Le point sur le SIDA dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord

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Une opportunité unique

Les pays de la rĂ©gion Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) se trouvent aujourd’hui devant l’opportunitĂ© unique de contenir la vague de VIH/SIDA pendant que les taux de prĂ©valence sont encore faibles. D’aprĂšs l’ONUSIDA, en 2007, 380 000 personnes vivaient avec le VIH, 35 000 personnes avaient Ă©tĂ© infectĂ©es rĂ©cemment par le virus, et 25 000 dĂ©cĂšs Ă©taient dus au SIDA dans la rĂ©gion MOAN. Historiquement, la rĂ©gion a un faible taux de prĂ©valence du VIH (actuellement, 0,3 % chez les adultes de 15 Ă  49 ans) et l’augmentation de ce dernier est plus lente que dans les autres rĂ©gions. MalgrĂ© cette faible prĂ©valence, diffĂ©rents facteurs de risque pour le VIH sont prĂ©sents dans la rĂ©gion, notamment une population jeune et fortement mobile, la pauvretĂ© et l’inĂ©galitĂ©, la consommation croissante de drogues, l’exposition aux mĂ©dias internationaux et une culture de libĂ©ralisation. Étant donnĂ© les liens avec l’infection au VIH, il est Ă©galement important de garder Ă  l’esprit le fait que la rĂ©gion MOAN pĂątit d’un lourd fardeau en ce qui concerne les maladies liĂ©es Ă  la sexualitĂ© et Ă  la procrĂ©ation. Le VIH est faible parmi la population gĂ©nĂ©rale, mais des preuves de plus en plus importantes montrent que l’épidĂ©mie se propage rapidement chez les utilisateurs de drogues injectables (UDI), les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HSH) et les travailleurs du sexe (TS). Des taux de prĂ©valence du VIH significatifs sont dĂ©jĂ  signalĂ©s au sein de la population des consommateurs de drogues injectables en Iran et en Libye, les travailleurs du sexe en AlgĂ©rie et les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes en Égypte.

 

Les obstacles politiques, socioculturels et liĂ©s aux capacitĂ©s, les systĂšmes de surveillance inadĂ©quats, la stigmatisation qui subsiste, la peur et le refus de la rĂ©alitĂ©, outre la prĂ©valence actuelle faible en apparence, sont autant de facteurs qui maintiennent la prĂ©vention du VIH et les soins Ă  un niveau de prioritĂ© faible. Pourtant, la migration importante, l’augmentation de l’utilisation des drogues par voie intraveineuse, la pauvretĂ© et les forts taux de chĂŽmage, la population relativement jeune et les situations de conflit crĂ©ent un environnement propice Ă  la propagation du virus. Attendre pour intervenir pourrait avoir des effets dĂ©vastateurs d’un point de vue social et ĂȘtre coĂ»teux sur le plan Ă©conomique mĂȘme si l’infection reste largement limitĂ©e aux groupes Ă  haut risque.

Une intervention rapide est vitale

MalgrĂ© le faible taux actuel d’infection au VIH dans la rĂ©gion MENA, il est essentiel d’intervenir rapidement de maniĂšre Ă  freiner la propagation du VIH/SIDA. Plus le VIH/SIDA se propage, plus la prĂ©vention et le traitement se compliquent et plus leur coĂ»t augmente. Si la mise en place de programmes de prĂ©vention est retardĂ©e et inaccessible pour les populations Ă  risque, il est vraisemblable que l’épidĂ©mie se propagera de maniĂšre exponentielle. Les pays de la rĂ©gion MENA ont deux options politiques :

  1. Retarder l’action tant que la prĂ©valence du VIH reste faible et avoir des dĂ©penses largement plus importantes pour la contrĂŽler une fois le virus propagé ; ou
  2. Entreprendre dĂšs Ă  prĂ©sent une action globale visant Ă  stopper la propagation du VIH avant qu’il devienne une menace pour le dĂ©veloppement.

