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La Banque mondiale forge des liens avec les investisseurs socialement responsables

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  • La Banque mondiale mobilise entre 10 et 15 milliards de dollars par an sur les marchés des capitaux internationaux pour financer ses projets de développement dans le monde entier.
  • Elle va aujourd’hui au devant d’un segment particulier du marché : les investisseurs ayant des objectifs précis en matière d’environnement et de questions sociales.
  • Les investisseurs privés peuvent désormais acheter des obligations de la Banque mondiale par l’intermédiaire de deux banques européennes pour soutenir un développement respectueux de l’environnement à base d’éco-technologies et des programmes de lutte contre la pauvreté.

Le 24 octobre 2007 – Kenneth Lay, Trésorier de la Banque mondiale, se rappelle le temps où son grand-père, prudent sur le plan financier, détenait des obligations de la Banque mondiale.

 

À cette époque, la Banque mondiale n’insistait pas trop sur le fait que son portefeuille de prêts consistait en engagements en faveur de pays pauvres et que sa principale mission était de soulager la pauvreté. Elle s’efforçait plutôt de créer un climat de confiance envers le type d’institution digne de se voir attribuer la notation convoitée AAA.

 

« Je n’exagère pas trop en disant que nous mettions en sourdine ce que nous faisions réellement avec l’argent », a déclaré Lay. « Nous soulignions le fait que nous maintenions de grandes réserves et que nous avions surtout l’aval de gouvernements riches. »

 

Aujourd’hui, l’approche de la Banque mondiale vis-à-vis des investisseurs est totalement différente.

 

La Banque mondiale va au devant d’un segment toujours croissant dans la communauté des investisseurs – les investisseurs socialement responsables – et leur offre la possibilité d’investir pour le développement dans le cadre de son programme de financement annuel.

 

La Banque mondiale mobilise entre 10 et 15 milliards de dollars par an au moyen d’obligations émises par la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) et offertes sur les marchés financiers internationaux. Les obligations de la BIRD sont disponibles par le truchement de courtiers ou d’intermédiaires financiers qui interviennent sur les marchés des capitaux depuis maintenant 60 ans. D’après Lay, ces obligations ont permis de financer quelque 600 projets créés dans plus d’une centaine de pays du monde entier ces dernières années.

 

Les investisseurs socialement responsables ou respectueux de l’environnement prennent en compte des critères de nature sociale, écologique et autre lors des décisions de placement. Ils désirent soutenir des entreprises et des organisations en phase avec leurs propres convictions ou normes personnelles, ou bien évitent d’investir dans des sociétés dont ils désapprouvent les pratiques. Beaucoup pensent que le fait d’intégrer des considérations d’ordre environnemental, social et de gouvernance dans leurs décisions d’investissement leur permettra de trouver de meilleures possibilités de placement financier.

 

« Les gens commencent à faire attention à la manière dont leur argent sera employé et ils y attachent une certaine importance », a expliqué Lay.

 

Les investissements socialement responsables ou respectueux de l’environnement ne suscitent pas seulement l’intérêt des personnes investissant dans des actions, mais aussi celui de personnes qui investissent dans des obligations, comme celles qui achètent des obligations de la BIRD, a indiqué Heike Reichelt, responsable des nouveaux produits et des relations avec les investisseurs du Trésor de la Banque mondiale.

 

Heike Reichelt a également expliqué que face à cette situation, la Banque mondiale a intensifié ses efforts, en particulier ces trois dernières années, afin de faire passer le message sur le développement aux investisseurs en Europe et au Japon.

 

Le service du Trésor de la Banque mondiale s’est allié à d’autres branches de la Banque, en particulier le réseau chargé du développement durable et les unités chargées des communications et des pays, pour mettre en valeur les réalisations sur le plan de l’environnement et du développement dans les pays membres de la Banque, a déclaré Reichelt. Et la Banque mondiale a également joué un rôle essentiel l’an dernier lors de l’émission d’obligations destinées à financer un programme de vaccinations dans les pays en développement pour le compte de la Facilité internationale de financement pour la vaccination (IFFIm), dont elle gère la trésorerie.

 

« Nous commençons à monnayer les bonnes œuvres de la Banque mondiale », a indiqué Lay.


 

Partenariats avec les banques et les investisseurs

 

Cet automne, la Banque mondiale s’est alliée à deux banques européennes en vue d’émettre des obligations conçues pour attirer les investisseurs privés qui désirent financer des éco-technologies, un développement respectueux de l’environnement et des programmes de lutte contre la pauvreté, tout en restant rentables.

 

ABN-AMRO a vendu des obligations Eco 3Plus de la Banque mondiale pour la somme d’environ 150 millions d’euros dans le mois qui a suivi leur mise sur le marché le 17 septembre. (Lire l'article)

 

La Banque mondiale émet également des obligations pour un montant de 250 millions d’euros par l’intermédiaire de la banque DekaBank et destinées aux clients du German Savings Banks Finance Group (Sparkassen-Finanzgruppe) afin de financer des projets de développement respectueux de l’environnement de la Banque mondiale. Les obligations avec échéance d’un an sont disponibles dans 16 000 caisses d’épargne disséminées dans toute l’Allemagne jusqu’au 2 novembre et sont munies d’un coupon au taux garanti de 3,85 %.

 

En 2005, la Banque mondiale s’est alliée à la Banque Postale, le service des postes français, pour offrir un nouveau produit de placement destiné aux épargnants français afin d’aider à financer et à obtenir des informations directes sur les programmes de la Banque dans les pays en développement.

 

La Banque mondiale a une longue histoire sur le plan des investissements socialement responsables au Japon, a déclaré Doris Herrera-Pol, Directrice des marchés de capitaux de la Banque. Tout récemment, la Banque a lancé le fonds « World Supporter » (Supporter mondial), créé par Nikko AM, à Tokyo en juin dernier. Ce fonds offre aux épargnants japonais l’occasion de participer à un portefeuille d’investissements diversifiés sur des marchés émergents et soutenant la mission de la Banque mondiale. Une partie des frais de gestion provenant des transactions effectuées sur le fonds sera également donnée en faveur d’une œuvre charitable dans un pays en développement.

 

« Au Japon, nous sommes un article courant parmi les produits à revenu fixe destinés aux épargnants », a expliqué Herrera-Pol. « Et les épargnants japonais ont toujours considéré la Banque mondiale comme un investissement socialement responsable. »

 

Et rehaussant le standing de la Banque mondiale parmi les investisseurs socialement responsables en Europe et en Amérique du Nord (où la Banque a essuyé des critiques de la part de groupes d’intérêt), le groupe influent Calvert, chef de file des investissements socialement et écologiquement responsables, a décidé en juillet de permettre à ses fonds communs d’investissement, choisis selon des critères de responsabilité sociale, d’acheter des obligations de la Banque. Cette décision a été prise à la suite d’un examen exhaustif des politiques et des pratiques suivies par la Banque mondiale en matière de droits de l’homme, de droits des peuples autochtones et des problèmes de parité, d’après Calvert.

 

Article connexe: Alliance entre la Banque mondiale et la banque ABN AMRO pour l’émission d’obligations Eco 3Plus

 




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