APERÇU: L’initiative Éclairer l’Afrique est un projet lancé conjointement par la Banque mondiale et l’IFC dans le but d’ouvrir l’accès aux produits et services modernes d’éclairage pour 250 millions d’habitants d’Afrique subsaharienne d’ici 2030.
Elle vient en complément des efforts menés par le Groupe de la Banque mondiale pour développer les apports d’électricité en réseau.
Cette initiative a spécifiquement pour but de mobiliser les ressources du marché et les technologies d’éclairage à haut rendement (diodes électroluminescentes, ampoules fluocompactes et autres) au service des ménages et petites entreprises actuellement tributaires, pour leur éclairage, de produits coûteux, peu efficaces, polluants et dangereux (lampes à pétrole et autres).
Elle fait partie intégrante du Cadre d’investissement pour les énergies propres et le développement et du Plan d’action pour l’accès à l’énergie en Afrique.
Elle a été officiellement lancée le 5 septembre 2007, et organisera, du 6 au 8 mai 2008 à Accra (Ghana), le premier Congrès professionnel international pour l’éclairage hors réseau.
Vue d’ensemble
Chaque année, les populations africaines défavorisées en matière d’accès à l’énergie dépensent quelque 17 milliards de dollars pour s’éclairer au moyen de lampes à pétrole et autres produits consommant des combustibles, qui sont d’un coût élevé et d’un rendement limité et qui fournissent un éclairage de faible qualité tout en polluant et en posant des risques d’incendie. Pour ces usagers, il n’est pas rare que l’éclairage soit l’élément le plus coûteux de leur consommation d’énergie : il accapare le plus souvent 10 à 15 % du revenu des ménages. C’est pourquoi il existe un marché potentiellement énorme pour des produits d’éclairage modernes qui soient à la fois sûrs et fiables, qui fournissent une lumière de meilleure qualité et d’un coût compétitif par rapport aux sources d’éclairage à base de combustibles, et qui soient alimentés par des énergies renouvelables ou par des moyens mécaniques. Soutenue par divers donateurs, dont le Fonds pour l’environnement mondial (FEM) qui a financé son démarrage, l’initiative Éclairer l’Afrique cherche précisément à attirer sur ce marché les fabricants mondiaux de produits d’éclairage, ainsi que les fournisseurs et prestataires de services en place dans les pays. Elle se donne de favoriser le passage à des services d’éclairage modernes par une action dans quatre directions : - Mobiliser le secteur privé, en renforçant notamment les liens entre les fabricants mondiaux et les fournisseurs et prestataires de services locaux dans le domaine de l’éclairage.
- Faciliter l’accès des usagers à toute une gamme de produits et services d’éclairage abordables, fiables et de haute qualité.
- Améliorer la situation des marchés pour permettre l’essor des produits d’éclairage modernes en limitant ce qui y fait actuellement obstacle au plan technique, financier et institutionnel, ainsi qu’à l’échelon des politiques et en matière d’information.
- Mobiliser également la communauté internationale (pouvoirs publics, secteur privé, organisations internationales, organisations non gouvernementales) dans le sens d’un effort énergique de promotion de la pénétration des services d’éclairage modernes sur le marché africain à l’intention des pauvres.
Réalisations à ce jour Appui soutenu des donateurs – Un financement de l’ordre de 13 millions de dollars a été obtenu pour la première phase du projet. Il provient notamment du FEM, de la Commission européenne, du Programme d’assistance à la gestion du secteur énergétique (ESMAP), du Mécanisme de conseil à l’appui de la formation de partenariats public-privé dans le secteur des infrastructures (PPIAF), du ministère britannique du Développement international (DFID), des gouvernements luxembourgeois et norvégien, du Fonds pour la maîtrise de l’énergie et les énergies renouvelables, et de Good Energies Inc.
Portail d’échanges interactifs entre entreprises ( www.lightingafrica.org) – Éclairer l’Afrique a lancé sur le web un portail d’échanges interactifs entre entreprises destiné à faire connaître aux industriels de ce secteur les possibilités offertes par le marché de l’éclairage hors réseau sur ce continent, à faciliter les échanges de connaissances et d’informations sur ce marché et sur ses consommateurs, et à promouvoir les liens de partenariat entre les entreprises étrangères et locales qui font partie de la chaîne d’approvisionnement pour ce marché. Ce portail est désormais un site de réseautage social en ligne très fréquenté, qui a attiré à ce jour plus de 1 200 chefs d’entreprises, investisseurs et autres intervenants désireux de réaliser des investissements ou de forger des liens de partenariat à tous les niveaux de cette chaîne pour la fourniture de leurs produits et services.