Une action globale nĂ©cessitera de renforcer les systĂšmes de surveillance afin d’amĂ©liorer la comprĂ©hension de l’épidĂ©mie et sa dynamique dans chacun des pays, de maniĂšre Ă  soutenir des interventions plus efficaces et plus ciblĂ©es.

Un changement des comportements peut réduire la transmission du VIH

MalgrĂ© l’absence de vaccin pour le VIH/SIDA, il a Ă©tĂ© prouvĂ© qu’un changement dans les comportements est un moyen extrĂȘmement efficace de rĂ©duire la transmission du VIH. Les jeunes gens sont particuliĂšrement rĂ©ceptifs aux messages d’information et de comportement sans danger. Une intervention prĂ©coce et dynamique pour lutter contre l’épidĂ©mie a portĂ© ses fruits dans diffĂ©rents pays tels que l’Ouganda, le SĂ©nĂ©gal, la ThaĂŻlande et l’Inde (rĂ©gion du Tamil Nadu). Non seulement la prĂ©vention Ă©vite la souffrance et la mort, mais elle permet Ă©galement au systĂšme de santĂ© et, d’une façon plus gĂ©nĂ©rale, au secteur public, de faire des Ă©conomies importantes. Les interventions rentables comme les programmes d’information publique, le traitement des infections sexuellement transmissibles et une utilisation plus gĂ©nĂ©ralisĂ©e des prĂ©servatifs, ne coĂ»tent que 8 dollars amĂ©ricains par infection Ă©vitĂ©e, alors que le traitement de chaque cas de SIDA coĂ»te des centaines de dollars. Il serait utile, pour de nombreux individus et couples, de connaĂźtre leur statut par rapport Ă  l’infection. Une des approches consiste Ă  rendre les services de dĂ©pistage volontaire plus accessibles et plus pratiques dans cette rĂ©gion.

Les défis

Globalement, le dĂ©fi consiste Ă  galvaniser les responsables politiques et sociaux des pays de la rĂ©gion MENA pour qu’ils reconnaissent la gravitĂ© de la menace et l’importance d’une approche proactive. Un dĂ©fi majeur doit ĂȘtre relevĂ© dans la rĂ©gion : maintenir un bon niveau d’information sur les taux de prĂ©valence du SIDA et la fiabilitĂ© de ces donnĂ©es. Des systĂšmes de surveillance inadĂ©quats peuvent nĂ©gliger des foyers d’infection dans les groupes marginalisĂ©s et Ă  risque Ă©levĂ©. Il est nĂ©cessaire d’apporter une rĂ©ponse multisectorielle, Ă  l’échelle de toute la sociĂ©tĂ©, qui fera intervenir les ministĂšres des gouvernements pertinents, diffĂ©rentes agences, des organisations de la sociĂ©tĂ© civile, le secteur privĂ© et les communautĂ©s afin d’atteindre les objectifs suivants :

-      AmĂ©liorer les systĂšmes de surveillance du VIH/SIDA et obtenir des donnĂ©es pertinentes et Ă  jour sur l’étendue du problĂšme dans la rĂ©gion ;

-      Identifier les facteurs socio-Ă©conomiques et culturels qui peuvent contribuer Ă  la propagation de l’épidĂ©mie ;

-      Rompre le silence concernant la maladie ;

-      Combattre la peur et la stigmatisation associĂ©es Ă  l’épidĂ©mie ; et

-      Surveiller les tendances afin que les interventions soient rapides et appropriées.

Pour entreprendre ces actions, il faut une volonté et un engagement politiques forts, afin de créer un environnement favorable.

