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La lutte contre le paludisme au Niger : une journée pour faire le point

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Le 1er mai 2008 — Avec plus d’un million de cas et 1400 décès en 2007, la pandémie du paludisme demeure la première cause de morbidité et de mortalité au Niger. Elle est en nette progression cela en dépit des progrès notables enregistrés en matière de diagnostique et de traitement de la maladie.

C’est dire que le slogan de cette année pour la Journée mondiale du paludisme « Tous unis contre le paludisme »  reste dramatiquement d’actualité.

De même, le Niger s’est approprié le thème de « paludisme sans frontière »  en décidant d’installer la cérémonie de lancement des activités commémoratives du 25 avril à Tamou, une petite ville de rencontres des peuples qui jouxte la frontière du Burkina Faso voisin et qui a la particularité d’être une région endémique du paludisme.

Tamou

Remise de moustiquaires imprégnées au village de Tamou. ©Banque mondiale

Le représentant résidant de l’UNICEF a mentionné dans son discours le fait que ce sont les enfants qui payent le plus lourd tribut à la pandémie. Le représentant de l’OMS quant à lui a réitéré dans sa conclusion l’engagement des partenaires multilatéraux à poursuivre les efforts entrepris au Niger avec le soutien du gouvernement.

Le programme National de lutte contre le paludisme a profité de l’opportunité de ce grand rassemblement des populations rurales pour effectuer des campagnes d’imprégnation de moustiquaires et procéder à des distributions gratuites aux femmes enceintes.

Priorité nationale

Selon le représentant du ministère de la Santé, le paludisme représente 25 % des motifs de consultations ordinaires des formations sanitaires du Niger. Un taux qui peut monter par endroit à 80% pendant la saison pluvieuse (juin, juillet, août). Cela, en dépit d’un plaidoyer au niveau le plus élevé des autorités politiques, de la société civile comme des bailleurs de fonds.

Ainsi le Chef de l’État, le Président Tandja Mamadou comme son épouse qui n’est autre que la marraine du paludisme, s’est  personnellement engagé dans la mise en œuvre de l’initiative « Roll Back Malaria » (RBM) en inscrivant le combat contre la pandémie au rang des priorités nationales.

Le Niger, à l’instar de nombreux pays d’Afrique a adopté une nouvelle stratégie de prévention et de prise en charge des malades. Une stratégie combinant l’utilisation :

i) de nouvelles molécules pour le traitement face à la résistance que connaît la chloroquine dans le pays ;
ii) des moustiquaires imprégnées d’insecticide ;
iii) de l’imprégnation et/ou l’épandage de pesticides pour lutter contre les vecteurs. 

La  stratégie nationale a permis le renforcement des capacités du Programme national de lutte contre le paludisme avec l’acquisition de moyens logistiques et humains conséquents.

Les actions du programme ont été également  intensifiées avec les distributions massives de moustiquaires imprégnées lors des campagnes de vaccination contre la poliomyélite et la rougeole.

Un engagement financier conséquent

Sur le plan financement de la lutte contre le paludisme, à coté des partenaires classiques (Banque mondiale, Fonds mondial, Japon), on note l’intervention de nouveaux bailleurs de fonds comme la coopération  chinoise et la Banque africaine de développement.

De manière plus spécifique, la Banque mondiale finance depuis 2006, le Programme de renforcement et d’appui au secteur de la santé financé pour un coût global de 35 millions de dollars avec une enveloppe de 10 millions de dollars dédiée uniquement à la lutte contre le paludisme.

« Cet appui permettra d’apporter à l’échelle la couverture du pays en médicaments, en moustiquaires imprégnées, et en produits de lutte contre les vecteurs » explique Djibrilla Karamoko, le chargé de projet pour la Banque mondiale.

« Un système de coordination des partenaires a été mis place permettant de discuter des objectifs de couverture et des moyens à mobiliser pour un meilleur accès aux soins des populations. Dans ce cadre, il faut également noter, qu’avec l’appui de la Banque, les soins, y compris les médicaments, sont gratuits à la population notamment les enfants de moins de 5 ans, et les femmes enceintes. » 

Si ces différentes initiatives ont permis des progrès indéniables, tous les orateurs qui se sont succédés à la tribune de la journée de lancement de Tamou, ont été unanimes à considérer que beaucoup reste à faire pour atteindre les objectifs fixés.

L’une des préoccupations étant le coût relativement élevé des nouveaux médicaments utilisant des combinaisons thérapeutiques à base d’artémisinine qui sont beaucoup plus efficaces. Les autorités du ministère de la Santé publique ont donc fait l’appel aux des partenaires bilatéraux et multilatéraux pour une plus grande implication.


Ibrahim Cheick Diop
Spécialiste en communication
      




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