Selon M. Zoellick, l’envolĂ©e des prix alimentaires menace 100 millions d’habitants des pays pauvres

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14 avril 2008 – La flambĂ©e des prix des denrĂ©es alimentaires pourrait faire tomber 100 millions de pauvres dans une plus grande indigence, a dĂ©clarĂ© le PrĂ©sident de la Banque mondiale, M. Robert B. Zoellick aux RĂ©unions de printemps du Fonds monĂ©taire international et de la Banque mondiale qui se sont dĂ©roulĂ©es Ă  Washington.

« Selon des estimations fondĂ©es sur une analyse prĂ©liminaire, un doublement des prix alimentaires au cours des trois prochaines annĂ©es pourrait enfoncer 100 millions d’habitants des pays Ă  faible revenu encore plus profondĂ©ment dans la pauvretĂ©, » a indiquĂ© M. Zoellick.  « Toutefois, il ne s’agit pas uniquement de rĂ©gler des besoins immĂ©diats, pour aussi important que ceux-ci soient. Il s’agit de veiller Ă  ce que les prochaines gĂ©nĂ©rations ne soient pas, elles aussi, pĂ©nalisĂ©es. »

M. Zoellick s’est exprimĂ© dimanche Ă  la confĂ©rence de presse qui a marquĂ© la clĂŽture des RĂ©unions de printemps du Groupe de la Banque mondiale et du Fonds monĂ©taire international Ă  Washington.

M. Zoellick a rĂ©itĂ©rĂ© son appel en faveur d’une « Nouvelle donne pour une politique alimentaire mondiale » pour faire face Ă  la crise des prix alimentaires, et a notamment enjoint les bailleurs de fonds de combler le dĂ©ficit de 500 millions de dollars de ressources alimentaires identifiĂ© par le Programme alimentaire mondial. Les fonds mobilisĂ©s Ă  ce jour reprĂ©sentent environ la moitiĂ© du demi-milliard de dollars fixĂ© comme objectif, a prĂ©cisĂ© M. Zoellick.

Dans le cadre de cette Nouvelle donne, la Banque mondiale a entrepris de mettre en place des transferts monétaires conditionnels, des programmes de travail contre nourriture et des aides à la plantation, a-t-il ajouté.

Le Comité du développement du Groupe de la Banque mondiale et du FMI, qui s'est réuni dimanche, a entériné la Nouvelle donne, ainsi que d'autres initiatives alimentaires à plus long terme du Groupe de la Banque mondiale.

Dans ces remarques liminaires, M. Zoellick a dĂ©fini les actions prioritaires qui peuvent aider Ă  faire face aux besoins immĂ©diats tout en prĂ©parant le terrain Ă  une mondialisation plus solidaire et plus viable. Il a prĂ©conisĂ© une « Solution Ă  1 % », qui permettrait d’affecter 1 % des 3 000 milliards d’actifs dĂ©tenus par des fonds souverains Ă  des possibilitĂ©s d’investissement dans les pays d’Afrique subsaharienne, oĂč des centaines de millions de pauvres sont frappĂ©s de plein fouet par l’envolĂ©e des prix des denrĂ©es alimentaires et d’autres produits de base.

Il a Ă©galement soulignĂ© l’importance de l’Initiative EITI++, qui a Ă©tĂ© lancĂ©e pour aider les pays Ă  gĂ©rer et Ă  mettre la richesse que reprĂ©sentent leurs ressources naturelles au service d’une croissance Ă©conomique de longue durĂ©e.

Le Directeur gĂ©nĂ©ral du FMI, M. Dominique Strauss-Kahn, qui s’est Ă©galement exprimĂ© Ă  la confĂ©rence de presse, a soutenu les propositions de M. Zoellick. Il a expliquĂ© que l’aide du FMI aux pays Ă  faible revenu en matiĂšre de dĂ©veloppement Ă©conomique et financier « pourrait ĂȘtre trĂšs rapidement annihilĂ©e par la crise vĂ©hiculĂ©e par la hausse des prix alimentaires ». En raison de cette envolĂ©e des prix, de nombreux pays pauvres risquent d’accuser un « Ă©norme dĂ©ficit » de leur balance commerciale qui pourrait Ă©branler leur Ă©conomie.

Sur une question connexe, M. Zoellick a indiquĂ© que le “ petit-dĂ©jeuner de Bali ” des ministres des Finances qui ont participĂ© aux RĂ©unions de printemps avait portĂ© sur les stratĂ©gies Ă  mettre en place dans le domaine du changement climatique pour faire face aux effets nĂ©gatifs de la hausse des tempĂ©ratures et de la plus grande instabilitĂ© des conditions mĂ©tĂ©orologiques sur l’agriculture.  « Si vous habitez dans un pays en dĂ©veloppement, c’est trĂšs effrayant »  a-t-il ajoutĂ©.




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