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Énergie

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Jamal Saghir

En bref

  • La réduction de la pauvreté passe par l’accès à une énergie socialement et écologiquement durable. Quelque 1,4 milliard de personnes, quasiment tous dans les pays en développement, n’ont toujours pas l’électricité. Ils sont environ 2,5 milliards à cuisiner et à se chauffer avec des combustibles fossiles (bois, charbon, fumier). Environ 1,6 milliard d’êtres humains, principalement des femmes et des enfants, meurent chaque année d’emphysème et d’autres maladies respiratoires causées par les fumées et les émanations des feux de cuisson.

  • Fournir des services énergétiques modernes à tous d’ici 2030 est une entreprise de taille qui impliquera d‘investir chaque année entre 35 et 40 milliards de dollars dans de nouveaux équipements, cette somme venant s’ajouter aux quelque 450 millions de dollars investis chaque année dans le monde à la seule fin de maintenir les services énergétiques aux niveaux actuels.

  • Plus de 75 % de l’énergie consommée est issue de combustibles fossiles qui émettent les gaz à effet de serre à l’origine du changement climatique. Il est donc essentiel d’opter pour une énergie renouvelable sobre en carbone et une meilleure maîtrise de l’énergie. Le Groupe de la Banque mondiale contribue à l’effort mené à cette fin dans le monde par des prêts, un appui à l’analyse, une assistance technique et un renforcement des capacités.

Actualité récente

  • La stratégie du Groupe de la Banque mondiale pour le secteur de l’énergie est en cours de révision. Cette révision s’imposait dans la mesure où la stratégie énergétique actuelle, définie autour de trois axes — réduction de la pauvreté, durabilité et sélectivité — remonte à 2001. La nouvelle stratégie, qui fait l’objet d’un Document d’orientation, tiendra compte des consultations menées auprès de 2 100 personnes représentant, entre autres, les pouvoirs publics, la société civile, le secteur privé et les universités, durant 56 réunions organisées à travers le monde, ainsi que de plus de 170 contributions écrites. Un résumé des résultats du processus de consultation a été publié sur notre site web. À la fin du mois d’avril 2011, la Banque rendra disponible sur son site web le projet de révision et le soumettra aux commentaires des internautes pendant deux mois.

Notre action : L'engagement du Groupe de la Banque mondiale dans le secteur énergétique

  • Depuis 2000, l'appui du Groupe de la Banque mondiale aux pays les plus pauvres, dont beaucoup sont situés en Afrique, a contribué à créer et à sécuriser une production d’environ 8 gigawatts (GW) d'électricité. Les bénéficiaires sont des ménages à faible revenu comme des foyers plus fortunés. Les améliorations apportées au réseau électrique profitent à tous, y compris aux pauvres.

  • Un examen des projets énergétiques de la Banque mondiale (BIRD et IDA) montre qu'ils ont permis de raccorder au réseau 24 millions d’habitants des pays en développement à faible revenu, en contribuant à la construction de quelque 44 000 km de lignes de transport électrique et de réseaux de distribution.

  • Des millions de personnes dans le monde bénéficient des financements de la Banque mondiale au secteur énergétique. Avoir l’électricité, cela veut dire concrètement pour les femmes pouvoir garder son échoppe ou sa cantine ouverte même la nuit tombée et gagner de l'argent en conséquence. Cela veut dire aussi augmenter leurs chances de survie et celles de leurs nourrissons si elles accouchent en pleine nuit. Grâce à l’électricité, les médicaments et les denrées périssables peuvent être conservés au réfrigérateur. Les enfants peuvent lire et étudier le soir. Les usines peuvent continuer à fonctionner, ce qui fournit du travail supplémentaire et favorise le recul de la pauvreté.

Énergie renouvelable, maîtrise de l'énergie, et énergie propre

  • Durant l’exercice 2010, la Banque a investi dans le secteur de l’énergie un montant annuel record de 13 milliards de dollars. Ses prêts aux projets et programmes énergétiques sobres en carbone ont augmenté de 62 % pendant la même période pour atteindre la somme record de plus de 5,5 milliards de dollars, soit 42 % du volume total des financements à l’énergie — là encore une proportion sans précédent.

