Juan-Jose Daboub Directeur général de la Banque mondiale Forum économique États-Unis - Monde arabe, Washington, D.C. 7 mai 2008 Masae al kheir ! Excellences, Mesdames et Messieurs, Membres de la presse, Je vous remercie de m’avoir invité à parler ce soir devant un parterre de personnalités politiques, de chefs d’entreprises et d’universitaires aussi éminents. Étant moi-même issu d’une famille palestinienne qui a émigré au Salvador il y a plus d’un siècle, le Monde arabe est proche de mon cœur. Tout comme l’importance à accorder à la poursuite et au renforcement de la longue histoire de l’engagement, dans les deux sens, entre le Monde arabe et les Amériques. Permettez-moi de vous faire partager quelques réflexions sur 3 sujets : - les récents succès économiques rencontrés dans le Monde arabe ;
- les opportunités à saisir pour répondre aux défis émergents sur le plan régional et international ;
- le cadre qui permet aux pays arabes de jouer un plus grand rôle face aux problèmes de développement à l’échelle mondiale.
Les récents succès économiques rencontrés dans le Monde arabe Les pays du Monde arabe ont réalisé d’importants progrès économiques ces dernières années. Ce résultat est souvent ignoré dans une région qui a tendance à faire les gros titres de l’actualité pour d’autres raisons. - Depuis 2003, la croissance économique dans l’ensemble de la région a été en moyenne supérieure à 6 % par an – la plus forte performance de croissance soutenue depuis les années 70.
- La croissance s’est accompagnée de créations d’emplois et d’une amélioration des indicateurs sociaux.
La performance économique a été alimentée en partie par la hausse des prix du pétrole. Mais celle-ci n’est qu’un facteur parmi d’autres. Cette forte croissance est également due aux efforts réalisés par les gouvernements pour améliorer le climat des affaires et permettre ainsi au secteur privé de développer une activité économique, créer des emplois et offrir de nouvelles opportunités. Dans cette région, de nombreux pays ont lancé des réformes économiques de grande envergure, améliorant ainsi les perspectives de développement : l’Égypte est un exemple parmi d’autres. Les efforts entrepris par le gouvernement pour améliorer le climat des investissements, simplifier le système d’immatriculation des entreprises et d’enregistrement des propriétés, assurer une meilleure exécution des contrats, faciliter les procédures d’importation et d’exportation et intensifier la concurrence dans les secteurs clés de l’économie ont soutenu la récente croissance annuelle de 7 à 8 %. - Les indicateurs développés par l’équipe Doing Business de la Banque mondiale semblent indiquer que l’Égypte s’est classée au premier rang des pays du monde pour la rapidité de ses réformes en 2007 – progressant de plus de 25 places dans le classement.
- Des efforts similaires pour mobiliser le potentiel du secteur privé peuvent être observés dans d’autres pays voisins.
- L’Arabie saoudite s’est rapidement engagée sur la voie des réformes et est devenue l’un des premiers pays au monde pour ce qui est de la facilité de faire des affaires.
- Les progrès sont également visibles au Maroc, en Tunisie et en Jordanie – pour n’en nommer que quelques-uns.
- Lors d’une récente visite dans les pays du Golfe, j’ai été impressionné par leurs capacités à encourager l’investissement privé dans différent secteurs pour diversifier leurs économies.
- De nombreux pays en développement peuvent tirer des leçons précieuses de cette expérience.
- Le dynamisme et l’habitude de travailler dur du peuple arable sont constamment mis à l’épreuve dans des circonstances très difficiles.
- Les Palestiniens et les Libanais en sont de parfaits exemples. Leurs efforts héroïques doivent être reconnus.
- Mais, il ne s’agit pas ici de parler de MASARI : il s’agit d’éliminer les obstacles, de sorte que les gens puissent prendre leur destin en main.
- Ce n’est pas seulement une question d’aide, mais d’investissement.
- Les leaders politiques de la région ont la capacité et la responsabilité de prêter assistance.
- Des promesses de dons ont été faites à Paris l’an dernier à la fois pour la Palestine et le Liban.
