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Lutte contre le SIDA au Burkina : le combat de l’ONG REV+

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Ouagadougou, le 18 décembre 2007 -- On est en 1997 et une jeune Burkinabé vient de subir un test positif de dépistage du VIH/SIDA. « Ce résultat signifie simplement que vous portez le virus », explique le technicien médical qui lui annonce la nouvelle.

 

En 1997, dans une Afrique de l’Ouest oĂč, contrairement Ă  l’Afrique centrale et de l’Est, l’épidĂ©mie du VIH/SIDA n’a pas entraĂźnĂ© des consĂ©quences dĂ©vastatrices en termes de pertes de vies humaines, recevoir un diagnostic de sĂ©ropositivitĂ© par rapport au VIH/SIDA est synonyme d’arrĂȘt de mort.
 
Avec un mari qui refuse d’admettre la rĂ©alitĂ© et des enfants dont il faut s’occuper, la jeune femme se met Ă  la recherche de rĂ©confort et de soins, mais en vain. Elle se sent ostracisĂ©e. Alors, avec quatre autres amies sĂ©ropositives qui sont elles aussi Ă  la recherche d’aide, elle s’emploie Ă  crĂ©er un systĂšme d’appui qui fait cruellement dĂ©faut.

 

Engagement de 100 jeunes contre le VIH/SIDA, lors de la célébration des 10 ans de REV+.

Engagement de 100 jeunes contre le VIH/SIDA, lors de la célébration des 10 ans de REV+.
© Banque mondiale

Aujourd’hui, dix ans plus tard, son association dĂ©nommĂ©e « ResponsabilitĂ©-Espoir-Vie-SolidaritĂ©, REV+), qui au dĂ©part se composait de quatre amies dĂ©vouĂ©es, compte plus de 200 membres actifs. Les activitĂ©s de l’organisation consistent notamment Ă  assurer l’accĂšs de plus de 550 personnes vivant avec le VIH aux mĂ©dicaments antirĂ©troviraux.

 

Aide aux enfants et aux veuves

 

Le Burkina a fait de grands progrĂšs en matiĂšre de lutte contre le VIH/SIDA, tout particuliĂšrement auprĂšs des groupes vulnĂ©rables tels que les orphelins et les enfants vivant avec le virus, les professionnels du sexe et les populations Ă  risque. Que ce soit en apportant un concours financier aux personnes touchĂ©es et Ă  celles infectĂ©es, ou en crĂ©ant un environnement dans lequel les personnes infectĂ©es peuvent trouver du rĂ©confort et l’aide mĂ©dicale nĂ©cessaire pour devenir des membres actifs de la sociĂ©tĂ©, REV+ s’est efforcĂ©e d’aider ceux qui, autrement, n’auraient bĂ©nĂ©ficiĂ© d’aucune forme d’assistance.

 

Principaux accomplissements de l’association ResponsabilitĂ©-Espoir-Vie-SolidaritĂ© (REVS+) de 1997 Ă  2007  

 Gestion d’un observatoire de la conformitĂ© des mĂ©dicaments
 AgrĂ©ment du centre mĂ©dical appartenant Ă  REVS+ et gĂ©rĂ© par celle-ci
 REVS+ s’est vu confĂ©rer le statut de partenaire mĂ©dical dans la pyramide de la santĂ© publique par le ministĂšre de la SantĂ©

Contribution directe Ă  la mobilisation sociale :
 Organisation de plus de 754 campagnes de sensibilisation du public et des communautĂ©s
 Distribution de plus de 86168 prĂ©servatifs
 Formation de 45 agents de vulgarisation communautaire
 Mise en place de trois programmes communautaires rĂ©ussis de prĂ©vention
 Recours Ă  REVS+ comme organisme d’exĂ©cution par plus de 14 projets mis en Ɠuvre par les bailleurs de fonds (contre un en 1997)
 Engagement de 100 jeunes gens Ă  adopter un comportement sexuel sans risque et Ă  contribuer aux activitĂ©s de prĂ©vention dans leur communautĂ©.