  • Depuis 2003, la Banque mondiale a investi environ 17 milliards de dollars dans des projets à faible intensité d'énergie, dont 14,2 milliards de dollars dans les énergies renouvelables et la maîtrise de l'énergie. Ses nouveaux investissements dans l'énergie renouvelable, hors grands projets hydroélectriques, représentent à eux seuls 4,9 milliards de dollars. L'aide financière allouée aux projets et programmes d'énergie renouvelable et de maîtrise de l'environnement exécutés dans les pays en développement s'est accrue de 7 % pendant l'exercice 2010, pour atteindre le niveau record de 3,6 milliards de dollars.

  • Les investissements directs de la Société financière internationale (IFC) dans l'énergie renouvelable sont passés de 440 millions de dollars en 2007 à 2 milliards de dollars pour la période 2008-2010.

  • L'Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) appuie les projets d'équipement écologique qui contribuent au développement des capacités dans l'énergie renouvelable, encouragent la préservation des ressources et l'efficacité de leur distribution, améliorent l'assainissement et compensent les émissions de gaz à effet de serre. Depuis l'exercice 1997, la MIGA a fourni 2,5 milliards de dollars sous la forme de garanties d'investissement et au bénéfice de la réalisation de 72 projets d'infrastructure verte.

  • Depuis 1990, la Banque mondiale est le plus important bailleur de fonds pour les projets de maîtrise de l'énergie et d’énergie renouvelable réalisés dans les pays en développement, avec des investissements se chiffrant à plus de 10 milliards de dollars.

  • Afin d'aider les pays à s'orienter vers un développement sobre en carbone favorisant la réduction de la pauvreté et la croissance économique, la Banque a apporté son concours, au moyen du Programme d'assistance à la gestion du secteur énergétique (ESMAP), aux gouvernements d'Afrique du Sud, du Brésil, de la Chine, de l'Inde, de l'Indonésie, du Mexique et de la Pologne, pour les aider à évaluer leurs priorités de développement dans le cadre des possibilités d'atténuation des émissions de gaz à effet de serre.

  • Création du Fonds fiduciaire pour le piégeage et le stockage du carbone (CCSTF) : Le Gouvernement norvégien et l'Institut australien pour le piégeage et le stockage du carbone dans le monde ont financé ce fonds fiduciaire qui a pour rôle de renforcer les capacités, d'aider les pays en développement à exploiter leur potentiel dans ce domaine, et à l'intégrer à leurs stratégies de croissance sobre en carbone.

Aperçu des réalisations des projets

Mali. Par l'intermédiaire de l'Association internationale de développement (IDA), la Banque a octroyé au Mali deux crédits à taux zéro d’un montant total de 70,6 millions de dollars et destinés à appuyer un projet d’accès à l’énergie pour les ménages des zones rurales prévoyant l'installation de systèmes solaires photovoltaïques dans une quarantaine de villages.

Maroc. La Banque administre un don de 750 millions de dollars du Fonds pour les technologies propres (FTP) destiné au programme de déploiement de l'énergie solaire concentrée dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord, et finançant notamment le plus grand complexe d'énergie solaire concentrée du monde, situé à Ouarzazate, dans l'est du Maroc. Outre la production d'électricité solaire, cette opération permet de créer des emplois et de développer les compétences du pays dans la mise en place et l'exploitation de cette technologie. Elle ouvre par ailleurs la voie à la réalisation d'autres projets d'énergie solaire en Afrique du Nord.

 Turquie. Un prêt de 600 millions de dollars aide la Turquie à développer les énergies renouvelables. L'objectif est de produire 966 MW au moyen d'installations exploitant l'énergie hydroélectrique, géothermique et éolienne et les gaz de décharge, soit une production annuelle d’électricité de 3 810 Gwh. Ce prêt permettra une réduction des émissions de gaz à effet de serre d'environ 1,7 million de tonnes par an.