- Les contributions qui ne se sont pas encore concrétisées doivent le devenir.
- J’attends avec impatience de participer à la Conférence sur l’investissement en Palestine qui aura lieu à Bethléem à la fin du mois ; j’aurai ainsi l’occasion de visiter des entreprises qui réussissent malgré un environnement peu propice.
Saisir les opportunités offertes Les réformes entreprises à ce jour dans de nombreux pays fournissent une plate-forme qui permettra de réaliser des progrès à un rythme encore plus rapide. Il est essentiel que les pays puissent saisit les opportunités qui se présentent s’ils veulent générer une croissance économique et des emplois pour la population locale. C’est d’autant plus important qu’il sera nécessaire de créer 80 millions de nouveaux emplois au cours des 15 prochaines années pour le vaste nombre de jeunes dans cette région qui vont entrer sur le marché du travail. Nous nous trouvons également à un point de jonction favorable pour prendre des mesures dès maintenant afin de régler les questions d’actualité concernant l’environnement. Une meilleure gestion régionale des ressources limitées en eau et des investissements pour profiter du créneau des énergies renouvelables permettront d’assurer que la région reste sur la voie d’une croissance durable. Et des efforts supplémentaires seront nécessaires pour permettre aux pays de réagir efficacement à la flambée des prix alimentaires dans le monde. Au niveau national, le programme de réformes dans la plupart des pays de la région n’est que partiellement terminé. Bien que des progrès considérables aient été réalisés, les indicateurs semblent montrer que seuls 3 pays au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (Arabie saoudite, Koweït et Oman) se classent actuellement parmi les 50 premiers pays quant à la facilité de faire des affaires. Malgré une amélioration de plus de 25 places, le classement de l’Égypte en valeur absolue, c’est-à-dire 126e sur 178 pays, indique qu’il reste encore un vaste programme de réformes à mettre en place. D’autres pays à revenu intermédiaire, comme la Thaïlande et la Malaisie, ont su mettre systématiquement en œuvre des réformes de grande envergure pour renforcer un environnement propice aux affaires et accroître la responsabilité des institutions publiques. S’ils se classent parmi les 25 premiers pays pour la facilité à faire des affaires et s’ils réussissent à attirer un très grand volume d’investissements étrangers, ce n’est pas une coïncidence. L’amélioration de la qualité de l’enseignement est la pierre angulaire de l’innovation et l’assurance que les jeunes entrant sur le marché du travail auront les compétences nécessaires pour être compétitifs dans une économie moderne. Les pays du Monde arabe possèdent une longue tradition sur le plan de l’acquisition de connaissances et des bourses d’études. Au cours des siècles, les innovations dans les domaines de la science, de la médicine et des mathématiques sont provenues du Monde arabe. Les pays de cette région ont réussi ces dernières années à étendre l’accès à l’éducation. Lors d’une visite en Oman en février, par exemple, j’ai été impressionné par la réussite sans précédent du programme d’enseignement primaire quasiment pour tous – alors qu’il y a 30 ans, on ne dénombrait qu’une poignée d’écoles. Toutefois, le prochain défi auquel doit s’atteler la région consistera à revigorer la qualité de l’éducation, encourager l’innovation et la pensée critique et fournir les compétences nécessaires aux jeunes pour réussir dans un monde en évolution rapide. Il existe de remarquables établissements d’enseignement et des centres de renommée mondiale au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, qui constituent de solides assises pour le renforcement de la qualité dans l’ensemble des systèmes éducatifs de tous les pays de la région. Pour tirer parti des opportunités offertes et soutenir la croissance et la création d’emplois grâce au secteur privé, il sera également nécessaire de mobiliser les compétences et l’esprit d’entreprise de la population toute entière, notamment des femmes. Lors de visites que j’ai effectuées au Bahreïn, au Koweït et à Dubaï au début de l’année, j’ai rencontré des femmes chefs d’entreprise qui ont une énorme influence dans leurs pays – créant des emplois et offrant des avantages sociaux à leurs communautés. La création d’opportunités, qui permettraient à un plus grand nombre de femmes d’assumer un rôle prépondérant dans les affaires, est indispensable si l’on veut exploiter le plein potentiel de tous les habitants et accélérer encore la prospérité de cette région. De manière plus générale, il sera essentiel d’assurer une plus forte intégration économique entre les pays du Monde arabe afin de créer l’environnement qui permettra aux habitants et aux pays de progresser selon une approche coopérative. Le Monde arabe n’est pas homogène, c’est plutôt une extraordinaire