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Le point sur le SIDA dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord

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Une opportunité unique

Les pays de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) se trouvent aujourd’hui devant l’opportunité unique de contenir la vague de VIH/SIDA pendant que les taux de prévalence sont encore faibles. D’après l’ONUSIDA, en 2007, 380 000 personnes vivaient avec le VIH, 35 000 personnes avaient été infectées récemment par le virus, et 25 000 décès étaient dus au SIDA dans la région MOAN. Historiquement, la région a un faible taux de prévalence du VIH (actuellement, 0,3 % chez les adultes de 15 à 49 ans) et l’augmentation de ce dernier est plus lente que dans les autres régions. Malgré cette faible prévalence, différents facteurs de risque pour le VIH sont présents dans la région, notamment une population jeune et fortement mobile, la pauvreté et l’inégalité, la consommation croissante de drogues, l’exposition aux médias internationaux et une culture de libéralisation. Étant donné les liens avec l’infection au VIH, il est également important de garder à l’esprit le fait que la région MOAN pâtit d’un lourd fardeau en ce qui concerne les maladies liées à la sexualité et à la procréation. Le VIH est faible parmi la population générale, mais des preuves de plus en plus importantes montrent que l’épidémie se propage rapidement chez les utilisateurs de drogues injectables (UDI), les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HSH) et les travailleurs du sexe (TS). Des taux de prévalence du VIH significatifs sont déjà signalés au sein de la population des consommateurs de drogues injectables en Iran et en Libye, les travailleurs du sexe en Algérie et les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes en Égypte.

 

Les obstacles politiques, socioculturels et liés aux capacités, les systèmes de surveillance inadéquats, la stigmatisation qui subsiste, la peur et le refus de la réalité, outre la prévalence actuelle faible en apparence, sont autant de facteurs qui maintiennent la prévention du VIH et les soins à un niveau de priorité faible. Pourtant, la migration importante, l’augmentation de l’utilisation des drogues par voie intraveineuse, la pauvreté et les forts taux de chômage, la population relativement jeune et les situations de conflit créent un environnement propice à la propagation du virus. Attendre pour intervenir pourrait avoir des effets dévastateurs d’un point de vue social et être coûteux sur le plan économique même si l’infection reste largement limitée aux groupes à haut risque.

Une intervention rapide est vitale

Malgré le faible taux actuel d’infection au VIH dans la région MENA, il est essentiel d’intervenir rapidement de manière à freiner la propagation du VIH/SIDA. Plus le VIH/SIDA se propage, plus la prévention et le traitement se compliquent et plus leur coût augmente. Si la mise en place de programmes de prévention est retardée et inaccessible pour les populations à risque, il est vraisemblable que l’épidémie se propagera de manière exponentielle. Les pays de la région MENA ont deux options politiques :

  1. Retarder l’action tant que la prévalence du VIH reste faible et avoir des dépenses largement plus importantes pour la contrôler une fois le virus propagé ; ou
  2. Entreprendre dès à présent une action globale visant à stopper la propagation du VIH avant qu’il devienne une menace pour le développement.

Une action globale nécessitera de renforcer les systèmes de surveillance afin d’améliorer la compréhension de l’épidémie et sa dynamique dans chacun des pays, de manière à soutenir des interventions plus efficaces et plus ciblées.

Un changement des comportements peut réduire la transmission du VIH

Malgré l’absence de vaccin pour le VIH/SIDA, il a été prouvé qu’un changement dans les comportements est un moyen extrêmement efficace de réduire la transmission du VIH. Les jeunes gens sont particulièrement réceptifs aux messages d’information et de comportement sans danger. Une intervention précoce et dynamique pour lutter contre l’épidémie a porté ses fruits dans différents pays tels que l’Ouganda, le Sénégal, la Thaïlande et l’Inde (région du Tamil Nadu). Non seulement la prévention évite la souffrance et la mort, mais elle permet également au système de santé et, d’une façon plus générale, au secteur public, de faire des économies importantes. Les interventions rentables comme les programmes d’information publique, le traitement des infections sexuellement transmissibles et une utilisation plus généralisée des préservatifs, ne coûtent que 8 dollars américains par infection évitée, alors que le traitement de chaque cas de SIDA coûte des centaines de dollars. Il serait utile, pour de nombreux individus et couples, de connaître leur statut par rapport à l’infection. Une des approches consiste à rendre les services de dépistage volontaire plus accessibles et plus pratiques dans cette région.

