APERÇU: - À l’heure actuelle, 1,6 million de personnes n’ont pas accès aux services énergétiques modernes de base et, dans les pays d’Afrique subsaharienne, 25 % seulement des ménages en moyenne ont accès à l’électricité.
- Chaque année, la pollution de l’air intérieur résultant de l’utilisation de fourneaux à faible rendement consommant des combustibles issus de la biomasse est à l’origine de 1,5 million de décès, les victimes étant en majorité des femmes et de jeunes enfants.
- Dans l’hypothèse où les pratiques habituelles continueraient de s’appliquer pour améliorer l’accès à l’électricité, 1,4 milliard de personnes en seraient toujours privées en 2030, et 2,6 milliards dépendraient encore des combustibles issus de la biomasse.
- Le Groupe de la Banque mondiale a entrepris de répondre à ces défis. Ses engagements dans le secteur de l’énergie pour les exercices 06-08 ont déjà dépassé le niveau prévu de 10 milliards de dollars, et ils augmentent encore à l’heure actuelle, alors qu’ils s’étaient établis à 7 milliards pour la période 03-05.
- Pour l’exercice 07, les engagements du Groupe de la Banque mondiale au titre de projets dans les domaines des énergies renouvelables et du rendement énergétique ont atteint 1,4 milliard de dollars, ce qui représente 40 % de l’ensemble de ses prêts dans ce secteur.
- Pour répondre de manière stratégique au double défi consistant à fournir des moyens énergétiques modernes à l’appui de la croissance économique et à réagir au changement climatique, le Groupe de la Banque a lancé le Cadre stratégique pour le changement climatique et le développement (SFCCD) et le Plan d’action pour une infrastructure durable (SIAP), qui partent du principe que des mesures effectives d’adaptation et d’atténuation constituent des mécanismes de développement fondamentaux.
Enjeux de l’énergie au plan mondial Accès. À l’heure actuelle, 1,6 million de personnes n’ont pas accès aux services énergétiques modernes de base, et c’est particulièrement le cas en Afrique subsaharienne, où 25 % seulement des ménages ont accès à l’électricité. Plus de 2,5 millions de personnes sont encore tributaires du bois et des produits de la biomasse pour faire la cuisine et se chauffer. L’emploi continu de bois comme source d’énergie contribue au déboisement dans certaines régions, et entraîne un problème de pollution de l’air intérieur qui est, selon l’Organisation mondiale de la Santé, à l’origine de 1,5 million de décès chaque année (plus que le paludisme et la tuberculose pris ensemble), les victimes étant en majorité des femmes et de jeunes enfants. La collecte de bois de feu est en outre une activité prenante, qui réduit d’autant le temps que peuvent consacrer chaque jour les femmes et les enfants à des tâches plus productives telles que les travaux agricoles ou les études. Selon les projections établies par l’Agence internationale de l’énergie dans l’hypothèse où les pratiques habituelles seraient toujours suivies pour améliorer l’accès à l’électricité,1,4 milliard de personnes en seraient toujours privées en 2030, et 2,6 milliards dépendraient encore des combustibles issus de la biomasse. Réalisation des objectifs de développement pour le Millénaire. Le manque d’accès à l’énergie peut avoir, économiquement parlant, des effets désastreux pour les ménages et pour la croissance d’un pays. Dans les pays en développement, il arrive que les pauvres consacrent à l’énergie jusqu’au quart de leurs revenus monétaires. Pour les femmes, ne pas avoir accès aux sources de combustibles modernes signifie qu’elles passent en moyenne une heure par jour à ramasser et transporter du bois. L’accès aux énergies modernes est un élément qui sous-tend l’ensemble des objectifs de développement pour le Millénaire. Faute d’accès à des services énergétiques modernes et durables, les pauvres sont privés de possibilités pour progresser au plan économique, ainsi qu’en matière de santé et en termes de conditions de vie. Déficit de financement. La réponse qui sera apportée dans les 20 années qui viennent aux enjeux d’ordre énergétique et environnemental sera déterminante, tant pour une croissance durable que pour la qualité de l’environnement mondial et