mosaïque d’ethnies et de confessions différentes. Les économies de la région présentent des caractéristiques distinctes, certaines disposant d’abondantes ressources naturelles, d’autres d’un vaste réservoir de main-d’œuvre. D’autre part, les pays arabes partagent une langue, une histoire et une civilisation communes. Dans cet environnement, tous les pays devraient pouvoir bénéficier d’une plus grande intégration régionale de leurs marchés. La diversité est telle que les avantages comparatifs des différentes économies devraient se compléter mutuellement, alors que les valeurs partagées devraient encourager le partenariat et la tolérance. Une plus forte intégration économique entre le Monde arabe et l’économie globale sera aussi un élément fondamental pour assurer la diversification et tirer profit des marchés dans plusieurs secteurs. L’expérience vécue en Asie de l’Est a mis en évidence le rôle que les industries exportatrices des secteurs secondaire et tertiaire peuvent jouer en termes de croissance et d’emplois – même durant le récent ralentissement enregistré sur les marchés aux États-Unis et dans l’OCDE. Les pays arabes ont une longue tradition d’échanges commerciaux entre eux et avec le monde entier. Les marchands arabes ont parcouru les eaux de l’Océan indien pendant des siècles et les images de caravanes de commerçants arabes font partie du folklore. Ma propre famille est la preuve de la longue histoire de l’engagement arabe à l’égard des Amériques. Les membres de la diaspora arabe sont réputés dans toute l’Amérique latine et ailleurs pour leur esprit d’entreprise. Pourtant, malgré cette expérience historique, l’intégration économique entre la région et l’économie mondiale se limite aujourd’hui au secteur de l’énergie. Les efforts entrepris par la Ligue arabe auprès des pays de la région pour faciliter le commerce et les formalités douanières seront un facteur essentiel pour l’intégration économique. La Banque tient aussi à travailler en étroite collaboration avec la Ligue arabe pour apporter son soutien au prochain Sommet économique arabe. Le besoin d’investissements transfrontaliers est considérable, qu’il s’agisse de moyens de transports, de ports plus efficaces, de gestion de l’eau, de meilleurs raccordements pour l’approvisionnement énergétique ou de l’emploi de sources renouvelables (comme l’énergie éolienne et solaire), pour soutenir une plus forte intégration régionale et mondiale. Il sera essentiel de renforcer la gestion régionale des ressources limitées en eau pour soutenir une croissance durable. Quelques pays constatent déjà un ralentissement de leur croissance en raison d’un approvisionnement en eau irrégulier. Et cette situation pourrait empirer à l’avenir. La plupart d’entre nous ici aujourd’hui, et certainement nos enfants, souffrirons personnellement de cette situation dramatique. Il faudra procéder à d’importants investissements, mais ceux-ci à eux seuls ne suffiront pas. Les pays de la région ont besoin de travailler ensemble harmonieusement, de planifier de manière réfléchie et d’adopter des politiques avisées dans toute une gamme de secteurs (agriculture, utilisation des sols, énergie, et bien plus encore) pour faire un emploi plus judicieux des ressources en eau limitées. Les projets d’infrastructure régionale sont un domaine où je suis heureux de constater que la Banque mondiale peut prêter son assistance, conjointement avec des institutions telles que les Fonds Arabes et Islamiques. Ce soutien sera important non seulement pour les investissements publics, mais aussi pour financer l’investissement privé dans les infrastructures régionales indispensables. Encourager l’investissement privé pour améliorer la productivité agricole, d’autant plus nécessaire vu la pénurie des ressources en eau, sera un élément essentiel pour la réussite à long terme de toute politique face à la flambée des prix alimentaires mondiaux. Les prix alimentaires sont une préoccupation majeure. L’an dernier, le prix du blé a augmenté de 120 % et celui du riz de 75 %. Le coût d’une miche de pain a plus que doublé. Les prix d’autres produits de consommation courante ont également augmenté. Il est peu probable que cette situation soit temporaire. Des travaux de recherche donnent à penser que les prix alimentaires devraient rester élevés au cours des prochaines années. La hausse des prix alimentaires est un phénomène mondial provoqué par une série de facteurs. Notamment : - la demande accrue de denrées alimentaires dans les économies émergentes ;
- la hausse des prix des carburants, qui augmente les coûts du transport et des engrais ;
- la baisse du financement de l’agriculture et de la recherche agricole ces dix dernières années ;
- l’emploi accru de cultures vivrières pour la production de biocarburants ;
- le détournement des subventions et les barrières douanières ;
- la spéculation financière ;
- les problèmes dus aux intempéries.
