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Revue des dépenses publiques 2005-2006 en Algérie

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Revue des dépenses publiques (pdf)

Étude principale (I)

Annexes et statistiques (II)


Plus d'information
Site Web de la Banque sur le secteur public (a)

La RDP dans la presse
El Watan
Novembre 2007 - La Banque mondiale a rĂ©alisĂ© une Revue des dĂ©penses publiques (RDP) pour la pĂ©riode d’octobre 2005 Ă  2006. Un atelier de haut niveau s’est tenu Ă  Alger les 11 et 12 juillet 2006 pour la prĂ©sentation des recommandations principales de la RDP.

La RDP fait une analyse approfondie de la gestion fiscale et de la qualité des investissements publics sous le programme complémentaire de soutien de la croissance (PCSC) autour des cinq objectifs suivants :

  1. Évaluer la pĂ©rennité fiscale dans le contexte du stimulus fiscal que l’important PCSC reprĂ©sente ;

  2. Définir des hauts standards techniques pour la gestion des investissements publics ;

  3. Tirer des leçons du prĂ©sent processus de rĂ©forme et de modernisation budgĂ©taire afin d'accĂ©lerer la mise en place gĂ©nĂ©rale, la surveillance et l’évaluation des projets PCSC ;

  4. Appuyer la prĂ©paration d’un Cadre de dĂ©penses Ă  moyen terme (CDMT) ; et

  5. AmĂ©liorer l’efficacitĂ© et l’économie des investissements dans quatre secteurs clĂ©s, notamment les transports et les travaux publics, l’eau, l’éducation et la santĂ©.

Diagnostic
La RDP estime que le PCSC est financiÚrement viable à moyen terme. Le budget fiscal peut temporairement soutenir de larges augmentations des investissements publics sur la période 2005-2009 avec cependant trois mises en garde :

  1. PremiÚrement, les autorités devront prendre soin de limiter les augmentations dans les dépenses courantes dérivées des investissements PCSC.

  2. DeuxiĂšmement, le PCSC devra ĂȘtre mis en oeuvre graduellement, durant toute la vie du projet. En effet, le fait de se limiter au financement des projets peut engendrer des dĂ©penses inutiles et de la corruption.

  3. TroisiÚmement, lorsque le PCSC touchera à sa fin, les autorités devront adopter des actions concrÚtes afin de revenir à un niveau de dépense viable à moyen terme.

La RDP conclut aussi que l’AlgĂ©rie a fait d’important progrĂšs en matiĂšre d’éducation publique et de santĂ©. A l’exception de la mortalitĂ© maternelle, l’AlgĂ©rie pourra certainement atteindre tous ses objectifs de dĂ©veloppement du millĂ©naire (ODM). Cependant, la RDP identifie plusieurs faiblesses dans le cadre institutionnel, l’efficacitĂ© sectorielle et l’économie de l’investissement public :

  • Le systĂšme national d’investissement public a besoin d’ĂȘtre modernisĂ©. Des projets «majeurs» requiĂšrent une supervision spĂ©cifique de la part d’une agence spĂ©cialisĂ©e. La rĂ©forme budgĂ©taire, un outil essentiel dans la mise en place du PCSC progresse mais trĂšs lentement. En gĂ©nĂ©ral, le niveau de compĂ©tences techniques du personnel en charge de l’exĂ©cution des projets est faible et il est improbable que ce niveau s’amĂ©liore dans un avenir proche. Les Wilayas et autres institutions de gouvernement locales affichent les mĂȘmes lacunes.


  • Une faible efficacitĂ© de l’investissement public dĂ©coule principalement d’une qualitĂ© de projet inĂ©gale. Les projets d’envergure ne sont souvent pas conformes aux standards techniques minimes et peu, voire aucun suivi n’est effectuĂ© Ă©tant donnĂ© qu’aucune base de donnĂ©es centralisĂ©es des projets PCSC n’existe. En gĂ©nĂ©ral, ceci donne lieu Ă  des objectifs de projets seulement partiellement rĂ©alisĂ©s. Plusieurs projets ne devraient mĂȘme pas ĂȘtre poursuivis. Ces problĂšmes sont intensifiĂ©s par une allocation de ressources trop grande par rapport Ă  la capacitĂ© d’absorption locale.


  • Alors que les coĂ»ts initiaux sont pour la plupart sous-estimĂ©s, les coĂ»ts finaux sont, Ă  l’inverse, trĂšs souvent surestimĂ©s. C’est pourquoi la faiblesse de la capacitĂ© d’absorption induit des risques considĂ©rables de coĂ»ts trop Ă©levĂ©s. Jusqu’ici, l’investissement privĂ© dans les projets d’infrastructures publiques demeure limitĂ©. Des problĂšmes plus spĂ©cifiques de mise en oeuvre apparaissent comme communs Ă  tous les secteurs. En effet, un taux de couverture mal rĂ©parti et une faible qualitĂ© de services, en particulier entre les communes pauvres et rurales persistent. La plupart des stratĂ©gies sectorielles (excluant l’éducation) sont obsolĂštes, une situation qui mĂšne Ă  des concentrations stratĂ©giques du PCSC implicitement biaisĂ©es envers les projets de construction d’infrastructure. Des cadres institutionnels hautement fragmentĂ©s demeurent dans plusieurs ministĂšres clĂ©s, spĂ©cifiquement dans le domaine de la santĂ© et de l’eau. Le dĂ©ficit de budgets de maintenance, surtout pour les vastes projets d’infrastructure (les routes et travaux publics), est trĂšs onĂ©reux. Cependant, il existe plusieurs possibilitĂ©s de redressement des coĂ»ts considĂ©rables dans le domaine des barrages, de la construction d’écoles, de l’équipement mĂ©dical et de la gestion pharmaceutique.