la sécurité des pays. Selon les projections, la demande d’énergie primaire devrait augmenter dans une proportion de 2,3 à 5,2 d’ici 2050 dans les pays non membres de l’OCDE. Répondre à cette demande suppose un effort estimé à 165 milliards de dollars par an pour le secteur de l’électricité dans les pays en développement durant la décennie en cours, mais le niveau de financement actuel n’est estimé être que d’environ la moitié de ce chiffre. Toujours selon les estimations, réorienter ces investissements dans une perspective de croissance à faible intensité de carbone représenterait un montant additionnel de 30 milliards de dollars par an. Si des moyens ne sont pas trouvés pour combler ce manque, les taux d’accès à l’électricité dans les pays pauvres resteront faibles, et le niveau de qualité et de fiabilité des services fera défaut, ce qui se traduira par des interruptions et baisses de tension à répétition extrêmement préjudiciables pour la croissance économique ainsi que pour la qualité de l’environnement. Sécurité énergétique. Le renforcement de la sécurité énergétique est un aspect également essentiel, l’objectif étant de pallier certaines des préoccupations macroéconomiques des pays en développement en diversifiant les sources d’approvisionnement et en rationalisant la consommation d’énergie. Au cours des dix dernières années, beaucoup de pays, en développement et développés, ont été soumis à des crises énergétiques qui ont eu de graves conséquences pour leur économie, et pour les pauvres en particulier. La récente hausse des prix pétroliers a eu de terribles conséquences pour les pays importateurs de pétrole les plus pauvres. Selon les estimations, chaque augmentation de 10 dollars du prix d’un baril de pétrole (à partir d’un niveau de base de 23 dollars le baril) a pour effet de réduire de près de 1,5 % le PIB des pays les plus pauvres, ceux dont le PIB par habitant est inférieur à 300 dollars. À présent que les prix ont franchi la barre des 105 dollars le baril, c’est pour les plus pauvres et les plus vulnérables que l’impact est le plus prononcé. Des informations commencent aujourd’hui à faire état d’individus qui renoncent à des services essentiels tels que l’éclairage et qui se tournent vers des sources d’énergie de moindre qualité, comme le fumier ou la paille, avec les effets que cela a en termes de qualité de vie et de santé, ou de possibilités de revenus et d’éducation. Enjeu environnemental. Les pays en développement et leurs populations pauvres sont le plus vulnérables à la dégradation de l’environnement et aux incidences du changement climatique. La demande croissante d’énergie est destinée à entraîner une nette augmentation des émissions de dioxyde de carbone. Les pays de l’OCDE resteront certes les plus importants émetteurs de gaz à effet de serre par habitant, mais l’augmentation des émissions de carbone au cours des prochaines décennies sera essentiellement le fait de pays en développement. Activités du Groupe de la Banque mondiale dans le domaine de l’énergie
Mise en œuvre du Plan d’action pour l’infrastructure 
Le Plan d’action pour l’infrastructure que la Banque a adopté en 2003 visait à donner une nouvelle impulsion au secteur de l’énergie, dans lequel elle avait auparavant réduit son activité. Il partait d’un triple constat, à savoir que les besoins d’investissements s’accéléraient, que les investisseurs privés avaient considérablement réduit le montant de leurs engagements dans les pays clients de la Banque, et qu’il fallait poursuivre l’aide en faveur des infrastructures pour atteindre les ODM. Il définissait en outre une stratégie claire pour relancer les activités du Groupe de la Banque dans ce domaine, et notamment en matière d’énergie. Pour la période des exercices 04-06, les engagements du Groupe de la Banque dans ce domaine ont varié entre 1,7 et 4,8 milliards de dollars, pour atteindre au total 9,3 milliards sur ces trois années. Pour l’exercice 07, l’activité de prêt du Groupe de la Banque en faveur de l’énergie s’est chiffrée à 3,6 milliards de dollars. Comme ce secteur se caractérise par des investissements volumineux et concentrés, il continuera de connaître des fluctuations, mais la réserve de projets indique que le programme dans ce domaine restera solide. Au niveau du Groupe de la Banque, l’effort global de prêt a déjà dépassé le niveau de 10 milliards de dollars prévu pour la période des exercices 06-08, à comparer à un chiffre de 7 milliards pour celle des exercices 03-05. Pour les exercices 06 et 07, le niveau des prêts a dépassé 8 milliards de dollars, et plus de 2 milliards ont été accordés pour le seul premier trimestre de l’exercice 08. Respect des engagements pris à la conférence internationale de Bonn sur les énergies renouvelables 
