Consultations et revue du portefeuille au Mali : écouter la voix des autres

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bulletCadre stratégique pour la croissance et la réduction de la pauvreté (PDF)  
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La stratégie d'aide-pays

Le 18 janvier 2008 -  L’exercice auquel le bureau de la Banque mondiale au Mali s’est livrĂ© du 12 au 15 novembre 2007, en organisant une sĂ©rie de consultations sur la StratĂ©gie d’aide-pays 2008-2011 s’est rĂ©vĂ©lĂ© assez instructif sur le degrĂ© d’endossement du document par les diffĂ©rents acteurs concernĂ©s.

« Pour faire des omelettes aux lardons, si  la poule est concernĂ©e, le cochon est (complĂštement) impliquĂ© », a parfaitement illustrĂ© un participant reprĂ©sentant le Rectorat de l’UniversitĂ©, rĂ©sumant ainsi le sentiment et l’interrogation de la plupart du public quant Ă  la nature des discussions : s’agissait-il de consultations, de discussions, de participation ou d’implication des acteurs que sont le Gouvernement, les partenaires techniques et financiers, le secteur privĂ©, la sociĂ©tĂ© civile et les acteurs de terrain ?

Le but de cet exercice Ă©tait de prĂ©senter les grandes orientations de la StratĂ©gie d’aide-pays (SAP ou CAS en anglais pour (Country Assistance Strategy) et de recueillir des commentaires et observations de tous les acteurs et parties prenantes.  Il s’est agi de s’assurer que la SAP, qui est le plan d’affaire de la Banque mondiale au Mali, s’aligne avec le Cadre stratĂ©gique pour la croissance et la rĂ©duction de la pauvretĂ© (CSCRP) avant sa finalisation et sa prĂ©sentation au Conseil d’administration le 5 fĂ©vrier 2008.

« Globalement, le SAP est compris par beaucoup d’acteurs. Il n’y a pas trop de divergences sur le contenu du document », a estimĂ© le ReprĂ©sentant rĂ©sident la Banque mondiale au Mali, Alassane Diawara, lors d’une rĂ©union de synthĂšse pour tirer les leçons et dĂ©finir les prochaines Ă©tapes.

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Un représentant du secteur privé s'exprime lors de la session consacrée à ce secteur. © Banque mondiale

Consultations ou participation ?

La SAP est le programme stratĂ©gique qui guide les opĂ©rations de la Banque mondiale dans chacun de ses pays membres. FondĂ©e sur une meilleure connaissance du pays, elle s’appuie sur un processus de dialogue engagĂ© avec le Gouvernement, les collectivitĂ©s territoriales, la sociĂ©tĂ© civile, le secteur privĂ© ainsi que les autres Partenaires techniques et financiers qui soutiennent Ă©galement les efforts de dĂ©veloppement du gouvernement.

La premiĂšre consultation, au niveau rĂ©gional, s’est dĂ©roulĂ©e le 12 novembre 2007 Ă  SĂ©gou (Centre du pays), avec la participation de dĂ©lĂ©guĂ©s venus des huit rĂ©gions administratives et du District de Bamako.

Les consultations au niveau national, se sont tenues à Bamako du 13 au 15 novembre 2007. Elles ont inclus une série de travaux avec les services techniques gouvernementaux, le secteur privé, la société civile et les Partenaires techniques et financiers, le Gouvernement et la Banque mondiale.

Sujets de discussion

Des participants aux consultations ont estimĂ© que l’accent n’est pas suffisamment mis sur le secteur de la justice, notamment le cadre judiciaire qui demeure crucial pour la mise en Ɠuvre de la gouvernance, pour l’investissement et pour les finances. Sur le thĂšme de la gouvernance, le sentiment qui s’est dĂ©gagĂ© est que les participants ne l’ont pas compris comme un sujet transversal parce qu’abordĂ© de façon sectorielle.

D’autre part, certains participants ont Ă©mis des doutes sur les performances du systĂšme Ă©ducatif par rapport aux besoins du secteur privĂ© malien et par rapport Ă  l’objectif d’une croissance Ă©conomique de 7% que le Gouvernement s’est fixĂ© Ă  travers sa volontĂ© politique et sa responsabilitĂ© exprimĂ©es dans le CSCRP.

Sur le thĂšme du secteur privĂ©, si tous s’accordent pour le qualifier de moteur de la croissance, les participants ne sont pas unanimes que tous ses aspects ont Ă©tĂ© intĂ©grĂ©s dans la stratĂ©gie de la Banque. De l’avis gĂ©nĂ©ral, la sĂ©ance de discussions avec le secteur privĂ© national a Ă©tĂ© la plus relevĂ©e, notamment avec Ă  la clĂ© une proposition de rencontre secteur privĂ©-Gouvernement pour rapprocher des positions parfois assez Ă©loignĂ©es.

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La ministre de l'Économie, de l'Industrie et du Commerce et son collĂšgue des Finances lors de la session avec le Gouvernement et les PTF. © Banque mondiale

Vers une culture des résultats

Plus de cent participants ont participĂ©, du  3 au 4 dĂ©cembre 2007 Ă  la revue des projets et programmes financĂ©s par la Banque mondiale au Mali. Dans la mĂȘme logique de l’ouverture aux discussions, secrĂ©taires gĂ©nĂ©raux et directeurs centraux et fonctionnaires des Cellules de planification et de statistiques (CPS), Ă©quipes des projets, Ă©lus, ONG, presse publique et privĂ©e,  partenaires techniques et financiers y Ă©taient invitĂ©s.

La revue a instaurĂ© une culture des rĂ©sultats pour rendre compte de l’impact de l’utilisation des ressources sur le recul de la pauvretĂ© et sur un partage Ă©quitable des fruits de la croissance. Les participants ont conclu que la Banque mondiale et les Ă©quipes des projets doivent mieux rendre compte au Gouvernement et aux communautĂ©s intimement associĂ©es. L’approche de suivi/Ă©valuation (S/É) participative mise en place dĂšs la prĂ©paration des projets doit devenir une des conditionnalitĂ©s de la mise en vigueur des accords de crĂ©dit.

Le portefeuille de projets et programmes actifs financĂ©s par la Banque mondiale au Mali se compose de 14 opĂ©rations pour un engagement total de 667,4 millions de dollars Ă  la date du 31 octobre 2007. La rĂ©partition par secteur est de 43,5% pour le dĂ©veloppement rural et l’environnement, 26,7% pour l’énergie et les transports, 11,7% pour le dĂ©veloppement humain (Ă©ducation, santĂ©), 11,4% pour les secteurs privĂ© et financier et 6,7% pour l’appui budgĂ©taire.

Moussa Diarra, Chargé de communication   


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