Recommandations principales
Des mesures doivent ĂȘtre adoptĂ©es pour corriger les faiblesses du systĂšme d’investissement public. Ainsi, la RDP recommande de travailler sur trois piliers de la rĂ©forme institutionnelle :

  1. La restructuration du systĂšme national d’investissement public. Un systĂšme amĂ©liorĂ© d’investissement public devrait s’éloigner d’une approche “projet par projet” pour Ă©pouser une approche sectorielle s’étendant sur plusieurs annĂ©es et oĂč les projets sont sĂ©lectionnĂ©s sur la base d’une stratĂ©gie sectorielle mise Ă  jour. Les projets d’investissements devront embrasser les standards minimaux et ĂȘtre financiĂšrement efficients, faute de quoi ils ne devraient pas ĂȘtre approuvĂ©s. Les Ă©quipes des ministĂšres et des agences responsables de l’exĂ©cution des projets devront ĂȘtre formĂ©s, et leurs effectifs devront augmenter. De nouvelles normes devront diriger les investissements des Wilayas et les autres instances de gouvernement locales.


  2. Le nouvellement créé CNED (Caisse Nationale d’Equipement pour le DĂ©veloppement) devrait jouer un rĂŽle central pour que les prioritĂ©s sectorielles des projets “majeurs” et que leurs standards techniques minimes soient respectĂ©s. Une base de donnĂ©es centrale des projets “majeurs” PCSC devrait ĂȘtre créée pour suivre et contrĂŽler avec prĂ©cision les Ă©volutions.


  3. La modernisation de la gestion budgĂ©taire devra s’accĂ©lĂ©rer.
    Le reclassement budgĂ©taire Ă©conomique devrait ĂȘtre complĂ©tĂ©, comme prĂ©vu, ainsi que la soumission au Parlement d’une nouvelle loi budgĂ©taire constitutionnelle en 2007. Les CMDT sectoriels et les budgĂ©tisations basĂ©es sur la performance en prĂ©paration pour cinq ministĂšrespilotes en 2006, devront ĂȘtre testĂ©s en 2007 avant leur gĂ©nĂ©ralisation Ă  travers le reste du gouvernement central. L’informatisation du budget devra ĂȘtre prĂȘte en 2008 afin de l’introduire l’annĂ©e suivante.

La RDP cible aussi des défis clés dans d'autres secteurs :

  • Le secteur des transports et des travaux publics devra porter une plus grande attention Ă  la maintenance des routes, surtout celles des wilayas et des communes. L’investissement ferroviaire devra ĂȘtre reconsidĂ©rĂ© en tenant compte de l’analyse rĂ©cente entre le rĂŽle Ă©conomique des transports ferroviaires et l’avantage comparatif dont les routes bĂ©nĂ©ficient dans plusieurs endroits. Les rĂ©formes institutionnelles devront assurer la coordination du travail entre les autoritĂ©s de l’aviation civile et portuaire tout en mobilisant le financement privĂ©. Des contrats basĂ©s sur les performances devront ĂȘtre utilisĂ©s ainsi que le redressement des coĂ»ts lorsqu’il est Ă©conomiquement justifiĂ©.


  • Les prioritĂ©s globales en terme d’éducation doivent ĂȘtre dirigĂ©es vers l’inspection des mĂ©canismes de standards de rĂ©fĂ©rence afin de mieux suivre la qualitĂ© de l’éducation Ă©coliĂšre ; d’accroĂźtre les dĂ©penses par Ă©colier en terme d’entrĂ©es pĂ©dagogiques ; de revoir les normes physiques de la construction d’écoles ; et de mieux cibler les subventions Ă  l’éducation des familles les plus dĂ©munies.


  • Le systĂšme de santĂ© AlgĂ©rien devra finaliser la crĂ©ation d’une stratĂ©gie complĂšte et sectorielle ; accroĂźtre le budget dĂ©diĂ© aux besoins en santĂ© primaires et secondaires ; renforcer le budget des ressources humaines dans les institutions de la santĂ©, en particulier pour ceux en charge de l’investissement des projets et des technologies de l’information ; dĂ©velopper un nouveau systĂšme contractuel entre la sĂ©curitĂ© sociale et les hĂŽpitaux ; et rĂ©former, d’urgence, la gestion de l’équipement mĂ©dical et pharmaceutique.

 


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