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Asie de l'Est et Pacifique et VIH/SIDA: Fiche thématique

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Vue d’ensemble

Sur une population de près de 2 milliards, on estime à 2,3 millions les adultes et les enfants qui vivent avec le VIH/SIDA dans les pays d’Asie de l’Est et Pacifique (AEP). Ce nombre est en augmentation et affecte profondément un nombre incalculable d’individus, ainsi que les systèmes de santé, les économies et le tissu social de la région. Le VIH/SIDA est un défi majeur au développement et l’une des principales priorités de la Banque mondiale.

Le profil épidémiologique du VIH/SIDA dans cette région diversifiée est complexe. La vitesse de propagation de la maladie et sa gravité sont extrêmement différentes d’un pays à l’autre. Au Cambodge, au Myanmar et en Thaïlande, la prévalence du VIH/SIDA s’est propagée rapidement et touche déjà plus de 1 % de la population globale. Si ces pays ont été précocement touchés, d’autres comme le Viet Nam et plusieurs provinces de Chine commencent tout juste à observer une épidémie croissante, en particulier dans les « zones sensibles » de la région, et ont besoin de réponses rapides et efficaces.

Phase de l’épidémie de VIH/SIDA dans la région de l’Asie de l’Est et Pacifique

Bien que le profil épidémiologique diffère d’un pays à l’autre, la consommation de drogues injectables et le travail du sexe sont les facteurs principaux de la transmission du VIH/SIDA. Dans les pays de la région AEP, l’épidémie commence généralement à un niveau bas parmi les travailleurs du sexe qui ont régulièrement des rapports sexuels non protégés avec leurs clients, les utilisateurs de drogues injectables qui partagent les aiguilles et les seringues, ou les hommes qui ont des relations sexuelles avec d’autres hommes.

Au fur et à mesure de la propagation du VIH/SIDA parmi ces groupes, la maladie se concentre de plus en plus sur ces populations. Dans certains cas, la maladie se propage ensuite dans ces populations (qui se recoupent souvent), puis gagne ensuite la population générale. En Chine, le VIH/SIDA a maintenant atteint les 31 provinces, régions autonomes et municipalités. La transmission sexuelle du VIH par les utilisateurs de drogues injectables à leurs partenaires occupe une place prépondérante dans l’épidémie qui sévit en Chine.

Lorsque le VIH/SIDA atteint un seuil proche de la saturation dans les populations à risque élevé et que les taux d’infection dépassent 1 % de la population générale, l’épidémie est considérée comme étant « généralisée ». La trajectoire de son expansion dépend de la taille des populations à risque et de leur taux de recoupement. Le potentiel d’expansion est néanmoins significatif. Dans cette région, les données indiquent que les pays sont classés dans les catégories suivantes:

  • Niveau bas : Mongolie, République démocratique populaire lao, Philippines, Timor-Oriental et États-membres des Îles du Pacifique.
  • Concentrée : Papouasie-Nouvelle-Guinée, Chine, Indonésie, Viet Nam et Malaisie.
  • Généralisée : Thaïlande, Cambodge et Myanmar.

Certains éléments indiquent néanmoins que la Papouasie-Nouvelle-Guinée s’oriente vers une épidémie généralisée.


 

Projections de l’ONUSIDA concernant le VIH/SIDA pour la région de l’Asie de l’Est et Pacifique

L’épidémie peut largement s’étendre dans la région. La zone de l’Asie de l’Est et Pacifique étant la région la plus peuplée du monde, une augmentation, même faible, de la prévalence du VIH/SIDA se traduira par un grand nombre de personnes vivant avec le VIH/SIDA. L’ONUSIDA prédit plus de 11 millions de nouveaux cas de VIH/SIDA dans cette région d’ici 2010.

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Principaux problèmes

Le défi posé par la lutte contre le VIH/SIDA dans les pays d’Asie de l’Est et Pacifique est double : (1) prévention de nouveaux cas de VIH et (2) soin des personnes infectées. En 2005, près d’un million de personnes dans cette région avaient besoin d’un traitement antirétroviral : c’est le deuxième chiffre le plus élevé au monde.

