Contact Alejandra Viveros â (202) 473-4306 Aviveros@worldbank.org WASHINGTON, le 18 mars 2008 â LâAssociation internationale de dĂ©veloppement (IDA), institution membre de la Banque mondiale, et le Fonds monĂ©taire international (FMI) ont convenu que le LibĂ©ria a pris les mesures nĂ©cessaires pour atteindre son point de dĂ©cision au titre de lâInitiative renforcĂ©e en faveur des pays pauvres trĂšs endettĂ©s (PPTE). Ce pays, qui est ainsi le 33e Ă atteindre le point de dĂ©cision, peut dĂ©sormais bĂ©nĂ©ficier dâun allĂ©gement de dette au titre de lâInitiative [1]. Obiageli Ezekwesili, vice-prĂ©sidente de la Banque mondiale pour la RĂ©gion Afrique, a dĂ©clarĂ© Ă cette occasion : « Venant aprĂšs le rĂšglement des arriĂ©rĂ©s du LibĂ©ria envers la Banque, en dĂ©cembre dernier, ce jour marque un autre pas important de lâavancĂ©e de ce pays sur la voie dâun allĂ©gement total de sa dette. Ce qui lui permet aujourdâhui dâaccĂ©der au processus PPTE est lâeffort sans relĂąche menĂ© par son gouvernement pour la mise en Ćuvre des rĂ©formes au cours des deux derniĂšres annĂ©es. Le rĂ©tablissement des relations avec la communautĂ© internationale fournira lâimpulsion dont le LibĂ©ria a besoin pour relever les autres dĂ©fis considĂ©rables auxquels fait face ce pays sortant dâun conflit. » John Lipsky, premier directeur gĂ©nĂ©ral adjoint du FMI, a dĂ©clarĂ© pour sa part : « Cela a Ă©tĂ© une semaine historique pour le LibĂ©ria et le FMI. Elle a vu le rĂšglement des arriĂ©rĂ©s accumulĂ©s de longue date par le LibĂ©ria envers le FMI, et le Fonds a Ă©tĂ© en mesure de fournir de nouvelles ressources financiĂšres non nĂ©gligeables Ă lâappui du programme de rĂ©forme du Gouvernement libĂ©rien. Le LibĂ©ria a Ă©galement atteint une Ă©tape clĂ©, dans la campagne quâil mĂšne pour que ses crĂ©ances extĂ©rieures soient ramenĂ©es Ă des niveaux soutenables, en parvenant au point de dĂ©cision de lâInitiative PPTE renforcĂ©e ». Le Gouvernement libĂ©rien bĂ©nĂ©ficiera dâun allĂ©gement intĂ©rimaire de dette de la part de certains de ses crĂ©anciers mais, pour pouvoir prĂ©tendre Ă un allĂ©gement irrĂ©vocable au point dâachĂšvement, il sâest engagĂ© Ă mettre en Ćuvre un vaste programme de rĂ©formes. Il est censĂ© en particulier maintenir la stabilitĂ© macroĂ©conomique, en affichant Ă ce titre des rĂ©sultats satisfaisants dans le cadre des programmes appuyĂ©s par la FacilitĂ© pour la rĂ©duction de la pauvretĂ© et pour la croissance (FRPC) du FMI, Ă©laborer et mettre en Ćuvre une stratĂ©gie de rĂ©duction de la pauvretĂ© pendant au moins un an, entreprendre des rĂ©formes clĂ©s en matiĂšre de gouvernance ainsi que de gestion des finances publiques et de la dette, et prendre Ă©galement dâautres mesures dâordre structurel et social.  Le LibĂ©ria pourra en outre bĂ©nĂ©ficier dâune aide au titre de lâInitiative dâallĂ©gement de la dette multilatĂ©rale (IADM) de la Banque mondiale et de la Banque africaine de dĂ©veloppement, ainsi que dâun appui du FMI au-delĂ de celui fourni au titre de lâInitiative PPTE, aprĂšs avoir atteint le point dâachĂšvement dans le cadre de cette Initiative. Cela permettra dâaccroĂźtre encore les ressources Ă la disposition de ses responsables pour lâeffort de lutte contre la pauvretĂ©.  