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Les ministres africains des finances considèrent l’éducation comme une chance à saisir et non une source de dépenses

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WASHNGTON, le 17 avril 2008 – L’Initiative accélérée du programme « Éducation pour tous » est un partenariat mondial qui vise à assurer un progrès rapide pour atteindre l’objectif de développement pour le Millénaire (ODM) relatif à l’éducation primaire pour tous d’ici à 2015.

Ces projets dans le secteur de l’éducation, qui concernent 34 pays en développement – dont 21 en Afrique subsaharienne – ont été approuvés par l'initiative connue sous le nom d'Initiative accélérée du programme (FTI). À cette date, les pays africains bénéficiant de l’appui de cette initiative ont reçu pour la période de 2003-2008 849 millions de dollars sous forme de subventions dans le cadre du Fonds catalyseur des Initiatives.

Environ 50 responsables de ministères des finances et banques centrales d’Afrique subsaharienne dont plusieurs ministres des finances ont pris part aux récentes réunions de printemps de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international pour examiner la mise en œuvre du programme en Afrique.

Fast Track Initiative

À droite : Yaw Ansu, directeur du développement humain région Afrique.
À gauche : Desmond Bermingham, secrétaire de l’Initiative EFA FTI.
©Banque mondiale/Deborah Campos

La participation massive à ces réunions reflète l’importance que revêt l’éducation comme outil essentiel dans la constitution du capital humain et économique pour des économies compétitives, notamment dans plusieurs pays à faible revenu en Afrique subsaharienne où l’éducation se taille la part du lion dans les budgets nationaux.

« L’Afrique se trouve au centre de nos activités. Environ deux tiers de pays auxquels nous apportons notre appui se trouvent en Afrique subsaharienne et cinq autres pays africains intégreront l’initiative accélérée du programme (FTI) cette année », a déclaré Desmond Bermingham, responsable du secrétariat de l’Initiative accélérée du programme « Éducation pour tous » (EFA-FTI).

Il a souligné le fait que les ministres des finances et les décideurs macro-économiques ne sont pas les « participants habituels » à une réunion qui porte sur les objectifs de l’éducation. « Toutefois, il nous semble évident que s’il n’ y a pas d’éducation sans ressources financières, il n’y a pas non plus de ressources financières sans éducation », a-t-il ajouté.

Bob Prouty, vice-secrétaire à l’Initiative accélérée du programme (FTI) a relevé que l’Afrique subsaharienne a réalisé des avancées historiques dans le domaine de l’éducation.

Les représentants de gouvernements et de banques d’Afrique subsaharienne se réunissent pour débattre de l’Initiative EFA FTI au cours des réunions de printemps de la Banque mondiale et du Fonds monétaire internationale, en avril. ©Banque mondiale

Il a déclaré que : « Des changements spectaculaires se produisent actuellement en Afrique. Dix-sept pays d’Afrique subsaharienne sur vingt et un qui bénéficient de l’appui de l’Initiative accélérée du programme (FTI), ont un taux brut de scolarisation primaire, c’est-à-dire le nombre d’enfants d’âge scolaire effectivement inscrits à l’école primaire, supérieur à 80 %. »

Il est remarquable que de nombreux pays qui étaient le plus à la traîne ont le plus progressé. À titre d’exemple, la Guinée a réalisé des progrès en matière de taux brut de scolarisation, en passant de 36 % en 1990 à 82 % en 2006.

Le taux d’achèvement du cycle primaire ― c’est-à-dire le pourcentage d'enfants qui terminent leurs études primaires à Madagascar a augmenté de 36 % en 2000 à 58 % en 2005.

« Malgré ces avancées, on ne saurait voir tout en rose. En effet, 33 millions d’enfants en Afrique subsaharienne ne vont pas à l’école aujourd’hui. La qualité de l’éducation est, dans l’ensemble, médiocre. Les taux de redoublement demeurent trop élevés en dépit des récents progrès, et nombre d’enfants ne terminent pas leurs études primaires », a ajouté Bob Prouty.

Dans la plupart des pays bénéficiant de l’Initiative accélérée du programme (FTI), 70 à 80 % de réformes en investissement dans le secteur de l’éducation sont financées à l’échelon local. Les bailleurs de fonds sont déterminés à financer le reliquat dans le cadre de la coopération bilatérale et ceci, grâce au Fonds catalyseur de l’Initiative accélérée du programme (FTI).

En fait, les politiques macro-économiques conditionnent le financement de l’éducation. Le ministre des finances du Malawi, Goodall Gondwe a démontré comment un budget national insuffisant a rendu les réformes de l’éducation et plus particulièrement l’accès à la gratuité de l’éducation de base extrêmement difficiles.

 « Le Malawi a pris une décision courageuse en 1994 en rendant gratuit l’accès à l’éducation de base. Des milliers d’enfants se sont inscrits à l’école, mais faute de l’appui nécessaire des bailleurs de fonds pendant plusieurs années, nous n’avons pas pu faire les investissements qui s’imposaient » a- t-il déclaré.

La Banque mondiale, par l’intermédiaire de l’IDA, est l’un des principaux investisseurs dans le secteur de l’éducation et aide les pays africains à réaliser des progrès dans le cadre de l’Initiative accélérée du programme (FTI).

Elle fournit des rapports d’analyse détaillée et des méthodes d’analyse permettant d’atteindre les objectifs d’un système éducatif national de qualité comme l’exige l’Initiative accélérée du programme (FTI).

« Nous aidons les pays à se doter de moyens d’élaborer des programmes éducatifs fiables et à les mettre en œuvre. Nous visons tous le même objectif, à savoir donner une éducation de qualité aux enfants et nous sommes là pour aider » a déclaré Yaw Ansu.

Au cours du débat, une personne dans le public a posé la question de savoir si le fait de scolariser des millions d’enfants n’a pas un impact sur la qualité de l’éducation.

« Nous continuerons, dans un premier temps à favoriser l’accès à l’éducation à des millions d’enfants africains déscolarisés. Nous mettrons également l’accent sur le relèvement de la qualité de l’éducation et l’amélioration des résultats scolaires. Car, l’Afrique a une population très jeune qu’elle doit éduquer. Ils constitueront la population active et le capital humain dans les vingt prochaines années. Ils construiront des économies capables d’affronter la concurrence internationale », a déclaré Yaw Ansu.

Article rédigé par Angela Bekkers du Secrétariat à l’Initiative accélérée du programme Éducation pour tous




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