Alors que la hausse des prix alimentaires profite aux ménages et aux pays producteurs, la plupart des pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, principalement des importateurs, en subissent le contre-coup. Dans le cas de plusieurs pays arabes, les effets de la flambée des prix alimentaires ont été compensés, à l’échelle nationale, par l’augmentation des revenus due à la hausse des prix pétroliers. Mais pour ceux qui sont importateurs nets de produits alimentaires et pétroliers, l’effet combiné défavorable est un véritable choc. Les plus démunis en zones urbaines ont été particulièrement touchés, dans les pays arabes comme dans le reste du monde. Dans la plupart des pays développés, les pauvres consacrent environ 75 % de leur revenu à l’achat de denrées alimentaires. À l’échelle mondiale, on estime que la hausse des prix alimentaires a sans doute fait retomber dans la pauvreté près de 100 millions de personnes ces 2 dernières années et que le doublement des prix alimentaires sur une période de 3 ans pourrait faire reculer de 7 ans les objectifs de lutte contre la pauvreté. Robert Zoellick, président de la Banque, propose une approche globale pour répondre à la hausse des prix alimentaires, une sorte de « New Deal » pour la politique alimentaire internationale. Cette nouvelle donne comportera une réponse à court, à moyen et à long terme. Par exemple : - un soutien pour l’instauration de filets de sécurité, comme des programmes de repas scolaires, de travail rétribué en vivres et de transferts conditionnels de fonds ;
- l’augmentation de la production agricole ;
- une meilleure compréhension de l’impact des biocarburants ;
- une intervention sur le plan commercial afin de réduire le détournement des subventions et les barrières douanières.
Les gouvernements doivent agir en faveur des groupes vulnérables de la société. Mais il est tout aussi important que le soutien fourni aux pauvres le soit d’une manière qui n’ait pas pour conséquence de les enfermer dans de nouvelles distorsions de marchés qui entraîneront leurs propres répercussions néfastes par la suite. Toutes les interventions économiques visant à réduire l’impact des prix alimentaires élevés devront être ciblées, temporaires, transparentes, supportables sur le plan fiscal et faire partie d’une approche politique coordonnée qui permet aux marchés locaux de répondre et de s’adapter aux changements, notamment en matière de prix. En outre, le contrôle des prix ou les subventions sans objectif défini risquent de fausser les signaux du marché – ils encouragent le marché noir et, à plus long terme, découragent la production alimentaire. Ils créent également une situation entraînant le risque de corruption. Ce type d’interventions ne fera que prolonger et exacerber en fin de compte le problème des personnes dans le besoin. La Banque a demandé aux pays exportateurs du monde entier de ne pas imposer de restrictions à leurs exportations du fait que celles-ci poussent les prix à la hausse et pénalisent les pauvres. Nous saluons la récente décision de l’Ukraine de lever ses restrictions à l’exportation de céréales, ce qui a eu pour effet immédiat de faire baisser les cours du blé. Au-delà des mesures immédiates visant à atténuer l’impact sur les plus pauvres, toute réaction à plus long terme à la hausse des prix alimentaires doit privilégier l’augmentation de la production alimentaire mondiale. On peut déjà observer que la flambée des prix alimentaires entraîne l’accroissement des surfaces cultivées, bien que celui-ci ne soit pas suffisant. Une hausse de la production céréalière nécessitera aussi de meilleures infrastructures en zones rurales, l’amélioration des systèmes d’irrigation, une plus forte participation du secteur privé dans la production alimentaire, ainsi qu’une meilleure protection du régime foncier et des droits de propriété, entre