Le rĂŽle de la Banque mondiale

En dĂ©cembre 2005, la Banque a lancĂ© sa stratĂ©gie VIH/SIDA pour la rĂ©gion intitulĂ©e « Preventing HIV/AIDS in the Middle East and North Africa Region: A Window of Opportunity to Act » (PrĂ©vention du VIH/SIDA dans la rĂ©gion du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord : une conjoncture favorable). Cette stratĂ©gie vise Ă  soutenir des activitĂ©s multisectorielles et Ă  s’attaquer Ă  l’épidĂ©mie. Les quatre principales orientations stratĂ©giques suivantes ont Ă©tĂ© identifiĂ©es comme Ă©tant des domaines oĂč la Banque pouvait soutenir les pays de la rĂ©gion MENA dans la conception, l’évaluation et la mise en Ɠuvre des programmes VIH/SIDA :

  1. Engagement des responsables politiques, des dĂ©cideurs et des principaux participants afin d’entraĂźner une prise de conscience et de donner une plus grande prioritĂ© aux programmes VIH/SIDA dans le programme national pour le dĂ©veloppement, en particulier sur la prĂ©vention et l’élargissement de l’accĂšs Ă  l’information ;

  2. Soutien des efforts rĂ©alisĂ©s par les pays afin d’amĂ©liorer le systĂšme de surveillance et de renforcer la recherche et l’évaluation des aspects Ă©pidĂ©miologiques, Ă©conomiques et comportementaux du VIH/SIDA ;

  3. Soutien du dĂ©veloppement de stratĂ©gies nationales et de programmes pour lutter contre le VIH/SIDA, avec prioritĂ© donnĂ©e Ă  la prĂ©vention et l’élargissement de l’accĂšs Ă  l’information ; et,

  4. Soutien de la création de capacités et du partage des connaissances pour une gestion complÚte des programmes de lutte contre le VIH/SIDA.

Ces orientations sont basĂ©es sur l’avantage comparatif de la Banque, sur de nombreuses consultations avec les partenaires rĂ©gionaux et sur l’engagement de la Banque dans ce domaine.

Afin d’entraĂźner la prise de conscience du problĂšme du VIH/SIDA dans la rĂ©gion, la Banque mondiale a mis en Ɠuvre ou soutenu les activitĂ©s-clĂ©s suivantes au cours des cinq derniĂšres annĂ©es :

-      La Banque a soutenu le Gouvernement du Liban dans la prĂ©paration d’un plan d’action national contre le SIDA de 2004 Ă  2009 visant Ă  guider les responsables et les participants dans l’organisation d’interventions appropriĂ©es qui mĂšneraient Ă  une rĂ©ponse cohĂ©rente et coordonnĂ©e au VIH/SIDA au niveau national. Pour faire suite Ă  cette action, la Banque a approuvĂ© en 2005 une subvention du FID de 350 000 dollars afin de soutenir le renforcement du systĂšme national de suivi et d’évaluation du VIH/SIDA et des systĂšmes de surveillance, dans le cadre des prioritĂ©s du plan d’action national de lutte contre le SIDA. Un cadre de suivi et d’évaluation a Ă©tĂ© finalisĂ© et est opĂ©rationnel. La subvention finance actuellement des Ă©tudes bio-comportementales intĂ©grĂ©es de groupes Ă  risque Ă©levĂ© Ă  Beyrouth. Les rĂ©sultats fourniront la base du suivi de l’épidĂ©mie dans le pays, et soutiendront les programmes de prĂ©vention et de soutien qui ciblent les groupes Ă  risque Ă©levĂ©.

-      La Banque finance un projet de rĂ©forme du systĂšme de santĂ© au YĂ©men, avec 2 millions de dollars consacrĂ©s Ă  l’éducation sur la santĂ©, qui adopte une stratĂ©gie de « communication pour le changement des comportements » visant Ă  amĂ©liorer les comportements en matiĂšre de santĂ©, notamment en ce qui concerne la prĂ©vention du VIH/SIDA.

