- Le fonds Gemloc du Groupe de la Banque mondiale lance des investissements dans les obligations émises par les marchés émergents en devises locales.
- Ce nouveau fonds sâaccompagnera dâun indice qui permettra aux investisseurs de mieux apprĂ©cier les risques associĂ©s aux pays oĂč investira le Gemloc.
- Ce projet vise à réaliser des investissements stables dans 40 pays à revenu faible à moyen.
 Le 19 novembre 2007âEn collaboration avec un partenaire privĂ©, la Banque internationale pour la reconstruction et le dĂ©veloppement (BIRD) lance un nouveau fonds obligataire en devises locales pour les marchĂ©s Ă©mergents. DotĂ© de 5 milliards de dollars, ce fonds devrait ĂȘtre opĂ©rationnel au cours du premier semestre 2008, et des investissements seront progressivement rĂ©alisĂ©s dans une quarantaine de pays Ă©mergents.  Michael Klein parle du Gemloc lors dâune confĂ©rence de presse en octobre
Le fonds Gemloc (ou Global Emerging Markets Local Currency Bond Fund) reprĂ©sente une solution « systĂ©mique » visant Ă rĂ©duire les Ă©carts du marchĂ©, a indiquĂ© Michael Klein, vice-prĂ©sident de la SociĂ©tĂ© financiĂšre internationale (IFC) et Ă©conomiste en chef, lors dâune confĂ©rence de presse le 21 octobre. Si plus de 70 % de la dette des pays Ă©mergents est actuellement libellĂ©e en devises locales, seulement 10 % des investissements Ă©trangers dans les obligations des marchĂ©s Ă©mergents sont libellĂ©s en monnaie nationale. Seuls 2 % de la dette en devises locales des marchĂ©s Ă©mergents est Ă©valuĂ©e par rapport Ă des indices existants. Selon M. Klein, les investisseurs rĂ©clament la crĂ©ation dâun fonds dĂ©diĂ© et trĂšs diversifiĂ© afin de favoriser lâaccĂšs des pays Ă©mergents au marchĂ© des obligations libellĂ©es en devises locales. Tandis quâenviron une douzaine dâĂ©conomies Ă©mergentes ont dĂ©jĂ dĂ©veloppĂ© un marchĂ© des obligations libellĂ©es en monnaie nationale, de nombreuses autres sâefforcent dâaugmenter la liquiditĂ© de ce marchĂ©, de construire des infrastructures de marchĂ©, de dĂ©velopper des rĂ©gimes fiscaux efficaces et de rĂ©duire les contraintes administratives. En quoi les obligations peuvent-elles ĂȘtre utiles aux pays Ă forte croissance ?
Les obligations constituent une façon attrayante de financer lâinfrastructure coĂ»teuse nĂ©cessaire aux pays en voie de dĂ©veloppement pour maintenir leur croissance Ă©conomique et tirer parti des avantages de la croissance. |
La Banque mondiale cherche un gĂ©rant privĂ©, responsable du Gemloc et chargĂ© de lever la somme initiale de 5 milliards de dollars auprĂšs des investisseurs ainsi que de gĂ©rer un portefeuille dâinvestissements dans des obligations libellĂ©es en devises locales dans 40 marchĂ©s Ă©mergents. JusquâĂ 30 % des actifs pourraient Ă©galement ĂȘtre investis dans des obligations sous-souveraines et de sociĂ©tĂ©s. Un cercle vertueux Ce fonds nâest pas autonome, mais fait partie dâun programme en trois volets, qui inclut Ă©galement un indice appelĂ© « Global Emerging Markets Bond Index (Gemx) », créé conjointement avec lâIFC. Cet indice permet non seulement dâapprĂ©cier la taille du marchĂ©, mais Ă©galement les risques associĂ©s aux pays oĂč investira le Gemloc, Ă savoir