Info-presse en ligne
Ressources pour les journalistes accrédités
AccÚs membres / Devenir membre

La lutte contre le SIDA en RDC : faire le point du projet multisectoriel

Militant de la lutte contre le VIH/SIDA en RDC depuis sa genĂšse dans les annĂ©es 80, Jean Lambert MANDJO a intĂ©grĂ© le Programme national multisectoriel de lutte contre le SIDA (PNMLS ou MAP en anglais) en 2004 comme Coordonnateur national adjoint. Ce biologiste avec une maĂźtrise en santĂ© publique, assure actuellement l’intĂ©rim du Coordonnateur national. Cette agence s’occupe depuis plus de 26 mois de l’exĂ©cution du Projet MAP financĂ© par la Banque mondiale Ă  hauteur de 102 millions de dollars. Jean Lambert fait le point sur la situation Ă©pidĂ©miologique de la RDC, les rĂ©alisations, les difficultĂ©s rencontrĂ©es, les dĂ©fis, le partenariat avec la Banque mondiale et les perspectives d’avenir.

 

Le 19 dĂ©cembre 2007— Jean Lambert Mandjo insiste sur la prise de conscience et l’implication de tous dans la lutte contre le VIH/SIDA car l’épidĂ©mie continue Ă  prendre de l’ampleur dans le pays. La derniĂšre enquĂȘte de sĂ©rosurveillance auprĂšs des femmes enceintes menĂ©e en 2006 avec l’appui du projet indique un taux moyen d’infection au VIH de 4,1%. Dans le rapport de cette enquĂȘte, on peut voir que des sites en milieu rural prĂ©sentent des taux d’infection plus Ă©levĂ©s (cas de Lodja et Neisu avec respectivement 6,9% et 5,8%). On trouve Ă©galement des taux d’infection trĂšs Ă©levĂ©s dans certains centres urbains tel que Kisangani (5,7%) et Lubumbashi (5,4%) oĂč les jeunes de 15 Ă  19 ans sont presque autant infectĂ©s que les adultes. Par ailleurs, M. Mandjo fait remarquer que les femmes reprĂ©sentent gĂ©nĂ©ralement des taux d’infection plus Ă©levĂ©s que les hommes. En d’autres termes, dit-il, l’épidĂ©mie en RDC, se « juvĂ©nilise », se ruralise et se fĂ©minise. 
   

lutte contre le sida

Jean Lambert Mandjo, coordonnateur du PNMLS.  © Banque mondiale

300 personnes meurent chaque jour, victimes du VIH/SIDA 
 
Les chiffres sont parlants : une personne adulte sur 25 vit avec le VIH. Une femme enceinte sur 25 vit avec le VIH. Environ 20 personnes sont contaminĂ©es par heure. Environ 300 personnes meurent chaque jour Ă  cause du VIH/SIDA. Au niveau des connaissances et des comportements, le tableau peint n’est pas reluisant non plus. Selon le Behavior Surveillance Survey(BSS) 2004-2006, prĂšs de 75% des jeunes Congolais n’ont pas un niveau de connaissance satisfaisant sur les moyens de prĂ©vention du VIH.
 
En matiĂšre de services de prĂ©vention, de traitement et de soins, beaucoup reste encore Ă  faire. Moins de  10% des 1.230.000 de personnes ayant besoin d’un traitement antirĂ©troviral (ARV) y ont accĂšs. À peine 3 femmes enceintes contaminĂ©es sur cent bĂ©nĂ©ficient des services complets de prĂ©vention de la transmission mĂšre et enfant. Seuls 2 % de la population ĂągĂ©e de 15 ans et plus ont connu leur statut sur le VIH aprĂšs un test volontaire. Six professionnelles du sexe sur 10 ont utilisĂ© un prĂ©servatif avec leur dernier client. Autant de raisons, soutient Jean Lambert Mandjo, pour que tout le monde s’implique dans la lutte pour renforcer la prĂ©vention du VIH/SIDA.
 
Selon M. Mandjo, le projet MAP Ă©volue de façon satisfaisante.  Il a pour mission de contribuer Ă  la mise en Ɠuvre du Plan stratĂ©gique national de lutte contre le SIDA. Il devait donc appuyer la mise en place d’un programme multisectoriel et des activitĂ©s de prĂ©vention, de prise en charge et d’attĂ©nuation d’impact du SIDA dans la population congolaise. Le dĂ©marrage effectif des activitĂ©s est une rĂ©alitĂ© dans toutes les provinces du pays. Onze coordinations provinciales et neuf coordinations locales dans les districts (Bunia, Isiro, Lodja, Uvira, Kalemie, Buta, Yangambi, Kolwezi, Gemena) ont Ă©tĂ© installĂ©es. À titre indicatif, Ă  la fin septembre 2007, un montant total de 34.154.027 de dollars a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© dĂ©caissĂ©. Cela a permis au projet d’atteindre ces principaux rĂ©sultats :
  • 14.549.450 prĂ©servatifs distribuĂ©s ;
  • 16.089 poches de sang sĂ©curisĂ©es ;
  • 52.036 cas d’infections sexuellement transmissibles(IST ) diagnostiquĂ©s ;
  • 44.239 personnes ont utilisĂ© les services de centres de dĂ©pistage volontaire ;(CDV) ;
  • 10.424 orphelins et enfants vulnĂ©rables pris en charge pour leur scolarisation; et
  • 4.776 personnes traitĂ©es par les ARV.

