Variation annuelle du coefficient de Gini dans 59 pays en développement Cliquez ici agrandir
Le 21 mai 2008 – Selon le Rapport sur la croissance, la richesse et l’influence grandissante du monde en développement sur l’économie mondiale indiquent que ces pays partagent une « responsabilité commune » au regard de la stabilité du système financier mondial.
À l’heure actuelle, il n’existe aucune institution internationale pour autoriser les pays en développement à « se décharger correctement de cette responsabilité », constate encore le rapport. Étant donné l’importance croissante des nouveaux acteurs mondiaux, il apparaît nécessaire de rééquilibrer les responsabilités mondiales et leur représentation.
« À mesure qu’augmente le nombre de pays influents, il devient d’autant plus important d’établir un mécanisme fiable pour la coordination de leurs politiques », indique le rapport.
Avec 3,2 billions de dollars, l’économie de la Chine représente désormais environ 20 % de la taille de l’économie américaine. L’économie indienne, pour sa part, avoisine 1 billion de dollars. À la mi-2007, les réserves des banques centrales s’élevaient à 4,5 billions de dollars, la Chine représentant à elle seule 1,6 billion de dollars, un chiffre qui ne fait qu’augmenter.
Parallèlement, les taux d’épargne sont bas aux États-Unis, alors que la Chine continue d’accumuler des réserves au même rythme et de faire progresser rapidement ses excédents commerciaux. Les devises qui suivent le dollar (ou le yuan) ont largement accompagné la devise américaine dans sa trajectoire descendante, allant ainsi à l’encontre de leurs fondamentaux sous-jacents.
Une économie mondiale qui excède sa capacité de gestion
Plusieurs marchés se sont opacifiés et sont devenus difficiles à réglementer, comme l’illustre l’actuelle crise du crédit qui sévit aux États-Unis et en Europe, note le rapport. Les responsabilités des banques centrales « s’étendent désormais bien au-delà de l’inflation et englobent les resserrements de crédit, les ralentissements de croissance et, dans certains cas, les taux de change ».
« Il est clair pour la plupart des observateurs que l’économie mondiale a dépassé notre capacité à la gérer », affirme le rapport. « Cela suppose des risques pour les pays en développement en particulier car ils sont davantage vulnérables aux cessations brutales de crédit et aux revirements soudains de la demande ou de l’offre internationale. »
Tandis que le resserrement du crédit gagne les économies avancées, le rapport souligne également l’importance, pour les pays en développement, de disposer d’un puissant système financier et appelle à une supervision étroite du secteur bancaire afin d’empêcher les banques de pousser trop loin le crédit, ainsi qu’à l’élimination des contrôles de capitaux au seul diapason de la maturité des marchés financiers.
Une institution internationale donnant leur dû aux économies émergentes contrôlerait le système financier à l’affût des tensions financières, des déséquilibres et des fragilités, lui laissant toute latitude pour intervenir précocement afin de réduire les risques d’ajustements trop abrupts et pour « apporter une réponse opportune et coordonnée aux crises qu’il n’aura pas réussi à anticiper, comme celle de la montée des prix alimentaires ».