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La Banque mondiale préconise une approche personnalisée et à plusieurs niveaux pour la lutte contre le SIDA en Afrique

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  • Une réponse différente est envisagée pour les zones sensibles de l’épidémie en Afrique australe.
  • Une stratégie de « renforcement de l’engagement » est prévue dans les pays à revenu intermédiaire.
  • Les États fragiles et touchés par un conflit font l’objet d’une attention particulière.

29 novembre 2007 – Des estimations révisées de l’ONUSIDA font apparaître que l’épidémie mondiale du VIH/SIDA s’est stabilisée et que le nombre des nouvelles infections est en baisse, même en Afrique.

 

Selon le rapport intitulé Le point sur l’épidémie de SIDA 2007, les tout derniers chiffres qui indiquent que les programmes de lutte anti-VIH portent leurs fruits, sont aussi le résultat de nouvelles études qui fournissent des informations encore plus précises sur la prévalence du VIH, ainsi que d’une meilleure collecte de données dans de nombreux pays, notamment en Asie et en Afrique subsaharienne.

 

Mais le SIDA constitue toujours la principale cause de décès en Afrique subsaharienne, où 22,5 millions de personnes vivent avec le VIH, d’après les estimations de l’ONUSIDA.

 

Au 1er décembre, Journée mondiale contre le SIDA, des donateurs internationaux auront contribué près de 9 milliards de dollars pour lutter contre cette maladie dans le monde entier. Une forte hausse, comparée au 1,6 milliard recueilli en 2000. Mais Le point sur l’épidémie de SIDA 2007 de l’ONUSIDA fait remarquer que cette augmentation considérable du financement mondial ne répond pas aux besoins étendus en matière de traitement. En fait, d’après l’équipe de la campagne anti-SIDA pour l’Afrique (ACTafrica) de la Banque mondiale, ce financement ne couvre que la moitié des fonds nécessaires pour fournir l’accès universel au traitement.

 

« Le VIH/SIDA menace le bien-être du continent plus que tout autre problème », a déclaré Elizabeth Lule, responsable d’ACTafrica. « Le VIH/SIDA demeure – et demeurera dans un avenir prévisible – un défi énorme sur le plan économique, social et humain pour l’Afrique subsaharienne. »

 

Mais de nouvelles données sur la nature de l’épidémie en Afrique permettent à la Banque mondiale de redéfinir son rôle et de tirer parti de ses atouts pour avoir un impact maximum, indique également Elizabeth Lule.

 

La stratégie en évolution de la Banque requiert une approche flexible à plusieurs niveaux, pour assurer notamment un équilibre entre le traitement et la prévention, une adaptation aux conditions rencontrées sur le plan régional et national et l’apport de son expérience en matière de partenariat avec la communauté croissante des donateurs dans la lutte contre le VIH/SIDA.

 

Cette stratégie comprend une extension de l’assistance aux pays les plus durement touchés en Afrique subsaharienne, où vivent 35 % de toutes les personnes séropositives dans le monde. Les tous derniers travaux de recherche indiquent que plus de 15 % des adultes vivent avec le VIH/SIDA au Botswana, au Lesotho, au Mozambique, en Namibie, en Afrique du Sud, au Swaziland, en Zambie et au Zimbabwe.

 

Nécessité d’intensifier les efforts en Afrique australe

 

« Il ne fait aucun doute, vu la pandémie qui sévit en Afrique australe, que c’est là que nous devons intensifier nos efforts », a déclaré Elizabeth Lule. « L’épidémie échappe complètement à notre emprise. Elle a atteint des niveaux de prévalence que nous n’avions jamais imaginés. C’est pourquoi elle nécessite une réponse totalement différente. Les partenaires et les pays doivent unir leurs efforts pour formuler une réponse plus soutenue. »

 

En 2000, la Banque était le plus grand financier des programmes de lutte contre le VIH/SIDA en Afrique subsaharienne. Son programme plurinational de lutte contre le SIDA (MAP) a été le premier à offrir aux pays un financement important et à long terme pour leur permettre de faire face à cette épidémie.

 

La Banque a engagé 1,5 milliard de dollars à l’appui de programmes de lutte anti-SIDA dans plus de 30 pays et cinq projets infrarégionaux, permettant aux pays d’atteindre des « résultats importants » dans les domaines de la prévention, des soins et du traitement, de l’atténuation de la maladie et du renforcement du système, d’après une évaluation récente du MAP par la Banque.

 

Au Kenya, par exemple, la prévalence du VIH a baissé de 10 à 6 %. La prévalence du VIH au Zimbabwe a récemment reculé « grâce aux investissements effectués dans les années 90 » pour mettre en place des programmes de prévention qui ont entraîné un changement de comportement, a précisé Elizabeth Lule.