les variables telles que les rĂ©gimes fiscaux et de rĂ©glementation ainsi que les rĂšgles dâaccĂšs aux marchĂ©s. LâIFC a fait ses preuves dans ce domaine en lançant le premier indice boursier des marchĂ©s Ă©mergents vingt ans auparavant. Lâobjectif nâest pas seulement de fournir des points de rĂ©fĂ©rence aux investisseurs, mais dâencourager les pays partenaires de la Banque mondiale Ă faire leur possible pour attirer ces investisseurs. Le troisiĂšme volet de ce programme consiste en une assistance technique fournie par la Banque pour aider les pays Ă dĂ©velopper des marchĂ©s des obligations en devises nationales plus attrayants. Cette assistance technique sera financĂ©e par un « droit au dĂ©veloppement » levĂ© par le gĂ©rant du fonds. Ni la BIRD ni lâIFC ne sont tenues dâengager du capital dans ce projet. AprĂšs 10 ans, la disposition de temporisation viendra Ă Ă©chĂ©ance, ce qui signifie que le nom de la « Banque mondiale » sera retirĂ© et que le secteur privĂ© prendra la suite.   Le Gemloc a un rĂŽle unique Ă jouer dans les pays Ă revenu faible Ă moyen
Le Gemloc fait partie de la stratĂ©gie de la Banque visant Ă dĂ©velopper des produits financiers innovateurs, qui correspondent aux besoins spĂ©cifiques des pays, en utilisant le savoir-faire de la BIRD et de lâIFC pour optimiser lâimpact dâinvestissements financiers modestes. Le Groupe de la Banque mise sur le potentiel important encore inexploitĂ© de ces marchĂ©s. Au vu de la performance historique des marchĂ©s dâobligations en devises locales au cours des 10 derniĂšres annĂ©es, M. Klein a dĂ©claré : « Sâil existait un meilleur moyen dâinvestir dans ces marchĂ©s par rapport aux indices, ces investissements auraient mĂȘme surclassĂ© les placements en actions des marchĂ©s Ă©mergents, qui se portaient plutĂŽt bien dans une perspective Ă plus long terme. » Au dĂ©but, ce fonds investira 15 Ă 20 marchĂ©s Ă©mergents, notamment le BrĂ©sil, le Chili, la Chine, la Colombie, la RĂ©publique tchĂšque, lâĂgypte, la Hongrie, lâInde, lâIndonĂ©sie, la Malaisie, le Mexique, le PĂ©rou, les Philippines, la Pologne, la Roumanie, la Russie, la Slovaquie, lâAfrique du Sud, la ThaĂŻlande et la Turquie. Dâici cinq ans, quarante pays devraient ĂȘtre concernĂ©s. Ce programme issu de la coopĂ©ration entre la BIRD et lâIFC est un modĂšle dâinnovation « Pour le Groupe de la Banque mondiale, cela reprĂ©sente la possibilitĂ© de faciliter lâaccĂšs des pays Ă©mergents au marchĂ© des obligations en devises locales, tout en amĂ©liorant la profondeur et la qualitĂ© des marchĂ©s de la dette », explique M. Klein. Outre lâamĂ©lioration de la stabilitĂ© financiĂšre, des Ă©chĂ©ances prolongĂ©es et des instruments en monnaie nationale favorisent les investissements dans lâinfrastructure ainsi que la structuration des finances. MalgrĂ© le succĂšs rencontrĂ© par les marchĂ©s des actions des marchĂ©s Ă©mergents, les marchĂ©s des obligations se sont dĂ©veloppĂ©s plus lentement dans de nombreux pays. Selon Oliver Fratzscher, responsable du programme Gemloc, il existe de nombreuses explications Ă cette situation, notamment le fait que les capitaux propres sont considĂ©rĂ©s comme plus utiles au dĂ©veloppement. Par ailleurs, certains