demeurent fortes. Les chefs d'entreprises ont « peu confiance dans la cohérence du cadre réglementaire et dans le système judiciaire ». Environ 35% des dirigeants de firmes manufacturières trouvent que l'interprétation et l'application par les fonctionnaires des règlements et lois qui affectent leurs établissements sont incohérentes et imprévisibles. Près de 33% d'entre eux ne font pas confiance au système judiciaire pour faire respecter leurs droits contractuels et de propriété.

Les entrepreneurs (portrait d'un entrepreneur) déclarent ainsi passer de 9 à 15% de leur temps à régler des formalités administratives de tous ordres. En outre, de 13 à 28 jours ont été consacrés en 2002 à rencontrer lors de réunions des fonctionnaires de diverses administrations.

Marché du travail et financement

Des contraintes non négligeables demeurent sur le marché du travail formel dont un relatif manque d'éducation de la force de travail et le faible développement de formations professionnelles appropriées pour les employés en activité. Un autre facteur est  l’absentéisme généré par une forte prévalence du paludisme. Il existe aussi divers problèmes institutionnels et pour un nombre encore trop important de firmes, les procédures de licenciement sont problématiques et les asymétries informationnelles demeurent importantes.
 
Le bon fonctionnement du marché financier et un accès non biaisé aux financements bancaires sont un élément important du développement de tout secteur privé. Cependant, il semble que des progrès restent aussi à faire en la matière au Mali.

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Une main d'oeuvre bien formée sur le marché du travail est un atout  pour l'investissement.
© Banque mondiale

Les problèmes de financements sont la principale barrière à la croissance des entreprises. Ainsi, le financement bancaire formel n'est pas la principale source à laquelle font appel les entreprises maliennes pour le financement du fonds de roulement et de leurs investissements.

Les données indiquent en outre qu'il existe une différenciation dans l’accès aux financements bancaires limitant le développement des PME/PMI. En effet, nombre d'entreprises, en particulier parmi les PME/PMI, ne tentent même pas d'obtenir de financements bancaires.

In fine, l'accès aux formes traditionnelles du financement bancaire (emprunts et découverts) semble principalement déterminé par la taille de l’entreprise, le recours aux services d’un auditeur externe pour le contrôle des comptes ainsi que l’accès aux marchés d’exportation.

Prochaines étapes

L'étude suggère diverses mesures pouvant permettre d'améliorer le climat des investissements au Mali en vue de renforcer la croissance future du pays. Notamment :

  • intensifier les efforts de promotion pour améliorer la réputation du Mali comme lieu d’activité économique ;
  • lutter contre la corruption et poursuivre l’amélioration du cadre réglementaire pour réduire les coûts d’opération des firmes ;
  • améliorer la fourniture de services d’infrastructures pour contenir les coûts de production et permettre une distribution efficiente de la production ;
  • améliorer le fonctionnement des marchés de facteurs pour améliorer la qualité du facteur travail, le financement des firmes (tout particulièrement les PME/PMI) et l’accès au foncier.

Par Moussa DIARRA,
Chargé de communications



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