autres. J’ai discuté avec des investisseurs arabes qui ont souligné le besoin d’une plus grande sécurité sur le plan juridique et d’une meilleure infrastructure des marchés comme conditions préalables à l’investissement dans l’agriculture, dans des pays tels que le Soudan ou ailleurs en Afrique. Un autre élément essentiel est l’existence d’un système commercial plus libéralisé et plus ouvert pour permettre l’exportation de produits alimentaires des pays excédentaires aux pays déficitaires. Les négociations commerciales dans le cadre du Cycle de Doha constituent une occasion unique. S’il y a un moment meilleur que d’autres pour ouvrir les marchés aux importations alimentaires, c’est bien maintenant. Si non maintenant, quand alors ? La Banque mondiale prend ses dispositions pour réagir rapidement à cette crise. Nous avons déjà conseillé les gouvernements de Djibouti et du Yémen sur les options dont ils disposent pour renforcer des filets de sécurité sociale ciblés et atténuer les répercussions sur les pauvres. Au cours des prochaines semaines, nous allons examiner la possibilité de créer une facilité de paiement rapide destinée aux pays particulièrement fragiles et pauvres – ceux disposant d’une faible marge de survie et d’un accès limité au financement. D’autre part, la Banque s’engage à répondre rapidement – dans les limites de son mandat et en coordination avec d’autres organismes – à toutes les demandes de financement ou de conseils de ses clients dans le but d’augmenter la production agricole, d’encourager une hausse des investissements privés et de mieux gérer les ressources limitées en eau. L’initiative du Groupe de la Banque mondiale pour le Monde arabe Le Groupe de la Banque mondiale s’est engagé de longue date à travailler avec les gouvernements, les entreprises et les populations du Monde arabe afin d’encourager le développement économique et social. Pour contribuer des idées, des conseils politiques, partager le financement et les meilleurs modèles à suivre afin que les populations de la région puissent participer et profiter des opportunités qu’offre la croissance. Accorder une plus grande importance au Monde arabe constitue une des six priorités stratégiques du Groupe de la Banque mondiale. Tout en reconnaissant la diversité de la région, cette initiative donne au Groupe de la Banque l’occasion d’augmenter son appui pour répondre aux problèmes régionaux communs, ainsi qu’aux priorités nationales. Les dirigeants avec lesquels j’ai parlé aimeraient voir un engagement accru de la Banque mondiale sur les priorités essentielles. Notamment : - l’appui à de nouvelles réformes économiques et une plus forte intégration économique entre le Monde arabe et l’économie internationale pour permettre la création d’opportunités et d’emplois ;
- l’amélioration de la qualité de l’enseignement pour encourager l’innovation et doter les jeunes de compétences essentielles ;
- une exploitation plus généralisée des talents de la population toute entière, notamment des femmes ;
- une gestion renforcée des ressources limitées en eau et le relèvement des défis environnementaux ;
- l’ouverture de nouvelles opportunités aux personnes se trouvant dans des situations de conflit.
J’apprécie le soutien que des dirigeants régionaux, les entreprises et les groupes de la société civile ont formulé à l’égard de cette initiative, dans le cadre d’un vaste processus consultatif. Les résultats obtenus jusqu’à maintenant sont encourageants et nous sommes résolus à aller encore plus loin. - Le financement procuré par la Banque mondiale pour les investissements publics dans les pays arabes a plus que doublé ces dernières années, passant de 600 millions de dollars en 2002 à plus de 1,3 milliard cette année.
- Le soutien de la Banque a permis de renforcer la prestation de services et d’appuyer les principaux investissements publics.
