Des centaines de millions de personnes dépendent des ressources mondiales.
Le problème de l’écobuage n’est pas résolu.
Les conseils contenus dans la partie ‘Comment faire’ sont basés sur la stratégie appliquée de la Banque dans le domaine des forêts.
21 avril 2008 – Le guide de référence sur les forêts publié par la Banque mondiale est un guide pratique sur la façon de gérer et d’utiliser les forêts, dont la superficie est en constante diminution, tout en réduisant la pauvreté de centaines de millions de personnes qui dépendent de ces ressources.
Le Guide de référence, destiné aux décideurs politiques et aux professionnels travaillant sur le terrain, indique que les forêts peuvent parfois satisfaire les demandes contradictoires liées au « développement durable ». Le livre explique que grâce à une combinaison adéquate de politiques et de pratiques, les forêts peuvent : • Promouvoir la croissance économique à travers une exploitation forestière et d’autres activités commerciales respectueuses de l’environnement. • Réduire la pauvreté par la démarginalisation des personnes rurales et par leur participation aux questions relatives aux ressources forestières. • Protéger les populations autochtones qui dépendent des forêts en s’assurant qu’elles sont consultées et qu’elles participent à la gestion des forêts. • Continuer à stocker des millions de tonnes de carbone, ce qui permet de limiter le réchauffement climatique, un des principaux facteurs du changement climatique.
D’après ce Guide de référence, les forêts, qui occupent 24 % de la superficie terrestre « sont, dans de nombreux pays, l’une des ressources les moins bien gérées ».
Le Guide indique également que « les forêts sont très sous-évaluées. Un grand nombre des avantages qu’elles apportent à l’environnement ne rentrent pas sur les marchés, et le manque de gouvernance a stimulé les activités illégales ».
L’avis pratique énoncé dans le Guide de référence repose sur la stratégie actuelle de la Banque mondiale relative aux forêts intitulée « Sustaining Forests », qui a été publiée en 2004. Contrairement à ses versions précédentes, cette stratégie met en avant une approche appliquée combinant l’utilisation des forêts pour le développement économique, la réduction de la pauvreté et la protection de l’environnement. Elle vise à « créer un lien avec le plan d’action mondial sur la forêt » et précise que pour atteindre ses objectifs « la collaboration entre la société civile, le secteur privé, les gouvernements, et les donateurs sera nécessaire », y compris en comptant la participation de la Banque mondiale.
« Ce qui manquait, c’était le « mode d’emploi » pour réaliser cette stratégie », indique Diji Chandrasekharan Behr, un économiste de la Banque mondiale spécialiste des ressources naturelles, et principal éditeur de ce travail. « Le Guide de référence fournit cette orientation ».
Le manuel indique que les forêts « sont une source immense de capital naturel qui peut être utilisé pour réduire la pauvreté ». Il présente les avantages et inconvénients des programmes communautaires financés par la Banque dans des pays tels que l’Inde ou le Mexique, et qui cherchent à promouvoir une utilisation équilibrée des ressources forestières tout en améliorant le bien-être des populations locales.
Dans une section sur « les enseignements tirés » des programmes communautaires, le manuel précise que « la bureaucratie et la paperasserie…. doivent être limitées » et « qu’il est nécessaire de réaliser des études de faisabilité et des plans d’affaires ».
Le Guide de référence propose également des conseils détaillés, basés sur l’expérience, sur la manière dont le personnel de la Banque peut aider à « incorporer » la question des forêts dans des programmes d’aide–pays. Dans la section sur les « enseignements tirés de l’expérience », le guide indique : « La participation équitable repose sur l’identification des principales parties intéressées, sur l’auto-organisation de ces dernières et sur le renforcement des capacités ; la communication et la participation doivent être transparentes et ne pas créer de confrontation ».
Mme Augusta Molnar, co-auteur de ce manuel et faisant partie des personnes externes à la Banque ayant collaboré à ce travail (elle est directrice des communautés et marchés de l’ONG Rights and Resources Initiative basée à Washington), considère que « la reconnaissance des droits des populations autochtones et des autres droits communautaires » est l’une des « tendances clés » de l’ouvrage.
Elle précise qu’une solution sur « l’écobuage » n’a pas été trouvée :
• « Il existe le risque que les gouvernements fassent marche arrière » sur la question de la protection des forêts et des populations qui en dépendent. • Les communautés vivant dans les forêts essayent de se faire entendre davantage. • La réforme des forêts engagée par les gouvernements se réalise plus lentement que prévu. • Le « dernier grand planage [des forêts] est en cours ».
Gerhard Dieterle, conseiller au sein de l’unité de développement rural et agricole de la Banque et l’un des auteurs et éditeurs de cet ouvrage, indique que la perte annuelle de 50 milliards de dollars en ressources forestières mondiales provoquée par les activités illégales est l’une des principales motivations de ce travail. D’après lui, le total de l’assistance aux forêts, y compris celle de la Banque, se monte à 1,7 milliard de dollars.
Données sur les forêts
60 millions de personnes issues des populations autochtones sont presque totalement dépendantes des forêts.
350 millions de personnes sont fortement dépendantes de ces dernières.
La déforestation est responsable d’environ 20 % des émissions de carbone au niveau mondial.
Le commerce de produits issus des forêts représente annuellement 186 milliards de dollars.
Le portefeuille de projets de la Banque mondiale portant sur les forêts est passé de 149 millions à 540 millions de dollars au cours des 6 dernières années.
L’assistance de la Banque a permis la création de 70 000 postes de travail au Honduras, 2,75 millions en Chine et 100 000 en République démocratique populaire lao.