Par Henri Laurent Bateg, Responsable de la Communication Le 22 Novembre 2006 -- Des organisations et associations œuvrant dans le domaine du SIDA, on en compte par milliers au Cameroun. Cependant, celles qui ont pu se faire remarquer à travers des réalisations concrètes et de qualité, ne courent pas les rues. L’association KidAIDS fait partie de cette dernière catégorie grâce à l’impact de ses multiples actions sur le terrain et à la vision contemporaine de ses pères fondateurs depuis 2001 : « Famille et communauté, les meilleures armes pour lutter contre le SIDA ». Un couple, une histoire Animé par une farouche détermination, le couple Ndzié, à l’issue de la Conférence internationale sur les MST/SIDA qui s’est tenue à Ouagadougou en 2001, décide, avec l’aide de cinq autres membres, de se consacrer à l’encadrement et à la documentation de l’enfant atteint par le VIH/SIDA. Convaincue que la décennie qui venait à peine de commencer était cruciale pour le SIDA pédiatrique, l’association nait officiellement en 2003 avec pour ambition, la réduction de l’impact du SIDA sur les enfants : « Nous avons commencé cette passionnante et exaltante expérience avec sept membres dont deux particulièrement actifs : il s’agit de moi-même et de mon épouse», affirme Patrice Désiré Ndzié, heureux du travail accompli depuis six ans. Et d’ajouter : « Le SIDA nous affecte personnellement et nous sommes très engagés pour des causes sociales. Les enfants étant des laissés pour compte, nous avons voulu combler ce vide ». Aujourd’hui, treize personnes travaillent avec passion pour le compte de KidAIDS et ce dans plusieurs domaines d’intervention tels que la santé, l’éducation, le bien-être familial et social, le plaidoyer et la lutte contre les injustices sociales, la documentation et les études diverses. Car, en effet, l’organisation de KidAIDS a beaucoup changé dans le temps. En 2003, l’association a focalisé son action sur la prévention mère et enfant. Son rayon d’action s’étend maintenant à la mobilisation communautaire et à la prise en charge psychosociale des enfants affectés par le VIH/SIDA.  Ainsi, quatre programmes font la fierté de KidAIDS dont : · le programme Enfant et SIDA qui a donné lieu à une dizaine d’actions de qualité sur le terrain ; · le programme de prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant (PTME) ; · le programme de développement communautaire ; · le programme sur les Droits Sexuels et la Santé de Reproduction (DSSR). Quelques résultats concrets enregistrés par KidAIDS | - Encadrement de 180 femmes séropositives suivies de façon personnalisée ;
- Rencontres éducatives auprès des femmes en âge de procréer ;
- Encadrement de 114 enfants infectés fin 2006 (et près du double en 2007) ;
- Formation et sensibilisation de plus de 30 pairs éducateurs ;
- 13 personnes permanentes travaillent aujourd’hui à temps plein pour le compte de l’association au lieu de 2 au départ en 2001 ;
- Ouverture d’un deuxième bureau à Mbalmayo et projet d’ouverture d’un troisième à N’Gaoundéré.
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L’action de la Banque mondiale reste vitale Les initiatives comme celle de l’association KidAIDS viennent compléter le soutien de la Banque mondiale dans le cadre de son  projet multisectoriel de lutte contre le SIDA. Ce projet a pour objectifs de freiner la propagation de la pandémie du VIH/SIDA au Cameroun et à en atténuer l’impact sur les personnes infectées ou affectées à travers le renforcement des capacités des communautés, la conception et la mise en œuvre de plans d’action de lutte contre le VIH/SIDA, et, l’appui à la conception et à la mise en œuvre de stratégies sectorielles de lutte contre le VIH/SIDA.  Plus précisément, le projet, avant sa clôture, a réalisé les initiatives suivantes : Appui aux communautés locales et sectorielles ; Appui au secteur santé à travers les recrutements, formations et la fourniture des équipements ; Promotion de la multisectoralité ; Mobilisation des ressources nationales et celles des partenaires multi et bilatéraux ; Apports techniques aux différents groupes cibles ; Suivi évaluation de la maladie ; Mise en place d’un dispositif national adéquat de lutte contre la maladie(Comité National de lutte contre le SIDA (CNLS)). Clôturé officiellement depuis le 30 juin 2007 et en attendant son évaluation finale, un deuxième projet est actuellement en étude. Le projet de lutte contre le SIDA de la Banque mondiale en chiffres | - Plus de 98% de la population camerounaise ont déjà entendu parler du SIDA
- Un million de personnes touchées directement par le projet
- Plus de 30.000 personnes sous traitement des antirétroviraux
- 462 structures sanitaires renforcées pour faire la prévention de la transmission mère et enfant
- 1000 pères éducateurs formés
- 611 centres de conseil et de dépistage créés
- 62 centres de traitement agréés créés dans le cadre du projet
- 1419 tradipraticiens formés
- Les 10 hôpitaux provinciaux équipés de matériel de laboratoire (automates, cymomètres de flux, etc.)