Les défis

Globalement, le défi consiste à galvaniser les responsables politiques et sociaux des pays de la région MENA pour qu’ils reconnaissent la gravité de la menace et l’importance d’une approche proactive. Un défi majeur doit être relevé dans la région : maintenir un bon niveau d’information sur les taux de prévalence du SIDA et la fiabilité de ces données. Des systèmes de surveillance inadéquats peuvent négliger des foyers d’infection dans les groupes marginalisés et à risque élevé. Il est nécessaire d’apporter une réponse multisectorielle, à l’échelle de toute la société, qui fera intervenir les ministères des gouvernements pertinents, différentes agences, des organisations de la société civile, le secteur privé et les communautés afin d’atteindre les objectifs suivants :

-      Améliorer les systèmes de surveillance du VIH/SIDA et obtenir des données pertinentes et à jour sur l’étendue du problème dans la région ;

-      Identifier les facteurs socio-économiques et culturels qui peuvent contribuer à la propagation de l’épidémie ;

-      Rompre le silence concernant la maladie ;

-      Combattre la peur et la stigmatisation associées à l’épidémie ; et

-      Surveiller les tendances afin que les interventions soient rapides et appropriées.

Pour entreprendre ces actions, il faut une volonté et un engagement politiques forts, afin de créer un environnement favorable.

Le rôle de la Banque mondiale

En décembre 2005, la Banque a lancé sa stratégie VIH/SIDA pour la région intitulée « Preventing HIV/AIDS in the Middle East and North Africa Region: A Window of Opportunity to Act » (Prévention du VIH/SIDA dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord : une conjoncture favorable). Cette stratégie vise à soutenir des activités multisectorielles et à s’attaquer à l’épidémie. Les quatre principales orientations stratégiques suivantes ont été identifiées comme étant des domaines où la Banque pouvait soutenir les pays de la région MENA dans la conception, l’évaluation et la mise en œuvre des programmes VIH/SIDA :

  1. Engagement des responsables politiques, des décideurs et des principaux participants afin d’entraîner une prise de conscience et de donner une plus grande priorité aux programmes VIH/SIDA dans le programme national pour le développement, en particulier sur la prévention et l’élargissement de l’accès à l’information ;

  2. Soutien des efforts réalisés par les pays afin d’améliorer le système de surveillance et de renforcer la recherche et l’évaluation des aspects épidémiologiques, économiques et comportementaux du VIH/SIDA ;

  3. Soutien du développement de stratégies nationales et de programmes pour lutter contre le VIH/SIDA, avec priorité donnée à la prévention et l’élargissement de l’accès à l’information ; et,

  4. Soutien de la création de capacités et du partage des connaissances pour une gestion complète des programmes de lutte contre le VIH/SIDA.

Ces orientations sont basées sur l’avantage comparatif de la Banque, sur de nombreuses consultations avec les partenaires régionaux et sur l’engagement de la Banque dans ce domaine.

Afin d’entraîner la prise de conscience du problème du VIH/SIDA dans la région, la Banque mondiale a mis en œuvre ou soutenu les activités-clés suivantes au cours des cinq dernières années :

-      La Banque a soutenu le Gouvernement du Liban dans la préparation d’un plan d’action national contre le SIDA de 2004 à 2009 visant à guider les responsables et les participants dans l’organisation d’interventions appropriées qui mèneraient à une réponse cohérente et coordonnée au VIH/SIDA au niveau national. Pour faire suite à cette action, la Banque a approuvé en 2005 une subvention du FID de 350 000 dollars afin de soutenir le renforcement du système national de suivi et d’évaluation du VIH/SIDA et des systèmes de surveillance, dans le cadre des priorités du plan d’action national de lutte contre le SIDA. Un cadre de suivi et d’évaluation a été finalisé et est opérationnel. La subvention finance actuellement des études bio-comportementales intégrées de groupes à risque élevé à Beyrouth. Les résultats fourniront la base du suivi de l’épidémie dans le pays, et soutiendront les programmes de prévention et de soutien qui ciblent les groupes à risque élevé.