-      La Banque a approuvĂ© en 2003 une subvention de 12 millions de dollars Ă  Djibouti, pays avec le plus fort taux de prĂ©valence dans la rĂ©gion (2,8 %), afin de mettre en Ɠuvre ses plans stratĂ©giques nationaux contre le VIH/SIDA, le paludisme et la tuberculose. La conception du projet est actuellement mise en Ɠuvre par onze ministĂšres du gouvernement et quelques ONG nationales et internationales.

-      En juillet 2005, la Banque, en collaboration avec l’OMS et le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, a organisĂ© un atelier rĂ©gional de renforcement des capacitĂ©s sur le thĂšme « Managing Procurement and Logistics of HIV/AIDS Drugs and Related Supplies » (Gestion des approvisionnements et logistique des mĂ©dicaments contre le VIH/SIDA et fournitures connexes). Des participants venant d’Égypte, d’Iran, de Jordanie, du Liban, du Maroc et du YĂ©men ont suivi une formation de cinq jours.

-      En avril 2006, en collaboration avec le Gouvernement d’Iran, l’ONUSIDA, le bureau rĂ©gional de l’OMS pour la MĂ©diterranĂ©e orientale et le Programme des Nations Unies pour le contrĂŽle international des drogues, la Banque a organisĂ© une consultation entre diffĂ©rents pays sur la prĂ©vention du VIH/SIDA chez les utilisateurs de drogues injectable (UDI). La consultation, qui s’est tenue sur quatre jours au siĂšge du contrĂŽle iranien des drogues, a Ă©tĂ© organisĂ©e conjointement par le comitĂ© prĂ©sidentiel et le ministĂšre de la SantĂ©. Elle a permis de rĂ©unir Ă  TĂ©hĂ©ran des participants de haut niveau venant de cinq pays, Tadjikistan, Afghanistan, Pakistan, OuzbĂ©kistan et Kirghizistan, afin qu’ils bĂ©nĂ©ficient de l’expĂ©rience rĂ©ussie de l’Iran dans la mise en Ɠuvre d’un programme d’attĂ©nuation des effets nĂ©fastes et de rĂ©duction du VIH/SIDA dans la population des prisonniers et des UDI. L’évĂ©nement a Ă©tĂ© trĂšs rĂ©ussi. Les reprĂ©sentants des pays ont Ă©tĂ© informĂ©s par des experts locaux et internationaux ; ils ont participĂ© Ă  des visites de prisons et ont rendu visite Ă  quelques ONG en Iran et, enfin, ils ont dĂ©veloppĂ© des plans d’action concrets pour une mise en Ɠuvre dans leurs pays respectifs.

-      Fin 2006, la Banque et l’équipe de soutien rĂ©gional (ESR) du MNA de l’ONUSIDA au Caire, ont soumis conjointement au service « stratĂ©gies et plans d’action de lutte contre le SIDA » (ASAP) une proposition rĂ©gionale pour financer les efforts des pays de la rĂ©gion MENA afin de renforcer leurs plans et stratĂ©gies nationaux de lutte contre le SIDA en 2007 et 2008. La proposition d’un financement par l’ASAP a Ă©tĂ© approuvĂ©e et le soutien est dĂ©jĂ  fourni au Maroc. Par ailleurs, des demandes de soutien Ă©mises par l’AlgĂ©rie et la Tunisie sont actuellement en cours d’examen.

 

