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Données et recherches de la Banque mondiale sur le VIH/SIDA

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Recherche sur le VIH/SIDA

Modes de transmission, conséquences socioéconomiques et évaluation des efforts déployés par les projets

26 novembre 2007— L’Afrique subsaharienne qui n’abrite que 10 % de la population mondiale compte 68 % des sĂ©ropositifs du monde et prĂšs de 90 % de tous les enfants sĂ©ropositifs. On Ă©value Ă  11,4 millions le nombre d’enfants rendus orphelins par la maladie dans cette rĂ©gion.

D’aprĂšs de rĂ©centes donnĂ©es d’ONUSIDA (novembre 2007) on Ă©value Ă  1,7 million le nombre de personnes devenues sĂ©ropositives en Afrique subsaharienne au cours de la derniĂšre annĂ©e, ce qui constitue une importante baisse par rapport Ă  2001. Cependant, le SIDA demeure la premiĂšre cause de dĂ©cĂšs dans cette rĂ©gion oĂč l’on estime que 1,6 million de personnes en sont dĂ©cĂ©dĂ©es en 2007 et oĂč 22,5 millions de personnes vivent avec le VIH.

MalgrĂ© quelques rĂ©ussites, notamment en matiĂšre de fourniture d’un traitement antirĂ©troviral (ARV) dans certaines rĂ©gions d’Afrique et d’Asie, il reste encore beaucoup Ă  faire pour honorer les promesses en matiĂšre de VIH/SIDA. Les gouvernements, les donateurs et les spĂ©cialistes du dĂ©veloppement ont besoin de toute urgence de davantage d’informations basĂ©es sur des donnĂ©es probantes afin de prendre des mesures plus efficaces pour lutter contre le VIH/SIDA.

Les recherches menées par la Banque mondiale tentent de combler certaines lacunes importantes en matiÚre de connaissances, y compris :
‱ comment le VIH se propage dans la sociĂ©tĂ© ;
‱ les approches qui fonctionnent le mieux en matiĂšre de prĂ©vention et de fourniture de traitement ; et
‱ les rĂ©percussions qu’ont les dĂ©cĂšs liĂ©s au SIDA sur les personnes, les mĂ©nages et les Ă©conomies.

Femmes et VIH dans certaines rĂ©gions de l’Afrique subsaharienne

En analysant des donnĂ©es de sondages dĂ©mographiques et sur la santĂ©, Damien de Walque (a), un Ă©conomiste du service de recherche de la Banque, a rĂ©cemment dĂ©couvert qu’au Burkina Faso, au Cameroun, au Ghana, au Kenya et en Tanzanie, les deux tiers des couples cohabitant qui sont touchĂ©s par le VIH ne comptent qu’un seul partenaire infectĂ©. De plus, dans 30 Ă  40 % de ces couples touchĂ©s, seule la femme est infectĂ©e, ce qui signifie que les relations sexuelles extraconjugales sont chose courante chez les femmes, une donnĂ© qui Ă©tait jusque lĂ  insoupçonnĂ©e.

Les femmes ont souvent omis de dĂ©clarer leurs relations sexuelles extraconjugales, et les hommes infidĂšles Ă©taient considĂ©rĂ©s comme le principal lien entre les groupes Ă  risque Ă©levĂ© et la population gĂ©nĂ©rale. « Cette recherche est d’une grande importance pour les politiques de prĂ©ventions du VIH/SIDA », dit M. de Walque. « Cela dĂ©montre que les couples discordants devraient ĂȘtre Ă©duquĂ©s au sujet de la prĂ©vention du VIH et souligne le fait que les efforts de prĂ©vention devraient cibler autant les femmes que les hommes. »

D’aprĂšs les derniĂšres donnĂ©es 2007 d’ONUSIDA, 61 % de toutes les personnes sĂ©ropositives d’Afrique sont des femmes.

Recherche détaillée


 

Au Kenya, l’inĂ©galitĂ© des sexes rend les jeunes femmes plus vulnĂ©rables au VIH

Au Kenya, les jeunes femmes ĂągĂ©es de 15 Ă  24 ans courent cinq fois plus de risques d’ĂȘtre sĂ©ropositives que les jeunes hommes du mĂȘme groupe d’ñge. De plus, les adolescentes mariĂ©es sont plus Ă  risque d’ĂȘtre sĂ©ropositives que leurs consƓurs cĂ©libataires et sexuellement actives. Cependant, comme il y a une forte corrĂ©lation entre le dĂ©crochage scolaire et le mariage en bas Ăąge, cela ne veut pas nĂ©cessairement dire que le mariage en lui-mĂȘme constitue un facteur de risque pour le VIH chez les jeunes femmes.