- Les 10 hôpitaux provinciaux dotés d’un groupe technique provincial de lutte contre le SIDA
- 98 stratégies sectorielles et 60 plans d’action élaborés.
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Ce sont les fonds qui manquent le plus ! Dans le monde entier et en Afrique subsaharienne plus particulièrement, l’épidémie du VIH/SIDA a rendu vulnérables et orphelins, environ 15 millions d’enfants. L’école, la santé et la protection la plus élémentaire leur sont refusées, de même que bien d’autres éléments fondamentaux de l’enfance. Grâce à des bienfaiteurs et donateurs généreux, et avec l’appui de certaines organisations et institutions à vocation humanitaire telles que les Ministères des Affaires Sociales et de la Santé publique du Cameroun, l’ONUSIDA, Care International Cameroon, la Fondation Clinton…, KidAIDS, sous l’impulsion d’un petit groupe de personnes affectées elles-mêmes à des degrés divers par le VIH, essaye d’apporter une réponse adéquate et spécifique aux besoins des enfants. Les ressources financières de KidAIDS proviennent des adhésions, cotisations et contributions volontaires des membres, des revenus issus des prestations de services aux tiers, du financement de certains projets par les bailleurs de fonds et des parrainages et contributions des bienfaiteurs. Seulement, en dépit de la multiplicité des sources de revenus de l’association, KidAIDS fait toujours face à des difficultés qui ont jalonné son parcours depuis plus de cinq ans : les ressources de l’association restent aléatoires, faute de partenaires ayant inscrits leur soutien dans la durée ; de plus, KidAIDS fait face à un manque de ressources humaines spécialisées dans les domaines tels que la communication ou la planification stratégique. Des perspectives encourageantes cependant KidAIDS  nourrit déjà des projets pour consolider son programme de développement communautaire et de plaidoyer en faveur de l'accès aux soins de qualité de tous les enfants infectés par le virus. Peu présente en termes de communication et de plaidoyer, l’association entend placer l’année 2008 sous le signe de la communication. En ligne de mire, KidAIDS veut développer un site web dynamique et un forum de discussion sur le VIH pédiatrique. Le développement structurel de l’organisation sera également l’une des préoccupations dans les années à venir. Dans ce sens, l’association souhaiterait renforcer les capacités de ses membres, leur garantir des rémunérations fixes et assurer le paiement régulier de ses loyers mensuels. De l’avis du Coordonnateur des programmes, KidAIDS voudrait que des bailleurs de fonds « lui permettent d’exister vraiment et accompagnent l’association dans son développement stratégique ». Confiant en l’avenir de son mouvement, Patrice Désiré Ndzié souhaite que son association devienne nationale et pérennise son action en ce qui concerne la prise en charge des femmes et des enfants atteints par le VIH/SIDA. « Nous souhaitons un environnement plus favorable parce que nous traitons d’une problématique importante(…) Pour soutenir le rythme que nous avons impulsé, cela va demander de relever des défis encore plus complexes ». Et de conclure : « Nous ne voulons pas rester de simples bénévoles ; nous voulons grandir et nous professionnaliser. Le processus est d’ores et déjà en cours... ».  En attendant, KidAIDS et ses membres continuent de déployer leurs trésors d’imagination et de génie pour le bonheur des enfants, porteurs du VIH/SIDA.   |