ĂlĂ©ments spĂ©cifiques de lâopĂ©ration dâallĂ©gement de la dette : La dette publique et Ă garantie publique du LibĂ©ria sâĂ©tablissait, selon les estimations, Ă 4,7 milliards de dollars en valeur nominale au 30 juin 2007. LâallĂ©gement de la dette dans le cadre de lâInitiative PPTE renforcĂ©e est estimĂ© Ă 2,8 milliards de dollars en valeur actuelle nette (VAN), soit lâĂ©quivalent dâune rĂ©duction de 90,5 % de la dette du pays aprĂšs application intĂ©grale des mĂ©canismes traditionnels dâallĂ©gement de dette [2]. Ă terme, cela permettra de rĂ©duire les paiements au titre du service de la dette du LibĂ©ria dâenviron 4 milliards de dollars en valeur nominale. DĂšs que les administrateurs de lâIDA et du FMI auront entĂ©rinĂ© que le point de dĂ©cision a Ă©tĂ© atteint, le FMI commencera Ă fournir sa part dâassistance au titre de lâInitiative PPTE, qui se chiffre Ă 448 millions de DTS en VAN (soit lâĂ©quivalent de 732 millions de dollars), dont 20 millions de DTS (soit 32 millions de dollars) par le biais de lâĂ©lĂ©ment concessionnel inhĂ©rent Ă son opĂ©ration de rĂšglement des arriĂ©rĂ©s pour la pĂ©riode intĂ©rimaire. LâIDA a dĂ©jĂ fourni sa part (soit 375 millions de dollars en VAN) par le biais de lâĂ©lĂ©ment concessionnel inhĂ©rent au rĂšglement des arriĂ©rĂ©s du pays envers la BIRD et elle-mĂȘme. En vertu de la formule de rĂ©partition des charges de lâInitiative PPTE, le reste du montant estimatif de lâallĂ©gement consenti au titre de cette Initiative (1,7 milliard de dollars en VAN) sera fourni par les autres crĂ©anciers du LibĂ©ria. LâallĂ©gement de dette consenti par lâIDA dans le cadre de lâIADM pourrait atteindre 36 millions de dollars en VAN, en supposant que le LibĂ©ria parviendra au point dâachĂšvement au cours du dernier trimestre de 2010. Le LibĂ©ria est Ă©galement censĂ© bĂ©nĂ©ficier dâun allĂšgement de dette supplĂ©mentaire de la part du FMI pour couvrir intĂ©gralement lâencours du reste de sa dette Ă©ligible au point dâachĂšvement, actuellement estimĂ© Ă 201 millions de DTS en VAN (soit 167 millions de dollars).
Note aux rĂ©dactions : Le LibĂ©ria est un des pays les plus pauvres dâAfrique. Deux guerres civiles, entre 1989 et 2003, ont eu un effet dĂ©vastateur sur son Ă©conomie, ramenant son PIB rĂ©el Ă 40 % environ de son niveau dâavant-guerre. Selon les estimations, 64 % de ses habitants vivent en-dessous du seuil de pauvretĂ©, et 48 % sont dans une situation de pauvretĂ© extrĂȘme. La signature, en 2003, de lâAccord de paix global dâAccra a ouvert une phase de transition politique qui a abouti Ă la tenue dâĂ©lections prĂ©sidentielles en octobre et novembre 2005. En rĂ©ponse aux sĂ©rieuses prĂ©occupations suscitĂ©es par la mauvaise gestion de lâĂ©conomie, le Gouvernement national de transition (en place de 2003 Ă 2005) et les partenaires internationaux clĂ©s du pays ont mis en place le Programme dâaide Ă la gouvernance et Ă la gestion Ă©conomique dans le but dâamĂ©liorer lâadministration budgĂ©taire et financiĂšre, ainsi que le niveau de transparence et de responsabilisation de lâĂtat. Peu aprĂšs son arrivĂ©e au pouvoir, en janvier 2006, le gouvernement de la prĂ©sidente Johnson-Sirleaf a sollicitĂ© lâaide du FMI pour mettre au point un programme visant Ă soutenir la reconstruction Ă©conomique et commencer Ă Ă©tablir des antĂ©cĂ©dents positifs pour la mise en Ćuvre des