Contacts BAD, Tunis : Eric Chinje (216) 7110 2116 e.chinje@afdb.org BMZ, Allemagne : Stephan Bethe 49-(0)30-2503-2452 Stephan.Bethe@bmz.bund.de Banque mondiale, Washington : Timothy T. Carrington (202) 473 8133 tcarrington@worldbank.org Washington, le 30 octobre 2007— Un nouveau partenariat pour appuyer des systèmes financiers plus robustes en Afrique a été lancé aujourd'hui par l'Allemagne, la Banque mondiale et la Banque africaine de développement. L'Allemagne, qui s'est faite le champion de ce partenariat dans le cadre de sa présidence du G8, a mis en avant le fait que, en renforçant les systèmes financiers africains, ce nouvel effort appuierait la croissance économique, la création d'emplois et la réduction de la pauvreté. Mme Heidemarie Wieczorek-Zeul, ministre fédérale allemande de la Coopération économique et du Développement a noté que « le développement économique n'est possible que lorsqu'il existe un secteur financier florissant donnant aux femmes comme aux hommes accès à des services financiers adéquats, qui leur permettent d'épargner tout en donnant aux entreprises la possibilité d'investir et de créer des emplois durables ». Mme Wieczorek-Zeul a ajouté que « l’absence de services financiers est l'un des principaux obstacles au développement du secteur privé en Afrique ». Une récente étude de la Banque mondiale, intitulée La finance au service de l'Afrique attire l'attention sur l’apparition d’opportunités d'accroître les volumes disponibles de financements d’un coût abordable pour que les entreprises puissent avoir accès à des services financiers qui les aideront à investir dans la productivité et à se développer. Au cours des dix dernières années, les activités de financement en Afrique ont été confortées par une vague de réformes qui ont permis de réduire les dispositions financières contraignantes, de privatiser des banques d'État et de rouvrir le marché aux banques étrangères. Les nouveaux produits et technologies ont créé d'importants opportunités d'innover. L'apparition de banques africaines plus solides et la poursuite de l’intégration régionale permettent d'apporter des financements sur une plus grande échelle. M. Robert B. Zoellick, Président de la Banque mondiale, a ajouté que « le développement du secteur financier sera un facteur stratégique déterminant de la croissance et de l'emploi en Afrique. Les entreprises africaines considèrent que l'accès aux financements et le coût de ces derniers sont deux des trois plus grands obstacles à la poursuite de l'activité économique ». Le rapport fait ressortir certains des défis qui doivent être relevés : - Seulement 20 % des adultes en Afrique subsaharienne sont titulaires d'un compte en banque ouvert auprès d'une institution formelle ou semi formelle. L’élargissement de l'accès aux services financiers permettra aux membres de la population pauvres, en particulier aux femmes, d'accroître le revenu de leur ménage, de constituer des actifs, d'investir dans la santé et dans l'éducation et de réduire la vulnérabilité du ménage en cas d'urgence familiale.
- La proportion des dépôts détenus par des institutions financières africaines utilisée pour financer des prêts à des entreprises privées est très faible ; les banques préfèrent avoir d'importants volumes d'actifs liquides et d'acquérir des instruments de la dette publique.
- Les enquêtes auprès des entreprises montrent que l’accès à des financements constitue l'un des trois plus importants obstacles à l'expansion des entreprises en Afrique. Le nombre d'entreprises indiquant que leur accès limité au financement et le coût élevé de ce dernier est un obstacle majeur est plus élevé en Afrique que dans toute autre région du monde.
- Le volume de crédits disponibles pour le secteur privé s'accroît, mais il ne représente encore que 14 % du PIB et n'est donc pas suffisant pour piloter la croissance et le développement du secteur privé.
- Les intérêts, les frais administratifs et les obligations de fournir une garantie au titre des emprunts sont sensiblement plus lourds en Afrique. Les marges d'intérêt — qui sont un indicateur de l'efficacité du secteur financier — sont, en moyenne, de 8 % en Afrique contre 4,8 % à l'échelle mondiale.
