Le programme d’efficacité énergétique soutenu par la Banque mondiale et le FEM est déployé en Chine

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  • La Chine est le deuxième consommateur d'énergie au monde.
  • L'expertise du Groupe de la Banque mondiale est mise au service de la Chine pour l'aider à atteindre son objectif, à savoir une diminution de 20 % de l'intensité énergétique.
  • Le partenariat entre la Banque et la Chine comprend un éventail de programmes encourageant la conservation d'énergie ou la réduction de la pollution.

Le 14 janvier 2008— Dix ans d'efforts pour réduire le gaspillage d'énergie et les émissions de gaz à effet de serre en soulignant les avantages financiers pour les entreprises commencent à « porter leurs fruits » en Chine, a déclaré Bob Taylor, spécialiste en chef de l'énergie à la Banque mondiale.

Des entreprises de services écoénergétiques, aussi appelés ESCO ou EMC, qui aident les industries à économiser de l'argent en utilisant moins d'énergie, voient le jour partout dans le pays et on en compte désormais une centaine alors qu'elles n'étaient que trois en 1998.

Bon nombre d'EMC se réunissent pour une conférence à Pékin afin de faire le point sur une industrie qui a permis d'économiser en 2006 et en 2007 autant d'énergie que ce que la France aurait consommé en charbon standard au cours des deux dernières années.

De tels résultats démontrent que les efforts de conservation d'énergie de l'industrie des EMC ont le potentiel de réduire de manière significative la hausse de l'utilisation du charbon en Chine, une des principales sources de gaz à effet de serre, a dit M. Taylor.

« L'efficacité énergétique aurait le plus d'effets, le plus rapidement » pour réduire la quantité de dioxyde de carbone dégagé par les centrales à charbon en Chine, a indiqué M. Taylor. « Les industries chinoises sont les plus grandes consommatrices de charbon », a-t-il ajouté.

Essor de l'industrie des EMC

Le concept des entreprises EMC, présenté par la Banque à la Chine en 1997, « a enflammé l'imagination des décideurs-clé responsables du rendement énergétique » qui y ont vu un nouveau moyen de promouvoir les investissements en matière d'efficacité énergétique sur le plan commercial, a déclaré M. Taylor.

L'industrie de la conservation d'énergie de la Chine a fait ses débuts avec trois EMC créées en 1998 à Shandong, Liaoning et Pékin grâce aux 151 millions de dollars accordés par le Projet de conservation d'énergie de la Chine soutenu par le gouvernement chinois, la Banque mondiale, le Fonds pour l'environnement mondial (FEM) et la Commission européenne.

En bref : Des efforts d'efficacité énergétique

Depuis 1990, le Groupe de la Banque mondiale a investi près de 3,1 milliards de dollars dans l’efficacité énergétique par le biais d’environ 120 projets dans 40 pays, d’après un nouveau rapport sur la progression de l’énergie renouvelable et l’efficacité énergétique au cours de l’exercice 2007.

En Chine, le Groupe de la Banque, avec d'autres partenaires, aide le gouvernement à tenir sa promesse de réduire de 20 % l'utilisation d'énergie par unité du PIB d'ici 2010 en :

  • aidant à créer des ESCO commercialement viables (voir l'article à ce sujet) depuis le milieu des années 90 au moyen du Projet de conservation d'énergie de la Chine et du Deuxième projet de conservation d'énergie de la Chine;
  • élaborant de nouveaux modèles d’entreprises pour le secteur public de l’énergie au moyen du programme de financement de l’efficacité énergétique des services publics ;
  • modernisant les systèmes de chauffage et construisant des édifices plus écoénergétiques par le biais du projet de réforme du chauffage et de l’efficacité énergétique des édifices ;
  • finançant l’efficacité énergétique par un programme novateur de financement du carbone.

La Banque et les représentants du gouvernement chinois ont également mis au point un vaste programme de financement de projets de rénovation industrielle coûtant entre 1 et 5 millions de dollars et qui sera lancé par le projet de financement de l’efficacité énergétique de la Chine.

Le gouvernement estime que les 1 008 plus gros consommateurs industriels d’énergie représentent près de 30 % de la consommation primaire d’énergie de la Chine, constituant ainsi une « mine d’or » quant aux économies d’énergie potentielles.

En 2006, près de 100 EMC finançaient plus de 400 projets de conservation d'énergie dans 16 provinces, soit des investissements totalisant 280 millions de dollars. Vu la croissance rapide enregistrée l'année dernière, les niveaux d'investissements pourraient doubler en 2007, a déclaré M. Taylor.

Les projets lancés en 2005 et 2006 devraient générer des économies d'énergie correspondant respectivement à 18 millions et 21 millions de tonnes de charbon standard, ce qui dépasse les prévisions initiales de « plusieurs ordres de magnitude », selon une récente évaluation du programme.

De nouveaux investissements au profit de l'efficacité énergétique effectués par le biais des EMC devraient atteindre 1 milliard de dollars en l'espace de trois à cinq ans et fournir quelques 70 à 80 millions de tonnes d'équivalent charbon (t.e.c.) en économies d'énergie pendant toute la durée de vie des projets financés, indique un récent rapport sur les innovations de la Banque mondiale en Chine.