REV+ a Ă©tĂ© l’une des premiĂšres organisations non gouvernementales (ONG) Ă  fournir des services de conseil avant et aprĂšs le test de dĂ©pistage. Le groupe est Ă©galement venu en aide aux enfants en acquittant leurs frais de scolaritĂ© et en leur fournissant des vivres et des vĂȘtements. En ce qui concerne les enfants dont les deux parents sont morts du VIH/SIDA, REV+ assure leur prise en charge Ă  l’intĂ©rieur ou Ă  l’extĂ©rieur de leur famille.

 

« REV+ m’a soutenue pendant mes Ă©tudes primaires et aujourd’hui je frĂ©quente une Ă©cole professionnelle », a dĂ©clarĂ© l’une des bĂ©nĂ©ficiaires. « Je peux aider mes jeunes frĂšres et sƓurs Ă  aller eux aussi Ă  l’école ».

 

Une autre jeune fille ayant bĂ©nĂ©ficiĂ© de l’aide de REV+ a indiquĂ© qu’elle avait pu obtenir un diplĂŽme de couture et qu’elle a maintenant ouvert son propre petit atelier qui lui permet de nourrir ses cinq jeunes frĂšres et sƓurs.

 

« Sans l’association REV+, nous serions dans la rue ou peut-ĂȘtre morts », a-t-elle soulignĂ©. 

En plus de fournir des soins et de l’aide aux orphelins et aux enfants vulnĂ©rables, REV+ aide les veuves en organisant Ă  leur intention des activitĂ©s de formation professionnelle (dont les sĂ©ances sont ouvertes au public) et en leur octroyant des fonds d’amorçage pour dĂ©marrer de petites entreprises. Plusieurs bĂ©nĂ©ficiaires des fonds d’amorçage ont pris de l’essor et aidĂ© d’autres personnes. REV+ vient Ă©galement en aide aux professionnelles du sexe qui sont actives. Avec trois mĂ©decins employĂ©s Ă  temps plein sur le terrain, l’association offre un traitement contre les infections sexuellement transmissibles et effectue des visites Ă  domicile. Le groupe assure par ailleurs une formation sur le changement de comportement, la nutrition et la mobilisation des fonds.

 

La Présidente de REV+

La Présidente de REV+, Martine Somdi. © Banque mondiale

Quelle est la provenance des fonds ?

 

L’essentiel du financement de REV+ provient des bailleurs de fonds externes tels que la CoopĂ©ration nĂ©erlandaise, la Banque africaine de dĂ©veloppement, le Programme des Nations Unies pour le dĂ©veloppement, d’autres partenaires de l’ONUSIDA et la Banque mondiale dans le cadre de son concours au gouvernement.

 

Le produit de la vente d’objets d’artisanat par les femmes membres de l’association ainsi qu’une modeste cotisation versĂ©e par tous les membres contribuent Ă©galement Ă  couvrir les charges d’exploitation globales de l’ONG. En outre, des parrains privĂ©s apportent leur concours Ă  certaines activitĂ©s telles que le financement des reprĂ©sentations théùtrales, les campagnes de sensibilisation et l’achat des prĂ©servatifs.

 

REV+ a certes fait beaucoup pour ses membres, mais elle espĂšre Ă©tendre son champ d’action et intensifier ses activitĂ©s de prĂ©vention, de soins et d’appui dans un plus grand nombre de rĂ©gions du Burkina. Pour le moment, des sections locales de REV+ existent Ă  DiĂ©bougou dans la province de la Bougouriba, Ă  Dano dans la province du Ioba et Ă  HoundĂ© dans la province du Tuy. REV+ espĂšre par ailleurs Ă©tendre son partenariat Ă  d’autres rĂ©gions de l’Afrique.

 

Par Tshiya Subayi, Spécialiste de la santé, et
Lionel Yaro, Assistant, information publique
Banque mondiale


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