Le 31 octobre 2007 -- Une nouvelle exhibition de photographie organisée au Complexe principal de la Banque mondiale à Washington, jusqu’au 9 novembre traduit une vision d’espoir pour l’Afrique subsaharienne.
Le sujet concerne quatre pays d’Afrique australe qui montrent la voie vers la stabilité politique et un développement économique continu.
Bien qu’ils soient confrontés aux mêmes difficultés que leurs voisins situés plus au Nord, l’Afrique du Sud, le Botswana, l’île-Maurice et la Namibie sont des pays à revenu intermédiaire présentant des atouts et des opportunités réels.
En Afrique subsaharienne, les pays à revenu intermédiaire constituent un groupe de pays divers faisant face à des défis sociaux, culturels, politiques et de développement complexes, ayant des besoins variés en terme de développement et des préférences différentes quant aux services financiers d’accompagnement et d’appui dont ils souhaitent bénéficier de la part de la Banque mondiale.
Le principal critère utilisé par la Banque pour classer les économies est le revenu national brut (RNB) par habitant. Chaque économie est classée dans une des catégories suivantes : pays à faible revenu, pays à revenu intermédiaire (subdivisés en pays à revenu intermédiaire de rang inférieur et pays à revenu intermédiaire - tranche supérieure) ou pays à haut revenu. Les économies à faible revenu sont ceux dont le RNB par habitant est inférieur ou égal à 875 dollars en 2005. Les pays à revenu intermédiaire sont ceux dont le RNB par habitant est supérieur à 875 dollars, mais inférieur à 10 726 dollars. Les pays à revenu intermédiaire de rang inférieur et de rang supérieur se départagent à partir d'un niveau de RNB par habitant égal à 3 465 dollars. Les pays à haut revenu sont ceux dont le RNB par habitant est égal ou supérieur à 10 726 dollars.
S’agissant du sous-continent africain, les pays à revenu intermédiaire sont importants car ils contribuent à la santé économique générale des pays ainsi qu’au développement des connaissances.
« Ils représentent près de la moitié du PIB en dollars du continent, bien qu’ils ne constituent que 7,5% de la population », a déclaré le Directeur de la Banque pour ces quatre pays, Ritva Reinikka. « Si l’Afrique représente près de 40% du PIB de l’Afrique subsaharienne, il est importe encore plus de noter l’effet d’entraînement considérable de cette croissance sur ses voisins et sur le reste du continent ».
Un pour cent de croissance dans un pays donné se traduit globalement, en moyenne, par 0,4% de croissance dans les pays voisins, selon Reinikka. Cependant, l’impact de la croissance enregistrée par l’Afrique du Sud est de 0,75% non seulement pour ses pays voisins, mais aussi pour l’ensemble de l’Afrique subsaharienne.
« Cela fait de l’Afrique du Sud un puissant moteur pour l’Afrique, comme les États-Unis le sont pour le monde », a-t-elle affirmé. « Assurer le maintien de cette croissance est donc une nécessité vitale non seulement pour l’Afrique du Sud, mais aussi pour l’ensemble du continent ».
Dans le cadre de l’exposition, la diversité de l’Afrique du Sud, du Botswana, de l’île-Maurice et de la Namibie s’exprime à travers l’objectif des photographes John Hogg et Arne Hoel.
Hogg, photographe sud-africain indépendant, a séjourné tour à tour en Afrique du Sud et en Namibie pendant une semaine, tandis que Hoel, photographe norvégien travaillant pour la région Afrique de la Banque, s’est rendu au Botswana et à Maurice.
Selon les dires des deux photographes, ils ont retiré de cette expérience non seulement une merveilleuse mosaïque d’images évocatrices, mais aussi une connaissance plus intime des succès et des défis auxquels font face les populations dans leur vie quotidienne.
Botswana : Stabilité et prospérité
Au Botswana, Hoel a choisi des personnes et des lieux qui captaient l’essence de ce petit pays enclavé de 1,8 million d’âmes. Depuis son accession à l’indépendance en 1966, le Botswana a connu une transformation profonde : d’un des pays les plus pauvres d’Afrique avec un revenu par habitant de 80 dollars, il est devenu un pays à revenu intermédiaire (tranche supérieure) avec un revenu par habitant de 5 600 dollars. La croissance du pays a été alimentée par son industrie du diamant, mais trouve son ancrage dans la gouvernance démocratique et la stabilité politique et macroéconomique.
Hoel a réussi à mettre en exergue les infrastructures avancées du Botswana, sans manquer également de saisir le besoin de diversification de son économie au-delà de son abondante réserve de ressources naturelles.
Le Botswana a fait preuve d’originalité dans sa riposte contre le VIH/SIDA. C’est le premier en Afrique à offrir un traitement gratuit à tous ses citoyens. Selon Reinikka, la Banque mondiale accompagne les efforts du gouvernement pour atteindre ses objectifs dans ce domaine et dans bien d’autres, notamment dans les domaines des infrastructures, de l’éducation, de l’environnement et de l’élevage.
