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Un livre offre des outils pour l’instauration de moyens de radiodiffusion indépendants dans les pays en développement

Disponible en: 中文, Español, العربية, English
  • « Les médias peuvent jouer un rôle positif dans la promotion d’une bonne gouvernance et de la responsabilisation. »
  • La radiodiffusion est considérée comme le meilleur média pour atteindre les pauvres et les illettrés.
  • Le guide comprend des conseils sur l’élaboration de lois pour la protection de la libre expression.

Le 2 mai 2008 – Des contreforts de l’Himalaya aux petits villages du Bénin, les gens écoutent la radio ou regardent la télévision. Un nouveau livre vient de paraître qui vise à aider les pays en développement à créer un secteur de radiodiffusion diversifié servant réellement à informer et à habiliter leurs ressortissants.

L’ouvrage intitulé « Broadcasting, Voice and Accountability » (Radiodiffusion, voix et responsabilisation), publié cette semaine par l’Institut de la Banque mondiale, est un guide de bonnes pratiques indiquant les types de politiques, lois et réglementations qui permettent la création de médias libres, indépendants et responsables, mais aussi une plus grande transparence au sein du gouvernement et une augmentation des débats publics.

« L’environnement propice aux médias est essentiel pour le type de supports dont nous disposons et ceux-ci, à leur tour, jouent un rôle critique dans le développement », a déclaré Steve Buckley, co-auteur et président de l’Association mondiale des radiodiffuseurs communautaires. « Les médias peuvent jouer un rôle de freins et contrepoids, garantissant ainsi un bon niveau de gouvernance et de responsabilité. »

Ce livre de 400 pages est l’aboutissement de cinq années de recherches pour six experts en médias ; il a été présenté juste avant la Journée mondiale de la liberté de la presse, le 3 mai à Maputo, au Mozambique, lors d’une conférence sur la liberté d’expression organisée par l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) .

« La radiodiffusion détient un potentiel énorme pour atteindre d’importants objectifs sociaux, notamment l’information des citoyens et l’encouragement à la participation en faveur du développement », a déclaré Toby Mendel, co-auteur et directeur du programme juridique/Asie, ARTICLE 19, Campagne mondiale pour la liberté d’expression.

Favoriser l’instauration de médias libres et indépendants

Le livre sous-titré « A Public Interest Approach to Policy, Law, and Regulation » (Une approche des politiques, des lois et des règlements liée à l’intérêt public), propose une « approche centrée sur l’intérêt public pour favoriser le développement de médias libres, indépendants et pluralistes ».

« Il donne priorité à la radiodiffusion car il s’agit du support présentant le plus grand potentiel pour atteindre et intéresser les populations pauvres et illettrées – le segment de la société le plus désavantagé – dans les pays en développement », a expliqué Kreszentia Duer, co-auteur et membre de l’Institut de la Banque mondiale.

Le livre résume la situation de la radiodiffusion dans différentes régions du monde. La radio est le média le plus répandu en Amérique Latine. Les médias au Moyen-Orient et en Afrique du Nord sont pour la plupart directement contrôlés par l’Etat. La radiodiffusion en Asie est « énormément diversifiée » et a tendance à suivre la voie de la commercialisation. L’effondrement de l’Union soviétique a permis l’apparition d’une radiodiffusion commerciale sur l’ancien territoire de l’Union soviétique, du Bloc de l’Est et de l’Europe centrale, mais un grand nombre de pays s’orientent maintenant vers une radiodiffusion de service public.

La radiodiffusion en Afrique : un pas en avant

« Broadcasting, Voice and Accountability » souligne que l’Afrique subsaharienne, avec sa population majoritairement rurale, préfère la radio. L’ouvrage indique que les radios sous le contrôle de l’Etat atteignent un plus grand nombre d’auditeurs dans la plupart des pays de la région.

Comme l’explique M. Buckley, l’Afrique « a fait de grands pas en avant » ces 15 dernières années en ouvrant le secteur de la radiodiffusion, à mesure que les pays ont progressé sur la voie de la libéralisation et de la démocratisation, mais il reste encore « un long chemin à parcourir » avant la création d’un environnement qui encourage une diversité de services de radiodiffusion – à la fois publics, privés et communautaires.

M. Buckley ajoute qu’en s’inspirant de certaines bonnes pratiques de pays comme notamment l’Afrique du Sud, le Bénin et le Mozambique, le livre peut aider les pays qui engagent des réformes à examiner celles qui ont marché, à chercher des exemples de rédaction, de lois et de réglementations qui pourraient être adaptées à leurs circonstances ».

Le livre sert de guide à l’élaboration des politiques à suivre

Ce livre contient des conseils sur la manière de concevoir des politiques d’action, des lois et des réglementations qui garantissent la liberté d’expression, permettent l’accès à l’information, définissent l’emploi et l’abus des lois sur la diffamation, déterminent les règles en matière de contenu et assurent la liberté d’action des journalistes.

Il comprend des listes de vérification des bonnes pratiques pour créer une instance de réglementation indépendante, réglementer le contenu et la distribution, assurer que la rédaction du service public de radiotélévision est indépendante du gouvernement, mais aussi pour garantir que la radiodiffusion communautaire à but non lucratif peut accéder au spectre des radiofréquences et qu’il existe une concurrence loyale au sein de la radiodiffusion commerciale privée.

« Les informations sur les bonnes pratiques dans le domaine de la radiodiffusion sont très recherchées dans les pays de toutes les régions – en particulier ceux qui ouvrent leur économie et suivent un processus de démocratisation et de décentralisation pour la prestation de services publics » indique Kreszentia Duer. « Ce livre s’appuie ainsi sur la prise de conscience croissante du rôle des médias et de la voix accordée aux gens pour leur permettre de mieux exercer leurs droits et demander des comptes à leurs dirigeants. »





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