En réponse à cette pandémie, tous les pays de la région AEP ont établi des programmes nationaux de lutte contre le VIH/SIDA. Cependant, les réponses nationales ne sont uniformes ni en intensité, ni en degré de réussite. Il existe une grande variation entre les pays et à l’intérieur des pays au niveau de l’implication politique, de l’adéquation du financement pour la lutte contre le VIH/SIDA et de la disponibilité des programmes effectifs de prévention et de traitement.

Tandis que certains pays sont des exemples de réussite, d’autres sont toujours en retard dans la lutte contre le VIH/SIDA. La Thaïlande et le Cambodge sont des exemples de pays qui affichent une forte implication des gouvernements, des réponses rapides et adéquates avec un renforcement du financement, ainsi que des interventions ciblées qui peuvent modérer l’expansion de l’épidémie.

En Thaïlande, le nombre annuel de nouvelles infections par le VIH est passé de 140 000 il y a dix ans à 15 000 en 2005. La Thaïlande et le Cambodge prouvent combien il est fondamental (dans une épidémie alimentée par le commerce du sexe) d’impliquer quelques secteurs essentiels : le ministère de la Santé, les propriétaires de maison close, la police (ministère de l’Intérieur) et les administrations provinciales.

Ces pays sont des exemples de réussite, mais comme dans d’autres pays, il y reste encore beaucoup à faire. Plusieurs pays tels que le Timor-Oriental et les Philippines ont des taux très faibles d’infection au VIH/SIDA malgré des comportements à risque élevé. Ils représentent une opportunité rare d’éviter une future épidémie.

Le programme de la Banque mondiale

Depuis le début des années 1990, la Banque mondiale s’implique activement dans la lutte contre le VIH/SIDA dans la région de l’Asie de l’Est et Pacifique par l’intermédiaire de prêts, de dialogue sur les politiques publiques, de recherches et d’analyse.

La Banque mondiale, dans les pays de la région de l’Asie de l’Est et Pacifique :

  • A mis en place une stratégie régionale. Ce plan recommande l’augmentation et l’amélioration de l’implication politique, le développement d’approches plus complètes pour affronter l’épidémie, l’amélioration de la surveillance, du suivi et de l’évaluation de la santé publique, l’augmentation des efforts de prévention, l’avancement des soins de santé, le soutien, le traitement et la prestation de services de santé. Un récapitulatif de cette stratégie a été traduit en plusieurs langues, dont le chinois, le thaï, le vietnamienet l’ indonésien.
  • A publié un rapport sur l’étude du traitement antirétroviral en Thaïlande : The Economics of Effective AIDS Treatment: Evaluating Policy Options for Thailand( L’économie du traitement efficace du SIDA : évaluation des options politiques pour la Thaïlande). Ce rapport a pour objet de conseiller la population et le gouvernement thaïs sur les bénéfices, les coûts et les conséquences de l’expansion du traitement antirétroviral, ainsi que d’aider à la conception des politiques de mise en œuvre .
  • Soutien des programmes en Chine, en Indonésie, en Papouasie-Nouvelle-Guinée et en Thaïlande . Entre 1992 et 2005, la Banque mondiale a financé 13 projets de santé avec des composantes liées au VIH/SIDA dans sept pays d’Asie de l’Est et Pacifique (Chine, Cambodge, Indonésie, Malaisie, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Philippines, Thaïlande et Viet Nam). Le cumul des prêts consentis à la région pour la lutte contre le VIH/SIDA et les interventions connexes se monte à plus de 130 millions de dollars américains. La Banque mondiale est l’un des financiers les plus importants pour les projets de lutte contre le VIH/SIDA au cours des années.

En collaboration avec les gouvernements, la société civile et les autres partenaires de développement, la Banque mondiale peut jouer un rôle essentiel dans la lutte contre le VIH/SIDA dans la région de l’Asie de l’Est et Pacifique afin d’éviter qu’elle ne devienne le futur épicentre de l’épidémie de VIH/SIDA.

Novembre 2007




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