Le 28 mai 2008 — Les chefs d’Etats de plus de 40 pays africains rencontrent des hauts fonctionnaires de pays asiatiques et des dirigeants d’organisations internationales dans le cadre de la quatrième Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD IV) qui se déroule du 28 au 30 mai à Yokohama, au Japon.
La Conférence qui est une initiative du gouvernement du Japon a pour but de promouvoir un dialogue entre les dirigeants africains et leurs partenaires dans le domaine du développement et de permettre une meilleure coopération entre l’Asie et l’Afrique sur les questions relatives au développement.
Les principales questions à l’ordre du jour de la conférence sont :
accélérer la croissance économique ;
garantir la sécurité des personnes (atteindre les objectifs de développement pour le Millénaire (ODM) et consolider la paix et la démocratisation) ; et
aborder les problèmes liés à l’environnement/au changement climatique
Le programme d’action adopté par la TICAD IV, qui comprend un mécanisme de suivi, devrait permettre de répondre à ces enjeux. Les organisateurs de l’évènement, qui ont adopté une approche davantage orientée sur l’action que par les années précédentes, y proposeront des projets spécifiques pour relever ces défis.
Les participants devraient également profiter de cette occasion pour discuter de la crise mondiale des prix des produits alimentaires et de ses répercussions sur l’Afrique. Au cours de l’année dernière, le prix du blé a augmenté de 120 %. Le prix du riz a grimpé de près de 75 % à l’échelle mondiale pour se situer près de ses pics historiques. Cette hausse des prix a provoqué des émeutes dans bon nombre de pays d’Afrique dont le Burkina Faso, le Cameroun, la Guinée, le Mozambique et le Sénégal. Selon les estimations de la Banque mondiale, cette hausse des prix pourrait plonger plus de 100 millions de personnes dans une pauvreté encore plus grande.
Le président du Groupe de la Banque mondiale, Robert B. Zoellick, a prononcé aujourd’hui un discours lors de la séance plénière et il participera également à une discussion sur les prix des produits alimentaires organisée en collaboration avec l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, le Programme alimentaire mondial des Nations Unies et le Fonds international de développement agricole.
Dans son discours lors de la séance plénière de la conférence, M. Zoellick a félicité le Japon pour son aide au développement dans des pays étrangers et en particulier pour sa contribution à la reconstitution des ressources de l’IDA. Il a aussi salué l’intérêt grandissant du Japon pour l’Afrique, un changement de tendance pour ce pays qui concentrait traditionnellement toute son attention sur ses voisins asiatiques.
« Les représentants officiels du Japon et le public japonais reconnaissent l’importance grandissante de l’Afrique. Il est donc utile que les représentants du Japon entendent de la bouche même des dirigeants d’Afrique quels sont leurs projets », affirme M. Zoellick.
M. Zoellick a également déclaré qu’il est convaincu que l’Afrique peut devenir un nouveau pôle de croissance mondiale d’ici une génération.
« J’ai entendu ce qu’une nouvelle génération d’Africains pense être en mesure d’accomplir et j’ai constaté des progrès encourageants », indique M. Zoellick. « Je sais également que les Africains veulent de la croissance. Ils veulent ce que les Japonais et les Européens voulaient lorsqu’ils ont reconstruit leurs propres pays il y a 60 ans, c’est-à-dire des infrastructures, de l’énergie, une intégration des économies régionales au sein d’une économie mondiale ouverte ainsi que l’expansion du secteur privé pour les petites et grandes entreprises ».
La Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD) a vu le jour en 1993 et elle a lieu tous les cinq ans depuis son lancement.
La TICAD a deux objectifs essentiels : 1) promouvoir un dialogue politique de haut niveau entre les dirigeants africains et leurs partenaires ; et 2) obtenir un soutien pour des projets de développement conçus par les Africains eux-mêmes Selon les organisateurs, ces objectifs sont intégrés dans les concepts des principes directeurs de la conférence que sont l’« appropriation » et le « partenariat ».