Info-presse en ligne
Ressources pour les journalistes accrédités
Accès membres / Devenir membre
 
Also available in:  English
 

Un réseau de distribution d’eau géré collectivement change la vie de toute une communauté en Tanzanie

DAR ES-SALAAM, le 5 octobre 2007 — Non loin de l’école primaire Jitihada, dans l’implantation de Kitunda (district d’Ilala) en Tanzanie, un réseau de distribution d’eau géré par la communauté a changé les conditions de vie et de travail des habitants.

Outre l’approvisionnement en eau des quatre écoles et du dispensaire avoisinants, le projet s’est avéré fructueux à de nombreux autres égards : nette amélioration des conditions d’hygiène, éradication quasi-complète des maladies d’origine hydrique et, pour ceux qui consacraient auparavant une partie de leur temps et de leur énergie au ravitaillement en eau, possibilité d’entreprendre des activités économiques plus constructives.

« Avant la mise en œuvre du projet, nous avions l’habitude d’acheter notre eau à des particuliers, dont les puits étaient souvent peu profonds, ou à des fournisseurs privés », a expliqué Yesaya Chambo, président de l’Association des usagers de l’eau de Biblia Relini (communément appelée JUWABERI) qui pilote le projet. « Non seulement l’approvisionnement était peu fiable, mais l’eau elle-même n’était pas toujours propre. De plus, elle était très chère ».
 
Auparavant, les fournisseurs privés vendaient l’eau à plus de 500 shillings tanzaniens (0,40 dollars EU) les 20 litres, tarif inabordable pour une grande partie de la population. Aujourd’hui, tous les membres de la communauté peuvent s’offrir de l’eau pure à un prix raisonnable : 20 shillings tanzaniens (0,02 dollars EU) les 20 litres.

JUWABERI gère le projet de distribution d’eau pour le compte de la compagnie publique des eaux, la Régie des eaux et de l’assainissement de Dar es-Salaam (DAWASA). L’association, qui compte 340 membres, emploie 20 personnes pour gérer les revenus et administrer les bornes-fontaines publiques. Le projet illustre l’exemple réussi d’une communauté maîtrisant à la fois son propre approvisionnement en eau et les revenus produits par cette activité. Les membres de la communauté ont contribué au projet à hauteur de 2,5 millions de shillings tanzaniens (environ 2 000 dollars EU), soit cinq pour cent de son coût total.

Ezekwesil is received at the community water project by (left) Patrick Tsere, Ilala District Commissioner and (right) Chairman of JUWABIRE Yesaya Chambo.

Pour la visite du réseau de distribution d’eau géré par la communauté, Mme Ezekwesili est reçue par Patrick Tsere, commissaire du district d’Ilala (g.), et Yesaya Chambo, président de JUWABIRE (d.).

« Grâce à ce projet, les cas de maladies d’origine hydrique recensés par notre dispensaire local se sont considérablement raréfiés. Sans compter que la communauté perd désormais moins de temps dans le ravitaillement en eau », a indiqué M. Chambo. « Chacun peut ainsi se consacrer à des activités plus productives, y compris les enfants qui n’ont plus à aller chercher de l’eau au lieu de se rendre à l’école ».

Le projet d’approvisionnement en eau mené par la communauté de Kitunda s’inscrit dans le Programme gouvernemental d’alimentation en eau et d’assainissement des collectivités, mis en œuvre par le biais de la DAWASA. Les 117 millions de shillings tanzaniens (90 000 dollars EU) investis dans ce projet permettent de desservir quelque 18 000 résidents à Kitunda. Parmi eux, 180 foyers sont directement raccordés au réseau de distribution de l’eau, tandis que les autres disposent de 17 bornes-fontaines publiques réparties sur toute la communauté.

Grâce aux revenus générés par le projet et malgré les dépenses occasionnées par la réparation d’une pompe, le Comité de gestion de l’eau a réussi à épargner 4 millions de shillings tanzaniens (3 200 dollars EU). Il entend à présent développer et étendre son réseau afin de satisfaire la demande, largement supérieure aux capacités actuelles.

Ezekwesili plants a tree in honor of the Kitunda Community Water Project.

Mme Ezekwesili plante un arbre en l’honneur du Projet d’approvisionnement en eau de la communauté de Kitunda.

Nombreuses sont les initiatives qui, comme pour Kitunda, sont financées par le Projet d’alimentation en eau et d’assainissement de Dar es-Salaam. Cofinancé par la Banque mondiale, la Banque africaine de développement et la Banque européenne d’investissement, ce programme de réhabilitation des services d’utilité publique dispose d’un budget de 164 millions de dollars. On relève, à ce jour, 66 communautés mobilisées et 13 sous-projets déjà réalisés. Plus de 53 millions de shillings tanzaniens (environ 43 000 dollars EU) ont été collectés auprès des communautés, au titre de leur contribution à hauteur de cinq pour cent du coût total des projets. À terme, le programme devrait desservir 250 000 résidents à l’échelle de la ville, contre 170 000 prévus initialement.

« La connexion établie entre l’accès à l’eau et l’accès à l’éducation au sein de cette communauté indique clairement que la Tanzanie est sur la bonne voie pour la réalisation des ODM [Objectifs de développement du millénaire], qui sont notamment axés sur l’approvisionnement en eau potable et l’assainissement », a déclaré la Vice-présidente de la Banque mondiale pour la région Afrique, Obiageli Ezekwesili, après avoir visité le réseau de distribution d’eau ainsi que l’école primaire Jitihada, toute proche, également financée par la Banque mondiale.

« L’accès à l’eau, tel que je le vois dans ce village, permet aux habitants de développer des activités génératrices de revenus, au lieu de perdre un temps précieux à aller chercher une commodité désormais à portée de main». Mme Ezekwesili a souligné les retombées positives de cette initiative sur l’activité économique et la santé publique des habitants de Dar es-Salaam.

« L’eau pure étant désormais plus accessible, les problèmes de santé vont décroître, les enfants auront plus de temps à disposition pour étudier et, l’approvisionnement étant facilité, les mères pourront utiliser le temps qu’elles consacraient auparavant au ravitaillement en eau pour s’investir dans des activités microéconomiques diverses et variées », s’est-elle réjouie. « Des communautés comme celle-ci, nous aimerions en voir dans toute l’Afrique ».

En signe de gratitude pour le financement apporté par l’Association internationale de développement, les membres de JUWABERI ont demandé à Mme Ezekwesili de planter un arbre commémoratif, sous lequel ils comptent bien tenir leurs réunions publiques hebdomadaires d’ici quelques années.

Avec la contribution de Steven Shalita, Banque mondiale, Région Afrique


Liens utiles

La Banque mondiale et la Société financière internationale récompensent 16 compagnies pour leurs projets d’éclairages innovateurs destinés au marché Africain
La Société financière internationale et la Banque mondiale mobilisent l’industrie de l’éclairage pour fournir un éclairage hors réseau en Afrique
Un projet de 41 millions de dollars permettra de relier les réseaux électriques de l’Éthiopie et du Soudan et de promouvoir le commerce énergétique



Permanent URL for this page: http://go.worldbank.org/QVW26M23F0