À la conférence internationale sur les énergies renouvelables qui s’était tenue en juin 2004 à Bonn (Allemagne), le Groupe de la Banque s’était engagé à accroître son appui en faveur de projets consacrés aux nouvelles énergies renouvelables et à la maîtrise de l’énergie de 20 % par an en moyenne, par rapport au niveau de référence, sur la période 2005-09. Il est en fait allé au-delà de cet engagement : entre juin 2004 et décembre 2007, ses engagements au titre de projets dans ces deux domaines ont atteint 2,5 milliards de dollars, ce qui veut dire qu’il a dépassé avec un an et demi d’avance le chiffre de 1,9 milliard de dollars sur lequel il s’était engagé à Bonn. Au total, pour l’exercice 07, l’appui du Groupe aux projets de réduction des émissions de carbone (grands projets hydroélectriques compris) s’est chiffré à 1,4 milliard de dollars, ce qui représente 40 % de l’ensemble de ses prêts dans le domaine énergétique (contre 28 % pour les exercices 03-05, et 36 % pour l’exercice 06). *Les engagements globaux en matière énergétique englobent les grands projets d’hydroélectricité (de plus de 10 MW), ainsi que ceux consacrés aux raffineries et installations de distribution de pétrole et de gaz naturel, au secteur de l’extraction de charbon, à l’appui de politique sectorielle et aux activités de production, de transport et de distribution d’électricité. Portefeuille de la Banque mondiale consacré à l’énergie au niveau régional Le niveau des prêts consacrés par la Banque au secteur de l’énergie varie énormément d’une région à l’autre, la plus grosse part de ce portefeuille revenant à la région Europe et Asie centrale (29 % de ces prêts sur la période des exercices 03-07), suivie de l’Afrique (27 %). Viennent ensuite la région Asie de l’Est et Pacifique et l’Asie du Sud (environ 18 % et 12 %, respectivement). Enfin, l’Amérique latine et la région Moyen-Orient et Afrique du Nord font l’objet d’un faible niveau de prêts dans ce domaine (à raison de 7 % environ chacune). Partenariats établis par la Banque mondiale dans le domaine de l’énergie L’action de la Banque dans le domaine de l’énergie s’inscrit également dans un certain nombre de partenariats très divers. Fonds pour l’environnement mondial (FEM). Ce fonds a pour mission d’aider les pays en développement à financer des projets et programmes destinés à protéger l’environnement mondial. La Banque est un agent d’exécution du FEM, ainsi que le plus gros utilisateur de ses ressources.
Activités liées au marché du carbone. C’est en 1999 que la Banque a débuté ses activités sur le marché du carbone, avec la création du Fonds prototype pour le carbone. Aujourd’hui, elle gère pour un peu plus de 2 milliards de dollars répartis entre dix fonds et mécanismes carbone.
Programme d’assistance à la gestion du secteur énergétique (ESMAP). Établi en 1983 sous le parrainage conjoint de la Banque et du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), le Programme d’assistance à la gestion du secteur énergétique (ESMAP) est basé au siège de la Banque. Il mène des activités dans les pays du monde entier afin d’en savoir plus sur les politiques énergétiques qui donnent de bons résultats et de mettre à l’étude des approches novatrices dans ce domaine.
Programme pour les énergies de substitution en Asie (ASTAE). Mis en œuvre avec l’appui de multiples donateurs, le Programme pour les énergies de substitution en Asie (ASTAE) a pour objectif fondamental de réduire la pauvreté dans cette région, et d’y favoriser une croissance favorable aux pauvres en faisant particulièrement appel aux options fondées sur les énergies propres.
