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La Banque mondiale demande un élargissement de l'accès aux finances

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Communiqué de presse n°:2008/116/DEC

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WASHINGTON, 13 novembre 2007 – Selon les conclusions d’un nouveau rapport de recherche sur les politiques publié par la Banque mondiale sous le titre « La finance pour tous ? Politiques et écueils du développement de l’accès aux finances », entre 50 et 80 % des adultes de nombreux pays en développement n’ont qu’un accès inadéquat aux services financiers. L’incapacité de fournir un accès aux services financiers nécessaires à plus de ménages et de petites et moyennes entreprises constitue un frein pour le développement.

Tout en notant les progrès enregistrés par le secteur du microfinancement qui met le crédit à la portée des pauvres, le rapport appelle à l’adoption d’une stratégie financière plus vaste permettant d’offrir des services à tous les exclus, individus ou entreprises. Au bout du compte, ce sont les plus démunis et les plus petites entreprises qui tirent profit de systèmes financiers ouverts à tous, car ces derniers favorisent la création d’emplois, la hausse des revenus et la création de débouchés supplémentaires pour les petites entreprises, conclut le rapport.

« Les réformes qui favorisent l’accès aux services financiers devraient être au cœur du programme de développement, » a déclaré Asli Demirgüç-Kunt, directeur de recherche en chef, Financement et secteur privé, à la Banque mondiale, et directeur de publication du rapport. « Faciliter l’accès au financement permet non seulement de stimuler la croissance économique, mais aussi de contribuer à la lutte contre la pauvreté, et de réduire l’écart de revenu entre les riches et les pauvres. »

Les pauvres et les entreprises sans ressources, notamment en zone rurale ou dans le secteur informel, sont confrontés à de nombreux obstacles pour accéder au financement : éloignement des services, incapacité à préparer les documents officiels demandés et cherté des coûts. L’Éthiopie a moins d’une agence bancaire pour 100 000 habitants, tandis qu’au Cameroun, l’ouverture d’un compte-chèques revient à 700 dollars, soit plus que le PIB par habitant. Dans l’ensemble de l’Afrique subsaharienne, seulement 20 % des ménages ont ouvert des comptes auprès d’institutions financières.

Dans les petites entreprises des pays en développement, 15 % seulement des nouveaux investissements sont couverts par des financements extérieurs, contre 30 % dans les entreprises de plus grande taille. En l’absence d’accès au financement, les petites et les nouvelles entreprises se heurtent à des obstacles tant pour s’installer que pour se développer.

Les pouvoirs publics doivent renforcer les institutions, et adopter de nouvelles technologies pour abaisser le coût des transactions, indique encore le rapport. Selon ces recherches, ils devraient également encourager la concurrence, y compris en autorisant l’implantation de banques étrangères, et mettre en place des mesures incitatives à l’échelon réglementaire.

A contrario, les interventions directes des pouvoirs publics, par exemple l’aide au crédit ou les institutions financières d’État, peuvent s’avérer contre-productives, et réduire l’intérêt que le secteur privé pourrait avoir à offrir des services aux pauvres.

CONCLUSIONS DÉTAILLÉES
Élargir l’accès aux services financiers demeure un défi de taille dans de nombreux pays, et les gouvernements ont fort à faire dans ce domaine. Il faut toutefois que les décideurs définissent des objectifs réalistes. Ainsi, les politiques de crédit laxistes se sont avérées préjudiciables pour le bien-être national.

D’après les conclusions du rapport (qui présente, à travers des études, une analyse des politiques et des interventions, et analyse des données très diverses), les politiques publiques dans le secteur financier doivent être axées sur les aspects suivants.

Hiérarchisation des réformes institutionnelles

  • Outre les réformes institutionnelles de grande envergure (et souvent à long terme), par exemple la protection des droits de propriété contre l’expropriation, la hiérarchisation de certaines réformes permet d’améliorer l’accès au financement à court et à moyen terme.
  • Ces réformes doivent notamment viser l’amélioration des structures d’information, en particulier la création de registres de crédit, la législation sur le crédit-bail et l’affacturage, et le renforcement des procédures permettant aux prêteurs individuels de rentrer dans leurs fonds, notamment en cas de nantissement.

Promotion des technologies présentant un bon rapport coût-efficacité

  • Il convient de favoriser la prolifération des services financiers de faible coût basés sur l’internet et sur la téléphonie mobile, et de ne pas y opposer d’obstacles d’ordre juridique. La mise à jour régulière des textes législatifs permettrait d’assurer que les contrats aient force exécutoire.
  • Plusieurs exemples attestent le succès de la « m-finance » qui s’appuie sur la téléphonie mobile pour surmonter les coûts unitaires élevés liés aux structures plus conventionnelles ; c’est notamment le cas des Philippines (avec une souscription initiale de 4 millions de clients), de l’Afrique du Sud, de la République démocratique du Congo, de la Zambie et du Kenya.

Favoriser la concurrence et la stabilité

  • Les pouvoirs publics doivent encourager l’ouverture et la concurrence, y compris la banque privée et l’implantation de banques étrangères, et offrir des mesures d’incitation réglementaires susceptibles d’assurer des prestations de services efficaces et viables.
  • Les politiques visant à améliorer l’accès au financement ne sont pas nécessairement les mêmes que celles qui favorisent le développement financier. Ainsi, les mesures visant à promouvoir la stabilité (par exemple la réglementation et le contrôle) et à prévenir les prêts abusifs aux pauvres peuvent avoir un effet préjudiciable sur l’accès au financement.

Toucher les plus pauvres des pauvres

  • L’apport de services financiers aux plus démunis reste difficile sans avoir recours aux subventions. Étant donné que le crédit n’est pas le seul service financier (ou, dans bien des cas, le principal service financier) dont les plus pauvres ont besoin, les subventions seraient probablement mieux utilisées, d’après les auteurs du rapport, si elles servaient à lever les obstacles aux services d’épargne et de règlement qui sont nécessaires pour prendre part à l’économie de marché moderne.

Le résumé du rapport est disponible ici.

Le rapport intégral et les documents associés seront accessibles sur Internet à l’adresse www.worldbank.org/financeforall




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