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La Banque mondiale demande un Ă©largissement de l'accĂšs aux finances

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Communiqué de presse n°:2008/116/DEC

Contacts:
À Washington: Merrell Tuck (202)473-9516
Mobile: (202) 415-1775
mtuckprimdahl@worldbank.org
Kavita Watsa (202) 458-8810
kwatsa@worldbank.org

WASHINGTON, 13 novembre 2007 – Selon les conclusions d’un nouveau rapport de recherche sur les politiques publiĂ© par la Banque mondiale sous le titre « La finance pour tous ? Politiques et Ă©cueils du dĂ©veloppement de l’accĂšs aux finances », entre 50 et 80 % des adultes de nombreux pays en dĂ©veloppement n’ont qu’un accĂšs inadĂ©quat aux services financiers. L’incapacitĂ© de fournir un accĂšs aux services financiers nĂ©cessaires Ă  plus de mĂ©nages et de petites et moyennes entreprises constitue un frein pour le dĂ©veloppement.

Tout en notant les progrĂšs enregistrĂ©s par le secteur du microfinancement qui met le crĂ©dit Ă  la portĂ©e des pauvres, le rapport appelle Ă  l’adoption d’une stratĂ©gie financiĂšre plus vaste permettant d’offrir des services Ă  tous les exclus, individus ou entreprises. Au bout du compte, ce sont les plus dĂ©munis et les plus petites entreprises qui tirent profit de systĂšmes financiers ouverts Ă  tous, car ces derniers favorisent la crĂ©ation d’emplois, la hausse des revenus et la crĂ©ation de dĂ©bouchĂ©s supplĂ©mentaires pour les petites entreprises, conclut le rapport.

« Les rĂ©formes qui favorisent l’accĂšs aux services financiers devraient ĂȘtre au cƓur du programme de dĂ©veloppement, » a dĂ©clarĂ© Asli DemirgĂŒĂ§-Kunt, directeur de recherche en chef, Financement et secteur privĂ©, Ă  la Banque mondiale, et directeur de publication du rapport. « Faciliter l’accĂšs au financement permet non seulement de stimuler la croissance Ă©conomique, mais aussi de contribuer Ă  la lutte contre la pauvretĂ©, et de rĂ©duire l’écart de revenu entre les riches et les pauvres. »

Les pauvres et les entreprises sans ressources, notamment en zone rurale ou dans le secteur informel, sont confrontĂ©s Ă  de nombreux obstacles pour accĂ©der au financement : Ă©loignement des services, incapacitĂ© Ă  prĂ©parer les documents officiels demandĂ©s et chertĂ© des coĂ»ts. L’Éthiopie a moins d’une agence bancaire pour 100 000 habitants, tandis qu’au Cameroun, l’ouverture d’un compte-chĂšques revient Ă  700 dollars, soit plus que le PIB par habitant. Dans l’ensemble de l’Afrique subsaharienne, seulement 20 % des mĂ©nages ont ouvert des comptes auprĂšs d’institutions financiĂšres.

Dans les petites entreprises des pays en dĂ©veloppement, 15 % seulement des nouveaux investissements sont couverts par des financements extĂ©rieurs, contre 30 % dans les entreprises de plus grande taille. En l’absence d’accĂšs au financement, les petites et les nouvelles entreprises se heurtent Ă  des obstacles tant pour s’installer que pour se dĂ©velopper.

Les pouvoirs publics doivent renforcer les institutions, et adopter de nouvelles technologies pour abaisser le coĂ»t des transactions, indique encore le rapport. Selon ces recherches, ils devraient Ă©galement encourager la concurrence, y compris en autorisant l’implantation de banques Ă©trangĂšres, et mettre en place des mesures incitatives Ă  l’échelon rĂ©glementaire.

A contrario, les interventions directes des pouvoirs publics, par exemple l’aide au crĂ©dit ou les institutions financiĂšres d’État, peuvent s’avĂ©rer contre-productives, et rĂ©duire l’intĂ©rĂȘt que le secteur privĂ© pourrait avoir Ă  offrir des services aux pauvres.