-      En mars 2007, la Banque a collaborĂ© avec l’ONUSIDA et le bureau rĂ©gional de l’OMS pour la MĂ©diterranĂ©e orientale sur un atelier rĂ©gional de suivi et d’évaluation intitulĂ© « Reinforcing Capacities in Monitoring and Evaluation in the Middle East and North Africa » (Renforcement des capacitĂ©s de surveillance et d’évaluation au Moyen-Orient et en Afrique du Nord) qui s’est tenu Ă  Marrakech, au Maroc. L’atelier avait pour objectif de promouvoir et de dĂ©velopper les efforts visant Ă  renforcer les systĂšmes de surveillance et d’évaluation, afin d’amĂ©liorer la programmation et la mise en Ɠuvre de la rĂ©ponse au SIDA, en fonction des facteurs de propagation de l’épidĂ©mie et des contextes locaux. Une Ă©quipe de reprĂ©sentants des ressources humaines de la rĂ©gion et de partenaires nationaux venus d’AlgĂ©rie, de Djibouti, d’Égypte, d’Iran, de Jordanie, du Liban, du Maroc, de Somalie, du Soudan et de Tunisie ont participĂ© Ă  cet atelier. L’atelier avait pour objet de renforcer les capacitĂ©s des principaux partenaires nationaux dans les plans de surveillance et d’évaluation et de l’UNGASS 2008, en particulier sur les points suivants : (a) amĂ©liorer la comprĂ©hension de la gestion de la surveillance et de l’évaluation, afin de dĂ©velopper un plan d’action propre Ă  chaque pays pour le renforcement du systĂšme de surveillance et d’évaluation ; (b) amĂ©liorer la comprĂ©hension de la surveillance et de l’évaluation des populations les plus Ă  risque, ainsi que des indicateurs spĂ©cifiques du secteur de la santé ; (c) amĂ©liorer la comprĂ©hension des exigences et de l’utilitĂ© du rapport de l’UNGASS, et dĂ©veloppement d’un plan d’action propre Ă  chaque pays afin de renforcer le rapport de l’UNGASS ; et (d) discuter des rĂ©ussites et des dĂ©fis en matiĂšre de surveillance et d’évaluation dans toute la rĂ©gion, afin d’identifier des solutions aux problĂšmes communs et d’établir un rĂ©seau pour soutenir la surveillance et l’évaluation dans la rĂ©gion MENA.

 

-      La Banque travaille actuellement en collaboration avec le bureau rĂ©gional de l’OMS pour la MĂ©diterranĂ©e orientale et l’ONUSIDA sur un groupe d’action rĂ©gional de surveillance VIH/SIDA visant Ă  renforcer les systĂšmes de surveillance des pays, afin de mieux dĂ©finir et suivre l’épidĂ©mie pour mieux la gĂ©rer.

Il reste encore beaucoup Ă  faire, mais un certain nombre d’initiatives de lutte contre le VIH/SIDA ont dĂ©jĂ  commencĂ© dans quelques pays de la rĂ©gion. Par exemple, le nombre de pays de la rĂ©gion MENA qui demandent et reçoivent des subventions du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme pour des programmes de lutte contre le VIH/SIDA a augmenté : il est passĂ© d’un seul pays (le Maroc), lors de la premiĂšre phase de financement approuvĂ© par le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, Ă  neuf pays lors de la septiĂšme phase (AlgĂ©rie, Djibouti, Égypte, Iran, Jordanie, Tunisie, Cisjordanie et Gaza, Maroc et YĂ©men). Cette progression indique que la rĂ©gion commence Ă  relever le dĂ©fi consistant Ă  gĂ©rer le problĂšme dans les meilleurs dĂ©lais. Dans toute la rĂ©gion, de l’AlgĂ©rie jusqu’au Golfe, les pays se mobilisent devant le VIH/SIDA :

