Le 7 janvier 2007 -- « La maladie contre laquelle les populations de la CRD de Madina Woula, (prĂ©fecture de Kindia) nâont jamais trouvĂ© de remĂšde depuis la pĂ©riode coloniale, câest bien la difficultĂ© Ă effectuer la traversĂ©e du fleuve KolentĂš. » Ces propos ont Ă©tĂ© tenus par le prĂ©sident de ladite CommunautĂ© rurale de dĂ©veloppement (CRD) lors de la mission de supervision (11 au 13 novembre 2007) du Projet national dâinfrastructures rurales II (PNIR II). Le projet a pour objectif dâamĂ©liorer les infrastructures de base et de promouvoir des systĂšmes de gestion et dâentretien durables au profit des populations des zones rurales ciblĂ©es. Il est cofinancĂ© par la Banque mondiale. Ătape de Tamisso Le pont prĂ©vu sur le Fleuve KolentĂš est situĂ© dans le district de Tamisso, dans la CRD et la sous-prĂ©fecture dont le chef-lieu est Madina Woula. Cette sous prĂ©fecture est lâun des pouls Ă©conomiques de la prĂ©fecture de Kindia dont elle sert de grenier selon M. Mara, PrĂ©fet de Kindia. Le manque de pont sur le fleuve empĂȘche les populations de cette sous-prĂ©fecture de transporter leurs productions et bĂ©nĂ©ficier des retombĂ©es Ă©conomiques. Selon le prĂ©fet, la construction de ce pont est le meilleur moyen de lutter contre la pauvretĂ©. Le projet permettra aussi de dĂ©senclaver quatre des sept CRD que compte cette sous-prĂ©fecture. Il contribuera Ă©galement Ă rĂ©soudre un problĂšme de sĂ©curitĂ© : cette zone sert de frontiĂšre avec la Sierra Leone et a Ă©tĂ© lâune des portes dâentrĂ©e des rebelles lors des attaques de 2001. Ătape de Timbi Madina Cette Ă©tape a commencĂ© par une visite au siĂšge de la FĂ©dĂ©ration des paysans du Fouta Djallon (FPFD). Cette organisation, constituĂ©e Ă 70% de femmes, a pour objectif de produire des pommes de terre, des oignons et des tomates pour couvrir les besoins tant nationaux que sous-rĂ©gionaux. Depuis sa mise en place en 1992, la production de pomme de terre est passĂ©e de 500 tonnes par an dans les annĂ©es 80 Ă 16.000 tonnes par an aujourdâhui. Les besoins au niveau de la sous-rĂ©gion sont de lâordre de 100 000 tonnes par an. Ă cause du manque dâinfrastructures de stockage adĂ©quates et de la dĂ©gradation des pistes pour le transport des produits, les paysans enregistrent parfois des taux de pertes post-rĂ©colte allant de 20 Ă 40%. Il est donc nĂ©cessaire dâamĂ©liorer non seulement lâĂ©tat des pistes rurales mais aussi les infrastructures de stockage. Ce qui est lâobjectif principal de la Composante C du PNIR II (voir encadrĂ©). M. Sanjivi Rajasingham, directeur du DĂ©partement transports de la Banque mondiale pour la rĂ©gion Afrique, lâa Ă©galement affirmĂ© lors de la visite sur le terrain : « La construction de cette plateforme est importante pour Timbi Madina mais aussi et surtout pour lâĂ©conomie guinĂ©enne. Ce projet permettra de faire une meilleure conservation, de rĂ©duire les pertes post-rĂ©coltes, et de procĂ©der Ă un meilleur conditionnement pour la commercialisation. Cela conduira au dĂ©veloppement de lâexportation et Ă©vitera des crises de sous-production ou surproduction, et amĂ©liorera ainsi les revenus des paysans. » Un Ă©lĂ©ment important de cette visite est quâelle a donnĂ© lieu Ă des discussions franches et intĂ©ressantes autour de cette composante du PNIR II entre les autoritĂ©s prĂ©fectorales, les autoritĂ©s locales, la fĂ©dĂ©ration des paysans, qui vont ĂȘtre les principaux bĂ©nĂ©ficiaires, et les techniciens du projet. S.E Mamadou Camara, ministre de lâAgriculture, des Eaux et ForĂȘts et Environnement qui a conduit la mission, a dit que sa prĂ©sence prouve Ă suffisance lâimportance que le Gouvernement accorde Ă la transformation et la valorisation de la production agricole des populations paysannes. « La mise sur le marchĂ© des produits agricoles de plus grande valeur est la condition sine qua non pour une croissance Ă©conomique