Le projet a Ă©galement contribuĂ© Ă  l’élaboration de modules de formation des Ă©lĂšves du primaire et du secondaire sur le VIH/SIDA en milieu scolaire. Avec l’appui du projet, onze ministĂšres/secteurs ont pu Ă©laborer des plans sectoriels de lutte contre le SIDA, qui a aussi Ă©tĂ© inscrite dans la convention collective interprofessionnelle nationale de travail pour soutenir la lutte en milieu du travail.

 

lutte contre le sida

Il faut l'implication de tous.
© Banque mondiale

Un partenariat fructueux avec la Banque

 

Le Coordonnateur national a.i. du PNMLS est satisfait du partenariat avec la Banque mondiale qui apporte un appui substantiel Ă  la RDC au plan technique et financier. « La collaboration se passe bien. La Banque a associĂ© les gestionnaires du projet MAP aux diffĂ©rentes activitĂ©s de renforcement des capacitĂ©s. Cela se fait notamment dans le domaine de la passation des marchĂ©s et des Ă©changes sur la mise en Ɠuvre du projet ». Jean Lambert Mandjo se fĂ©licite de la disponibilitĂ© et la rĂ©ceptivitĂ© rencontrĂ©es par ses services auprĂšs de la mission rĂ©sidente de la Banque mondiale et du responsable du projet Ă  Kinshasa.
 
Les dĂ©fis Ă  relever sont nombreux et ne concernent pas seulement le projet MAP mais l’ensemble des partenaires de la lutte contre le SIDA dans le pays. Parmi ces dĂ©fis, on peut noter : la nĂ©cessitĂ© d’harmoniser les procĂ©dures entre les diffĂ©rentes sources de financement ; le passage Ă  l’échelle des activitĂ©s, notamment l’augmentation du nombre de personnes sous traitement aux antirĂ©troviraux, et de la couverture en sang sĂ©curisĂ© pour la transfusion sanguine ; et l’élargissement des services de prĂ©vention de la transmission du VIH de la mĂšre Ă  l’enfant (PTME). L’élaboration de nouvelles stratĂ©gies nationales de lutte contre le SIDA basĂ©es sur des donnĂ©es exactes constitue un dĂ©fi que le projet entend relever en partenariat avec tous les autres acteurs.

 

Des problĂšmes logistiques importants subsistent dans le pays et ne permettent pas une mise en Ɠuvre harmonieuse des activitĂ©s. À titre d’exemple, pour acheminer les fonds dans l’arriĂšre-pays oĂč le circuit bancaire n’existe pas, il a fallu faire preuve d’imagination en recourant notamment Ă  l’Agence catholique Caritas.

 

Prochaines étapes

 

Pour l’annĂ©e 2008, un plan d’action annuel est en cours d’élaboration. Ce plan se base sur la feuille de route que le pays a conçue pour l’accĂšs universel Ă  la prĂ©vention, aux soins et traitement relatif au VIH et au SIDA pour la pĂ©riode 2006–2010. « Ce plan prĂ©voit, entre autres, l'intĂ©gration d'un paquet minimum d’activitĂ©s SIDA dans plus de 200 zones de santĂ© appuyĂ©es par les Projets PARSS et PMURR financĂ©s par la Banque mondiale. Ceci permettra de booster les rĂ©sultats attendus dans le domaine de conseil et dĂ©pistage volontaire (CDV) et de la (PTME), de la sĂ©curité  transfusionnelle, de la prise en charge mĂ©dicale des infections opportunistes et aux antirĂ©troviraux » prĂ©cise Jean Lambert Mandjo .
 
L’annĂ©e 2008 sera une annĂ©e qui permettra au projet d’intensifier les activitĂ©s de communication Ă  tous les niveaux y compris le niveau communautaire. Il est aussi important pour le PNMLS d’envisager dĂ©jĂ  comment mobiliser de nouvelles ressources pour poursuivre les activitĂ©s que le projet a dĂ©marrĂ© et ainsi permettre au pays de garantir une riposte appropriĂ©e Ă  l’épidĂ©mie du SIDA.
 


Didier Munsala, journaliste en collaboration avec le PNMLS et Louise Engulu Mekonda, Chargée de communication (Banque mondiale)
 
 


Liens utiles

LA BANQUE MONDIALE ET FOTOPEDIA LANCENT L’APPLICATION « FEMMES DU MONDE ENTIER » POUR IPHONE ET IPAD
L’Afrique perd des milliards de dollars en revenus commerciaux potentiels
Selon une étude de la Banque mondiale, l'augmentation de la passation de marchés locaux dans le secteur minier peut soutenir la croissance en Afrique



Permanent URL for this page: http://go.worldbank.org/SHE2PZI7U0