-      La Banque finance un projet de réforme du système de santé au Yémen, avec 2 millions de dollars consacrés à l’éducation sur la santé, qui adopte une stratégie de « communication pour le changement des comportements » visant à améliorer les comportements en matière de santé, notamment en ce qui concerne la prévention du VIH/SIDA.

-      La Banque a approuvé en 2003 une subvention de 12 millions de dollars à Djibouti, pays avec le plus fort taux de prévalence dans la région (2,8 %), afin de mettre en œuvre ses plans stratégiques nationaux contre le VIH/SIDA, le paludisme et la tuberculose. La conception du projet est actuellement mise en œuvre par onze ministères du gouvernement et quelques ONG nationales et internationales.

-      En juillet 2005, la Banque, en collaboration avec l’OMS et le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, a organisé un atelier régional de renforcement des capacités sur le thème « Managing Procurement and Logistics of HIV/AIDS Drugs and Related Supplies » (Gestion des approvisionnements et logistique des médicaments contre le VIH/SIDA et fournitures connexes). Des participants venant d’Égypte, d’Iran, de Jordanie, du Liban, du Maroc et du Yémen ont suivi une formation de cinq jours.

-      En avril 2006, en collaboration avec le Gouvernement d’Iran, l’ONUSIDA, le bureau régional de l’OMS pour la Méditerranée orientale et le Programme des Nations Unies pour le contrôle international des drogues, la Banque a organisé une consultation entre différents pays sur la prévention du VIH/SIDA chez les utilisateurs de drogues injectable (UDI). La consultation, qui s’est tenue sur quatre jours au siège du contrôle iranien des drogues, a été organisée conjointement par le comité présidentiel et le ministère de la Santé. Elle a permis de réunir à Téhéran des participants de haut niveau venant de cinq pays, Tadjikistan, Afghanistan, Pakistan, Ouzbékistan et Kirghizistan, afin qu’ils bénéficient de l’expérience réussie de l’Iran dans la mise en œuvre d’un programme d’atténuation des effets néfastes et de réduction du VIH/SIDA dans la population des prisonniers et des UDI. L’événement a été très réussi. Les représentants des pays ont été informés par des experts locaux et internationaux ; ils ont participé à des visites de prisons et ont rendu visite à quelques ONG en Iran et, enfin, ils ont développé des plans d’action concrets pour une mise en œuvre dans leurs pays respectifs.

-      Fin 2006, la Banque et l’équipe de soutien régional (ESR) du MNA de l’ONUSIDA au Caire, ont soumis conjointement au service « stratégies et plans d’action de lutte contre le SIDA » (ASAP) une proposition régionale pour financer les efforts des pays de la région MENA afin de renforcer leurs plans et stratégies nationaux de lutte contre le SIDA en 2007 et 2008. La proposition d’un financement par l’ASAP a été approuvée et le soutien est déjà fourni au Maroc. Par ailleurs, des demandes de soutien émises par l’Algérie et la Tunisie sont actuellement en cours d’examen.

 

-      En mars 2007, la Banque a collaboré avec l’ONUSIDA et le bureau régional de l’OMS pour la Méditerranée orientale sur un atelier régional de suivi et d’évaluation intitulé « Reinforcing Capacities in Monitoring and Evaluation in the Middle East and North Africa » (Renforcement des capacités de surveillance et d’évaluation au Moyen-Orient et en Afrique du Nord) qui s’est tenu à Marrakech, au Maroc. L’atelier avait pour objectif de promouvoir et de développer les efforts visant à renforcer les systèmes de surveillance et d’évaluation, afin d’améliorer la programmation et la mise en œuvre de la réponse au SIDA, en fonction des facteurs de propagation de l’épidémie et des contextes locaux. Une équipe de représentants des ressources humaines de la région et de partenaires nationaux venus d’Algérie, de Djibouti, d’Égypte, d’Iran, de Jordanie, du Liban, du Maroc, de Somalie, du Soudan et de Tunisie ont participé à cet atelier. L’atelier avait pour objet de renforcer les capacités des principaux partenaires nationaux dans les plans de surveillance et d’évaluation et de l’UNGASS 2008, en particulier sur les points suivants : (a) améliorer la compréhension de la gestion de la surveillance et de l’évaluation, afin de développer un plan d’action propre à chaque pays pour le renforcement du système de surveillance et d’évaluation ; (b) améliorer la compréhension de la surveillance et de l’évaluation des populations les plus à risque, ainsi que des indicateurs spécifiques du secteur de la santé ; (c) améliorer la compréhension des exigences et de l’utilité du rapport de l’UNGASS, et développement d’un plan d’action propre à chaque pays afin de renforcer le rapport de l’UNGASS ; et (d) discuter des réussites et des défis en matière de surveillance et d’évaluation dans toute la région, afin d’identifier des solutions aux problèmes communs et d’établir un réseau pour soutenir la surveillance et l’évaluation dans la région MENA.