Pour chercher une réponse à ces problèmes, les décideurs et les prestataires de services financiers peuvent s'appuyer sur les innovations technologiques qui commencent à apparaître sur le continent. L'arrivée de nouvelles technologies comme la téléphonie mobile, sur le marché africain, offre de vastes possibilités de surmonter les obstacles que sont l’éloignement des clients potentiels et le coût du traitement des opérations de paiement et de dépôt et d’autres types de services financiers. M. Donald Kaberuka, Président de la BAD, a applaudi ce partenariat en notant que « nous devons cesser de nous cantonner aux pratiques habituelles pour pouvoir renforcer les secteurs financiers africains. En faisant du développement du secteur financier une priorité pour l'Afrique, nous montrons notre volonté d’apporter l'appui dont ont besoin les entreprises africaines pour se développer et créer des emplois. Nous sommes déterminés à promouvoir un élargissement régulier de l'accès aux services financiers, à un prix raisonnable. » Les architectes de cet effort ont insisté sur le fait que les institutions financières africaines disposent de liquidités considérables. Les stratégies de renforcement du secteur financier devraient donc contribuer à libérer le potentiel actuel des banques et autres institutions financières africaines. Actuellement, le volume total des crédits aux entreprises et aux particuliers représentent environ 14 % du produit intérieur brut global de l'Afrique, soit un niveau insuffisant pour provoquer une accélération de la croissance et de la réduction de la pauvreté. Porter cette proportion à 25 % du PIB — niveau atteint par de nombreux autres pays à faible revenu — se traduirait par une augmentation des ressources d'investissement de plus de 70 milliards de dollars pour les ménages et les entreprises. Le sommet du G8 à Heiligendamm (Allemagne) en juin 2007 a entériné ce partenariat forgé pour appuyer le renforcement des systèmes financiers en Afrique. Les représentants de l'Allemagne, des États-Unis, de la France, du Royaume-Uni, de la Russie, de la Suède, de la Banque africaine de développement, du CGAP, du Groupe de la Banque mondiale, de l’ONU et de l'Union européenne ont confirmé leur détermination à promouvoir le développement du secteur financier en Afrique et leur appui à ce partenariat lors d'une réunion de suivi tenue à Berlin, ils ont proposé des principes communs pour le Partenariat et ils ont encouragé d'autres parties prenantes à s'y associer. Le partenariat appuiera des mesures pour progresser en direction de trois objectifs principaux : - l'élargissement de l'accès de tous les agents économiques — entreprises, particuliers et ménages — à des services financiers.
- le développement des circuits financiers et l’accroissement de la diversité et de l'efficacité des services ; les progrès accomplis à cet égard seront mesurés par le pourcentage du PIB représenté par le crédit au secteur privé, l'amélioration des marges d'intérêt et l'évolution des indicateurs du développement des marchés des capitaux et autres institutions du secteur financier non bancaire pour l'ensemble des systèmes financiers africains.
- le renforcement des capacités institutionnelles et réglementaires, mesuré par des indicateurs du cadre des affaires et d’autres mesures du développement institutionnel.
Notant que les femmes représentent un potentiel économique inexploité en Afrique, Mme Wieczorek-Zeul a insisté sur le fait que l'amélioration du fonctionnement des institutions financières et l’ouverture totale de l’accès des femmes aux services financiers contribueraient largement à créer des opportunités sur le continent. ### Les pages du ministère fédéral de la Coopération économique et du développement sur la Présidence du G8 figurent sur le site: www.bmz.de (en allemand) Pour plus d’informations sur les activités de la Banque mondiale en Afrique, se rendre sur le site : www.banquemondiale.org/afrique Pour plus d’informations sur la Banque africaine de développement, se rendre sur le site : www.AfDB.org |