Le Forum régional sur l’industrie extractive en Afrique de l’ouest : harmoniser les procédures tout en respectant les différences

Le 25 mars 2008 -- Le secteur minier en Afrique de l’Ouest représente plus de 40% des exportations dans de nombreux pays. Il recèle en outre les plus grandes réserves du monde de bauxite, de gisement de fer les plus riches, des gisements d’or de très hautes teneur, des diamants, de l’uranium, des ressources considérables pour de nombreux minerais industriels. Mais le plus souvent la transformation des ressources ne se fait pas sur place et la répartition des revenus dans plusieurs de ces pays n’a jusqu'à présent pas permis un décollage économique.

C’est pour dénoncer cet état de fait que le ministre des Mines de la Guinée S.E M Ahmed Kanté a déclaré dans son discours d’ouverture « Cette rencontre, consacrée à la problématique de l’industrie minière de notre sous-région, se tient au lendemain de la dixième session du sommet de l’Union africaine dont le thème central des débats fut l’industrialisation de l’Afrique. Ce sommet a réaffirmé le refus des peuples africains de cantonner leurs pays au rôle sans intérêt de pourvoyeur de matière première au reste du monde, pour récolter, en contre partie, misère, pauvreté et sous emploi et migration de sa jeunesse. »

Forum

Forum régional des industries minières en Afrique de l'Ouest à Conakry les 11 et 12 février 2008. © Banque mondiale

Le Forum régional sur l’industrie extractive
Cette déclaration explique la volonté des états africains à prendre leur responsabilité pour parer à cet état de fait. Ce forum marque donc une étape décisive dans la reconnaissance du rôle que le secteur minier peut et doit jouer dans la croissance et le développement économique de la sous-région de l’Afrique de l’Ouest.

Les 11 et 12 février 2008, des représentants de l’industrie minière, et de la société civile de 11 pays de l’Afrique de l’Ouest (Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée, Ghana, Libéria, Mali, Niger, Nigéria, Sénégal, Togo, Sierra Leone) et la République centrafricaine se sont retrouvés à Conakry avec bailleurs multilatéraux et bilatéraux. Le forum était placé sous la présidence d’honneur du Gouvernement guinéen et a connu la participation de plusieurs autres ministres de la sous-région.

La conjoncture porteuse sur le marché des matières premières et la disponibilité des capitaux pour l’exploration et l’exploitation alliées aux richesses considérables de l’Afrique de l’Ouest crée des conditions favorables pour le développement du secteur. Cependant, cette opportunité pour les pays concernés comporte plusieurs défis qui nécessitent une approche régionale afin que le secteur se développe et devienne le moteur de la croissance dans la sous-région.

Au cours des débats plusieurs voix ce sont élevées pour fustiger la manière dont se passent aujourd’hui l’exploitation et la gestion des mines. Le Président de la Commission des mines de la CEDEAO, M. Daramy, a  déclaré : « Les activités des industries extractives dans son organisation actuelle est contradictoire aux intérêts et souci majeurs des collectivités locales et aux priorités de développement des économies nationales. » Dans de nombreux pays aujourd’hui l’exploitation des ressources a eu des impacts pas toujours positifs avec quelques fois des effets environnementaux et sociaux négatifs allant parfois jusqu’à des guerres civiles.

Pour faire face a tous ces défis ensemble, plusieurs thèmes ont été discutés, entre autre : le développement régional des mines, le développement d’un code minier régional, la gestion des revenus miniers, le renforcement de capacité dans le secteur, les perspectives de développement régional, le développement des infrastructures régionales, le partenariat privé/public, et l’évaluation de l’environnement social.

forum

Forum régional des industries minières en Afrique de l'Ouest. Vue du présidium.
© Banque mondiale

En conclusion
Dans leur déclaration commune finale, les participants à ce forum ce sont mis d’accord sur des propositions dans plusieurs domaines comme :

1. Soutenir les gouvernements d’Afrique de l’Ouest pour promouvoir le développement durable du secteur minier à travers une double approche des interventions - au niveau régional et des pays pour les reformes essentielles ; ainsi que soutenir la coopération et la coordination entre les gouvernements de la sous-région ; et la promouvoir des pôles de croissance autour des zones minières.

2. Mettre en place un Fonds d’assistance pour les politiques et les transactions dans l’industrie extractives (FPT_IE). Ce fonds va : compléter les actions et appui des bailleurs de fonds dans le secteur minier en Afrique ; servir de fonds fiduciaire à décaissement rapide pour le renforcement des politiques et des capacités dans le secteur ; répondre à la demande formulée en 2007 par les ministres africains des Finances auprès de la Banque africaine de développement de mettre en place un fonds d’appui en matière légale pour assister les pays africains à se prémunir contre les attaques judiciaires des fonds vautours et améliorer leurs capacités à négocier les transactions commerciales complexes.

3. Mieux définir les concepts et contours du développement régional des mines et de la FPT_IE en étroite collaboration avec les bailleurs de fonds présents à ce forum dans l’esprit de la « Déclaration de Paris ».

Au sortir de ce forum, l’espoir de tous est que des jalons ont été jetés pour que à moyen terme, la sous-région Ouest africaine puisse enfin connaître une réelle croissance et un développement économique à travers : une exploitation rationnelle des ressources minières, la réalisation des infrastructures de base, le renforcement des capacités des acteurs locaux, la définition des revenus en général et du prix des produits miniers en particulier, la transparence dans la collecte des revenus, la bonne répartition des revenus, et la création de valeur ajoutée.

Tabara Barry
Chargée de Communication


Liens utiles

Togo : le cinquième crédit pour la relance économique et la gouvernance vise à appuyer les finances publiques et les réformes structurelles
Nouveau programme pour la diffusion des technologies agricoles en Afrique de l’Ouest
Le Groupe de la Banque mondiale Conclue que Plus de 80 pour cent des Efforts des Agences de Promotion de l’Investissement sont Insuffisants



Permanent URL for this page: http://go.worldbank.org/NH83ROWS10