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Selon une nouvelle étude de la Banque mondiale, les pays doivent améliorer leur logistique commerciale pour faire face à la concurrence

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Communiqué de presse n°:2008/110/PREM

Personne à contacter :
À Washington : Alejandra Viveros (202) 473-4306
Aviveros@worldbank.org

 

WASHINGTON, le 5 novembre 2007 – Le Groupe de la Banque mondiale a publié aujourd’hui une étude sur la logistique commerciale, c’est-à-dire la capacité à accéder aux marchés internationaux pour expédier des marchandises. Il en ressort qu’il est fondamental que les pays en développement disposent de cette capacité pour améliorer leur compétitivité, recueillir les fruits de la mondialisation et lutter plus efficacement contre la pauvreté dans un monde toujours plus intégré.

 

Cette étude, intitulée Connecting to Compete: Trade Logistics in the Global Economy, repose sur une enquête mondiale sur les transitaires et des transporteurs express internationaux. Elle montre qu’il est essentiel d’augmenter la capacité à établir des liens entre les entreprises, les fournisseurs et les consommateurs dans un monde où la prévisibilité et la fiabilité deviennent plus importantes que les coûts.

 

« De plus en plus, l’accès des pays aux marchés mondiaux est un facteur fondamental de leur capacité à faire face à la concurrence, se développer, attirer les investisseurs, créer des emplois et réduire la pauvreté » note Danny Leipziger, Vice-président chargé de la lutte contre la pauvreté et la gestion économique à la Banque mondiale. « Pour les pays qui ne disposent pas de ces moyens d’accès, le coût de l’exclusion est considérable, et ne fait que croître » ajoute-t-il.

 

D’après cette étude, qui contient un indice de performance logistique (LPI)[1], Singapour, qui est une plaque tournante majeure du transport et de la logistique au niveau mondial, est classée au premier rang. À l’autre extrême, on trouve des pays à faible revenu, en particulier les pays enclavés d’Afrique et d’Asie centrale.

 

Les pays développés sont ceux qui obtiennent les meilleurs résultats. Parmi les sept pays les plus industrialisés, l’Allemagne est classée 3e, le Japon 6e, le Royaume-Uni 9e, le Canada 10e, les États-Unis 14e, la France 18e et l’Italie 22e, sur un total de 150 pays étudiés. On observe également des différences importantes entre des pays en développement dont le revenu est comparable. Ainsi, la Chine et le Chili occupent respectivement les 30e et 32e rangs, tandis que certains pays à revenu plus élevé, des producteurs de pétrole par exemple, ne donnent généralement pas la pleine mesure de leurs capacités.

 

« La logistique est l’un des principaux moteurs de la compétitivité. Elle peut entraîner le succès ou l’échec d’un pays à l’heure de la mondialisation » affirme Uri Dadush, Directeur chargé du commerce à la Banque mondiale. « Un pays peut être doté d’un bon régime douanier, mais il suffit qu’il soit peu efficace dans un ou deux domaines de la chaîne logistique pour que ses résultats économiques subissent de graves répercussions. Il donne alors l’impression de ne pas être fiable. »

 

L’étude, réalisée sous la direction de Jean-Francois Arvis et Monica Alina Mustra, économistes à la Banque mondiale, donne des exemples concrets. Elle montre ainsi comment un pays éloigné comme le Chili parvient à vendre du poisson frais et des fruits périssables à des consommateurs d’Asie, d’Europe et d’Amérique du Nord grâce au bon fonctionnement de sa chaîne logistique. Autre exemple : l’importation d’un conteneur de 20 pieds de Shanghai à N’Djamena, capitale d’un pays enclavé, prend environ dix semaines et coûte 6 500 dollars, alors qu’il suffit de quatre semaines et de moins de 3 000 dollars pour expédier le même conteneur dans un pays enclavé d’Europe centrale ou occidentale.

 

L’enquête révèle également que lorsque le commerce joue un rôle central dans un pays en développement, ce pays obtient de meilleurs résultats que d’autres dont le revenu est analogue. Elle cite les exemples de l’Afrique du Sud (24e pays de l’indice et premier pays africain), de la Malaisie (27e), du Chili (32e) et de la Turquie (34e) parmi les pays à revenu intermédiaire, tranche supérieure, de la Chine (30e) et de la Thaïlande (31e) parmi les pays à revenu intermédiaire, tranche inférieure, et enfin de l’Inde (39e) et du Viet Nam (53e) parmi les pays à faible revenu.

 

Si l’on considère la performance des pays en développement par région, ceux qui affichent le meilleur bilan sont la Corée (à la 25e place) en Asie de l’Est, le Chili (32e), suivi de l’Argentine (45e) et du Mexique (56e) en Amérique latine, l’Inde (39e) en Asie du Sud, l’Oman (48e) au Moyen-Orient et la Turquie (34e) en Europe de l’Est.

 

D’après cette étude, l’amélioration de la performance logistique dépend également de la situation générale de la gestion des affaires publiques et des institutions. Si dans les 30 premiers pays de l’indice, les paiements informels (pots-de-vin par exemple) sont rares, ils se révèlent fréquents parmi les derniers (50 % environ des pays ayant répondu à l’enquête).

 

Par ailleurs, l’étude indique qu’il faut associer des réformes précises, la modernisation des douanes par exemple, à des améliorations de tous les aspects de la chaîne logistique. « Les pays doivent mieux coordonner leurs procédures aux frontières avec d’autres organismes, améliorer les télécommunications, les technologies de l’information et les infrastructures physiques et faciliter le fonctionnement de services privés concurrentiels tels que le camionnage, le courtage en douane et le magasinage » affirme Jean-Francois Arvis.

 

« Il est fondamental de réformer en profondeur la logistique et la facilitation du commerce pour réduire les disparités dans le domaine de la logistique » ajoute Monica Alina Mustra. « Il faut améliorer les marchés des services logistiques pour réduire le manque de coordination, en particulier lorsqu’il est dû aux organismes publics actifs aux frontières, et susciter une forte adhésion pour favoriser le changement et le développement économique. »

 




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