 

Stratégie de « renforcement de l’engagement » dans les pays à revenu intermédiaire

 

La nouvelle stratégie intitulée Our Commitment : The World Bank’s Africa Region HIV/AIDS Agenda for Action 2007-2011 (Notre engagement : le programme d’action 2007-2011 de la Banque mondiale pour la lutte contre le VIH/SIDA en Afrique), prévoit, entre autres, « un renforcement de l’engagement » dans les pays à revenu intermédiaire de l’Afrique australe où le SIDA a « réduit à néant les gains réalisés en termes d’espérance de vie et dilué les efforts de réduction de la pauvreté », a déclaré Obiageli Ezekwesili, Vice-président de la Banque pour la région africaine, lors du conseil d’administration qui s’est tenu au début du mois.

 

D’après les données de la Banque mondiale, l’espérance de vie au Botswana est passée de 58 ans en 1980 à 46 ans en 1998, puis à 35 ans en 2005. Des pays à revenu intermédiaire, comme le Botswana, ont investi des sommes considérables dans la lutte contre le SIDA, a précisé Elizabeth Lule. « Ce n’est pas un simple problème de ressources. Il s’agit de s’attaquer aux facteurs de l’épidémie, de discerner quel types d’interventions permettent effectivement de réduire la multiplicité des rapports sexuels, par exemple, et les inégalités entre les sexes qui alimentent l’épidémie. »

 

Le modèle unique est remplacé par une diversité de modèles régionaux

L’accumulation des données permet de constater qu’il n’existe pas un modèle unique d’infection au VIH dans toute l’Afrique subsaharienne, mais une série de modèles régionaux, certaines régions étant plus sévèrement touchées que d’autres par le VIH, des différences étant même observées d’un pays à l’autre. Des chiffres récents donnent à penser que les taux d’infection en-dehors de l’Afrique australe n’ont pas atteint les niveaux élevés qui avaient été anticipés.

 

En Afrique australe, l’épicentre de l’épidémie, les facteurs de propagation de la maladie s'expliquent par la multiplicité des rapports sexuels, la mobilité de la main-d’œuvre, la précocité des rapports sexuels et le viol, » a expliqué Elizabeth Lule. La circoncision chez l’homme, qui serait liée à un faible taux d’infection au VIH, est également peu répandue en Afrique australe, a-t-elle ajouté.

 

Elizabeth Lule indique que l’épidémie en Afrique australe exige une nouvelle manière de penser et de nouveaux types d’interventions, reflétant le changement social radical mené par les leaders politiques, religieux et communautaires. Elle a précisé que la Banque, en coopération avec d’autres grands partenaires, apportait actuellement son soutien à un groupe de réflexion de haut niveau sur la prévention du VIH dans les pays les plus endémiques d’Afrique australe.

 

Elizabeth Lule précise également que des instruments financiers innovants pouvaient aider les pays d’Afrique australe à financer des programmes de traitement et à rendre ces derniers plus accessibles, en particulier dans les régions caractérisées par des inégalités de revenu. La Banque peut également « jouer un rôle important en s’appuyant sur notre expérience unique dans différents secteurs, en cherchant à établir une viabilité financière à long terme et en fournissant des travaux d’analyse », a-t-elle ajouté.

 

Un nouveau fonds d’incitation à la lutte contre le VIH/SIDA en Afrique permettrait à la Banque d’offrir ses connaissances et son assistance technique aux pays non emprunteurs.

 

« Les pays d’Afrique australe réclament l’aide de la Banque sous forme de conseils techniques et de renforcement de leurs systèmes de santé », indique Elizabeth Lule.

 

Dans le cadre du nouveau plan, la Banque continuera à soutenir les programmes de lutte anti-SIDA axés sur les pays d’Afrique subsaharienne en mettant l’accent sur quatre domaines :

 

  • L’élaboration de stratégies ciblées, fondées sur des données probantes, prioritaires et chiffrées pour lutter contre le VIH/SIDA.
  • Une approche multisectorielle dans les secteurs-clés, assurant le renforcement des systèmes de santé, la mise en œuvre de programmes de prévention éducatifs et scolaires et la promotion de l’égalité entre les sexes.
  • Une amélioration du suivi et de l’évaluation de la réponse au SIDA par le biais d’une amélioration de la gouvernance.
  • Une coordination des donations afin d’accroître l’efficacité de l’aide internationale dans les pays individuels.

 

Soutien aux pays fragiles et touchés par un conflit

 

La Banque pourrait combler les déficits financiers qui ne sont pas assurés par les autres donateurs, comme le soutien aux groupes vulnérables, notamment les travailleurs du sexe et les hommes qui ont des relations sexuelles avec d’autres hommes. Elle prévoit également de soutenir les pays fragiles et touchés par un conflit, de fournir une aide technique et des travaux d’analyse, et de financer des initiatives régionales destinées à réduire la propagation du VIH au-delà des frontières.

 

Elizabeth Lule indique que bien que la contribution financière de la Banque dans la lutte contre le SIDA en Afrique se maintenait à un niveau annuel d’environ 250 millions de dollars, elle avait baissé de 7 % par rapport au total du financement mondial en hausse de tous les donateurs. « Néanmoins, nous avons des contributions uniques à faire dans la lutte contre le VIH/SIDA afin d’assurer que l’argent en provenance des donateurs, notamment le nôtre, est employé de manière effective et efficace. Nous resterons engagés dans la lutte contre le VIH/SIDA à long terme. »

 

 

 





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