WASHINGTON, 21 octobre 2007– Lors des Assemblées annuelles de la Banque mondiale et du FMI, une délégation pygmée de la République démocratique du Congo (RDC) s’est entretenue avec des représentants de la direction générale du Groupe de la Banque mondiale, dont Mme Obiageli Ezekwesili, Vice-présidente pour l’Afrique, et Mme Kathy Sierra, Vice-présidente pour le développement durable. Le président du Groupe de la Banque mondiale, M. Robert B. Zoellick, a également répondu à une question d’un membre de la délégation lors d’un forum pour les organisations de la société civile, et a rencontré la délégation de façon informelle après la réunion.
La délégation s’est entretenue de l’état d’avancement de la réforme en cours dans le secteur forestier en RDC et de la façon dont le Banque mondiale pourrait resserrer sa collaboration avec les populations locales, et protéger les droits et le mode de vie des habitants qui vivent de la forêt, dont les Pygmées.
Ces rencontres se sont déroulées sur fond d’inquiétude, certains groupes de Pygmées s’étant déclarés inquiets des menaces que l’exploitation forestière et la remise en état des infrastructures pouvaient faire peser sur la forêt tropicale humide qui abrite leur demeure et est source de revenus, de nourriture, de combustible et de plantes médicinales. Les forêts tropicales humides répondent aussi aux besoins culturels et spirituels des peuples des forêts tout en assurant des services écologiques de portée mondiale tels que la fixation du CO2, un gaz à effet de serre.
Mme Ezekwesili a assuré la délégation que la Banque mondiale souhaitait renforcer son partenariat avec les peuples autochtones en travaillant de façon constructive à la recherche de solutions avec les autorités nationales et les collectivités locales. La Banque mondiale s’attache à associer les populations autochtones aux principaux mécanismes de décision et aux programmes de proximité, en faisant appel à toute la gamme de ses instruments et politiques de développement social. Elle aide les pouvoirs publics et d’autres acteurs à améliorer les conditions de vie des plus démunis et des plus défavorisés, tels que les Pygmées, et reconnaît la nécessité d’un solide processus de consultation de ces catégories de personnes.
La Vice-présidente de la Banque mondiale pour la région Afrique, Obiageli Ezekwesili (au centre) avec Adrien Sinafasi (à gauche) et Adolphine Muley (à droite), les représentants des Pygmées.
Ce dialogue constructif visait à renforcer la coopération sur le terrain. Dans un premier temps, le Banque mondiale organisera une réunion en RDC pour poursuivre l’examen des questions en suspens et se mettre d’accord sur les mesures à prendre. L’ordre du jour sera conçu pour associer et consulter les représentants des groupes de Pygmées et tirer parti de leur point de vue sur les moyens d’améliorer la mise en œuvre de la réforme du secteur forestier. Mme Ezekwesili a demandé à la délégation de remettre à la Banque mondiale une liste des groupes de Pygmées à inviter à cette réunion.
La délégation était composée de trois membres, Mme Adolphine Muley, de l’Union pour l’émancipation de la femme autochtone, M. Adrien Sinafasi, de Dignité Pygmée, et M. Jean de Dieu Wasso, d’Africapacity/Rainforest Foundation, RDC. La délégation a été rejointe de représentants de la Rainforest Foundation (Royaume-Uni et Norvège), de Greenpeace, et du Bank Information Center, leCentre d’information sur les banques de développement.
# # #
Contexte général
Le Banque mondiale aide à combattre la pauvreté et à améliorer les conditions de vie des populations de la République démocratique du Congo. Au 31 mars 2007, le Banque avait approuvé 82 prêts et crédits au profit de la République démocratique du Congo pour un montant total d’environ 3,6 milliards de dollars. La valeur des engagements des opérations actuellement financées par l’IDA et la BIRD est d’environ 1,4 milliard de dollars.
La RDC abrite le deuxième massif forestier des zones tropicales de la planète. D’une superficie de 86 millions d’hectares, cette trame verte représente plus de la moitié de l’ensemble des forêts ombrophiles subsistant en Afrique centrale.
Le Panel d’inspection de la Banque mondiale (www.worldbank.org/inspectionpanel - site en anglais), une entité indépendante créée en septembre 1993, a été saisi d’une demande d’inspection le 1er décembre 2005. Présentée par une ONG nationale en son nom propre et pour le compte de populations locales de la RDC, cette demande affirmait que les politiques de la Banque mondiale n’avaient pas été correctement appliquées pour deux opérations dans le secteur forestier. Le rapport du Panel d’inspection, et le rapport et la recommandation de la direction, seront soumis à l’examen des Administrateurs de la Banque mondiale. Tant que la question n’a pas été examinée, les services de la Banque ne sont pas autorisés à commenter le rapport du Panel d’inspection.
Pour toute information sur le travail de la Banque mondiale en RDC et dans le secteur forestier, prière de consulter les sites suivants :