Kathleen Beegle (a) et Berk Özler (a), des chercheurs de la Banque mondiale, ont dĂ©couvert que plus l’inĂ©galitĂ© Ă©conomique des genres (plus prĂ©cisĂ©ment entre les jeunes femmes et des hommes plus ĂągĂ©s) est grande, plus les risques d’ĂȘtre sĂ©ropositif sont Ă©levĂ©s. Ils ont Ă©galement dĂ©couvert, en analysant l’inĂ©galitĂ© des genres, que la pauvretĂ© n’accroĂźt pas le risque de devenir sĂ©ropositif. Cela signifie que mĂȘme si les jeunes femmes sont de bonnes cibles pour les efforts de prĂ©vention du VIH, elles ne font pas nĂ©cessairement partie des plus pauvres de la sociĂ©tĂ©. MĂȘme si bon nombre de recherches sont axĂ©es sur le syndrome des « sugar daddy » et sur les relations sexuelles transactionnelles risquĂ©es, il faut garder Ă  l’esprit que dans un environnement oĂč l’inĂ©galitĂ© des genres est grande, tout le monde, y compris les femmes et les hommes mariĂ©s, peut ĂȘtre plus Ă  risque en matiĂšre de VIH.

Fourniture de ARV en Afrique : qu’est-ce qui fonctionne ?

La fourniture du ARV est essentielle en Afrique subsaharienne oĂč des millions de personnes vivent avec le VIH. La Banque mondiale gĂšre plusieurs initiatives visant Ă  amĂ©liorer l’accĂšs au ARV pour les patients d’Afrique. À titre d’exemple, le Projet d’accĂ©lĂ©ration du traitement (TAP) appuie divers modĂšles de partenariat public-privĂ© pour la fourniture du ARV au Burkina Faso, au Ghana et au Mozambique.

Damien de Walque (a), Varun Gauri (a) et Harounan Kazianga de la Banque mondiale travaillent en collaboration avec l’ancien chercheur de la Banque mondiale, Mead Over (a), aujourd’hui au Center for Global Development, et avec des partenaires de recherche externes pour mesurer l’impact des programmes de fourniture du ARV dans le cadre du projet TAP ainsi qu’au Rwanda, au Kenya, en Afrique du Sud et en Inde.

Au-delĂ  des vies sauvĂ©es et des rĂ©sultats obtenus sur le plan sanitaire, les Ă©tudes couvrent Ă©galement les rĂ©percussions du traitement sur les membres de la famille, l’impact du ARV sur la transmission et la prĂ©vention du VIH, les facteurs qui dĂ©terminent l’efficacitĂ© d’un traitement ainsi que la meilleure façon d’encourager la rentabilitĂ© et le dĂ©veloppement des capacitĂ©s pour renforcer la viabilitĂ© de la fourniture du ARV.

Des rĂ©sultats prĂ©liminaires provenant de sondages rĂ©alisĂ©s dans des Ă©tablissements de santĂ© du Burkina Faso et du Rwanda font Ă©tat d’un haut niveau de satisfaction des patients par rapport aux services de soins pour le VIH/SIDA. Cependant, se rendre Ă  ces Ă©tablissements semble coĂ»ter si cher que le transport pourrait faire obstacle Ă  l’accĂšs aux soins.

Les analyses des sondages auprĂšs des mĂ©nages au Burkina Faso, au Ghana et au Rwanda permettent Ă©galement de tirer des conclusions intĂ©ressantes. Au Rwanda, les patients touchĂ©s par le VIH/SIDA sont plus susceptibles d’avoir utilisĂ© un prĂ©servatif lors de leur dernier rapport sexuel, indiquant que les services-conseils ont Ă©tĂ© efficaces. Au Burkina Faso et au Ghana, les personnes qui Ă©taient mieux informĂ©es de la disponibilitĂ© du ARV Ă©taient plus susceptibles d’avoir subi un test de dĂ©pistage du VIH. Cela signifie que rendre le traitement plus accessible fera augmenter la demande de conseils et de tests de dĂ©pistage volontaires ainsi que de dĂ©tection prĂ©coce.