 

-      La Banque travaille actuellement en collaboration avec le bureau régional de l’OMS pour la Méditerranée orientale et l’ONUSIDA sur un groupe d’action régional de surveillance VIH/SIDA visant à renforcer les systèmes de surveillance des pays, afin de mieux définir et suivre l’épidémie pour mieux la gérer.

Il reste encore beaucoup à faire, mais un certain nombre d’initiatives de lutte contre le VIH/SIDA ont déjà commencé dans quelques pays de la région. Par exemple, le nombre de pays de la région MENA qui demandent et reçoivent des subventions du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme pour des programmes de lutte contre le VIH/SIDA a augmenté : il est passé d’un seul pays (le Maroc), lors de la première phase de financement approuvé par le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, à neuf pays lors de la septième phase (Algérie, Djibouti, Égypte, Iran, Jordanie, Tunisie, Cisjordanie et Gaza, Maroc et Yémen). Cette progression indique que la région commence à relever le défi consistant à gérer le problème dans les meilleurs délais. Dans toute la région, de l’Algérie jusqu’au Golfe, les pays se mobilisent devant le VIH/SIDA :

-      Déclaration d’Alger 2005.Le gouvernement algérien, en collaboration avec l’ONUSIDA, a organisé en novembre 2005 un atelier régional sur le VIH/SIDA sur la responsabilisation et le soutien des personnes mal nourries souffrant du VIH/SIDA au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (Regional HIV/AIDS Workshop on Empowerment and Support of People Living with HIV/AIDS (PLWHA) in the Middle East and North Africa). L’objectif était d’éveiller les consciences sur les besoins et les droits des personnes mal nourries souffrant du VIH/SIDA, et de les encourager à lutter contre la stigmatisation et la discrimination. Les participants, qui venaient de 15 pays, représentaient des organisations de la société civile, des agences des Nations Unies, le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, la Banque mondiale, ainsi que des représentants de différents ministères algériens, notamment les ministères de la Santé, de la Solidarité sociale et des Affaires religieuses. Cet atelier était le premier événement de la région à traiter des besoins et des perspectives spécifiques des personnes mal nourries souffrant du VIH/SIDA. À l’issue de l’atelier, la Déclaration d’Alger a été adoptée. Cette déclaration reflète les paroles et les visions de ceux qui vivent avec le VIH ; elle renforce leur engagement dans la lutte contre l’épidémie du VIH/SIDA dans les secteurs suivants : défense, prévention, traitement et soins, vie positive et réduction de la stigmatisation et de la discrimination liées à l’épidémie. La Déclaration appelle à une réponse de plusieurs parties prenantes, dans laquelle les gouvernements, les ONG, la société civile, les groupes confessionnels, les organisations communautaires et les personnes mal nourries souffrant du VIH/SIDA deviennent partenaires dans la lutte contre le VIH/SIDA. La Déclaration s’est fondée sur les promesses faites par quarante-deux nations au cours du sommet sur le SIDA qui s’est tenu à Paris en 1994, concernant le besoin d’une plus grande implication de la part des personnes vivant avec le SIDA ou touchées par le SIDA. Ce sommet faisait notamment appel aux décisionnaires du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord pour soutenir la participation active des personnes mal nourries souffrant du VIH/SIDA dans le développement et la mise en œuvre des programmes de lutte contre le VIH/SIDA.