Concours du Development Marketplace (assorti de prix pouvant atteindre 200 000 dollars pour les projets retenus) – Le 5 septembre 2007 a vu le lancement d’un concours du Development Marketplace pour la mise au point et l’offre de nouveaux types de produits d’éclairage hors réseau non polluants, de modèles alternatifs de distribution, de chaînes de production renforcées, et de cadres de politiques améliorés. Plus de 400 candidatures ont été soumises au premier tour par des participants issus d’horizons divers (entreprises privées, organisations non gouvernementales, unités universitaires, organismes publics, particuliers) et représentant au total 54 pays différents, dont 38 situés en Afrique. Sur les 54 finalistes retenus pour le second tour, 15 à 20 environ recevront un prix. Le choix de ces lauréats et l’annonce des résultats interviendront à l’issue de la phase finale, durant laquelle tous les finalistes auront eu l’occasion de présenter leurs projets respectifs à un jury international, lors du Congrès professionnel international 2008 d’Éclairer l’Afrique, les 6 et 7 mai 2008 à Accra (Ghana). Activités d’assurance qualité pour les produits d’éclairage hors réseau – Afin de mettre les consommateurs africains à l’abri de produits d’éclairage peu performants, et d’éviter aux industriels de perdre des marchés potentiels, le programme Éclairer l’Afrique a lancé toute une série d’initiatives destinées à sensibiliser ces consommateurs et à renforcer leur niveau de confiance à l’égard des nouveaux produits et services d’éclairage. Les activités ainsi menées consistent par exemple à tester les lanternes solaires disponibles sur le marché par rapport aux normes de qualité existantes, à mettre au point des spécifications pour les lampes LED, ou encore à concevoir un label de qualité « commerce équitable », en collaboration avec les industriels de ce secteur.
Réalisation d’études de marché – Le programme Éclairer l’Afrique aide les industriels du secteur à mieux cerner le profil des consommateurs africains, en apportant des réponses à toute une série de questions, comme par exemple : « Comment se présente le marché en Afrique ? Quels sont les types de produits recherchés ? Quelles technologies ont la faveur des consommateurs africains ? Combien ceux-ci dépensent-ils aujourd’hui pour s’éclairer ? Comment l’accès des produits au marché est-il assuré ? Quels sont les modes de communication les plus efficaces pour atteindre les consommateurs, et quelle est la meilleure façon de commercialiser un nouveau produit pour qu’ils y prêtent attention ? » Pour répondre à ces questions, parmi bien d’autres, le programme a entrepris d’envoyer des équipes d’enquêteurs pour sonder les ménages et les petites entreprises dans un premier groupe de cinq pays : Tanzanie, Zambie, Éthiopie, Kenya et Ghana. Ces enquêtes permettront de réunir sur place des éléments d’information essentiels à partager avec les industriels du secteur. Cette composante fera également ressortir les paramètres déterminants pour parvenir à une transformation effective du marché. Généralisation des avantages générés par le marché du carbone – Les produits d’éclairage à base de combustibles sont une source de dioxyde de carbone, autrement dit un des principaux facteurs des émissions de gaz à effet de serre (GES) qui sont principalement à l’origine du changement climatique et de ses effets préjudiciables. À titre d’exemple, une lampe à pétrole qui reste allumée quatre heures par jour dégage, selon les estimations, plus de 100 kilogrammes de CO2 dans l’atmosphère en l’espace d’un an. Dans le but de réduire les émissions de GES et, parallèlement, d’accroître la viabilité financière des formes modernes d’éclairage hors réseau qui viennent se substituer aux sources d’éclairage à base de combustibles (par exemple, en compensant leurs coûts initiaux qui sont d’un niveau relativement élevé), le programme Éclairer l’Afrique aide à mettre au point des méthodologies fondées à la fois sur des projets et sur des programmes pour le Mécanisme pour un développement propre (MDP) et les marchés volontaires du carbone. ### Mise à jour: Mars 2008 Contact médias: Lucie Giraud – (202) 458-5613 ; courriel: lgiraud@ifc.org |