La rĂ©gion de lâEurope de lâEst et de lâAsie centrale connaĂźt lâune des Ă©pidĂ©mies de VIH/SIDA les plus rapides au monde. DâaprĂšs ONUSIDA, le nombre de personnes atteintes de VIH dans cette rĂ©gion a atteint 1,6 millions en 2007, avec prĂšs de 150 000 nouveaux cas dâinfections. Cette mĂȘme annĂ©e, environ 55 000 personnes sont dĂ©cĂ©dĂ©es des suites de maladies liĂ©es au SIDA dans la rĂ©gion. La majoritĂ© des personnes atteintes du VIH dans cette rĂ©gion vivent en Russie ou en Ukraine, oĂč lâutilisation de drogues injectables et la prostitution alimentent lâĂ©pidĂ©mie. Les routes du trafic de drogues contribuent Ă©galement Ă lâexpansion de lâĂ©pidĂ©mie que connaissent les pays dâAsie centrale. Dans les pays de lâancienne Union soviĂ©tique, les prisons constituent un important terrain dâaction pour lutter contre le VIH et le SIDA. Les taux dâinfection y sont plus Ă©levĂ©s en raison du taux de prĂ©valence plus Ă©levĂ© chez les personnes se faisant emprisonner et des risques pris au cours de la dĂ©tention, que ce soit au niveau des comportements sexuels ou du partage des seringues. Ă la lumiĂšre de ces informations, les interventions actuelles dans les prisons doivent ĂȘtre renforcĂ©es et dĂ©ployĂ©es Ă plus grande Ă©chelle. LâĂ©pidĂ©mie de VIH/SIDA contribue Ă©galement Ă la propagation de la tuberculose dans la rĂ©gion. Les personnes atteintes du VIH dont le systĂšme immunitaire est affaibli sont particuliĂšrement vulnĂ©rables Ă cette maladie. En effet, lâĂ©pidĂ©mie de VIH alimente la propagation de la tuberculose, particuliĂšrement en prison et dans dâautres zones trĂšs touchĂ©es, en permettant lâactivation de la maladie chez les personnes ayant des tuberculoses latentes. Soutien de la Banque mondiale dans la rĂ©gion dâEurope de lâEst et dâAsie centrale Les prĂȘts accordĂ©s par la Banque mondiale pour lutter contre le VIH/SIDA dans cette rĂ©gion sâĂ©lĂšvent Ă 240,5 millions de dollars rĂ©partis en 4 projets : - Projet de prĂ©vention et de lutte contre le SIDA en Asie centrale (une subvention Ă©quivalente Ă 25 millions de dollars de lâIDA et une subvention de 1,9 million de dollars de la part du ministĂšre du DĂ©veloppement international du Royaume-Uni). ApprouvĂ© en mars 2005, ce projet de 26,9 millions de dollars couvre le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan et lâOuzbĂ©kistan. Ce projet a Ă©tĂ© implantĂ© en novembre 2005. Les fonds sont canalisĂ©s par le Europe and Asia Economic Cooperation Council (EurAsec).
- Projet de prĂ©vention et de lutte contre le SIDA en Moldavie (subvention de 5,5 millions de dollars de lâAssociation internationale de dĂ©veloppement), approuvĂ© en juin 2003. Financement total du programme national de lutte contre la tuberculose, le SIDA et les infections sexuellement transmissibles : 14,7 millions de dollars, dont 5,2 millions de la part du Fonds mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme . Le reste du financement provient de lâAgence amĂ©ricaine pour le dĂ©veloppement international (USAID) et du gouvernement de ce pays.
- Projet de prévention et de lutte contre la tuberculose et le VIH en Russie (150 millions de dollars), approuvé en avril 2003. Coût total : 286 millions de dollars.
- Projet de prĂ©vention et de lutte contre la tuberculose et le VIH en Ukraine (60 millions de dollars), approuvĂ© en dĂ©cembre 2002. LâexĂ©cution de ce projet a connu beaucoup de difficultĂ©s en raison dâun manque de leadership et de faibles capacitĂ©s dâexĂ©cution. La Banque travaille de concert avec les autoritĂ©s de ce pays pour trouver une maniĂšre plus efficace de produire des rĂ©sultats.
- En Ouzbékistan, la Banque aide le gouvernement avec son projet de Santé II qui comprend un volet sur le VIH/SIDA.
- Au Kirghizistan, la Banque aide Ă mettre en Ćuvre un projet de SantĂ© II et a rĂ©cemment terminé un sondage national sur des adultes pour tester leurs comportements et leur connaissance du VIH/SIDA.
La mise en Ćuvre des projets en Moldavie et en Russie produit les rĂ©sultats escomptĂ©s. En Moldavie, la prĂ©valence du VIH chez les utilisateurs de drogue injectables qui ont fait lâobjet dâun dĂ©pistage a diminuĂ© de 30 % entre 2005 et 2006, alors quâau sein de la population russe le pourcentage de femmes enceintes atteintes du VIH bĂ©nĂ©ficiant dâune thĂ©rapie antirĂ©trovirale a augmentĂ© de 11,4 % depuis 2003. De plus, le taux de mortalitĂ© attribuable Ă la tuberculose en Russie a diminuĂ© de 11,4 % entre 2005 et 2006. En plus de soutenir des projets visant Ă prĂ©venir et Ă lutter contre la maladie, la Banque a Ă©galement rĂ©alisĂ© le travail analytiquesuivant en 2005-2006: - Lutte et prĂ©vention du VIH/SIDA dans les systĂšmes carcĂ©raux dans les pays Baltes et dans la CommunautĂ© des Ătats indĂ©pendants : une analyse documentaire;
- Ătude sur le VIH/SIDA et les utilisateurs de drogues injectables en Asie centrale;
- Ăvaluation des meilleures pratiques des programmes de rĂ©duction des mĂ©faits du VIH/SIDA parmi les populations civiles et les prisonniers en Russie (en collaboration avec lâOpen Health Institute);
- Ătude sur lâimpact Ă©conomique du VIH/SIDA en Ukraine;
- Le VIH/SIDA dans les Balkans de lâOuest : prioritĂ©s pour une prĂ©vention prĂ©coce dans un environnement Ă risque Ă©levĂ©;
- Les camionneurs et les relations sexuelles occasionnelles : enquĂȘte sur le potentiel de propagation du VIH/SIDA dans la rĂ©gion des pays Baltes;
- Renverser la tendance : priorités pour la prévention du SIDA en Asie centrale;
- Lutter contre le VIH/SIDA en Europe et en Asie centrale.
