| Le 17 mars 2008 -- Bien que contraints dâaffronter la concurrence de leur puissant voisin l'Afrique du Sud, la Namibie, le Botswana et le Swaziland paraissent bĂ©nĂ©ficier dâun climat de lâinvestissement favorable, dâaprĂšs les rĂ©sultats de la derniĂšre Ăvaluation du climat de lâinvestissement (ICA) effectuĂ©e dans chacun des trois pays. Les Ăvaluations du climat de lâinvestissement sont des rapports par pays dĂ©taillĂ©s qui sâappuient sur les rĂ©sultats des EnquĂȘtes sur le climat de lâinvestissement et dâautres informations disponibles. Elles servent Ă identifier et classer par ordre de prioritĂ© les contraintes qui pĂšsent sur le climat de lâinvestissement, rĂ©fĂ©rencer lâĂ©tat dâavancement des rĂ©formes, fournir des comparaisons entre les pays Ă partir des indicateurs du climat de lâinvestissement, et aider les pays Ă crĂ©er un large consensus sur les axes de rĂ©forme prioritaires susceptibles de donner une impulsion Ă la croissance et au dĂ©veloppement. Ces Ă©valuations alimentent en fin de compte les opĂ©rations et lâassistance technique de la Banque mondiale. Namibie    La Namibie a enregistrĂ© une croissance relativement forte au cours des derniĂšres annĂ©es. Lâobjectif des autoritĂ©s namibiennes est de transformer le pays en un pays industrialisĂ©, mais elles font face Ă un taux de chĂŽmage Ă©levĂ©, Ă dâimportantes sorties de capitaux et Ă lâinstabilitĂ© des taux de change.    Le rapport de lâICA observe que la Namibie bĂ©nĂ©ficie dâun climat de lâinvestissement relativement attractif et que les entreprises namibiennes sont trĂšs rentables, mĂȘme en comparaison des entreprises des autres pays Ă revenu intermĂ©diaire.    Toutefois, en dĂ©pit dâune Ă©valuation gĂ©nĂ©ralement positive, la Namibie enregistre des rĂ©sultats moins bons dans certains domaines (coĂ»t liĂ© au vol et Ă la sĂ©curitĂ©, formation et compĂ©tences des travailleurs, obstacles Ă lâexportation, et certains aspects relatifs Ă la rĂ©glementation). Par ailleurs, il existe un Ă©cart particuliĂšrement grand, au niveau des perceptions et de la performance, entre les micro-entreprises et les petites, moyennes et grandes entreprises en Namibie. Les Ă©valuations objectives du climat de lâinvestissement montrent aussi que les micro-entreprises font face Ă bien dâautres difficultĂ©s. | Les Ăvaluations du climat de lâinvestissement sont souvent utilisĂ©es Ă cĂŽtĂ© dâautres outils dâanalyse tels que les Indicateurs Doing Business de la Banque, selon le SpĂ©cialiste Secteur privĂ© de la Banque mondiale, Bernard Drum, qui a participĂ© Ă un rĂ©cent voyage en Namibie, au Botswana et au Swaziland pour prĂ©senter les conclusions de lâICA concernant ces pays. « Elles peuvent aider Ă concevoir des programmes de rĂ©forme pouvant bĂ©nĂ©ficier du concours de la Banque et dâautres partenaires de dĂ©veloppement », a dĂ©clarĂ© Drum. « Elles attirent lâattention sur les problĂšmes qui se posent dans des domaines hautement prioritaires qui font plus tard lâobjet dâun suivi aprĂšs une analyse plus approfondie ».  Selon Drum, le secteur privĂ© salue en principe les ICA comme instrument destinĂ© Ă mieux situer les dĂ©cideurs politiques sur ses propres problĂšmes. « Ă travers les ICA, le secteur privĂ© dispose dâun outil lui permettant, sur la base de donnĂ©es objectives, de savoir si le climat de lâinvestissement pourrait ĂȘtre favorable ou non dans un pays donnĂ© », a-t-il ajoutĂ©. Le climat de lâinvestissement est une conjugaison de facteurs propres Ă un pays, qui dĂ©terminent les opportunitĂ©s et les facteurs pouvant inciter les entreprises Ă investir utilement, crĂ©er des emplois et dĂ©velopper leurs activitĂ©s. Parmi ces facteurs figurent les politiques macroĂ©conomiques et rĂ©glementaires ; la sĂ©curitĂ© des droits de propriĂ©tĂ© et lâĂtat de droit ; et la qualitĂ© des institutions dâappui telles que les infrastructures physiques et financiĂšres. Botswana    Le climat de lâinvestissement