Variation annuelle du coefficient de Gini dans 59 pays en développement Cliquez ici agrandir
Le 21 mai 2008 –Les pays devraient lutter contre la progression des inégalités de revenus dans le monde en déployant des politiques d’assurance sociale ou d’autres politiques analogues en faveur des travailleurs, plutôt que de s’adonner au protectionnisme industriel, estime le nouveau rapport de la Commission sur la croissance.
La protection des entreprises et des emplois contre la concurrence ne fera que freiner le progrès économique, affirme le rapport. « Il vaut mieux protéger les gens et les revenus, en apportant un soutien aux travailleurs entre deux emplois et en préservant leur accès aux services fondamentaux pendant ces transitions ».
Dans la plupart des pays, les décideurs « ont trop peu fait pour améliorer » les effets de deux tendances : le mouvement rapide de l’activité économique d’un lieu à l’autre et l’impact des technologies économes en main-d’œuvre, notamment dans la sphère du traitement de l’information.
« Ces deux tendances confortent la croissance économique. Mais toutes deux induisent aussi une menace potentielle pour l’emploi et la sécurité professionnelle de certaines personnes », note le rapport.
La hausse de l’inégalité des revenus est principalement imputée à la mondialisation. « Il s’ensuit un scepticisme croissant autour des bienfaits de la mondialisation, aussi bien dans les pays en développement que dans les pays développés », constate le rapport.
En termes politiques, ces attitudes peuvent facilement se traduire par un sentiment protectionniste. Les discussions sur le commerce mondial menées dans le cadre du cycle de Doha, qui ont été vues comme un engagement du monde envers un système commercial multilatéral flexible, devaient se clôturer en 2004 mais, comme l’indique le rapport, elles ne sont toujours pas achevées aujourd’hui.
Les gouvernements peuvent devoir adapter leurs filets de sécurité
« Avec des efforts suffisants de la part des gouvernements et des organisations internationales, les avantages de l’économie mondiale pourraient être répartis de façon équitable et homogène entre les nations et au sein des nations », explique le rapport. « Les gains nets de bien-être issus de l’ouverture offrent de vastes ressources pour compenser les dommages collatéraux de la mondialisation, dans la mesure où les gouvernements manifestent leur volonté politique de gérer le problème. Pour l’heure, la théorie est en adéquation avec cette priorité, mais ce n’est pas le cas de la pratique ».
Les gouvernements peuvent devoir modifier leurs politiques intérieures pour consolider leur soutien à l’ouverture de l’économie mondiale, ajoute le rapport. Ce qui pourrait les contraindre à adapter leurs filets de sécurité, leurs systèmes d’assurance sociale et leur régime fiscal.
« L’approche alternative est bien pire. Elle consiste à geler les systèmes nationaux et à les tenir à l’écart de l’économie mondiale ».
« La concurrence est absolument nécessaire, sous une forme ou sous une autre, à tous les stades du développement économique », explique Robert Solow, prix Nobel et membre de la Commission sur la croissance.