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Une meilleure gouvernance pour une meilleure gestion de l’eau

Disponible en: English, العربية
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Rapport sur l'eau
Rapport intégral Aperçu en français  (PDF)
Article: faire face à la pénurie d’eau

L'eau dans la région MENA
Note sectorielle sur l'eau dans la région - site web
Initiative régionale sur l'eau (a)
Eau, sécurité alimentaire et politique agricole  (a)

Sites web (a)
Programme "Eau et assainissement"
Développement durable
Gestion des ressources en eau
Alimentation en eau et assainissement

Plus d'informations
Programme de la Banque dans le secteur de l'eau au Maroc
Projets sur l'eau au Maroc
Articles sur l'eau
Données sur le Maroc et la région
Impacts économiques d’un mauvais assainissement
Rapport de suivi mondial: "Assurer un environnement durable"
2008, Année internationale de l’assainissement

Avril 2008 - Les pays de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA), dont le Maroc, sont-ils en mesure d'adapter leurs méthodes actuelles de gestion de l'eau pour relever les défis liés à :

  • La mutation des économies, la croissance démographique et la plus grande demande de services d’approvisionnement en eau et d’irrigation dans les prochaines décennies;

  • La modification du régime des précipitations en raison des changements climatiques;

  • La baisse de la disponibilité de l'eau par habitant qui sera divisée par deux à l'horizon 2050 ?

Le rapport de la Banque mondiale "Obtenir le meilleur parti des ressources rares : Une meilleure gouvernance pour une meilleure gestion de l’eau dans la région MENA"  tente de répondre à cette question.

Le rapport montre aussi dans quelle mesure la réforme du secteur de l'eau entraîne des choix difficiles, nécessite de prendre en compte le caractère multisectoriel de la gestion de l'eau et requiert l'engagement d’une palette large de partenaires et de citoyens.

Face à la pénurie croissante, la région devra restreindre les utilisations d'eau…

L'agriculture, qui représente plus de 85% de la consommation d'eau de la région MENA, utilise l'eau et l'investissement de manière inefficace. Dans certains cas les infrastructures d’irrigation ne sont pas développées pour utiliser l’eau stockée.  Dans d’autres cas, y inclus le Maroc dans les années de sécheresse, le pays ne dispose pas de l’eau pour l’exploitation de ses infrastructures.  Dans presque tous les cas, l’agriculture irriguée ne génère pas les rendements potentiels. Ces problèmes posent des défis partout dans le monde, mais dans les situations de pénurie vécues dans la région MENA, les conséquences sont d’autant plus sévères. 

Plus que la moitié des pays dans la région utilisent plus d’eau que leurs ressources renouvelables ; et la situation ne peut pas continuer indéfiniment. Les nappes phréatiques seront épuisées et le service d’irrigation dans certains périmètres irrigués deviendra peu fiable.
Il est important d’atténuer les impacts sociaux de cette situation. Cela implique la nécessité de gérer la transition vers une consommation d’eau globale plus faible plutôt que de laisser cette réduction s’imposer par le tarissement de la ressource.

Selon le rapport, les pays de la région vont devoir affecter l’eau aux usages qui génèrent le plus haut niveau de revenu et d’emploi, plutôt qu’à des cultures, comme certaines céréales, qui sont faciles et moins coûteuses à pratiquer ailleurs. Et compte tenu de son fort ensoleillement, la région devrait pouvoir se concentrer sur les cultures de rapport comme le raisin, les olives, les tomates, le melon ou les fraises, et accroître le commerce avec l’Europe.
 

water

"En effectuant maintenant les choix difficiles au niveau des politiques, on permettra à l’eau de continuer à générer des services, des moyens de subsistance (...)".

La région doit aussi modifier ses politiques dans le secteur de l'eau

Certaines politiques menées par les pays de la région favorisent l’exploitation non rationnelle des ressources en eau non renouvelables, la pollution et les atteintes à l’environnement, ainsi que le manque d’entretien des infrastructures.

Selon les auteurs du rapport "en effectuant maintenant les choix difficiles au niveau des politiques, on permettra à l’eau de continuer à générer des services, des moyens de subsistance, des emplois et des effets positifs sur l’environnement pour l’avenir."
 
Mais c’est au niveau des politiques autres que celle de l’eau que résident pour beaucoup les réponses aux problèmes, souligne les auteurs du rapport. Ils prennent comme exemple les mesures de soutien aux prix agricoles, qui maintiennent artificiellement la rentabilité de certains produits, ou de subvention des prix de l’énergie, qui ont pour effet de réduire de manière fictive les coûts de pompage de l’eau dans les nappes d’eau souterraine.

