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WASHINGTON, 13 novembre 2007 â Selon les conclusions dâun nouveau rapport de recherche sur les politiques publiĂ© par la Banque mondiale sous le titre « La finance pour tous ? Politiques et Ă©cueils du dĂ©veloppement de lâaccĂšs aux finances », entre 50 et 80 % des adultes de nombreux pays en dĂ©veloppement nâont quâun accĂšs inadĂ©quat aux services financiers. LâincapacitĂ© de fournir un accĂšs aux services financiers nĂ©cessaires Ă plus de mĂ©nages et de petites et moyennes entreprises constitue un frein pour le dĂ©veloppement.
Tout en notant les progrĂšs enregistrĂ©s par le secteur du microfinancement qui met le crĂ©dit Ă la portĂ©e des pauvres, le rapport appelle Ă lâadoption dâune stratĂ©gie financiĂšre plus vaste permettant dâoffrir des services Ă tous les exclus, individus ou entreprises. Au bout du compte, ce sont les plus dĂ©munis et les plus petites entreprises qui tirent profit de systĂšmes financiers ouverts Ă tous, car ces derniers favorisent la crĂ©ation dâemplois, la hausse des revenus et la crĂ©ation de dĂ©bouchĂ©s supplĂ©mentaires pour les petites entreprises, conclut le rapport. « Les rĂ©formes qui favorisent lâaccĂšs aux services financiers devraient ĂȘtre au cĆur du programme de dĂ©veloppement, » a dĂ©clarĂ© Asli DemirgĂŒĂ§-Kunt, directeur de recherche en chef, Financement et secteur privĂ©, Ă la Banque mondiale, et directeur de publication du rapport. « Faciliter lâaccĂšs au financement permet non seulement de stimuler la croissance Ă©conomique, mais aussi de contribuer Ă la lutte contre la pauvretĂ©, et de rĂ©duire lâĂ©cart de revenu entre les riches et les pauvres. » Les pauvres et les entreprises sans ressources, notamment en zone rurale ou dans le secteur informel, sont confrontĂ©s Ă de nombreux obstacles pour accĂ©der au financement : Ă©loignement des services, incapacitĂ© Ă prĂ©parer les documents officiels demandĂ©s et chertĂ© des coĂ»ts. LâĂthiopie a moins dâune agence bancaire pour 100 000 habitants, tandis quâau Cameroun, lâouverture dâun compte-chĂšques revient Ă 700 dollars, soit plus que le PIB par habitant. Dans lâensemble de lâAfrique subsaharienne, seulement 20 % des mĂ©nages ont ouvert des comptes auprĂšs dâinstitutions financiĂšres. Dans les petites entreprises des pays en dĂ©veloppement, 15 % seulement des nouveaux investissements sont couverts par des financements extĂ©rieurs, contre 30 % dans les entreprises de plus grande taille. En lâabsence dâaccĂšs au financement, les petites et les nouvelles entreprises se heurtent Ă des obstacles tant pour sâinstaller que pour se dĂ©velopper. Les pouvoirs publics doivent renforcer les institutions, et adopter de nouvelles technologies pour abaisser le coĂ»t des transactions, indique encore le rapport. Selon ces recherches, ils devraient Ă©galement encourager la concurrence, y compris en autorisant lâimplantation de banques Ă©trangĂšres, et mettre en place des mesures incitatives Ă lâĂ©chelon rĂ©glementaire. A contrario, les interventions directes des pouvoirs publics, par exemple lâaide au crĂ©dit ou les institutions financiĂšres dâĂtat, peuvent sâavĂ©rer contre-productives, et rĂ©duire lâintĂ©rĂȘt que le secteur privĂ© pourrait avoir Ă offrir des services aux pauvres. CONCLUSIONS DĂTAILLĂES Ălargir lâaccĂšs aux services financiers demeure un dĂ©fi de taille dans de nombreux pays, et les gouvernements ont fort Ă faire dans ce domaine. Il faut toutefois que les dĂ©cideurs dĂ©finissent des objectifs rĂ©alistes. Ainsi, les politiques de crĂ©dit laxistes se sont avĂ©rĂ©es prĂ©judiciables pour le bien-ĂȘtre national. DâaprĂšs les conclusions du rapport (qui prĂ©sente, Ă travers des Ă©tudes, une analyse des politiques et des interventions, et analyse des donnĂ©es trĂšs diverses), les politiques publiques dans le secteur financier doivent ĂȘtre axĂ©es sur les aspects suivants. HiĂ©rarchisation des rĂ©formes institutionnelles - Outre les rĂ©formes institutionnelles de grande envergure (et souvent Ă long terme), par exemple la protection des droits de propriĂ©tĂ© contre lâexpropriation, la hiĂ©rarchisation de certaines rĂ©formes permet dâamĂ©liorer lâaccĂšs au financement Ă court et Ă moyen terme.
- Ces rĂ©formes doivent notamment viser lâamĂ©lioration des structures dâinformation, en particulier la crĂ©ation de registres de crĂ©dit, la lĂ©gislation sur le crĂ©dit-bail et lâaffacturage, et le renforcement des procĂ©dures permettant aux prĂȘteurs individuels de rentrer dans leurs fonds, notamment en cas de nantissement.
Promotion des technologies prĂ©sentant un bon rapport coĂ»t-efficacitĂ© - Il convient de favoriser la prolifĂ©ration des services financiers de faible coĂ»t basĂ©s sur lâinternet et sur la tĂ©lĂ©phonie mobile, et de ne pas y opposer dâobstacles dâordre juridique. La mise Ă jour rĂ©guliĂšre des textes lĂ©gislatifs permettrait dâassurer que les contrats aient force exĂ©cutoire.
- Plusieurs exemples attestent le succĂšs de la « m-finance » qui sâappuie sur la tĂ©lĂ©phonie mobile pour surmonter les coĂ»ts unitaires Ă©levĂ©s liĂ©s aux structures plus conventionnelles ; câest notamment le cas des Philippines (avec une souscription initiale de 4 millions de clients), de lâAfrique du Sud, de la RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo, de la Zambie et du Kenya.
Favoriser la concurrence et la stabilitĂ© - Les pouvoirs publics doivent encourager lâouverture et la concurrence, y compris la banque privĂ©e et lâimplantation de banques Ă©trangĂšres, et offrir des mesures dâincitation rĂ©glementaires susceptibles dâassurer des prestations de services efficaces et viables.
- Les politiques visant Ă amĂ©liorer lâaccĂšs au financement ne sont pas nĂ©cessairement les mĂȘmes que celles qui favorisent le dĂ©veloppement financier. Ainsi, les mesures visant Ă promouvoir la stabilitĂ© (par exemple la rĂ©glementation et le contrĂŽle) et Ă prĂ©venir les prĂȘts abusifs aux pauvres peuvent avoir un effet prĂ©judiciable sur lâaccĂšs au financement.
Toucher les plus pauvres des pauvres - Lâapport de services financiers aux plus dĂ©munis reste difficile sans avoir recours aux subventions. Ătant donnĂ© que le crĂ©dit nâest pas le seul service financier (ou, dans bien des cas, le principal service financier) dont les plus pauvres ont besoin, les subventions seraient probablement mieux utilisĂ©es, dâaprĂšs les auteurs du rapport, si elles servaient Ă lever les obstacles aux services dâĂ©pargne et de rĂšglement qui sont nĂ©cessaires pour prendre part Ă lâĂ©conomie de marchĂ© moderne.
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