Investissements dans l'efficacité énergétique

Selon leur modèle d'entreprise à service complet, les EMC utilisent des marchés de services écoénergétiques pour financer des projets de rendement énergétique qui permettent d'économiser de l'argent sur le carburant ou l'électricité.

De tels projets comprennent des rénovations de chaudières, la mise à niveau technologique des systèmes de combustion, la réfection des fours et appareils de chauffage, la récupération et l'emploi de la chaleur perdue ou du gaz de combustion, la rénovation des systèmes à moteur, le remplacement des systèmes de refroidissement, la rénovation des alimentations internes, ainsi que la réfection et l'innovation des systèmes de chauffage, ventilation et climatisation, et même le remplacement des ampoules électriques.

Les sociétés touchent un pourcentage élevé (habituellement 80 %) des économies estimées jusqu'à ce que leur investissement soit remboursé, en général en l'espace de un à trois ans. Les économies réalisées compensant le coût de l'investissement, les entreprises participantes reçoivent un équipement plus efficace qu'elles pourront utiliser pendant de longues années sans avoir rien à débourser.

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Qin An Mechanical and Engineering Co., Ltd, de Chong Qing a emprunté 2,1 millions de dollars dans le cadre du programme d'améliorations CHUEE de l'IFC. Cet emprunt lui permettra d'économiser 960 000 kWh d'électricité par année.

Le concept des EMC est particulièrement intéressant pour les projets d'efficacité énergétique de petite ou moyenne envergure. Cependant, il est également nécessaire d'investir dans des projets à grande échelle pour aider le pays à réduire les besoins de l'industrie de la sidérurgie et des autres industries qui sont de grandes consommatrices d'énergie, étant donné la rapidité de la croissance économique en Chine actuellement, a dit M. Taylor.

Accordant priorité à ce marché, le gouvernement chinois et la Banque mondiale ont élaboré un nouveau projet de financement de l’efficacité énergétique qui verra le jour grâce à un nouveau prêt de l’ordre de 200 millions de dollars de la Banque et à une subvention de 13 millions de dollars du FEM. Ce projet, qui devrait être approuvé dans les mois qui viennent, permettra le développement de vastes programmes de prêts pour l’efficacité énergétique, disponibles dans trois banques nationales chinoises, pour des projets de l’ordre de 5 à 10 millions de dollars dans l’industrie lourde.

La branche du secteur privé du Groupe de la Banque mondiale, la Société financière internationale (IFC), de concert avec le FEM et le gouvernement de la Finlande, soutiennent également les améliorations de l’efficacité énergétique par le biais du programme de financement de l’efficacité énergétique des services publics (a). L’IFC estime que le programme a prêté plus de 120 millions de dollars pour l’efficacité énergétique et elle s’attend à ce que les investissements futurs soient encore plus importants.

En plus de la conservation de l'énergie, notamment la promotion des entreprises de gestion de l'énergie et la réduction des  thermiques dans les bâtiments, la Banque mondiale soutient les énergies renouvelables, la protection de l'environnement dans le secteur énergétique, ainsi que tous les efforts visant à rendre les centrales à charbon plus propres et plus efficaces.

La solution ne se limite « pas à une seule chose, c'est toute une série de mesures. Il faut avoir tout un éventail de programmes, chacun d'entre eux jouant son propre rôle. »

« Tout notre travail s'articule autour du concept d'une énergie propre et celle-ci est en train de se développer », a déclaré M. Taylor.

Le charbon alimente l'économie chinoise.

Le charbon est responsable de 30 % des émissions de CO2 sur toute la planète et constitue la ressource énergétique la plus abondante en Chine, fournissant environ 62 % des besoins énergétiques du pays en 2004, d'après l'Agence internationale de l'énergie. Alors que la consommation par habitant reste encore bien inférieure au taux enregistré en Europe ou aux États-Unis, la Chine est devenue le deuxième plus grand consommateur d'énergie au monde. Ses émissions de CO2 devraient s'élever à 40 % du total mondial dès 2030 si aucune mesure n'est prise pour les réduire.

En 2005, le gouvernement chinois s'est fixé un objectif ambitieux, celui de réduire de 20 % sa consommation d'énergie par unité du PIB entre 2006 et 2010. Ces 20 % « sont un objectif très difficile à atteindre », a observé Bob Taylor, spécialiste en chef de l'énergie à la Banque mondiale. D'ailleurs, le Premier ministre chinois, Wen Jiabao, a dit l'an dernier que la consommation énergétique par unité du PIB n'avait baissé que de 1,23 % en 2006, bien loin du chiffre prévu de 4 %.

Cependant, M. Taylor, qui travaille depuis 25 ans sur des projets énergétiques entre la Banque mondiale et la Chine, soutient que « le niveau d'engagement est très élevé; je n'ai jamais vu un programme de conservation d'énergie imposé aussi fermement dans n'importe quel autre pays et ce, à tous les échelons du système ». « Les leaders chinois comprennent bien que le pays ne peut pas poursuivre sa croissance vertigineuse tout en consommant les ressources avec la même efficacité que jusqu'à maintenant. On voit très vite qu'il n'y a pas suffisamment d'énergie dans le monde entier pour soutenir ce mouvement. »




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