En dépit de ces problèmes, la plupart des pays ont réalisé des progrès

La plupart des pays ont réalisé d'importants investissements dans le secteur de l'approvisionnement d'eau et de plus en plus dans l'assainissement aujourd'hui, notamment dans les zones urbaines. Quelques pays ont fait d'importants progrès dans l'établissement de politiques pour gérer la demande en eau.

Par exemple, plusieurs pays à travers la région, ont réalisé des investissements en matière de technologie sous forme de systèmes d’irrigation modernes permettant de réduire la consommation moyenne en eau des cultures.  En matière de progrès dans la gestion de l’offre de l’eau, la région a fait des progrès technologiques qui bénéficient de nombreux autres pays du monde.  Ainsi, les nouvelles technologies dans les usines de dessalement et dans les techniques de recharge des nappes constituent de nouvelles options viables même pour les pays à faible revenu.
 
Le cas du Maroc

Beaucoup de pays ont également entrepris de gérer d’une manière plus rationnelle leurs ressources en eau, en décentralisant le pouvoir de décision dans ce domaine ou même, dans le cas du Maroc, en développant des partenariats public-privé aussi bien dans le domaine de l’eau potable et assainissement que dans celui de l’irrigation.

À plusieurs égards, le Maroc est un "champion" dans la région MENA. Il a des établissements de distribution d’eau potable pour les villes parmi les mieux gérées dans la région et a pu attirer le secteur privé pour apporter le financement et l’expertise nécessaires pour la gestion de ce service. Le désengagement financier de l’État du secteur de l’eau s’accompagne néanmoins de retards dans le développement de l’assainissement, ainsi que pour la généralisation du service d’eau potable aux populations défavorisées, notamment en zone rurale.

Il dispose d’une loi sur l’eau et d’institutions modernes et, plus important encore, les responsables marocains sont conscients de la nécessité d’un changement de politique donnant la priorité à la gestion de la demande. Ainsi, SM le Roi Mohamed VI a déclaré en 2001 dans son discours au Conseil Supérieur de l’Eau et du Climat "le temps est donc venu pour nous de changer radicalement notre perception et notre attitude à l’égard de l’eau, à travers la gestion de la demande de cette ressource et la rationalisation de sa consommation. Il importe, en outre, de poursuivre les efforts qui sont engagés pour mobiliser toutes les ressources hydriques mobilisables (…)"

Cependant, le problème est déjà très grave et risqué de s’aggraver encore dans le futur. Le Maroc  "vit au dessus de ses disponibilités en eau" en utilisant les réserves non renouvelables des nappes souterraines pendant les années à faible pluviométrie. Mais ces réserves sont en train de s’épuiser. La consommation en eau doit être réduite à la hauteur des disponibilités en eau qui sont appelées à baisser suite à l’impact du changement climatique. La mise en œuvre d’une politique de gestion de la demande est nécessaire quoiqu’extrêmement difficile car elle requiert de prendre des mesures pour utiliser l’eau de façon plus efficiente, et plus difficile encore, de limiter la consommation en eau, particulièrement par l’agriculture dans les zones où il y a un déficit en eau.

 Données pour le Maroc   

  • En 1994, seuls 15% de la population avait accès à l'eau potable. En 2005, ce chiffre est monté à 56% (Source : MATEE 2004).
  • En 1994, le coût de l'absence d'accès à l'approvisionnement en eau et aux installations sanitaires était estimé de 1 à 1.5% du PIB chaque année : cette estimation inclut la mortalité infantile due à la diarrhée (6000 décès d'enfants âgés de moins de 5 ans), les maladies dues à la diarrhée et le temps fourni par les aides-soignants.
  • Capacité totale de stockage des barrages en 2005-2006 : 16.1 km3.
  • Part totale d'eau douce stockée dans les réservoirs : 55.5% en 2005.
  • Pourcentage de la population ayant un accès à l'eau traitée et à des installations sanitaires en 2005 :
    • Eau urbaine : 99%
    • Eau rurale : 56%
    • Installations sanitaires urbaines : 83%
    • Installations sanitaires rurales : 31%
  • Surface équipée pour l'irrigation en 2000 (milliers d'hectares) : 1443

 Données pour la région MENA

  • La disponibilité de l’eau par habitant baissera de moitié en 2050
  • Environ 60% des cours d’eau de la région s’écoulent par-delà les frontières internationales.
  • Les pays de la région MENA consomment près de 80 % de l’eau dont ils disposent (contre 2 % en Amérique latine et en Afrique subsaharienne).
  • Des pays comme l’Algérie, l’Égypte et le Maroc consacrent ainsi 20 à 30 % de leur budget à l’eau.
  • 85 % de leur consommation d’eau servent à l’agriculture.
  • Les problèmes d’environnement liés à l’eau représentent un coût de l’ordre de 0,5 à 2,5 % du PIB annuel dans beaucoup de pays de la région.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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