au Botswana semble trĂšs favorable. Pour autant, les entreprises botswanaises ne sont pas trĂšs compĂ©titives, lorsquâon les compare aux entreprises des autres pays Ă revenu intermĂ©diaire. Outre cela, le pays connaĂźt quelques problĂšmes : faibles compĂ©tences des travailleurs ; coĂ»t relativement Ă©levĂ© dĂ» Ă la criminalitĂ© ; accĂšs insuffisant au crĂ©dit ; faible niveau de respect des obligations fiscales ; et problĂšmes dâaccĂšs Ă la terre. LâĂ©quipe de la Banque mondiale a relevĂ© le fait quâen dehors des problĂšmes constatĂ©s lors de lâenquĂȘte sur le climat de lâinvestissement, il existe Ă©galement dâautres problĂšmes tels que le VIH/SIDA ; le fait que le Botswana soit une Ă©conomie de taille modeste et lâimpact de lâĂ©conomie miniĂšre sur la compĂ©titivitĂ©. | Dans chaque pays, lâĂ©quipe de la Banque mondiale a prĂ©sentĂ© les conclusions Ă lâoccasion dâateliers auxquels ont pris part des dĂ©cideurs politiques et des dirigeants du secteur privĂ©, des cellules de rĂ©flexion locales et des partenaires de dĂ©veloppement, entre autres. Drum a indiquĂ© que les dĂ©bats ont Ă©tĂ© trĂšs animĂ©s et intĂ©ressants dans tous les pays et ont permis de poser des questions sĂ©rieuses et de dĂ©gager des enseignements qui seront utiles Ă lâĂ©quipe pour la suite de ses investigations sur la question. Conclusions Le climat de lâinvestissement dans lâensemble des trois pays paraĂźt assez bon, selon Drum. Il a fait observer que la productivitĂ© au niveau des entreprises est Ă©levĂ©e. « Les Ă©conomies de ces trois pays se portent relativement bien, comparĂ©es Ă la plupart des pays comparables en Afrique subsaharienne. Mais elles se portent un peu moins bien que les pays Ă revenu intermĂ©diaire situĂ©s dans dâautres rĂ©gions du monde », a-t-il dit. Swaziland    Si les entreprises du Swaziland comptent parmi les plus rentables en Afrique subsaharienne, elles sont toutefois moins rentables que celles des pays Ă revenu intermĂ©diaire comme lâAfrique du Sud, les zones cĂŽtiĂšres de Chine ou la Malaisie. Elles soutiennent plus favorablement la comparaison avec les entreprises issues de pays Ă revenu intermĂ©diaire â tranche infĂ©rieure â comme le Cap-Vert, la ThaĂŻlande ou dâautres rĂ©gions chinoises. De mĂȘme, le climat de lâinvestissement au Swaziland est assez favorable, en particulier lorsquâon le compare au climat de lâinvestissement dans dâautres pays dâAfrique subsaharienne.    Un des thĂšmes de discussion abordĂ© lors de lâexposĂ© de lâICA a portĂ© sur la maniĂšre dont le pays ferait face Ă la baisse des recettes dans le cadre de lâUnion douaniĂšre dâAfrique australe, notamment au regard des inquiĂ©tudes soulevĂ©es pendant lâenquĂȘte sur les taux dâimposition. LâĂ©quipe de la Banque mondiale a remarquĂ© que la rĂ©alisation de progrĂšs dans lâadministration des impĂŽts et un meilleur respect des obligations fiscales permettraient dâaccroĂźtre les recettes et dâamĂ©liorer les perceptions concernant les taux dâimposition car les entreprises sont souvent mieux disposĂ©es Ă payer les impĂŽts quand elles considĂšrent le systĂšme comme Ă©tant juste. | La Namibie, le Botswana et le Swaziland sont en concurrence avec un voisin trĂšs productif, lâAfrique du Sud, fait observer Drum. « Comme ils ne peuvent changer leur superficie, leur situation gĂ©ographique ou leurs caractĂ©ristiques dĂ©mographiques, ils doivent faire tout ce quâils peuvent pour amĂ©liorer ce quâils peuvent changer, au plan des politiques et des institutions », a-t-il renchĂ©ri. Ces trois pays ont des problĂšmes de dĂ©veloppement communs, a-t-il notĂ© : le besoin dâassurer un meilleur accĂšs au financement pour les micro-entreprises et les petites entreprises et dâamĂ©liorer les compĂ©tences techniques et managĂ©riales ainsi que la qualitĂ© de la formation, qui fait tant dĂ©faut. La Banque prĂ©voit des enquĂȘtes complĂ©mentaires dans ces pays, de mĂȘme quâen Afrique du Sud et au Lesotho. |