-      SIDACTION Maroc 2005 Téléthon. Dans le cadre de la campagne de lutte contre le VIH/SIDA et en commémoration de la Journée mondiale du SIDA 2005, l’« Association de Lutte contre le Sida » marocaine, en coopération avec la chaîne de télévision marocaine 2M, a organisé un Téléthon afin de collecter des fonds pour soutenir les personnes mal nourries souffrant du VIH/SIDA au Maroc et faire passer un message d’espoir et de compassion dans toute la nation. Près de 2,5 millions de dollars américains ont été collectés pendant cette campagne de deux semaines. Les différentes sessions impliquaient des personnes mal nourries souffrant du VIH/SIDA venues témoigner de la stigmatisation et de la discrimination dont elles étaient victimes. Par ailleurs, des célébrités et des experts, marocains et étrangers, ainsi que le directeur exécutif de l’ONUSIDA, ont participé à des débats sur différents sujets relatifs au VIH/SIDA et sur la vision de l’Islam sur ce sujet. Les dons permettront de fournir des médicaments aux personnes souffrant du VIH/SIDA, d’améliorer le dépistage du VIH et d’améliorer la prévention et la prise de conscience, afin de lutter contre la stigmatisation liée au VIH/SIDA.

-      Séminaire de l’Arabie saoudite sur les droits de l’homme et le VIH/SIDA dans la région du conseil de coopération du Golfe.En novembre 2005, le Conseil des ministres de la Santé pour les États du conseil de coopération du Golfe, en collaboration avec le bureau régional de l’OMS pour la Méditerranée orientale et le PNUD, et avec la participation de la Banque, a organisé un séminaire sur les droits de l’homme et le VIH/SIDA dans la région du Golfe, à Riyad, au Royaume d’Arabie Saoudite. Cette conférence, qui avait pour objectif de déterminer comment adopter une approche humaine et sociale pour lutter contre le VIH/SIDA, a été la première de ce type dans la région du Golfe. Voici les premières recommandations du séminaire : (a) l’obtention du soutien fiable des traditions religieuses et sociales dans la lutte contre le VIH/SIDA ; (b) la fourniture d’un environnement juridique propice et une amélioration de l’acceptation sociétale par l’intermédiaire d’une sensibilisation soutenue de la population, et de l’élimination de la stigmatisation et de la discrimination ; (c) l’amélioration du système de surveillance, notamment parmi les groupes à risque élevé et vulnérables ; (d) le besoin d’une approche multisectorielle des problèmes liés au VIH/SIDA ; (e) la nécessité que les gouvernements montrent l’exemple en respectant et en appliquant la Déclaration universelle des droits de l’homme dans le traitement des patients atteints du VIH/SIDA, qu’ils soient citoyens ou non citoyens ; (f) la mise à disposition de soins de santé auprès de tous les patients de manière égalitaire, quelle que soit la nature de leur maladie ; (g) la révision des programmes d’éducation et de santé afin de renforcer la prévention ; et (h) la mise en place d’une stratégie globale de santé à l’échelle nationale qui souligne la prévention et la défense pour atteindre les groupes vulnérables et à risque élevé. La participation de la Banque à ce séminaire a abouti à une demande de soutien de la stratégie nationale de lutte contre le VIH/SIDA par le gouvernement saoudien dans le cadre du programme de coopération technique remboursable de la Banque.

-      Programme régional de lutte contre le VIH/SIDA dans les États arabes (HARPAS). Les responsables musulmans et chrétiens se sont réunis à l’occasion de deux colloques régionaux sur les responsables religieux et le VIH/SIDA dans la région arabe, qui se sont tenus au Caire en décembre 2004 et en novembre 2006 sous l’égide de la Ligue des États arabes. Le premier événement a abouti à la signature de la Déclaration du Caire en 2004 par 80 chefs religieux éminents de 19 pays arabes et avec le soutien de 300 autres chefs religieux qui ont déclaré leur engagement dans l’apport d’une réponse au VIH/SIDA. Un plan d’action a été approuvé à la fois par les musulmans et les chrétiens en ce qui concerne leur rôle en tant qu’acteurs fondamentaux dans la gestion du VIH/SIDA, et un comité directeur régional composé de chefs religieux a été créé pour faciliter et guider la phase de suivi. Actuellement, 40 000 kits d’informations sur le VIH/SIDA à l’usage des chrétiens et des musulmans ont été développés par et pour les chefs religieux arabes. Ils sont publiés et disponibles auprès de l’HARPAS, et cinq formations plurinationales ont été mises en œuvre à partir de ces kits.

Novembre 2007




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