 Bangladesh. Avec le projet d’électrification et de développement des énergies renouvelables dans les zones rurales, l'IDA a contribué à fournir l'électricité à plus de 900 000 ménages, en les raccordant au réseau électrique ou à des systèmes solaires domestiques. Grâce à un financement additionnel approuvé en 2010, l'objectif initial du gouvernement du Bangladesh, qui était de raccorder 50 000 foyers à des systèmes solaires domestiques, a été multiplié par 20, et c’est un million de systèmes qui devrait être mis en place d'ici 2012.

La maîtrise énergétique permet aux villes d'économiser l'énergie, de réduire les dépenses d'investissement et d'accroître la compétitivité. Au cours de l'exercice 2010, le Programme d'assistance à la gestion du secteur énergétique a constitué une base de données regroupant des études de cas réalisées dans des villes appliquant des politiques et des programmes de maîtrise de l'énergie. Les décideurs politiques peuvent ainsi avoir accès à 15 études de cas concernant différents pays et secteurs (bâtiment, transports, déchets solides, eau, éclairage public, chauffage urbain et électricité), ainsi qu’à des études de cas sur des écovilles2 d'Australie, du Brésil, du Japon, de la Nouvelle-Zélande, de Singapour et de Suède. Durant l'exercice 2011, d'autres études viendront doubler la base de données.

Tableau 1 : Les investissements du Groupe de la Banque mondiale dans le secteur de l’énergie, par type de projet (en millions de dollars)


Type de projet

2005

2006

2007

2008

2009

2010

Total

Maîtrise de l'énergie

217

761

262

1 192

1 711

1 771

5 914

Grandes centrales hydroélectriques

538

250

751

1 007

177

284

3 008

Énergies nouvelles et renouvelables

246

344

421

473

1 517

1 584

4 585

Pétrole, gaz et charbon (en amont)

578

1.074

627

981

1 032

914

5 206

Autres énergies

278

248

375

903

1.752

2.022

5.577

Production géothermique

100

511

360

957

936

4 270

7 133

Transport et distribution

906

1 465

809

2 031

1 204

2 171

8 587

Total Secteur énergie

2 864

4 653

3 604

7 545

8 328

13 016

40 009

Total Projets sobres en carbone1

1 237

1 660

1 440

3 003

3 405

5 519

16 265

Total Projets d’électrification1

1 136

1 018

1 239

2 284

2 201

1 025

8 903

Ces catégories ne s'excluent pas l'une l'autre, certains projets associant la faible intensité carbone à l'électrification. Note: Les totaux de certaines colonnes et rangées sont inexacts en raison des arrondis.

 

Tableau 2 : Investissements du Groupe de la Banque mondiale dans le secteur de l’énergie, par institution (en millions de dollars)


Institution

2005

2006

2007

2008

2009

2010

Total

Banque mondiale

1 868

3 155

2 016

4 512

6 648

10 370

28 571

BIRD

593

1 565

504

2 674

3 569

8 140

17 045

IDA

712

1 441

1 070

1 420

2 155

1 359

8 157

Fonds pour l'environnement mondial

105

51

128

145

84

19

533

FTP

-

-

-

-

100

500

600

Autres

458

98

314

272

740

353

2 235

IFC

764

1 308

1 170

2 923

1 647

2 421

10 233

MIGA

232

190

417

110

33

225

1 206

Total Secteur énergie

2 864

4 653

3 604

7 545

8 328

13 016

40 009

Note: Les totaux de certaines colonnes et rangées sont inexacts en raison des arrondis.

 

Pour en savoir plus, veuillez consulter le site web de la Banque : www.worldbank.org/energy

Des informations complémentaires sur les consultations relatives à la stratégie énergétique sont disponibles à l'adresse : www.worldbank.org/energyconsultations

Contacts :
Christopher Neal : (202) 473-2049/Courriel : cneal1@worldbank.org
Roger Morier : (202) 473-5675 /Courriel : rmorier@worldbank.org  

Dernière mise à jour : avril 2011




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