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Kenya : Déclaration relative aux préoccupations suscitées par l’impact de la crise actuelle sur le développement

News Release No: 2008/178/AFR

Contacts
À Nairobi : Peter Warutere  
pwarutere@worldbank.org 
À Washington : Beldina Auma 202-458-7307
baumaowuor@worldbank.org
 
La déclaration suivante a été publiée aujourd’hui à Nairobi par un certain nombre d’organismes de développement, notamment la Banque mondiale :
 
NAIROBI, le 3 janvier 2008 — Plusieurs partenaires de développement opérant sur le terrain au Kenya, notamment des institutions multilatérales comme la Banque mondiale et les organismes bilatéraux de la Commission européenne et de pays comme le Canada, le Danemark, les États-Unis, la France, la Norvège, le Royaume-Uni (Department of International Development) et la Suède, ont lancé un appel à tous les leaders kényans pour qu’ils apportent une réponse rapide aux questions soulevées par les deux partis politiques au lendemain des élections. Les partenaires de développement craignent que les troubles qui persistent dans certaines régions du pays compromettent les avancées impressionnantes récemment réalisées dans le domaine de la croissance économique et de la réduction de la pauvreté.
 
Les enjeux sont les conditions qui régnaient avant les élections, c'est-à-dire un taux de croissance du produit intérieur brut (PIB) de 7%, un regain de confiance des milieux d’affaires, un tourisme en expansion, des gains de productivité mesurables au niveau des entreprises, une progression sensible de la démocratie, et la sortie de la pauvreté de plus de deux millions de Kényans au cours des quelques dernières années. Tous ces résultats ont été atteints avec une aide des bailleurs de fonds de l’ordre de 1% seulement du PIB du Kenya contre environ 10% pour la Tanzanie et le Ghana. Mais c’est aussi l’opportunité de s’attaquer aux défis importants que représentent la création insuffisante d’emplois, les carences des infrastructures, l’insuffisance des services de santé, l’inégalité de l’accès aux services productifs et l’intensification massive de la campagne de lutte contre la corruption, qui est compromise.
 
La situation actuelle pourrait déjà faire sentir son impact négatif. Les milieux d’affaires estiment les pertes à environ 2 milliards de shillings kényans par jour. La capitalisation boursière des actions inscrites à la bourse de Nairobi a chuté de 40 milliards de shillings kényans (environ 5% de son montant total) lorsque la bourse a repris ses activités après les élections, et cette chute a touché aussi bien les petits que les gros investisseurs. Les ventes aux enchères de thé ont été interrompues car une grande partie de la production du Kenya provient de la vallée du Rift qui est actuellement un pôle d'insécurité. La situation pourrait aussi avoir, à moyen terme, des répercussions négatives sur le tourisme. Il peut être encore temps de sauver la situation, mais il faut agir de toute urgence.
 
Des observations ponctuelles indiquent clairement que les Kényans les plus pauvres et les plus vulnérables, notamment les femmes et les enfants, sont les plus touchés par les violences actuelles, les déplacements de population, la perte de biens et de moyens de subsistance, et la faim. Nous nous inquiétons vivement de cet état de fait. Les Kényans accordent une grande importance à l’éducation, et aux portes qu’elle ouvre pour le développement personnel et la création de richesse. Il est nécessaire d’agir promptement pour éviter que la rentrée des classes soit perturbée la semaine prochaine, car cela pourrait mettre en danger les importants progrès récemment accomplis aux niveaux de l’accès à l’éducation et des acquis scolaires.
 
Le Kenya est un centre économique régional en expansion, et il assure un commerce de transit qui équivaut au quart du PIB pour l’Ouganda et le Rwanda et au tiers du PIB pour le Burundi. Ces échanges couvrent, notamment, de nombreux produits de base essentiels. La situation au Kenya pourrait donc avoir de fortes répercussions dans la région.
 
Nous ne contestons certes pas le droit qu’ont les Kényans de se réunir librement afin de rechercher des solutions plus permanentes face aux préoccupations faisant suite aux élections. Nous demandons instamment que toutes les mesures soient examinées et menées de manière à ne pas perturber le fonctionnement de l’économie, à ne pas entraver la circulation des biens et des services vers les pays voisins, et à ne pas compromettre la tâche délicate qui consiste à établir un climat de confiance entre tous les groupes politiques, sociaux et ethniques.
 
Nous prenons note de la campagne  «  Save our Beloved Country » (« Sauvez notre pays bien-aimé ») que les médias ont lancée, et des appels répétés des dirigeants civiques et religieux pour promouvoir l’harmonie interethnique. Nous encourageons le respect de la liberté des médias et l’exercice responsable de cette liberté, particulièrement dans le cadre des reportages sur les violences et des discours qui peuvent attiser la haine.
 
Les événements de cette semaine sont un rappel brutal de la nécessité de renforcer les réformes qui assurent le respect des droits de l’homme, favorisent la gouvernance démocratique et l’état de droit, et ciblent les programmes de développement sur les « zones de pauvreté sensibles » du pays. Nous nous tenons prêts à travailler sur ces questions avec tous les Kényans de bonne volonté, conformément à notre Stratégie d’aide conjointe au Kenya.

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Pour en savoir plus sur les activités de la Banque mondiale en Afrique subsaharienne, veuillez consulter www.banquemondiale.org/afrique
 
Pour en savoir plus sur les activités de la Banque mondiale au Kenya, veuillez consulter www.worldbank.org/ke
 


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