Cadre d’investissement pour les énergies propres Lors du Sommet qu’il a tenu en 2005 à Gleneagles, en Écosse, le G8 a chargé le Groupe de la Banque mondiale d’élaborer, en collaboration avec d’autres institutions financières internationales, une feuille de route pour permettre une accélération des investissements dans les énergies propres à l’intention des pays en développement, et pour tirer parti de ce que le secteur privé peut offrir dans ce domaine. Le Cadre d’investissement pour les énergies propres (CEIF) définit ainsi l’ampleur des investissements à consentir pour parvenir à trois séries d’objectifs : renforcement de l’accès à l’énergie, tout particulièrement en Afrique subsaharienne ;
accélération du passage à une économie à faible intensité de carbone ; et
adaptation à la variabilité et à l’évolution du climat.
En mars 2007, un Plan d’action a été établi pour la mise en œuvre du CEIF. Il s’est fixé trois séries d’objectifs : porter les taux d’accès à l’électricité en Afrique subsaharienne d’environ 25 % à 35 % à l’horizon 2015, et à 47 % à l’horizon 2030 ; réduire les émissions de gaz à effet de serre (par rapport au niveau de référence actuellement considéré dans l’hypothèse de politiques inchangées) par un effort d’analyse accru et un surcroît de financement pour des projets d’énergies propres ; et mettre à l’essai des instruments spécialement conçus pour faire de l’adaptation au changement climatique une partie intégrante du processus de développement. En septembre 2007, un rapport d’étape a fait état d’importantes avancées dans le sens de ces objectifs. L’appui du Groupe de la Banque au secteur énergétique en Afrique a atteint le niveau de 1,1 milliard de dollars au cours de l’exercice 07, contre 0,6 milliard environ pour chacun des deux exercices précédents. Et à cela vient s’ajouter la réalisation de monographies nationales sur la réduction des émissions de carbone, qui sont destinées à préparer le terrain pour le passage à une économie à faible intensité de carbone et dont une première série de cinq a été lancée (elles concernent l’Inde, le Mexique, le Brésil, la Chine, l’Afrique du Sud et l’Indonésie). Cadre stratégique pour le changement climatique et le développement Sur la base des acquis et enseignements du CEIF et des efforts menés pour l’établissement du Plan d’action pour une infrastructure durable (SIAP), le Groupe de la Banque mondiale met actuellement en place un vaste Cadre stratégique pour le changement climatique et le développement (SFCCD) en vue d’appuyer les efforts menés par les pays en développement pour s’adapter au changement climatique et parvenir à une croissance à faible intensité de carbone, tout en réduisant la pauvreté. Le SFCCD vise les objectifs suivants : faire en sorte qu’une action effective dans le domaine climatique (en matière d’adaptation et d’atténuation) fasse partie intégrante des efforts essentiels de développement, les initiatives en matière d’énergies renouvelables et de rendement énergétique étant considérées dans ce contexte comme des moyens essentiels et hautement prioritaires pour l’effort d’atténuation ;
entreprendre de combler le déficit de ressources au moyen des instruments en place et d’autres instruments novateurs pour l’apport de financements concessionnels ;
favoriser la mise en place de mécanismes de marché novateurs ;
créer un environnement porteur pour les apports financiers du secteur privé ;
accélérer le déploiement des technologies qui sont respectueuses du climat, et redoubler d’effort pour la mise au point de nouveaux mécanismes ;
intensifier l’effort de recherche de politique sectorielle sur le changement climatique et sa corrélation avec les problèmes de développement.
Le SFCCD bénéficiera du fait d’être conçu en étroite coordination avec le Rapport sur le développement dans le monde 2010, lui-même consacré au changement climatique, et avec plusieurs autres travaux d’analyse majeurs que le Groupe de la Banque doit réaliser à l’avenir. Sites web de la Banque mondiale : La Banque mondiale et l’énergie : http://www.worldbank.org/energy Réseau Développement durable (SDN) : http://sdn.worldbank.org Société financière internationale (IFC) : http://www.ifc.org Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) : http://www.miga.org
- ### - Pour en savoir plus sur les activités du Groupe de la Banque mondiale dans les domaines de l’énergie, des énergies renouvelables et du rendement énergétique, veuillez visiter l’un de nos sites web: www.worldbank.org/energy (a) ou www.worldbank.org/re (a) Mise à jour: Mars 2008 Contacts: Roger Morier – (202) 473-5675 ; courriel: Rmorier@worldbank.org |