Le 7 mars, 2008 -- Il y a un an, le Groupe de la Banque mondiale lançait un nouveau Plan d’action pour la parité des sexes pour permettre au potentiel économique des femmes dans les pays en développement de se matérialiser.
Le plan, appelé L’égalité entre les sexes, un atout pour l’économie, vise à autonomiser les femmes et leur rendre les marchés accessibles pour qu’elles y prennent leur place. Permettre aux femmes d’avoir un meilleur accès à la terre, au travail, à l’agriculture et aux marchés financiers les aidera à accroître leur productivité et leurs revenus, ce qui en retour sera bénéfique pour leur famille et pour l’économie dans son ensemble.
Depuis son lancement, le plan a accordé 14,9 millions de dollars, près d’un tiers de ses fonds, pour venir en aide aux activités liées à la parité des sexes de 71 projets de la Banque. Voici un échantillon des activités réalisées:
Afghanistan: Un volet sur l’égalité entre les sexes est inclus dans les projets ruraux et agricoles.
Honduras: Le Projet d’administration foncière élabore un outil pour faciliter la délivrance de titres conjoints de propriétés et en fait la promotion dans le but d’améliorer l’accès des femmes à la terre. Le renforcement des capacités des organisations de femmes et des organismes à but non lucratif sensibilisera les femmes aux droits fonciers ainsi qu’aux cadres juridiques déjà en place afin qu’elles se prévalent de leurs droits et qu’elles les protègent.
Égypte, Liberia, Laos, Kenya, Pérou et Viet Nam : Des projets sont en cours dans ces pays pour y améliorer les opportunités économiques à court terme pour les femmes. Ces projets sont mis en œuvre grâce à une subvention du Fonds des Nations Unies pour la femme (UNIFEM).
Égypte: Un projet fait la promotion de l’égalité des sexes dans les entreprises privées au moyen d’un programme volontaire de formation et de certification. Les entreprises qui choisissent de participer au programme intégreront l’égalité des sexes à leurs politiques de recrutement du personnel, de formation, de développement de carrière et de prévention du harcèlement. Ce projet est inspiré d’un projet semblable de la Banque qui a porté fruits au Mexique.
Éthiopie: Une étude financée par le Plan d’action sur l’égalité des sexes a incité la Banque à financer des programmes d’accès aux titres de propriété en milieu rural et a aidé à autonomiser les femmes. L’étude en question a révélé que lorsque le titre de propriété pouvait comporter deux photos, celui-ci était plus souvent émis aux noms des deux conjoints. Lorsqu’aucune photo n’était requise, moins de titres de propriété conjoints étaient émis. Plus de 80 % des personnes répondant à cette étude ont indiqué que l’enregistrement foncier avait réduit les conflits, les avait encouragées à planter des arbres et à louer du terrain et avait amélioré la perception qu’ils ont de la possibilité d’obtenir un dédommagement en cas de conversion de leur terre. Les femmes détenant un titre conjoint de propriété ont presque unanimement affirmé que cette démarche avait amélioré leur statut social et économique. Ces résultats ont encouragé la Banque à soutenir un programme national de 30 millions de dollars portant sur l’enregistrement foncier et la délivrance de titres de propriété.
Améliorer les opportunités pour les femmes est bon pour l’économie
Les indicateurs sociaux pour les femmes et les filles, tels que la santé et l’éducation, se sont considérablement améliorés au cours de la dernière décennie dans les pays en développement.
Ce progrès ne s’est cependant pas traduit par de plus grandes opportunités de travail et de participation à la société pour les femmes.
D’après Mayra Buvinic, directrice de l’égalité des sexes à la Banque mondiale, « le taux d’inscription des filles à l’école a augmenté de manière significative à tous les niveaux au cours de la dernière décennie, mais l’écart entre les hommes et les femmes subsiste sur le marché du travail ».
Limiter les possibilités économiques des femmes est néfaste pour l’économie.
« Améliorer la santé et l’éducation des femmes et accroître leur participation sur le marché du travail, leur productivité et leurs revenus, réduit la pauvreté et contribue à la croissance », affirme Mme Buvinic.
Il faut que davantage de mesures soient prises pour que les jeunes adolescentes puissent bénéficier d’opportunités économiques lorsqu’elles passeront de l’école au marché du travail.
De telles politiques sont particulièrement pertinentes pour bon nombre de pays d’Amérique latine, du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord qui ont vu le taux d’inscription et d’achèvement des études augmenter de manière significative chez les filles, mais sans qu’un progrès équivalent ne soit ressenti au niveau de leur participation au marché du travail, de leur accès au crédit et de leur taux d’entreprenariat.
« Cette situation est problématique parce qu’elle est injuste », déplore Mme Buvinic. « Les jeux ne devraient pas être faits dès la naissance. De plus, c’est néfaste pour l’économie : manquer d’investir dans les femmes limite la productivité et l’épargne et, par conséquent, la réduction de la pauvreté et la croissance économique. »
Ces conclusions sont celles d’un rapport à paraître intitulé Equality for Women, Where Do We Stand (L’égalité des femmes, où en sommes-nous). Ce rapport écrit en collaboration avec l’OCDE doit être publié en avril. Il examine les progrès réalisés par divers pays en matière de promotion de l’égalité des sexes et d’autonomisation des femmes, qui constitue le troisième objectifs de développement pour le Millénaire.