Le 27 février 2008 - Des programmes de rendement énergétique menés par le gouvernement ont vu le jour il y a plusieurs décennies, mais l’intérêt pour ces derniers s’est intensifié récemment en raison de préoccupations liées à la sécurité de l’énergie, à la croissance économique et à la compétitivité, aux questions environnementales et à la hausse des prix de l’énergie. Les coûts de l’énergie sont pour les industries indiennes parmi les plus élevés au monde. Bon nombre d’entre elles utilisent des génératrices d’urgence au diesel qui coûtent très cher parce que l’alimentation électrique fournie par le réseau de distribution est peu fiable et de mauvaise qualité. La demande globale d’énergie devrait plus que tripler au cours des deux prochaines décennies, l’essentiel de cette demande étant comblée par des usines alimentées en charbon local de mauvaise qualité.
Le marché du rendement énergétique potentiel en Inde est évalué à plus de 3,1 milliards de dollars. « Il y a un fort potentiel inexploité en matière de rendement énergétique, malgré les incitatifs financiers pour stimuler les investissements dans ce domaine », explique Jeremy Levin, l’un des co-auteurs du livre Financing Energy Efficiency (Financer le rendement énergétique). Cependant, contrairement à l’industrie de la Chine et à ses « méga unités industrielles », le secteur industriel de l’Inde est composé d’un grand nombre de petites et moyennes entreprises (PME), environ 3 millions, qui représentent 60 % du PIB du pays. Convaincre ces nombreux preneurs de décisions et mettre en œuvre des projets de rendement énergétique n’est pas du tout la même chose en Inde qu’en Chine, souligne M. Levin.
La Banque mondiale a soutenu un projet-pilote visant à promouvoir le rendement énergétique dans trois secteurs de l’industrie (là où les industries semblables se regroupent) par le biais du 3 Country Energy Efficiency Project (Projet de rendement énergétique de trois pays). Les trois industries étaient celles du laminage de l’acier, des pâtes et papier et du verre. Le projet-pilote a permis d’identifier des projets potentiels et d’élaborer des produits de financement pour réaliser des investissements dans le rendement énergétique dans chaque secteur. Le but était de reproduire un nombre élevé de projets quasi identiques au sein du secteur. Les projets étaient généralement petits, d’un montant maximum de 100 000 dollars, une somme qui pourrait décourager certaines entreprises de consacrer du temps et des efforts pour obtenir un prêt. Cependant, les économies d’énergie réalisées dans chaque cas étaient élevées.
« Beaucoup de travail technique est encore nécessaire pour que ce marché se débloque et progresse », dit M. Levin, qui souligne qu’il faudrait notamment trouver des « vedettes locales » pour aider à obtenir un soutien pour le rendement énergétique auprès des associations, chambres de commerce, agences gouvernementales et autres organisations des secteurs. « Nous voulons intensifier les efforts dans plusieurs autres secteurs pour faire beaucoup de travail de préparation en amont et d’identification de projet, en lien avec les produits financiers disponibles localement. »
Le secteur financier très évolué de l’Inde est pressé de lancer des prêts pour le rendement énergétique en tant que nouveau produit pour le marché des PME. Dans le cadre du Three Country Energy Efficiency Project (Projet de rendement énergétique de trois pays), cinq banques locales¹ ont mis au point et lancé des produits de financement spéciaux ciblant les PME à la recherche de prêts pour investir dans leur rendement énergétique. La Banque mondiale soutient le Bureau Of Energy Efficiency (Bureau du rendement énergétique) dans ses efforts pour accroître les prêts aux PME au moyen d’un nouveau projet du Fonds pour l’environnement mondial (FEM) visant à déployer à grande échelle de précédentes initiatives ayant réussi à sensibiliser le marché des PME.
L’industrie des ESCO (entreprises de services écoénergétiques) n’a pas connu autant de succès en Inde que dans d’autres pays et cela malgré une décennie d’aide internationale. Cependant, de nouveaux efforts déployés par le gouvernement indien pourraient être la clé de l’expansion de ce marché. Le Bureau du rendement énergétique appuie de nouvelles initiatives visant à retenir les services d’ESCO pour le secteur public. La Banque mondiale a contribué à ces nouvelles initiatives et elle continuera à travailler à l’amélioration du rendement énergétique en collaboration avec le gouvernement indien.
1 State Bank of India, Canara Bank, Union Bank, Bank of Baroda, and Bank of India