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Don Bundy: travailler à la Banque mondiale et sensibiliser les écoliers africains à la prévention contre le SIDA

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  • Dans la lutte contre le VIH/SIDA, les enfants « reprĂ©sentent notre fenĂȘtre d’espoir pour l’avenir ».
  • Initialement opposĂ©s au projet, les ministres de l’Éducation en Afrique subsaharienne accueillent aujourd’hui Ă  bras ouverts les programmes de prĂ©vention.
  • Ces programmes touchent 90 millions d’écoliers dans 26 pays diffĂ©rents.

29 novembre 2007 – AprĂšs vingt ans d’enseignement prestigieux – son dernier poste Ă©tait Ă  l’universitĂ© d’Oxford – Don Bundy ne s’est pas enfermĂ© dans sa tour d’ivoire. Depuis 1998, il aide l’Afrique subsaharienne et d’autres rĂ©gions en dĂ©veloppement Ă  Ă©laborer des programmes Ă©ducatifs pour empĂȘcher que les enfants africains ne fassent plus tard partie des statistiques du VIH/SIDA.

 

Son travail lui permet de cĂŽtoyer des ministres de l’Éducation dans les capitales, de participer Ă  des ateliers pour professeurs et de visiter des classes d’établissements primaires et secondaires dans les communautĂ©s touchĂ©es par le SIDA.

 

Pour Don Bundy, le spĂ©cialiste en chef de la santĂ© scolaire, de la lutte contre le VIH/SIDA et de l’éducation auprĂšs de la Banque mondiale, la lutte contre l’infection doit ĂȘtre menĂ©e non seulement au moyen de traitements, mais aussi d’une politique de prĂ©vention. Le meilleur lieu pour Ă©duquer sur la prĂ©vention, a-t-il dit, c’est l’école. Alors que prĂšs de 30 % de tous les adultes d’Afrique subsaharienne souffrent du SIDA dans les pays les plus affectĂ©s, pratiquement tous les enfants d’ñge scolaire en sont exempts et prĂ©sentent le taux de prĂ©valence le plus bas de tous les groupes de population.

 

« GrĂące Ă  la prĂ©vention, nous pouvons sauver toute une gĂ©nĂ©ration », a dĂ©clarĂ© Bundy. « Les enfants de 5 Ă  14 ans reprĂ©sentent notre fenĂȘtre d’espoir pour l’avenir. » Mais il n’a pas Ă©tĂ© facile d’entrouvrir cette fenĂȘtre.

 

« Le traitement n’arrive pas Ă  suivre la demande »

 

Le traitement, notamment les rĂ©cents progrĂšs en matiĂšre de thĂ©rapie mĂ©dicamenteuse, qui peut aider les personnes infectĂ©es Ă  mener une vie longue et fructueuse, bĂ©nĂ©ficie de la plus grande partie de l’attention et de l’argent, a dĂ©clarĂ© Don Bundy, mais il n’a aucun effet mĂ©dical sur la transmission de la maladie et il est bien plus coĂ»teux que la prĂ©vention. « Pour un cas qui bĂ©nĂ©ficie d’un traitement, on compte un grand nombre de cas nouveaux », a-t-il expliquĂ©. « Le traitement ne peut pas suivre la demande Ă  moins de faire appel Ă  la prĂ©vention. »

 

En 2002, lorsque la Banque, les Nations Unies et d’autres partenaires ont portĂ© pour la premiĂšre fois ce message devant les pays africains, les ministres de l’Éducation Ă©taient peu disposĂ©s Ă  les Ă©couter et Ă  agir. Ils Ă©taient dĂ©bordĂ©s par la nĂ©cessitĂ© de construire des Ă©coles et de former le personnel en nombre suffisant pour pouvoir y inscrire 100 % de leurs jeunes d’ici 2015 – un des objectifs de dĂ©veloppement pour le MillĂ©naire.

 

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Thomas Abokyi, enseignant Ă  Accra, Ghana

Mais cinq ans plus tard, les attitudes ont changĂ© – non seulement dans les ministĂšres de l’Éducation mais aussi en aval, au niveau communautaire. Aujourd’hui, 26 programmes Ă©ducatifs sur le VIH/SIDA, financĂ©s par la Banque, ont permis de toucher 90 millions d’écoliers dans 26 pays d’Afrique subsaharienne. « Notre ambition est d’atteindre le chiffre de 118 millions d’écoliers dans 41 pays », a dĂ©clarĂ© Don Bundy.