-      DĂ©claration d’Alger 2005.Le gouvernement algĂ©rien, en collaboration avec l’ONUSIDA, a organisĂ© en novembre 2005 un atelier rĂ©gional sur le VIH/SIDA sur la responsabilisation et le soutien des personnes mal nourries souffrant du VIH/SIDA au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (Regional HIV/AIDS Workshop on Empowerment and Support of People Living with HIV/AIDS (PLWHA) in the Middle East and North Africa). L’objectif Ă©tait d’éveiller les consciences sur les besoins et les droits des personnes mal nourries souffrant du VIH/SIDA, et de les encourager Ă  lutter contre la stigmatisation et la discrimination. Les participants, qui venaient de 15 pays, reprĂ©sentaient des organisations de la sociĂ©tĂ© civile, des agences des Nations Unies, le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, la Banque mondiale, ainsi que des reprĂ©sentants de diffĂ©rents ministĂšres algĂ©riens, notamment les ministĂšres de la SantĂ©, de la SolidaritĂ© sociale et des Affaires religieuses. Cet atelier Ă©tait le premier Ă©vĂ©nement de la rĂ©gion Ă  traiter des besoins et des perspectives spĂ©cifiques des personnes mal nourries souffrant du VIH/SIDA. À l’issue de l’atelier, la DĂ©claration d’Alger a Ă©tĂ© adoptĂ©e. Cette dĂ©claration reflĂšte les paroles et les visions de ceux qui vivent avec le VIH ; elle renforce leur engagement dans la lutte contre l’épidĂ©mie du VIH/SIDA dans les secteurs suivants : dĂ©fense, prĂ©vention, traitement et soins, vie positive et rĂ©duction de la stigmatisation et de la discrimination liĂ©es Ă  l’épidĂ©mie. La DĂ©claration appelle Ă  une rĂ©ponse de plusieurs parties prenantes, dans laquelle les gouvernements, les ONG, la sociĂ©tĂ© civile, les groupes confessionnels, les organisations communautaires et les personnes mal nourries souffrant du VIH/SIDA deviennent partenaires dans la lutte contre le VIH/SIDA. La DĂ©claration s’est fondĂ©e sur les promesses faites par quarante-deux nations au cours du sommet sur le SIDA qui s’est tenu Ă  Paris en 1994, concernant le besoin d’une plus grande implication de la part des personnes vivant avec le SIDA ou touchĂ©es par le SIDA. Ce sommet faisait notamment appel aux dĂ©cisionnaires du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord pour soutenir la participation active des personnes mal nourries souffrant du VIH/SIDA dans le dĂ©veloppement et la mise en Ɠuvre des programmes de lutte contre le VIH/SIDA.

-      SIDACTION Maroc 2005 TĂ©lĂ©thon. Dans le cadre de la campagne de lutte contre le VIH/SIDA et en commĂ©moration de la JournĂ©e mondiale du SIDA 2005, l’« Association de Lutte contre le Sida » marocaine, en coopĂ©ration avec la chaĂźne de tĂ©lĂ©vision marocaine 2M, a organisĂ© un TĂ©lĂ©thon afin de collecter des fonds pour soutenir les personnes mal nourries souffrant du VIH/SIDA au Maroc et faire passer un message d’espoir et de compassion dans toute la nation. PrĂšs de 2,5 millions de dollars amĂ©ricains ont Ă©tĂ© collectĂ©s pendant cette campagne de deux semaines. Les diffĂ©rentes sessions impliquaient des personnes mal nourries souffrant du VIH/SIDA venues tĂ©moigner de la stigmatisation et de la discrimination dont elles Ă©taient victimes. Par ailleurs, des cĂ©lĂ©britĂ©s et des experts, marocains et Ă©trangers, ainsi que le directeur exĂ©cutif de l’ONUSIDA, ont participĂ© Ă  des dĂ©bats sur diffĂ©rents sujets relatifs au VIH/SIDA et sur la vision de l’Islam sur ce sujet. Les dons permettront de fournir des mĂ©dicaments aux personnes souffrant du VIH/SIDA, d’amĂ©liorer le dĂ©pistage du VIH et d’amĂ©liorer la prĂ©vention et la prise de conscience, afin de lutter contre la stigmatisation liĂ©e au VIH/SIDA.

