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Les Ă©conomies en dĂ©veloppement amortissent l’impact du ralentissement de l’activitĂ© dans les pays riches en 2008

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Communiqué de presse n°:2008/179/DEC

Contacts
À Washington : Merrell Tuck — TĂ©lĂ©phone : (202) 473-9516
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LONDRES, 9 janvier 2008 – D’aprĂšs la Banque mondiale, le dynamisme des Ă©conomies en dĂ©veloppement attĂ©nue les effets du ralentissement de l’activitĂ© actuellement observĂ© aux États-Unis. La croissance du PIB rĂ©el de ces pays devrait en effet se modĂ©rer lĂ©gĂšrement pour ressortir Ă  7,1 % en 2008, contre Ă  peine 2,2 % dans les pays Ă  revenu Ă©levĂ©.

Selon le Rapport sur les perspectives Ă©conomiques mondiales 2008 (GEP 2008), la croissance mondiale accusera un lĂ©ger repli en 2007 pour s’établir Ă  3,6 % contre 3,9 en 2006, en raison essentiellement du ralentissement de l’activitĂ© dans les pays Ă  revenu Ă©levĂ©. En 2008, la croissance mondiale devrait s’établir Ă  3,3 %.

L’affaiblissement du dollar, le spectre d’une rĂ©cession aux États-Unis et la volatilitĂ© croissante des marchĂ©s financiers pourraient infirmer ces hypothĂšses d’atterrissage en douceur de l’économie mondiale. Ces risques auront comme consĂ©quence une baisse des revenus liĂ©s Ă  l’exportation ainsi que des apports en capitaux pour les Ă©conomies en dĂ©veloppement ainsi qu’une rĂ©duction de la valeur de leurs investissements effectuĂ©s en dollars Ă  l’étranger. Dans ce contexte, les pays en dĂ©veloppement pourraient avoir Ă  utiliser les rĂ©serves qu’ils ont constituĂ©es et les autres mĂ©canismes dont ils se sont dotĂ©s ces derniĂšres annĂ©es pour absorber des chocs inattendus.

« Globalement, la croissance des pays en dĂ©veloppement ne devrait que modĂ©rĂ©ment se ralentir au cours des deux prochaines annĂ©es. Une dĂ©cĂ©lĂ©ration beaucoup plus marquĂ©e de l’activitĂ© aux États-Unis constitue toutefois un risque rĂ©el qui pourrait assombrir les perspectives Ă  moyen terme des pays en dĂ©veloppement, »  observe Uri Dadush, Directeur du Groupe d’étude sur les perspectives de dĂ©veloppement et du DĂ©partement du commerce international de la Banque mondiale.

Les auteurs du rapport posent comme hypothĂšse que les turbulences persisteront sur le marchĂ© du crĂ©dit international jusque vers la fin de 2008, mais que les grandes institutions financiĂšres continueront de pouvoir en supporter le coĂ»t. En outre, ils prĂ©voient que les retombĂ©es sur la demande de consommation des difficultĂ©s actuelles du marchĂ© amĂ©ricain de l’immobilier resteront limitĂ©es.

« Au plan commercial, la forte demande d’importations dans les pays en dĂ©veloppement aide Ă  soutenir la croissance mondiale. Par consĂ©quent, comme le dollar est bas, les exportations amĂ©ricaines sont en plein essor, ce qui contribue Ă  rĂ©sorber le dĂ©ficit courant des États-Unis et Ă  attĂ©nuer les dĂ©sĂ©quilibres mondiaux », explique Hans Timmer, co-auteur et Directeur de l’équipe chargĂ©e d’analyser les tendances mondiales au sein du Groupe d’étude des perspectives de dĂ©veloppement Ă  la Banque. 

La croissance robuste enregistrĂ©e rĂ©cemment par les pays en dĂ©veloppement explique en partie le niveau Ă©levĂ© des prix des produits de base, plus particuliĂšrement du pĂ©trole, des mĂ©taux et des minerais. Cette Ă©volution a profitĂ© Ă  de nombreux exportateurs de produits de base, d’oĂč la forte progression de la demande dans certains pays relativement plus pauvres. La hausse rĂ©cente des prix des cĂ©rĂ©ales, en partie due Ă  l’accroissement de la part de la production cĂ©rĂ©aliĂšre destinĂ©e aux biocarburants, pĂšse sur les revenus rĂ©els des pauvres en milieu urbain.

Les auteurs du rapportGEP 2008 estiment également que la gestion macroéconomique plus prudente et les progrÚs techniques ont contribué à accroßtre la productivité globale des facteurs et les revenus réels dans les pays en développement au cours des 15 derniÚres années, une tendance qui devrait aider à réduire la pauvreté durant la prochaine décennie. Le rapport GEP 2008 accorde une place spéciale à la diffusion de la technologie dans les pays en développement (voir le communiqué de presse correspondant).