CONCLUSIONS DÉTAILLÉES
Élargir l’accĂšs aux services financiers demeure un dĂ©fi de taille dans de nombreux pays, et les gouvernements ont fort Ă  faire dans ce domaine. Il faut toutefois que les dĂ©cideurs dĂ©finissent des objectifs rĂ©alistes. Ainsi, les politiques de crĂ©dit laxistes se sont avĂ©rĂ©es prĂ©judiciables pour le bien-ĂȘtre national.

D’aprĂšs les conclusions du rapport (qui prĂ©sente, Ă  travers des Ă©tudes, une analyse des politiques et des interventions, et analyse des donnĂ©es trĂšs diverses), les politiques publiques dans le secteur financier doivent ĂȘtre axĂ©es sur les aspects suivants.

Hiérarchisation des réformes institutionnelles

  • Outre les rĂ©formes institutionnelles de grande envergure (et souvent Ă  long terme), par exemple la protection des droits de propriĂ©tĂ© contre l’expropriation, la hiĂ©rarchisation de certaines rĂ©formes permet d’amĂ©liorer l’accĂšs au financement Ă  court et Ă  moyen terme.
  • Ces rĂ©formes doivent notamment viser l’amĂ©lioration des structures d’information, en particulier la crĂ©ation de registres de crĂ©dit, la lĂ©gislation sur le crĂ©dit-bail et l’affacturage, et le renforcement des procĂ©dures permettant aux prĂȘteurs individuels de rentrer dans leurs fonds, notamment en cas de nantissement.

Promotion des technologies présentant un bon rapport coût-efficacité

  • Il convient de favoriser la prolifĂ©ration des services financiers de faible coĂ»t basĂ©s sur l’internet et sur la tĂ©lĂ©phonie mobile, et de ne pas y opposer d’obstacles d’ordre juridique. La mise Ă  jour rĂ©guliĂšre des textes lĂ©gislatifs permettrait d’assurer que les contrats aient force exĂ©cutoire.
  • Plusieurs exemples attestent le succĂšs de la « m-finance » qui s’appuie sur la tĂ©lĂ©phonie mobile pour surmonter les coĂ»ts unitaires Ă©levĂ©s liĂ©s aux structures plus conventionnelles ; c’est notamment le cas des Philippines (avec une souscription initiale de 4 millions de clients), de l’Afrique du Sud, de la RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo, de la Zambie et du Kenya.

Favoriser la concurrence et la stabilité

  • Les pouvoirs publics doivent encourager l’ouverture et la concurrence, y compris la banque privĂ©e et l’implantation de banques Ă©trangĂšres, et offrir des mesures d’incitation rĂ©glementaires susceptibles d’assurer des prestations de services efficaces et viables.
  • Les politiques visant Ă  amĂ©liorer l’accĂšs au financement ne sont pas nĂ©cessairement les mĂȘmes que celles qui favorisent le dĂ©veloppement financier. Ainsi, les mesures visant Ă  promouvoir la stabilitĂ© (par exemple la rĂ©glementation et le contrĂŽle) et Ă  prĂ©venir les prĂȘts abusifs aux pauvres peuvent avoir un effet prĂ©judiciable sur l’accĂšs au financement.

Toucher les plus pauvres des pauvres

  • L’apport de services financiers aux plus dĂ©munis reste difficile sans avoir recours aux subventions. Étant donnĂ© que le crĂ©dit n’est pas le seul service financier (ou, dans bien des cas, le principal service financier) dont les plus pauvres ont besoin, les subventions seraient probablement mieux utilisĂ©es, d’aprĂšs les auteurs du rapport, si elles servaient Ă  lever les obstacles aux services d’épargne et de rĂšglement qui sont nĂ©cessaires pour prendre part Ă  l’économie de marchĂ© moderne.

Le résumé du rapport est disponible ici.

Le rapport intĂ©gral et les documents associĂ©s seront accessibles sur Internet Ă  l’adresse www.worldbank.org/financeforall




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