-      SĂ©minaire de l’Arabie saoudite sur les droits de l’homme et le VIH/SIDA dans la rĂ©gion du conseil de coopĂ©ration du Golfe.En novembre 2005, le Conseil des ministres de la SantĂ© pour les États du conseil de coopĂ©ration du Golfe, en collaboration avec le bureau rĂ©gional de l’OMS pour la MĂ©diterranĂ©e orientale et le PNUD, et avec la participation de la Banque, a organisĂ© un sĂ©minaire sur les droits de l’homme et le VIH/SIDA dans la rĂ©gion du Golfe, Ă  Riyad, au Royaume d’Arabie Saoudite. Cette confĂ©rence, qui avait pour objectif de dĂ©terminer comment adopter une approche humaine et sociale pour lutter contre le VIH/SIDA, a Ă©tĂ© la premiĂšre de ce type dans la rĂ©gion du Golfe. Voici les premiĂšres recommandations du sĂ©minaire : (a) l’obtention du soutien fiable des traditions religieuses et sociales dans la lutte contre le VIH/SIDA ; (b) la fourniture d’un environnement juridique propice et une amĂ©lioration de l’acceptation sociĂ©tale par l’intermĂ©diaire d’une sensibilisation soutenue de la population, et de l’élimination de la stigmatisation et de la discrimination ; (c) l’amĂ©lioration du systĂšme de surveillance, notamment parmi les groupes Ă  risque Ă©levĂ© et vulnĂ©rables ; (d) le besoin d’une approche multisectorielle des problĂšmes liĂ©s au VIH/SIDA ; (e) la nĂ©cessitĂ© que les gouvernements montrent l’exemple en respectant et en appliquant la DĂ©claration universelle des droits de l’homme dans le traitement des patients atteints du VIH/SIDA, qu’ils soient citoyens ou non citoyens ; (f) la mise Ă  disposition de soins de santĂ© auprĂšs de tous les patients de maniĂšre Ă©galitaire, quelle que soit la nature de leur maladie ; (g) la rĂ©vision des programmes d’éducation et de santĂ© afin de renforcer la prĂ©vention ; et (h) la mise en place d’une stratĂ©gie globale de santĂ© Ă  l’échelle nationale qui souligne la prĂ©vention et la dĂ©fense pour atteindre les groupes vulnĂ©rables et Ă  risque Ă©levĂ©. La participation de la Banque Ă  ce sĂ©minaire a abouti Ă  une demande de soutien de la stratĂ©gie nationale de lutte contre le VIH/SIDA par le gouvernement saoudien dans le cadre du programme de coopĂ©ration technique remboursable de la Banque.

-      Programme rĂ©gional de lutte contre le VIH/SIDA dans les États arabes (HARPAS). Les responsables musulmans et chrĂ©tiens se sont rĂ©unis Ă  l’occasion de deux colloques rĂ©gionaux sur les responsables religieux et le VIH/SIDA dans la rĂ©gion arabe, qui se sont tenus au Caire en dĂ©cembre 2004 et en novembre 2006 sous l’égide de la Ligue des États arabes. Le premier Ă©vĂ©nement a abouti Ă  la signature de la DĂ©claration du Caire en 2004 par 80 chefs religieux Ă©minents de 19 pays arabes et avec le soutien de 300 autres chefs religieux qui ont dĂ©clarĂ© leur engagement dans l’apport d’une rĂ©ponse au VIH/SIDA. Un plan d’action a Ă©tĂ© approuvĂ© Ă  la fois par les musulmans et les chrĂ©tiens en ce qui concerne leur rĂŽle en tant qu’acteurs fondamentaux dans la gestion du VIH/SIDA, et un comitĂ© directeur rĂ©gional composĂ© de chefs religieux a Ă©tĂ© crĂ©Ă© pour faciliter et guider la phase de suivi. Actuellement, 40 000 kits d’informations sur le VIH/SIDA Ă  l’usage des chrĂ©tiens et des musulmans ont Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ©s par et pour les chefs religieux arabes. Ils sont publiĂ©s et disponibles auprĂšs de l’HARPAS, et cinq formations plurinationales ont Ă©tĂ© mises en Ɠuvre Ă  partir de ces kits.

Novembre 2007




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