- Les nouveaux engagements de la Société financière internationale (IFC), membre du Groupe de la Banque, dans les pays arabes sont passés de 300 millions de dollars en 2005 à près de 1 milliard en 2007.
- À titre d’exemple, le soutien de l’IFC permet d’augmenter l’accès au financement du logement dans les territoires palestiniens, ce qui créera plus de 3 000 emplois et permettra à des milliers de gens de trouver de meilleures habitations.
- L’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA), membre du Groupe de la Banque, possède actuellement un portefeuille garantissant plus de 700 millions de dollars d’investissements dans la région.
- Cela inclut notamment une garantie innovante, conforme à la Sharia, pour un investissement par la société Dubai Ports World destiné à moderniser le terminal à conteneurs de Djibouti.
J’espère que la Banque pourra examiner d’autres options de financement islamique pour tous nos secteurs d’activité. Mais le plus important est que la Banque soit en mesure de partager ses connaissances et de prodiguer ses conseils afin de fournir des solutions « sur mesure » aux défis que doivent affronter gouvernements et investisseurs. En tant qu’ancien ministre et homme d’affaires, je comprends le besoin de ne pas prêcher la solution du « modèle universel », mais de travailler avec les clients, qu’ils soient du secteur public ou du secteur privé, pour trouver des réponses pragmatiques. Un élément clé de ce partage de connaissances sera aussi de pouvoir transmettre les leçons tirées des succès réalisés dans la région arabe à d’autres pays en développement. Comment répondre aux défis mondiaux : un plus grand rôle pour le Monde arabe Les succès obtenus dans les pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord ont jeté les bases qui permettront à cette région de jouer un plus grand rôle pour résoudre les défis mondiaux – dans l’intérêt de chacun. Un exemple réside dans la croissance de la richesse souveraine – en particulier dans les pays à marché émergent – qui a été une des tendances les plus notoires ces dix dernières années dans le monde financier. Il est important de reconnaître les opportunités procurées par ces fonds, à la fois pour les investisseurs et pour les pays où ils investissent. La majeure partie des investissements effectués par les fonds souverains, notamment ceux de pays du Moyen-Orient, ont été au centre des efforts mondiaux pour au moins commencer à calmer les récentes turbulences des marchés financiers. Les investissements effectués par les fonds souverains dans les marchés émergents ont le potentiel d’aider à diversifier les portefeuilles, générer des retours sur investissement et procurer le financement nécessaire pour encourager la croissance et la création d’emplois menées par le secteur privé dans les pays en développement. C’est dans ce contexte que M. Zoellick, président de la Banque, a proposé que le Groupe de la Banque mondiale étende son engagement avec les fonds souverains pour aider à surmonter les obstacles à une gestion des actifs à haut rendement et pour élargir les opportunités d’investissement qui leur sont offertes sur les « marchés frontières » dans l’intérêt de toutes les parties. L’offre de possibilités et d’instruments pour encourager les fonds souverains à investir jusqu’à 1 % de leurs actifs en Afrique et dans les économies émergentes n’est pas faite à des fins altruistes, mais tout simplement parce qu’elle s’inscrit dans la logique de l’investissement. Conclusion Guafi al jitam, la région arabe fait face à une série unique d’opportunités et de défis. Les progrès réalisés récemment sont encourageants et ne doivent pas être ignorés. Mais il reste un long chemin à parcourir. Les succès visibles dans les pays en Asie de l’Est, comme la Corée, ainsi que l’expérience de pays arabes tels que les États du Golfe, montrent qu’un progrès rapide peut être réalisé en l’espace d’une seule génération. Les réussites peuvent découler des situations suivantes : · des politiques économiques saines et ouvertes qui peuvent promouvoir le commerce et l’investissement, et qui encouragent les entreprises à affronter la concurrence sur le plan mondial pour devenir les meilleures dans leur domaine d’activité ; · également la saisie des opportunités offertes pour devenir leaders mondiaux dans des domaines tels que l’énergie renouvelable, la gestion de l’eau ou les services financiers ;
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