| Contacts : Roger Morier (202) 473 5675 rmorier@worldbank.org Jeff Brez (202) 458 7628 jbrez@worldbank.org  WASHINGTON, 27 février 2008 — Les populations les plus démunies des pays les plus pauvres du monde seront touchées en premier et le plus durement par les effets du changement climatique, à en croire l’édition 2008 d’Environment Matters, le rapport annuel d’analyse environnementale publié par la Banque mondiale.  Selon ce rapport, en raison de leur emplacement géographique, de la faiblesse de leur revenu, de leurs capacités institutionnelles, et du fait qu’ils misent davantage sur des secteurs vulnérables au climat tels que l’agriculture, les pays et les populations les plus pauvres (qui sont les moins responsables des changements climatiques et les moins en mesure d’y faire face) sont les premiers à souffrir et en passe de pâtir le plus de ce phénomène.  Cela étant, l’adaptation aux changements climatiques peut par ailleurs contribuer à la réalisation des objectifs de développement des pays.  L’édition d’Environment Matters de l’année en cours traite essentiellement de l’urgente nécessité, pour les pays en développement, de commencer à s’adapter aux changements climatiques. D’éminents spécialistes du changement climatique et de l’environnement de la Banque mondiale ainsi que d’autres collaborateurs se livrent à une évaluation franche de l’état courant des connaissances sur les principaux sujets liés à l’adaptation, notamment la variabilité climatique, la biodiversité, les dimensions sociales et la sécurité des ressources hydriques, et ils formulent des recommandations concrètes sur la marche à suivre.  « Lutter contre les changements climatiques, c’est lutter pour le développement » , a déclaré Mme Katherine Sierra, Vice-présidente de la Banque mondiale chargée du développement durable. « En collaboration avec nos pays clients, nous allons de l’avant, énergiquement, avec la mise en œuvre de mesures d’adaptation qui permettent d’améliorer l’environnement local, de renforcer la capacité d’adaptation à la variabilité climatique actuelle et future et aux catastrophes naturelles, et d’encourager la diffusion de technologies novatrices ».  D’après cette publication, le changement climatique donnera l’occasion de réexaminer les pratiques courantes en matière de développement. Il ressort du rapport qu’avec des ressources supplémentaires, la lutte contre les changements climatiques peut stimuler l’adoption de pratiques améliorées de gestion des terres, de production d’énergie, de protection du littoral, etc., surtout dans les pays les plus pauvres.  Mobiliser des ressources financières supplémentaires  « Nous travaillons avec acharnement pour faire en sorte que les pays en développement continuent de bénéficier d’un maximum de ressources pour réduire la pauvreté et stimuler la croissance de leur économie afin d’atteindre les objectifs de développement pour le Millénaire, ainsi que de générer le surcroît de ressources financières dont ils auront besoin pour s’adapter aux changements climatiques », a indiqué M. Warren Evans, Directeur de l’environnement à la Banque mondiale. « Nous ne saurions permettre que les changements climatiques inversent la marche de ces pays vers le progrès ».  Dans le cadre de la récente reconstitution des ressources de l’Association internationale de développement — filiale de la Banque mondiale qui vient en aide aux pays les plus pauvres de la planète en leur accordant des prêts sans intérêt et des dons — par ses pays donateurs, les promesses de financements ont enregistré une hausse de l’ordre de 42 % pour s’établir à 14 milliards de dollars par an.  Cette augmentation s’expliquait en partie par la prise en compte de l’argument de la Banque mondiale selon lequel les changements climatiques rendront nécessaire l’accroissement des ressources requises pour maintenir le niveau des apports fournis aux pays qui comptent sur l’aide de l’institution.  Selon le rapport, le budget consacré à la gestion globale des risques climatiques dans les projets de l’IDA constituera probablement, à très court terme, la plus grande source de financement en faveur de l'adaptation dans les pays les moins avancés.  Assurer l’adaptation pour satisfaire les besoins de développement  La publication souligne que le changement climatique — et l’adaptation des pays en développement à celui-ci — est un problème qu’il faut intégrer dans les stratégies de développement de base.  À cet égard, Environment Matters attire l’attention sur les faits ci-après :  ·        L’accès à des sources d’énergie propres et fiables est un facteur essentiel du renforcement de la capacité d’adaptation aux changements climatiques.  ·        En collaboration avec les Gouvernements britannique et néerlandais ainsi qu'un nombre d’instituts de recherche, la Banque mondiale a entrepris des recherches sur l’économie de l'adaptation en vue de répondre à la question : « Quel en sera le coût ? ».  Les responsables publics du monde entier ont besoin de chiffres précis pour prendre des décisions plus éclairées.  ·        En raison des changements climatiques, les problèmes de sécurité des ressources hydriques peuvent resurgir dans des pays où, depuis 100 ans, l’approvisionnement en eau est fiable et les crises liées à l’eau sont rares, si tant est qu’il en ait eu.  ·        L’amélioration de la protection et de la gestion des écosystèmes naturels et une gestion plus durable des ressources naturelles et des cultures agricoles constitueront un élément crucial des stratégies d’adaptation.  ·       Les communautés et les ménages des régions vulnérables et pauvres en ressources auront besoin d’aide pour gérer le risque accru qu’ils affrontent quotidiennement et pour s’adapter aux effets néfastes des changements climatiques. Ils doivent participer à l'élaboration des stratégies, à la prise des décisions et à la mise en œuvre des mesures relatives à l’adaptation qui les toucheront directement.  ·        La Banque mondiale et les autres organismes acquièrent de l'expérience en matière d'intervention dans un ensemble diversifié de projets d'assurance qui aident les pays en développement à se remettre plus rapidement des effets des changements climatiques et à éviter la déliquescence des moyens de subsistance de la communauté ou des ressources budgétaires de l’administration.  Adopter une stratégie globale  Le Groupe de la Banque élabore actuellement un Cadre stratégique pour le changement climatique qui sera présenté à son Comité du développement lors des Assemblées annuelles d’octobre 2008. La Banque tient par ailleurs à réduire l’empreinte carbone de ses propres opérations en adoptant des mesures d’économie d’énergie ainsi qu’en recourant aux énergies renouvelables et aux contreparties des émissions de carbone. Travailler de concert avec ses partenaires, ses clients et tous les secteurs de la société pour transformer le défi du changement climatique en un moyen d’action en faveur du développement qui débouche sur une mondialisation plurielle et durable, telle est la tâche difficile qui attend la Banque mondiale.
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