CoĂ»ts potentiels de lâinaction La propagation non contrĂŽlĂ©e du VIH/SIDA pourrait avoir des consĂ©quences dĂ©vastatrices sur la santĂ© et la croissance Ă©conomique de la rĂ©gion. Une Ă©pidĂ©mie gĂ©nĂ©ralisĂ©e au sein des groupes dâĂąge faisant partie de la population active pourrait engendrer : - une baisse du taux annuel de croissance Ă©conomique de 0,5 % Ă 1,0 %;
- une augmentation des dépenses de santé de 1 % à 3 %;
- une hausse du ratio de personnes Ă charge, nuisant aux systĂšmes de protection sociale, surtout dans des pays qui connaissent dĂ©jĂ une baisse des taux de fertilitĂ© comme la BiĂ©lorussie, lâEstonie, la Moldavie et la Russie;
- une vulnĂ©rabilitĂ© accrue des mĂ©nages dont les enfants sont contraints dâabandonner lâĂ©cole pour travailler ou pour prendre soin de leurs frĂšres et sĆurs, contribuant au cercle vicieux de la pauvretĂ©.
Domaines dâaction prioritaires - Maintien du financement accordĂ© aux programmes de VIH/SIDA et au secteur de la santĂ©. La Banque sâefforce de fournir un financement continu et rĂ©gulier aux programmes nationaux et rĂ©gionaux de prĂ©vention et de lutte contre le VIH/SIDA, surtout pour pallier aux dĂ©ficits de financement. La Banque agit Ă©galement pour renforcer les systĂšmes de santĂ© et soutenir les programmes de VIH/SIDA dont lâampleur et la portĂ©e sont suffisantes pour produire des rĂ©sultats sur le terrain.
- Soutien dâune planification nationale stratĂ©gique par prioritĂ©s. La Banque soutient lâamĂ©lioration des stratĂ©gies et des plans nationaux de lutte contre le VIH/SIDA, pour sâassurer quâils sont vĂ©ritablement prioritaires, fondĂ©s sur des donnĂ©es probantes, pris en compte dans la planification du dĂ©veloppement et applicables.
- AccĂ©lĂ©ration de lâexĂ©cution. La Banque travaille Ă Â lâaccĂ©lĂ©ration de lâexĂ©cution des programmes nationaux, au dĂ©ploiement Ă grande Ă©chelle et au renforcement des efforts des gouvernements et Ă la production des rĂ©sultats ciblĂ©s.
- Renforcement des capacitĂ©s et des systĂšmes de suivi et dâĂ©valuation. Renforcement des mĂ©canismes nationaux de suivi et dâĂ©valuation ainsi que des rĂ©ponses fondĂ©es sur des donnĂ©es probantes afin de permettre aux pays de suivre, de gĂ©rer, dâĂ©valuer et dâamĂ©liorer leurs programmes. LâĂquipe dâappui pour le suivi et lâĂ©valuation de la pandĂ©mie de VIH/SIDA (Global AIDS Monitoring and Evaluation Support Team ou GAMET), créée par lâONUSIDA et basĂ©e Ă la Banque mondiale, sâemploie activement, en collaboration avec les pays et un large Ă©ventail de bailleurs de fonds, Ă fournir un appui pratique et concret visant Ă renforcer les capacitĂ©s et les mĂ©canismes nationaux de suivi et dâĂ©valuation.
- Ăvaluation dâimpact et travail analytique pour amĂ©liorer les connaissances et les programmes relatifs au VIH/SIDA. La Banque cherche Ă amĂ©liorer la production des connaissances et Ă rĂ©aliser des Ă©tudes dâimpact indiquant les mĂ©thodes qui se rĂ©vĂšlent efficaces ainsi que dâautres travaux dâanalyse permettant dâamĂ©liorer la performance des programmes.
Lâapproche de la Banque mondiale Lâappui de la Banque en matiĂšre de prĂ©vention et de lutte contre le VIH/SIDA et la tuberculose en Europe de lâEst et en Asie centrale sera axĂ© sur quatre domaines : - Continuation de son travail en partenariat avec les gouvernements, les agences de lâONU, le secteur privĂ© et les organisations communautaires;
- Soutien multisectoriel et multidisciplinaire des actions prioritaires au niveau national, sous-régional et régional;
- DĂ©ploiement de divers instruments de dialogue sur les politiques et services dâanalyse et de conseils pour intensifier le travail de prĂ©vention et de lutte contre le VIH/SIDA et la tuberculose dans la rĂ©gion, y compris des stratĂ©gies de partenariats nationaux, des analyses sur la politique de dĂ©veloppement, des Ă©valuations de la pauvretĂ© et dâautres activitĂ©s nâayant pas trait au financement telles que celles contenues dans les Documents de stratĂ©gie de rĂ©duction de la pauvretĂ©.
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