 

Échange de bonnes pratiques entre les pays participant à la rencontre de Nairobi

 

Le 29 novembre, des reprĂ©sentants des ministĂšres de l’Éducation originaires de 34 pays subsahariens – sur un total de 48 – se rĂ©unissent Ă  Nairobi pour partager leurs mĂ©thodes de prĂ©vention au niveau scolaire et communautaire. « Nous passons de la promotion de l’extĂ©rieur Ă  la promotion Ă  l’intĂ©rieur », a dit Don Bundy, qui participera Ă  cette rĂ©union. « Nous aimerions qu’ils [les pays hĂŽtes et leurs ministres de l’Éducation] rendent la Banque inutile. »

 

Le bureau de Don Bundy Ă  Washington, D.C., qui fait partie du rĂ©seau du dĂ©veloppement humain de la Banque, est un organisme rĂ©duit au minimum puisqu’il ne comprend que trois personnes. D’aprĂšs Don Bundy, cette petite Ă©quipe est capable d’obtenir de grands rĂ©sultats par le biais de partenariats avec le groupe de travail sur l’initiative AccĂ©lĂ©rer, Ă©tabli en 2002 par le programme conjoint avec les Nations Unies sur le VIH et le SIDA, ainsi que par la collaboration avec le personnel de la Banque dans les bureaux rĂ©gionaux et nationaux. Le groupe de travail comprend Ă©galement d’autres organisations de dĂ©veloppement, des membres de la sociĂ©tĂ© civile, des syndicats d’enseignants et les mĂ©dias.

 

Le programme de prĂ©vention a pour cadre l’initiative intitulĂ©e « Focusing Resources on Effective School Health (Concentrer les ressources sur la santĂ© Ă  l’école ou FRESH) » dĂ©veloppĂ©e conjointement par l’UNESCO, l’UNICEF, l’OMS et la Banque mondiale, et qui utilise une approche fondĂ©e sur les compĂ©tences pour montrer aux Ă©coliers de quelles maniĂšres prĂ©venir une infection par le VIH/SIDA, notamment par l’abstinence sexuelle, le fait d’éviter une multiplicitĂ© de partenaires sexuels et l’emploi de prĂ©servatifs. Cette initiative a Ă©tĂ© Ă©tendue Ă  cinq pays de la sous-rĂ©gion du MĂ©kong en ExtrĂȘme Orient et Ă  huit pays dans les CaraĂŻbes.

Bundy et Alexandria Valerio du secteur de l’éducation pour le dĂ©veloppement humain en AmĂ©rique latine et dans les CaraĂŻbes, ont produit une vidĂ©o (a) de 30 minutes intitulĂ©e « Une fenĂȘtre d’espoir » sur l’initiative AccĂ©lĂ©rer et l’approche FRESH qui a remportĂ© cinq rĂ©compenses internationales.

 

« Les enseignants sont considérés comme des modÚles de comportement »

 

Un Ă©lĂ©ment majeur de l’approche FRESH est la collaboration Ă©troite avec les enseignants. Ils ont une fonction essentielle, a dĂ©clarĂ© Bundy, en raison de leur double rĂŽle dans la salle de classe et au sein de la communautĂ© dans son ensemble. Hilda Eghan, coordinatrice auprĂšs du ministĂšre de l’Éducation au Ghana – et l’une des hauts fonctionnaires avec qui travaillent Don Bundy et le groupe AccĂ©lĂ©rer – dĂ©clare dans la vidĂ©o : « Dans de nombreuses rĂ©gions urbaines et rurales, nos enseignants sont considĂ©rĂ©s comme des modĂšles de comportement. »

 

Thomas Abokyi, instituteur en formation et responsable d’une classe d’élĂšves de 8 Ă  11 ans dans l’école primaire de Teacher Mota Ă  Accra, au Ghana, tĂ©moigne Ă©galement dans la vidĂ©o : « Du fait que je suis enseignant dans cette communautĂ©, les gens me respectent. Quoi que je fasse, ils essaient de m’imiter. »

 

L’initiative AccĂ©lĂ©rer a bĂ©nĂ©ficiĂ© d’une solide coopĂ©ration de la part des syndicats d’enseignants d’Afrique subsaharienne, dont les membres ont suivi 21 des 24 ateliers Ă©ducatifs au cours des cinq derniĂšres annĂ©es.

Alors que les programmes de prĂ©vention AccĂ©lĂ©rer touchent des millions d’écoliers, Don Bundy reconnaĂźt que les rĂ©sultats n’ont pas encore Ă©tĂ© quantifiĂ©s sur une Ă©chelle quelle qu’elle soit. « Nous n’avons pas d’évaluation suffisante des programmes », a-t-il dit. « On accorde plus d’attention au traitement car ses effets sont plus mesurables. Il y a encore une barriĂšre entre la fraternitĂ© mĂ©dicale/professionnelle et le domaine plus souple, plus nĂ©buleux de la prĂ©vention. »

 





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