| Le 24 avril 2008 — « Un Cameroun où personne ne souffre et ne meurt de la malaria à cause du manque d’accès à l’éducation, du manque de prévention ou de l’absence de traitement ». Telle est la vision de Coalition contre la malaria au Cameroun (Cameroon Coalition Against Malaria - CCAM en anglais). En une année d’existence et en dépit des ressources humaines, logistiques et financières très limitées, cette organisation non gouvernementale (ONG) camerounaise a obtenu des résultats concrets qui font déjà des émules. Son ambition commence à porter ses premiers fruits grâce à un groupe harmonieux de personnes physiques et morales toutes mues par le bénévolat dans l’espoir de vaincre un jour la malaria. Une feuille de route clairement définie… La CCCAM, qui a commencé ses activités en janvier 2007, est déjà active dans les dix provinces du pays. Elle se propose : d’éduquer le public sur les options de prévention et de traitement efficace de la malaria ; de renforcer les capacités de la société civile et des partenaires afin de gagner le soutien politique et d’accroître ainsi l’allocation des ressources en faveur de la malaria ; de renforcer les capacités de la société civile impliquée dans la lutte contre la malaria au Cameroun à travers des liens plus solides pour un plaidoyer et une mobilisation des ressources cordonnées ; d’accroître la couverture médiatique et les débats publics sur la malaria ; d’unifier l’ensemble de la société civile au niveau national en utilisant les approches techniques et soutenir les activistes de la malaria.
 | Réunion de sensibilisation sur l'utilisation des moustiquaires imprégnées. | « À l’origine, l’initiative de CCAM me semblait si ambitieuse que je n’y ai apporté que très peu d’attention(…) Mais en voyant comment des moustiquaires imprégnées fournies par l’ONG ont sauvé la vie des nouveau-nés dans la province du Nord Ouest, j’ai décidé de contribuer à cette exaltante aventure » affirme Boniface, bénévole du CCAM. Cinq groupes thématiques bénévoles travaillent régulièrement dans les divers domaines ci-après pour combattre la maladie : marketing et communication, santé publique et sciences biologiques, statistiques et épidémiologie, politique et mise en œuvre, et développement et mobilisation des ressources. ... Et les résultats ne se sont pas fait attendre Quelques faits saillants de l’activité de CCAM en 2007 | Création et fonctionnement de groupes de travail thématiques de volontaires ; Création des liens avec les parties prenantes dans la lutte contre la malaria ; Intégration de 44 membres institutionnels tels Unicef, Kfw, FAO, GTZ ; Édition d’un guide pratique de la malaria ; Création de Cameroon Media Against Malaria (CAMAM) ; Désignation de deux artistes célèbres comme Ambassadeurs de CCAM dans la lutte contre la malaria (Grace Decca et Ottou Marcelin) ; Plaidoyer autour de la journée africaine de la malaria ; Organisation d’un congrès scientifique où les chercheurs ont présenté leurs travaux sur la malaria ; Tenue régulière du Malaria Press club ; Mise en place d’un Centre d’information du public ; Formations diverses.
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En très peu de temps, la CCAM a lancé une série d’activités. Entre autres, le groupe a publié un guide pratique de la malaria, qui sensibilise de plus en plus de personnes à la prévention et au traitement du paludisme. Il a par ailleurs créé CAMAM (Cameroon Media against Malaria, Médias du Cameroun contre la malaria), organisé une conférence dans le cadre de laquelle les chercheurs ont présenté leurs travaux sur la malaria. CCAM a mobilisé les organisations internationales, notamment l’UNICEF et le Programme des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture afin de fournir davantage de fonds et de bâtir une coalition d’action de sensibilisation plus solide et plus unie contre la malaria au Cameroun. À ce jour, le groupe est venu en aide à des milliers de personnes, a distribué plus de 10 000 moustiquaires fournies par l’UNICEF et supervisé la formation de relais communautaire dans chacune des provinces du Cameroun. La CCAM a en outre contribué à l’élaboration de la composante malaria du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. La contribution de l’ONG a consisté principalement à promouvoir l’utilisation de l’approche de la « compétence face à la malaria », un outil de sensibilisation qui encourage la participation et l’adhésion communautaires à la lutte antipaludique. L’appui de la Banque mondiale reste incontournable Le 14 avril 2008, s’est tenu à Yaoundé un forum conjointement organisé par la Banque mondiale et la Société financière internationale (IFC), l’institution du Groupe de la banque mondiale chargée des opérations avec le secteur privé. Pour aider l’Afrique à faire face à ses enjeux sanitaires, l’IFC et ses partenaires prévoient de mobiliser jusqu'à un milliard de dollars de services-conseils et d’investissements sur les cinq prochaines années. « Le secteur privé joue déjà un rôle majeur en Afrique même s’il faut le viabiliser davantage », a déclaré Mme Miriam Schneidman, spécialiste senior de la santé à la Banque mondiale. La stratégie de l’IFC vise notamment à : créer un instrument d’investissement sous forme de prise de participation ; s’associer aux institutions financières locales ; fournir des services de conseil pour renforcer les capacités ; développer les activités du secteur Science du vivant de l’IFC dans la région ; favoriser les progrès dans la formation des professionnels de la santé ; encourager le développement des compagnies d’assurance maladie ; et et offrir au secteur privé de la santé un environnement plus favorable à son épanouissement.
Par ailleurs, un Projet d’appui à l’investissement dans le secteur de la santé au Cameroun est également en cours d’élaboration par la Banque mondiale, avec un accent sur le paludisme, le VIH/SIDA et la tuberculose entre autres. Ce projet aidera le pays à obtenir de meilleurs résultats en matière de santé et de nutrition, en vue d’accélérer et de soutenir la croissance économique et la réduction de la pauvreté.   La Banque dispose d’une occasion pour œuvrer de concert avec d’autres acteurs de la communauté du développement et des ONG telles que la CCAM afin de replacer le Cameroun sur la bonne voie pour atteindre, à l’horizon 2015, les objectifs de développement du Millénaire relatifs à la santé et à la nutrition. Le projet contribuera à trois des principaux piliers de la Stratégie pour la réduction de la pauvreté, à savoir le renforcement des ressources humaines et des services sociaux ; le recours au secteur privé comme partenaire dans la prestation des services sociaux ; et l’amélioration de la gestion des affaires publiques. Henri Laurent Bateg, Responsable de la communication
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