Maroc: une confĂ©rence se centre sur les dĂ©fis posĂ©s par le dĂ©veloppement et l’emploi

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  • La croissance Ă©conomique actuelle ne crĂ©e pas suffisamment d’emplois.
  • De nombreux jeunes issus de pays en dĂ©veloppement ne savent ni lire ni Ă©crire.
  • La Banque augmente ses efforts d’appui Ă  la crĂ©ation d’emplois de qualitĂ©.

Le 6 mai 2008—Comment les pays en dĂ©veloppement peuvent-ils capitaliser sur les 1,3 milliard de jeunes afin qu’ils participent Ă  la croissance Ă©conomique et Ă  la rĂ©duction de la pauvretĂ© ?

Comment ces pays peuvent-ils combattre le sous-emploi, les mauvaises conditions de travail, les faibles salaires et l’augmentation de l’inĂ©galitĂ© et de l’exclusion ?

Ces questions seront traitĂ©es les 5 et 6 mai Ă  Rabat, au Maroc, lors de la troisiĂšme ConfĂ©rence sur le dĂ©veloppement et l’emploi parrainĂ©e par la Banque mondiale et l’Institut pour l’étude du travail (Institute for the Study of Labor, IZA (a) ) basĂ© Ă  Bonn.

Environ 170 experts reconnus dans le domaine du travail et de l’emploi traiteront de sujets tels que le travail des enfants, la migration due au travail, le travail informel, la discrimination envers les femmes et la formation.

La confĂ©rence sera suivie d’un forum politique

Le 7 mai aura lieu un forum politique portant sur la maniĂšre de crĂ©er plus d’emplois de meilleure qualitĂ©, avec la participation de dirigeants politiques de l’Afrique du sud, du Maroc, du Mexique, de l’Inde, de l’IndonĂ©sie, ainsi que des reprĂ©sentants de la Banque mondiale, de l’IZA, de l’Organisation de coopĂ©ration et de dĂ©veloppement Ă©conomiques, de l’Organisation internationale du travail, de la Banque interamĂ©ricaine de dĂ©veloppement, de l’universitĂ© de Harvard (a) et du rĂ©seau Women in Informal Employment: Globalizing and Organizing (WIEGO) (a).

« L’emploi et les postes de qualitĂ© sont essentiels Ă  la croissance et Ă  la rĂ©duction de la pauvretĂ© », indique Robert Holzmann, directeur du service de la protection sociale et du travail du rĂ©seau de dĂ©veloppement humain de la Banque mondiale et organisateur de la confĂ©rence.


« Mais une forte croissance n’a pas toujours donnĂ© lieu Ă  des emplois plus nombreux, de meilleure qualitĂ© ou mieux rĂ©munĂ©rĂ©s, dit Ana Revenga, directeur du rĂ©seau Lutte contre la pauvretĂ© et gestion Ă©conomique de la Banque mondiale. Beaucoup de nouveaux emplois dans l’agriculture de subsistance ou dans le secteur informel requiĂšrent peu de compĂ©tences et sont mal payĂ©s », ajoute-t-elle.

« La croissance n’a pas toujours Ă©tĂ© suffisante pour crĂ©er les emplois nĂ©cessaires afin de faire face au nombre important de jeunes entrant sur le marchĂ© du travail des pays dĂ©veloppĂ©s », remarque M. Holzmann.

Les jeunes sont généralement désavantagés sur le marché du travail

D’aprĂšs le Rapport sur le dĂ©veloppement dans le monde 2007 de la Banque mondiale, le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord ont besoin Ă  eux seuls de crĂ©er 100 millions d’emplois d’ici 2020 afin de stabiliser la situation de la rĂ©gion dans ce domaine

De nombreux jeunes se trouvent en position désavantagée sur le marché du travail, en particulier dans les pays en développement. PrÚs de la moitié des chÎmeurs dans le monde sont des jeunes et 130 millions de personnes ùgées de 15 à 24 ans ne savent ni lire ni écrire.

D’aprĂšs M. Holzmann, l’objectif de la confĂ©rence et du forum politique est d’élaborer le corps de connaissances nĂ©cessaires au lancement de politiques efficaces dans les pays en dĂ©veloppement et d’aider les preneurs de dĂ©cisions Ă  analyser ensemble les questions de la crĂ©ation d’emplois, de la formation professionnelle, de l’éducation et d’autres sujets apparentĂ©s.

Deux donations de 500 000 dollars seront annoncĂ©es lors de la confĂ©rence ; l’une est destinĂ©e Ă  la recherche sur la migration due au travail et la performance du marchĂ© du travail dans les pays en dĂ©veloppement, et l’autre sera utilisĂ©e pour analyser la maniĂšre dont les marchĂ©s du travail fonctionnent dans les pays oĂč existent des secteurs informels importants et non rĂ©glementĂ©s. Ces donations sont effectuĂ©es Ă  travers un fonds d’affectation spĂ©ciale multi-donateurs destinĂ© Ă  amĂ©liorer la recherche, aider les pays Ă  renforcer leurs capacitĂ©s Ă  dĂ©velopper des politiques liĂ©es au marchĂ© du travail, et encourager des approches pilotes prometteuses.

Nous avons reçu plus de 180 soumissions en rĂ©ponse Ă  l’appel de propositions pour la confĂ©rence, dĂ©clare Jean Fares, Ă©conomiste principal du rĂ©seau du dĂ©veloppement humain. Le comitĂ© scientifique de la confĂ©rence a acceptĂ© 90 documents provenant de chercheurs originaires du monde entier et travaillant sur les problĂšmes de dĂ©veloppement dans les pays en dĂ©veloppement. La confĂ©rence aura Ă©galement lieu en prĂ©sence de panels d’universitaires renommĂ©s et de responsables politiques.

« Nos pays clients nous demandent des solutions »

D’aprĂšs M. Fares, l’intĂ©rĂȘt vis-Ă -vis des questions liĂ©es au marchĂ© du travail a fortement augmentĂ© au sein de la Banque mondiale et des pays clients de cette derniĂšre. « Nos pays clients nous demandent des solutions. » M. Fares note que, par exemple, l’emploi fait partie des principales questions que le Maroc, pays hĂŽte, veut traiter, ce qui sera reflĂ©tĂ© par la prĂ©sence d’une grande dĂ©lĂ©gation marocaine, dont deux ministres, lors de la confĂ©rence.

M. Holzmann note que la Banque mondiale appuie de plus en plus les efforts des pays stimulant la crĂ©ation d’emplois de qualitĂ©. Le programme proposĂ© sous le nom de MILES se centre sur la macroĂ©conomie, le climat des affaires, les institutions du marchĂ© du travail, l’éducation et les compĂ©tences, ainsi que la protection sociale. L’objectif est de trouver des façons innovantes d’évaluer et de remĂ©dier aux goulots d’étranglement qui empĂȘchent la crĂ©ation d’emplois, puis de les Ă©valuer sur le terrain.

« Actuellement, nous n’avons pas encore une bonne comprĂ©hension du fonctionnement du marchĂ© du travail dans les pays Ă  revenus faibles et moyens. Si l’on ne dispose pas d’un bon modĂšle, il est difficile de prĂ©parer de bonnes politiques », prĂ©cise M. Holzmann.




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