En Tanzanie, les enfants qui perdent leur mùre en bas ñge s’en sortent moins bien que les autres orphelins

Kathleen Beegle (a) faisait partie d’une Ă©quipe de recherche qui a Ă©tudiĂ© entre 1991 et 2004 les niveaux de vie des mĂ©nages tanzaniens, y compris ceux qui ont perdu un membre adulte de leur famille. « Nous avons dĂ©couvert que la consommation du mĂ©nage a chutĂ© en moyenne de 7 % au cours des cinq annĂ©es suivant le dĂ©cĂšs d’un membre adulte de la famille, et la baisse la plus marquĂ©e de la consommation a Ă©tĂ© observĂ©e Ă  la suite du dĂ©cĂšs d’une femme adulte », dit Mme Beegle. « Il n’y a cependant aucun signe de persistance de cet impact aprĂšs cinq ans, ce qui suggĂšre une forte rĂ©cupĂ©ration. »

Dans un article rĂ©digĂ© avec Stefan Dercon de l’universitĂ© d’Oxford, Mme Beegle et M. de Weerdt ont Ă©galement dĂ©couvert que le taux de mortalitĂ© chez l’adulte a une incidence significative sur la santĂ© et l’éducation des orphelins en Tanzanie, surtout chez ceux qui ont perdu leur mĂšre.

Au cours d’une pĂ©riode de 10 ans, sur un Ă©chantillon d’enfants avec deux parents en vie entre 1991 et 1994, prĂšs de 20 % en avaient perdu un avant d’avoir 15 ans. Lorsqu’ils ont Ă©tĂ© Ă©valuĂ©s en 1994, les orphelins de mĂšre de cet Ă©chantillon mesuraient en moyenne 2 centimĂštres de moins Ă  leur taille dĂ©finitive et avaient perdu au moins une annĂ©e de scolaritĂ©.

Téléchargez le document de travail de recherche sur les politiques.

Family from Tanzania 

 

 

 

 

 

Une famille rurale de 28 - Tanzanie

Martha Ainsworth et Deon Filmer (a), de la Banque mondiale, ont rĂ©cemment documentĂ© de grandes diffĂ©rences entre les pays en matiĂšre du degrĂ© de sous-inscription Ă  l’école des orphelins. Leur recherche suggĂšre que le degrĂ© de sous-inscription des orphelins varie d’un pays Ă  l’autre. Mme Ainsworth et M. Filmer ont dĂ©couvert que les orphelins d’un parent ne sont pas vraiment sous-reprĂ©sentĂ©s Ă  l’école par rapport aux non orphelins. Les enfants ayant perdu leurs deux parents sont cependant beaucoup moins susceptibles d’aller Ă  l’école que ceux qui ont encore leurs parents.

De plus, il est important de noter que nous savons dĂ©sormais que l’écart d’inscription Ă  l’école entre les enfants riches et les enfants pauvres est plus important que celui entre les orphelins et les non orphelins et ce, dans presque tous les pays Ă©tudiĂ©s. Les politiques devraient par consĂ©quent Ă©valuer l’interaction entre le statut d’orphelin, la pauvretĂ© et le systĂšme d’éducation de chaque pays.

Collecte de données sur le VIH/SIDA et de données connexes par la Banque mondiale

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Les efforts de recherche de la Banque mondiale en matiÚre de VIH/SIDA commencent souvent par la collecte de données exactes au moyen de sondages auprÚs des ménages durant parfois plusieurs années. Par exemple, une nouvelle collecte de données visant à alimenter la recherche au Malawi porte sur le mariage et son lien avec la propagation du VIH. Les répondants sont interviewés, observés pendant leur période de fréquentation et de mariage et testés périodiquement pour le VIH.

Ce sondage unique, qui prendra fin en 2009, a été mis en place en réponse à la prévalence plus élevée du VIH chez les jeunes femmes que chez les hommes.

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Data collection in
Sub-Saharan Africa

 Toujours au Malawi, la collecte de donnĂ©es a commencĂ© Ă  dĂ©terminer l’impact d’un programme alĂ©atoire et conditionnel de transfert de fonds pour l’éducation sur les risques de VIH/SIDA chez les filles/jeunes femmes d’ñge scolaire.

La recherche sur l’impact de la mortalitĂ© adulte en Tanzanie est basĂ©e sur l’étude de santĂ© et de dĂ©veloppement de Kagera, une Ă©tude sur la mesure des niveaux de vie (LSMS - en anglais -) menĂ©e par la Banque mondiale qui a durĂ© 13 ans.