aspects font toujours obstacle Ă lâinfrastructure des marchĂ©s financiers. Les impĂŽts sont parfois prohibitifs, et les formalitĂ©s administratives ferment lâaccĂšs Ă un groupe dâinvestisseurs plus large. « Il est maintenant concevable que les gĂ©rants de rĂ©serve et les fonds de pension des marchĂ©s Ă©mergents puissent investir dans un nouveau vĂ©hicule, Ă savoir un portefeuille diversifiĂ© dâobligations en monnaie nationale de marchĂ©s Ă©mergents, ce qui Ă©largirait de façon spectaculaire la base dâinvestisseurs et crĂ©erait des opportunitĂ©s dâinvestissement Sud-Sud », dĂ©clarait M. Fratzscher. « Aujourdâhui, ces marchĂ©s attirent beaucoup de capitaux flottants, de capitaux dĂ©rivĂ©s pour trois Ă six mois provenant de centres extraterritoriaux, qui entrent et sortent du pays et ne favorisent absolument pas le dĂ©veloppement, ajoutait-il. Nous souhaitons vraiment transformer ces flux de capitaux flottants Ă court terme en investissements intraterritoriaux stables sur le long terme provenant dâinvestisseurs institutionnels, autant officiels que privĂ©s. Comme les ministres des finances lâont annoncĂ© en mai, lors dâune rĂ©union Ă Potsdam, le Gemloc a Ă©galement rĂ©pondu Ă un plan dâaction du G8 en faveur du dĂ©veloppement des marchĂ©s des obligations locales. Ils ont dĂ©terminĂ© que le dĂ©veloppement des marchĂ©s dâobligations locales constituait lâune des structures de marchĂ© national essentielle Ă la stabilitĂ© financiĂšre continue des pays Ă©mergents, et ont demandĂ© au Fonds monĂ©taire international (FMI) et Ă la Banque de fournir des mĂ©canismes proposĂ©s. Le Conseil fĂ©licite la BIRD et lâIFC pour leur collaboration Ă la crĂ©ation dâun produit innovateur Le Conseil a donnĂ© son aval au programme Gemloc le 4 octobre, et plusieurs directeurs administratifs ont manifestĂ© leur approbation pour son caractĂšre innovateur et sa dĂ©monstration du potentiel de collaboration entre la BIRD et lâIFC. Jorge Familiar, directeur administratif de la Banque pour lâAmĂ©rique centrale, le Mexique, lâEspagne et le Venezuela, sâest Ă©galement adressĂ© Ă la presse lors de lâouverture des AssemblĂ©es gĂ©nĂ©rales en ces termes : « Je fĂ©licite le Gemloc pour son approche ingĂ©nieuse visant Ă encourager le dĂ©veloppement financier par le biais dâinitiatives basĂ©es sur le marchĂ©. Ce projet prouve que le Groupe de la Banque mondiale a un rĂŽle unique Ă jouer pour combler les Ă©carts du marchĂ©, rĂ©unir les secteurs public et privĂ© afin de satisfaire les besoins des deux, ainsi que rĂ©pondre aux besoins des pays Ă revenu faible Ă moyen. » Selon M. Familiar, la solution multidimensionnelle Ă©laborĂ©e par la Banque Ă©tait nĂ©cessaire pour franchir les obstacles des marchĂ©s. « Il est souvent difficile dâattirer des investisseurs lorsque la liquiditĂ© dâun marchĂ© est faible. Il est difficile de possĂ©der des liquiditĂ©s sans avoir des investisseurs », indiquait-il. Il a ensuite dĂ©crit le Gemloc comme un exemple de coopĂ©ration Sud-Sud, en regroupant des marchĂ©s ayant atteint des niveaux de dĂ©veloppement diffĂ©rents et en permettant Ă des marchĂ©s plus petits de bĂ©nĂ©ficier de leur inclusion Ă un fonds constituĂ© de marchĂ©s plus dĂ©veloppĂ©s. |