politiques, condition nĂ©cessaire au rĂšglement des arriĂ©rĂ©s du pays et de son surendettement. Le LibĂ©ria a rĂ©alisĂ© des progrĂšs satisfaisants dans le cadre de lâapplication du programme suivi par le FMI, qui a permis la reconstruction des institutions publiques, rĂ©tabli une gestion macroĂ©conomique crĂ©dible et favorisĂ© la mise en Ćuvre dâimportantes rĂ©formes structurelles en vue dâamĂ©liorer la gestion financiĂšre ainsi que le secteur financier. Il a aussi bien progressĂ© dans la mise en application de son Document intĂ©rimaire de stratĂ©gie de rĂ©duction de la pauvretĂ© (DSRP-I), couvrant la pĂ©riode de juillet 2006 Ă juin 2008 ; son DSRP complet est censĂ© ĂȘtre finalisĂ© sous peu. Ses arriĂ©rĂ©s envers la Banque mondiale et la Banque africaine de dĂ©veloppement ont Ă©tĂ© rĂ©glĂ©s en dĂ©cembre 2007, et dâautres mesures sont actuellement prises pour rĂ©gulariser ses relations avec les autres crĂ©anciers, une rĂ©union du Club de Paris Ă©tant notamment prĂ©vue dans le courant du mois dâavril.
Initiative PPTE  Câest en 1996 que la Banque mondiale et le FMI ont lancĂ© lâInitiative PPTE pour Ă©tablir un cadre permettant Ă lâensemble des crĂ©anciers, notamment les crĂ©anciers multilatĂ©raux, dâaccorder des allĂ©gements de dette aux pays les plus pauvres et les plus lourdement endettĂ©s, et de rĂ©duire ainsi les contraintes exercĂ©es par les charges du service de la dette sur leur croissance Ă©conomique et leurs efforts de lutte contre la pauvretĂ©. En 1999, lâInitiative a Ă©tĂ© renforcĂ©e Ă trois Ă©gards essentiels : Importance et portĂ©e des allĂ©gements de dette : Les seuils dâendettement extĂ©rieur ont Ă©tĂ© abaissĂ©s par rapport aux niveaux retenus dans le cadre initial. Un plus grand nombre de pays sont donc devenus admissibles Ă bĂ©nĂ©ficier dâun allĂ©gement de leur dette, et certains pays sont devenus admissibles Ă bĂ©nĂ©ficier dâun allĂ©gement plus important. RapiditĂ© du processus dâallĂ©gement : Un certain nombre de crĂ©anciers ont commencĂ© Ă accorder un allĂ©gement intĂ©rimaire de dette dĂšs le « point de dĂ©cision ». Le nouveau cadre permet Ă©galement aux pays de parvenir plus rapidement Ă leur « point dâachĂšvement ». resserrement du lien entre lâallĂ©gement de la dette et la rĂ©duction de la pauvretĂ© : Les ressources dĂ©gagĂ©es doivent ĂȘtre utilisĂ©es Ă lâappui de stratĂ©gies de rĂ©duction de la pauvretĂ© Ă©laborĂ©es par les autoritĂ©s nationales dans le contexte dâun vaste processus de consultation.
Ă ce jour, 33 PPTE ont atteint le point de dĂ©cision, et 23 dâentre eux ont atteint le point dâachĂšvement.   [1] Les pays commencent Ă bĂ©nĂ©ficier dâun allĂ©gement de dette Ă titre intĂ©rimaire en attendant de parvenir au point dâachĂšvement. [2] La valeur actuelle nette (VAN) de la dette est la somme actualisĂ©e de toutes les futures obligations au titre du service de la dette (intĂ©rĂȘt et principal). Cette mesure prend en compte les conditions auxquelles le stock de la dette dâun pays a Ă©tĂ© empruntĂ©. Lorsque le taux dâintĂ©rĂȘt dâun prĂȘt est infĂ©rieur au taux du marchĂ© en vigueur, la VAN de la dette qui en rĂ©sulte est infĂ©rieure Ă la valeur nominale de cette mĂȘme dette, la diffĂ©rence reprĂ©sentant lâĂ©lĂ©ment de libĂ©ralitĂ© (ou Ă©lĂ©ment concessionnel).
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