Les mesures de l’inĂ©galitĂ© utilisĂ©es dans la recherche de Mme Beegle et de M. Özler sur la Tanzanie sont tirĂ©es de la Carte de la pauvretĂ© au Kenya qui regroupe les donnĂ©es des sondages auprĂšs des mĂ©nages avec celles du recensement.

Rapports de recherche récents de la Banque mondiale sur le VIH/SIDA

Les recherches citĂ©es prĂ©cĂ©demment ne constituent qu’un Ă©chantillon du travail de recherche rĂ©cent de la Banque mondiale en matiĂšre de VIH/SIDA. Voici une liste dĂ©taillĂ©e des recherches rĂ©centes liĂ©es Ă  ce sujet :

 

Ainsworth, Martha et Deon Filmer, « Children’s Schooling: AIDS, Orphanhood, Poverty, and Gender », World Development, 34(6), 2006, p.1099-1128.

 

Beegle, Kathleen et Sofya Krutikova, « Adult Mortality and Children’s Transition into Marriage », 2007, Document de travail de recherche sur les politiques 4139.

 

Beegle, Kathleen et Berk Özler, «Young Women, Rich(er) Men, and the spread of HIV », Mimeo, 2007.

 

Beegle, Kathleen, Joachim De Weerdt et Stefan Dercon, « Adult Mortality and Economic Growth in the Age of HIV/AIDS », Economic Development and Cultural Change, 2006 (publication à venir).

 

Beegle, Kathleen, Joachim de Weerdt, et Stefan Dercon, « Orphanhood and the Long-Run Impact on Children », American Journal of Agricultural Economics, 88 (5), 2006, p. 1266-1272. (abonnement) | Téléchargez (gratuitement) des documents de recherche publiés précédemment.

 

Dandona, Lalit, Pratap Sisodia, TLN Prasad, Elliot Marseille, M Chalapathi Rao, A Anod Kumar, SG Prem Kumar, YK Ramesh, Mead Over, M Someshwar et James G Kahn, « Cost and efficiency of public sector sexually transmitted infection clinics in Andhra Pradesh, India », BMC Health Services Research, 5:69, 2005.

 

De Walque, Damien, « How Does the Impact of an HIV/AIDS Information Campaign Vary with Educational Attainment?Evidence from Rural Uganda », Journal of Development Economics, 84, 2007, p. 686-714. (abonnement) | Téléchargez (gratuitement) des documents de recherche publiés précédemment.

 

De Walque, Damien, « Sero-Discordant Couples in Five African Countries:Implication for Prevention Strategies », Population and Development Review, 33(3), 2006, p. 501-523. (abonnement) | Document de travail de recherche sur les politiques # 3956

 

De Walque, Damien, « Who Gets AIDS and How? The determinants of HIV infection and sexual behaviors in Burkina Faso, Cameroon, Ghana, Kenya and Tanzania », 2006, Document de travail de recherche sur les politiques # 3844

 

 

Gauri, Varun et Evan S. Lieberman. « Boundary Institutions and HIV/AIDS Policy in Brazil and South Africa », Studies in Comparative International Development, 41(3), 2006, p. 47-73.

 

Gauri, Varun, Beyrer Chris et Denise Vaillancourt, « Human Rights and Health Systems » Public Health and Human Rights, Johns Hopkins University Press, éditeur Chris Beyrer, 2007 (publication à venir).

 

Over, Mead, Heywood P, Gold J, Gupta I, Hira Subhash, Marseille, E, HIV/AIDS Treatment and Prevention in India.Modeling the Cost and Consequences, la Banque mondiale, 2004.

 

Over, Mead et Sevgi Aral.« The Economics of Sexually Transmitted Diseases », Sexually Transmitted Diseases, supplĂ©ment d’octobre 2006, Vol. 33, No. 10, p.S79–S83

 

Over Mead, Marseille Elliot, Sudhakar Kurapati et al, « Antiretroviral Therapy and HIV Prevention in India:Modeling Costs and Consequences of Policy Options », Sexually Transmitted Diseases, supplĂ©ment d’octobre 2006, Vol. 33, No. 10, p.S145-S152.

 

Revenga, Ana, Over Mead, Emiko Masaki, Wiwat Peerapatanapokin, Julian Gold, Viroj Tangcharoensathien, Sombat Thanprasertsuk, The Economics of Effective AIDS Treatment. Evaluating Policy Options for Thailand, la Banque mondiale, 2006.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 





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