durable du pays. » AprĂšs ces Ă©changes au siĂšge de la fĂ©dĂ©ration, la mission a visitĂ© plusieurs exploitations de pomme de terre, des magasins de stockage existants, de mĂȘme que le site retenu pour la construction de la future plateforme. Ătape de Soyah Lors de la troisiĂšme Ă©tape, les visiteurs ont assistĂ© Ă lâinauguration dâune infrastructure scolaire Ă Soyah dans la prĂ©fecture de Mamou. Les populations de la CRD de Soyah Ă©taient lĂ en grand nombre et ont exprimĂ© leur joie dâĂȘtre les bĂ©nĂ©ficiaires de cette infrastructure. M. Rajasingham a dĂ©clarĂ© : « En venant Ă Soyah, je me rends compte de lâimportance de ce projet. Je suis content pour les enfants de Soyah qui ne seront plus obligĂ©s dâaller loin pour Ă©tudier grĂące Ă cette rĂ©alisation du PNIR II. Aussi, les pistes rurales rĂ©alisĂ©es dans cette mĂȘme rĂ©gion avec la mĂ©thode Ă haute intensitĂ© de main-dâĆuvre vont aider dans la rĂ©duction de la pauvretĂ© Ă travers la crĂ©ation dâemplois locaux. Je vous invite Ă faire bon usage de ces infrastructures et Ă vous, Ă©lĂšves de Soyah, jâespĂšre que ce bon cadre vous permettra dâintĂ©grer les meilleurs universitĂ©s.»  AprĂšs la coupure du cordon inaugural, lâĂ©quipe de la Banque mondiale, qui comprenait Ă©galement le reprĂ©sentant rĂ©sident en GuinĂ©e, M. Siaka Bakayoko, et M. Siele SiluĂ©, responsable du PNIR II, a procĂ©dĂ© Ă une remise de fournitures scolaires aux Ă©lĂšves. En conclusion, cette importante mission a permis Ă toute lâĂ©quipe de confirmer lâimportance du PNIR II pour les populations bĂ©nĂ©ficiaires. Elle souhaite donc que les engagements pris soient respectĂ©s par les parties prenantes. La mission pour la revue Ă mi-parcours prĂ©vue en avril 2008 sera une bonne occasion pour Ă©valuer les progrĂšs rĂ©alisĂ©s.
Tabara Sakho Barry Chargée de Communication
 Le projet comprend trois composantes : Composante A: Pistes rurales â visant Ă assurer aux populations rurales une accessibilitĂ© en toutes saisons aux services et opportunitĂ©s Ă©conomiques Ă travers la rĂ©habilitation, la gestion et lâentretien durables dâaxes routiers ciblĂ©s de niveau prĂ©fectoral. De façon spĂ©cifique, il sâagira entre autres de la rĂ©habilitation de 950 km de routes prĂ©fectorales dans 34 CRD et de la construction de 6 ponts ruraux. Composante B: Reconstruction dâurgence â visant Ă assister les populations des zones affectĂ©es Ă restaurer les services sociaux de base avec la rĂ©habilitation de bĂątiments publics dĂ©truits lors des conflits armĂ©s aux frontiĂšres et Ă amĂ©liorer les pistes dâaccĂšs et les opportunitĂ©s dâemplois Ă travers des mĂ©thodes de rĂ©habilitation Ă haute intensitĂ© de main-dâĆuvre. La composante contribuera la reconstruction / rĂ©habilitation / Ă©quipement de 37 bĂątiments publics (18 Ă©coles, 13 bureaux, 4 postes de santĂ©s et 2 marchĂ©s) et la rĂ©habilitation dâenviron 350 km de pistes. Composante C: Infrastructures de commercialisation - ayant a pour objectif de dĂ©velopper des infrastructures commerciales Ă lâĂ©chelle rĂ©gionale qui seraient complĂ©mentaires des programmes dâinvestissements routiers retenus dans le cadre du PNIR II tout en assistant les organisations professionnelles paysannes et autres groupes Ă©conomiques Ă mieux exploiter les opportunitĂ©s de marchĂ© ainsi offertes par la consolidation et le conditionnement des productions dâune part, et le renforcement des partenariats commerciaux dâautre part. Plus concrĂštement il est prĂ©vu de construire, Ă titre pilote, des plateformes multiservices pour la pomme de terre Ă Timbi â Madina et pour la mangue Ă Kankan. Pour davantage d'information, veuillez visier la base de donnĂ©es des projets. |
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          Cet article a également été publié dans La Revue (PDF), le magazine trimestriel du Bureau de la Banque mondiale en Guinée -- édition No 2, janvier 2008. |