| IBADAN, NIGÉRIA, le 13 décembre 2007 — Depuis 2002, le premier Projet de renforcement du programme de lutte contre le VIH/SIDA de la Banque mondiale appuie le Nigéria dans le cadre de sa riposte au VIH. Ce projet, dont l’apport s’élève à 90,3 millions de dollars, visait à étendre la réponse du secteur public, à rendre plus percutante la riposte de la société civile grâce au fonds de lutte contre le VIH/SIDA, et à renforcer les capacités techniques des unités d’exécution de projet. La composante VIH/SIDA du projet a en particulier eu un impact direct sur nombre de vies, comme par exemple celle de Sola Akinpelu, un résident d’Ibadan, la capitale de l’État nigérian d’Oyo. Né à Ibadan en 1968, Akinpelu grandit dans des conditions très difficiles. Il a à peine six mois lorsque ses parents se séparent et il devient dès lors une charge encombrante pour une de ses vieilles grand-mères et un oncle célibataire. Plus tard, il travaillera pendant de longues heures par jour comme chauffeur d’autobus desservant des gares routières mal famées et comme laveur de voitures, pour payer ses frais de scolarité et pour survivre. À l’âge tendre de huit ans, alors qu’il est encore à l’école primaire, il commence à fumer la cigarette. Akinpelu n’a que dix ans quand il est initié au monde des drogues dures, à savoir la marijuana, l’héroïne et la cocaïne. Il y a trois ans, des agents du Goodworker Movement International (GMI), une organisation bénéficiaire du Fonds de lutte contre le VIH/SIDA de la Banque mondiale par le truchement du comité d’action contre le sida de l’État d’Oyo, rencontrent Akinpelu pendant une de leurs campagnes de lutte contre le VIH/SIDA et de sensibilisation à cette maladie auprès des consommateurs de drogues. « Le GMI avait l’habitude de visiter la zone où mes amis et moi vivions », a déclaré Akinpelu. « Ce secteur est tristement célèbre, car il abrite des criminels et des consommateurs de drogues. Nous partagions tout, des aiguilles aux partenaires sexuelles. Dans cette zone, on dénombrait beaucoup de personnes infectées par le VIH et celles qui mourraient étaient en majorité des femmes. Après leur décès, leur corps était placé dans un sac à ordures et l’on s’en débarrassait sans cérémonie ». Le GMO a admis Akinpelu dans son programme de désintoxication, pour tenter de mettre un terme à 18 années de toxicomanie et de comportement à haut risque. Akinpelu a été amené au centre de désintoxication à la périphérie de la ville où, en même temps que 13 autres personnes, il a été traité avec succès. « Pendant que nous mangions, les agents du GMI nous parlaient, nous encourageant à abandonner la vaine vie de la drogue et à nous rendre à leur centre pour recevoir de l’aide », a expliqué Akinpelu. « Ils venaient toujours avec un autobus pour emmener ceux qui étaient intéressés à quitter le milieu. Un jour, j’ai compris très clairement ce message et j’ai su qu’il fallait que j’arrête. C’est alors que j’ai rejoint le GMI ». Au cours du processus intensif de désintoxication, Akinpelu est devenu un homme nouveau et a pu mettre fin à sa toxicomanie. « Au moment où nous commémorons la Journée mondiale du sida », a-t-il souligné, « je me considère comme l’une des personnes les plus chanceuses à participer à cette célébration de la vie ». Akinpelu est aujourd’hui marié et fait partie du personnel du GMI. Il a récemment été nommé au poste de superviseur de l’unité agricole du projet du GMI. Par Ogo-Oluwa Oluwatoyin Jagha, Chargé du suivi et de l’évaluation, Projet de renforcement du programme de lutte contre le VIH/SIDA, représentation nationale de la Banque mondiale, Abuja, Nigéria. |