Pays en développement : faits marquants

Durant la premiĂšre moitiĂ© de 2007, la production industrielle s’est accĂ©lĂ©rĂ©e dans toutes les rĂ©gions en dĂ©veloppement, en particulier en Asie de l’Est (20 % d’une annĂ©e sur l’autre). Les rĂ©sultats du PIB reflĂštent Ă©galement la soliditĂ© des chiffres de production. La Chine, l’Inde et la Russie ont jouĂ© un rĂŽle moteur dans cet accroissement de la production.

Le PIB de la RĂ©gion Asie de l’Est et Pacifique devrait progresser d’environ 10 % en 2007, et la croissance en Chine dĂ©passer les 11%. L’activitĂ© de la rĂ©gion devrait se ralentir pour ressortir 9,7 % en 2008 et 9,6 % d’ici 2009. Les turbulences sur les places financiĂšres internationales auront probablement des effets limitĂ©s sur la plupart des Ă©conomies de la RĂ©gion. Sauf en Chine, les institutions financiĂšres de la rĂ©gion ont peu investi directement dans des titres adossĂ©s Ă  des crĂ©ances hypothĂ©caires (crise des « subprime »).

Dans la RĂ©gion Europe et Asie centrale, le PIB devrait augmenter de 6,7 % en 2007, avant de revenir Ă  un rythme d’expansion plus modĂ©rĂ© de 6,1 % en 2008 et de 5,7 % en 2009. L’inflation est en hausse dans plusieurs pays, sous l’effet de la demande intĂ©rieure qui continue de progresser Ă  un rythme rapide et  de l’accroissement des prix des carburants et des produits alimentaires (la sĂ©cheresse en Bulgarie et en Roumanie a encore aggravĂ© la situation). Des signes de surchauffe sont dĂ©jĂ  manifestes en Bulgarie et dans les États baltes. En Turquie, l’assouplissement de la politique monĂ©taire devrait renforcer la demande intĂ©rieure, stimulant ainsi la croissance et contribuant au maintien d’un important dĂ©ficit courant.

Le PIB de la RĂ©gion AmĂ©rique latine et CaraĂŻbes a gagnĂ© 5,1 % en 2007, et on s’attend Ă  ce que cette croissance se ralentisse pour revenir Ă  4,5 % en 2008, puis Ă  4,3 % d’ici 2009, consĂ©quence principalement du retour Ă  des taux de croissance plus soutenables en Argentine et au Venezuela. Dans les autres pays de la rĂ©gion, y compris au BrĂ©sil, l’activitĂ© devrait rester dynamique, et on devrait assister Ă  un rebond de l’économie mexicaine, qui a enregistrĂ© de moins bons rĂ©sultats en 2007.

Le PIB de la RĂ©gion Moyen-Orient et Afrique du Nord a progressĂ© Ă  un rythme lĂ©gĂšrement plus lent en 2007 (4,9 %), mais ce taux devrait remonter Ă  5,4 % en 2008 Ă  la faveur de la hausse des prix du pĂ©trole. Le renchĂ©rissement du pĂ©trole accroĂźt les revenus des pays exportateurs, lesquels, notammentl’AlgĂ©rie et l’Iran, les investissent en partie dans les infrastructures. Les pays qui on su diversifier leurs exportations, comme la Jordanie, le Maroc et la Tunisie, affichent une croissance Ă  deux chiffres tirĂ©e par l’accroissement de la demande commerciale en Europe.

La croissance du PIB s’est lĂ©gĂšrement ralentie en 2007 (8,4 %) dans la RĂ©gion Asie du Sud, oĂč la production industrielle et la croissance du PIB sont tirĂ©es par la forte demande intĂ©rieure. L’expansion du crĂ©dit, la hausse des revenus, et le niveau Ă©levĂ© des envois de fonds des travailleurs Ă©migrĂ©s soutiennent la consommation privĂ©e, tandis que le regain d’optimisme des milieux d’affaires et l’accroissement des bĂ©nĂ©fices des sociĂ©tĂ©s contribuent Ă  accĂ©lĂ©rer encore cette dynamique.

Le PIB de la RĂ©gion Afrique subsaharienne a progressĂ© de 6,1 % en 2007 et devrait croĂźtre de 6,4 % en 2008, principalement sous l’impulsion de la forte demande intĂ©rieure. L’investissement devrait rester vigoureux malgrĂ© le resserrement des conditions de crĂ©dit sur les marchĂ©s internationaux et en partie grĂące aux opĂ©rations d’envergure financĂ©es par des investisseurs Ă©trangers. En revanche, la demande privĂ©e en Afrique du Sud devrait se ralentir par suite du relĂšvement des taux d’intĂ©rĂȘt et de l’érosion des revenus rĂ©els qui freineront les dĂ©penses rĂ©elles. Un lĂ©ger ralentissement de la production des pays exportateurs de pĂ©trole face Ă  l’évolution de la situation internationale pourrait ramener la croissance Ă  un taux de 5,8 % en 2009.


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