Info-presse en ligne
Ressources pour les journalistes accrédités
Accès membres / Devenir membre

Zoom sur l'équation de la gestion des industries extractives en Mauritanie

Le 11 avril 2008 --Face à la baisse de la production pétrolière et la flambée des prix des produits de première nécessité, la Mauritanie tente de mettre en place des mécanismes de bonne gestion de ses ressources naturelles. La Banque mondiale la soutient à travers l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (EITI) et sa version renforcée, EITIE++.

Les perspectives de croissance de la Mauritanie (5,7% en 2008) sont étroitement liées à la bonne gestion des ressources par ses industries extractives. Le pays dispose d’un bon potentiel géologique quant aux ressources minérales de haute valeur disponibles, notamment le minerai de fer, l’or, le cuivre, le pétrole, le gaz naturel et le phosphate.

Un secteur porteur de grands espoirs, mais aussi de sérieux défis

Le secteur minier est l’une des principales sources de revenus du gouvernement mauritanien  depuis les années 1960. Outre la traditionnelle extraction du minerai de fer, la production de cuivre et d’or a démarré en 2006.

Au cours de la même année, la Mauritanie a commencé à produire du pétrole. Au niveau du champ de Chinguetti, qui est entré en production en février 2006, la moyenne était de 54 000 barils par jour pendant les trois premiers mois.

Toutefois, en raison de difficultés techniques, la production a considérablement diminué depuis lors, atteignant une moyenne de 18 500 barils par jour seulement en mai 2007.

Sur le plan des retombées financières directement liées à l’exploitation des industries extractives, quelques données permettent de mesurer l’intérêt pour la Mauritanie de mieux gérer ses ressources.

train SNIM

Train de la la Société nationale industrielle et minière

Par exemple, la Société nationale industrielle et minière (la SNIM) verse près de 20 millions de dollars par année au gouvernement, soit près de 10% de ses revenus totaux.

La nouvelle contribution fiscale du secteur minier liée aux nouveaux projets d’or et de cuivre sera également modeste et principalement attribuable à des redevances, soit entre 4 et 5,5 millions de dollars annuellement d’ici 2010.

La production pétrolière du pays est modeste comparativement à ce qui était initialement attendu. Cependant, les revenus tirés du pétrole, qui ont atteint 47,5 millions de dollars au deuxième trimestre 2007, jouent un rôle clé dans l’économie du pays dont la croissance.

Cette croissance, revue à la baisse par une récente mission du Fonds monétaire international (FMI) en mars dernier, sera de 5,7%.

La production du champ de pétrole de Chinguetti est prévue à 12 000 barils par jour en 2008 et aucun autre champ ne devrait commencer à produire avant 2010.

Toutefois, des investissements soutenus dans le domaine de l’exploration et du forage de développement par Petronas, le nouvel opérateur du Bloc de forage A, devraient confirmer la présence de réserves de gaz naturel, accroître la production pétrolière et fournir des revenus non négligeables.

Pour ce qui a trait à la bonne gestion des ressources des industries extractives, de récents développements politiques sont significatifs. Au début des années 2000, la Mauritanie s’est éloignée de ses pratiques prudentes de longue date et a perdu sa réputation de pays aux performances solides.

À la suite d’un coup d’État sans effusion de sang en août 2005, le gouvernement de transition a commencé à rétablir un cadre macro-budgétaire stable et a lancé un programme ambitieux de réformes portant notamment sur les finances publiques.

Le nouveau président démocratiquement élu et son gouvernement ont fait leur entrée au pouvoir en avril 2007 et ont à cœur de poursuivre les réformes entamées.

Le pays a pour héritage une croissance reposant sur la maximisation de la rente et un système politique caractérisé par le clientélisme et le favoritisme politique qui constituent des défis pour la gestion efficace des industries extractives, mais il y a des signes très encourageants.

La deuxième phase du Projet de renforcement institutionnel du secteur minier (PRISM2) est en cours depuis 2003 et met l’accent sur le renforcement des capacités dans le secteur minier. La portée du PRISM2 a été élargie en 2006 pour offrir de l’aide technique dans le secteur pétrolier suite à une forte demande de la part des autorités mauritaniennes.

Une approche basée sur la transparence

C’est pendant la période de transition que le gouvernement avait adopté les principes de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (EITI) en 2005. Depuis lors, les autorités ont commencé à divulguer les revenus miniers et pétroliers qui sont désormais perçus par le Fond national des hydrocarbures à travers un compte unique et distinct à la Banque centrale de Mauritanie.

plateforme

La portée du PRISM2 a été élargie en 2006 pour offrir de l’aide technique dans le secteur pétrolier suite à une forte demande de la part des autorités mauritaniennes.

Le nouveau gouvernement a publié tous les contrats pétroliers. Il a fait inscrire dans les lois la politique de gestion des revenus et les réformes du secteur, et travaille actuellement à l’élaboration de nouvelles procédures d’appel d’offres pour de nouveaux blocs de forage pétrolier.

Lors de sa visite en Mauritanie en janvier 2008, le président de la Banque mondiale, M. Robert B. Zoellick s’est montré impressionné par la volonté de la Mauritanie de mettre en place une gestion transparente et intégrale des industries extractives à des fins de développement durable.

Il s’est déclaré prêt à encourager le pays pour la mise en œuvre d’une nouvelle initiative cherchant à développer la bonne gouvernance et la transparence tout au long de la chaine de valeur des industries extractives, de l’accès aux ressources, la mise en place du cadre légal et réglementaire, supervision des opérations minières et pétrolières, collecte des revenues, jusqu'à la mise en œuvre du budget. 

Cette initiative destinée à renforcer la contribution des industries extractives à la gouvernance, transparence et au développement durable est aussi connue comme « EITI++ ». 

Durant la réunion du portefeuille de la Banque mondiale le 29 février 2008 à Nouakchott, cette proposition a été partagée avec les responsables du Gouvernement mauritanien et acceptée. 

Au début de mois de mars dernier, une mission de la Banque s’est rendue en Mauritanie où elle a travaillé en étroite collaboration avec la mission résidente sur les mécanismes d’appui aux autorités mauritaniennes.

La mission a analysé avec les responsables du Gouvernement les principaux thèmes concernant la gestion des ressources extractives en Mauritanie :

  1. identification des actions prioritaires qui permettront d’optimiser la contribution des industries extractives au développement national et régional, ainsi que la stratégie d’intervention qui permettra à la Banque et aux autres partenaires d’appuyer ces actions ;  
  2. état des lieux des actions déjà engagées pour assurer la transparence des différentes étapes de la chaine de valeur, allant de l’attribution des concessions à l’utilisation des revenus.

Pour chacune de ces étapes, la mission a pu évaluer, selon des critères bien établis, les actions mais aussi les carences qu’elle consolidera dans une « matrice d’état des lieux » dont elle déclinera un plan d’action priorisé.

Un document de stratégie présentant l’ensemble de la démarche et le cadre d'intervention, la matrice mentionnée et un plan d’action priorisé représenteront les principaux produits de la mission. Cette documentation est en cours de finalisation pour être diffusé pendant les Réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale à Washington en avril 2008.


Liens utiles

La crise économique donne lieu à un rééquilibrage
Et après la crise ?
Extraits du discours de M. Zoellick, le 28 septembre à Washington



Permanent URL for this page: http://go.worldbank.org/E3ZJBEHKC0