L’île-Maurice : une réussite en matière de développement
Hoel a également réussi à saisir l’exemple de réussite que constitue Maurice en matière de développement. Ce succès est le fruit de la bonne gouvernance, d’une exploitation exceptionnelle des accords commerciaux préférentiels pour promouvoir ses exportations de sucre et de textile. Il découle également du développement d’un secteur touristique et d’un secteur des services financiers solide.
À son accession à l’indépendance en 1968, Maurice était un pays pauvre qui affichait un revenu par habitant d’environ 260 dollars. Aujourd’hui, le revenu par habitant de ce pays est de 5 250 dollars, ce qui en fait le deuxième pays d’Afrique subsaharienne selon ce critère.
Toutefois, comme le montre l’exposition, Maurice fait face à d’importants défis économiques et sociaux au moment où elle amorce le passage de la dépendance à l’égard des régimes de préférences commerciales vers l’entrée dans un marché de concurrence ouverte sur l’échiquier économique mondial.
Comme au Botswana, la Banque mondiale coopère étroitement avec les autorités mauriciennes pour répondre à ces nouveaux besoins en appuyant les réformes des politiques commerciales et économiques ainsi que les projets d’infrastructure.
Namibie : Bâtir un avenir plus radieux
Les prises d’images effectuées par Hogg en Namibie offrent une synthèse de ce pays à revenu intermédiaire dont les succès considérables reposent sur une démocratie parlementaire multipartite garantissant une bonne gestion de l’économie, la bonne gouvernance, les libertés civiles fondamentales et le respect des droits humains.
Au moment de son accession à l’indépendance en 1990, la Namibie a hérité d’infrastructures physiques fonctionnelles et d’une économie de marché, couplées avec une riche dotation en ressources minières. Les autorités ont mis à profit ces atouts en assurant une décennie et demie de croissance économique et de stabilité politique.
Cependant, les déséquilibres sociaux et économiques du régime d’apartheid ont également laissé à la Namibie une société à double vitesse, comme le révèlent les photographies. La Banque mondiale soutient actuellement les initiatives du gouvernement pour surmonter ces difficultés à travers des programmes qui promeuvent l’équité, plus particulièrement dans le domaine de l’éducation.
Afrique du Sud : Effacer l’héritage de l’Apartheid
Pour Hogg, saisir des images dans son pays natal représentait un défi. L’Afrique du Sud a enregistré une forte stabilité politique et économique au cours des dix dernières années. Elle est l’un des rares pays africains à avoir rejoint le groupe des pays à revenu intermédiaire (tranche supérieure). Son économie est plus vaste que celle de la Malaisie et est de loin la plus importante en Afrique subsaharienne. Elle exerce ainsi une grande influence sur le volume total des flux de production, d’échanges commerciaux et d’investissement enregistré sur le continent africain.
Mais, s’il est vrai que 13% de la population sud-africaine vit dans les conditions du « premier monde », près de 50% des citoyens du pays vivent dans des conditions proches des pays en développement. Dans ce dernier groupe, seulement un quart des ménages a accès à l’électricité et à l’eau courante ; la moitié seulement a atteint le niveau d’éducation primaire ; et plus d’un tiers des enfants souffrent de malnutrition chronique.
Avec le lancement de l’Initiative de croissance accélérée et partagée pour l’Afrique australe (ASGISA), les autorités publiques essaient de faire face aux défis les plus pressants par un ensemble de programmes qui privilégient le développement des compétences, la réforme agraire et la relance de l’agriculture. Le Groupe de la Banque mondiale s’emploie à appuyer les priorités de développement définies par l’Afrique du Sud et à renforcer les effets d’entraînement de sa croissance au niveau de la région.
Reinikka, qui a procédé en personne à l’ouverture de l’exposition, a exprimé l’espoir que les nombreuses personnes qui la visiteront en retirent une meilleure compréhension des pays africains à revenu intermédiaire. Elle a fait remarquer que l’exposition fait ressortir aussi bien les succès en matière de développement que les défis auxquels sont toujours confrontés ces pays, notamment la nécessité d’accélérer la croissance et la compétitivité et de créer des emplois, l’inégalité, le VIH/SIDA, l’éducation et le déficit de compétences, les questions liées à la gouvernance et la prestation des services.
« Tous ces pays accomplissent d’énormes progrès en matière de développement », a-t-elle affirmé. « La Banque mondiale soutient ces efforts et reste engagée dans ces pays qui font toujours face aux défis liés à la pauvreté. Nous souhaitons encore être utiles à ces pays et apporter une valeur ajoutée partout où cela nous est possible, par le partage des connaissances et l’apport d’expertise technique, chaque fois qu’ils nous solliciteront ».