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Préserver la "Route de la soie" en Chine

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  • En chine, dans la province du Gansu, la protection du patrimoine culturel est sous-financée ; les infrastructures touristiques sont quant à elles sous-développées.
  • Le projet Silk Road (Route de la soie) modifie l’approche de la province en matière de conservation et de développement.
  • Les communautés locales vont bénéficier des retombées du tourisme.

Maijishan, province du Gansu, le 2 juin 2008 - L’enclave boisée de Maijishan, située à l’Est de la province chinoise du Gansu, était autrefois une halte routière favorite pour les marchands et moines qui empruntaient le segment de la Route de la soie situé entre les montagnes de Qilian et le désert de Gobi.

C’est à cet endroit que des fervents notables ont un jour commandité l’un des quatre plus importants groupes de statues bouddhiques de Chine. Au 6e siècle, sous la dynastie Sui, trois figures monumentales, représentant le Bouddha entouré de deux bodhisattvas, ont ainsi été sculptées à même le flanc de la montagne Maijishan et finies à l’argile. Ces sculptures hautes de près de 16 mètres surplombent les touristes. Au total, près de 7 860 statues sont à demi-abritées dans des grottes humides et exposées au vent situées dans diverses parties du parc. Le tout forme un tableau sculptural extraordinaire qui documente la progression du bouddhisme de l’Inde vers la Chine.

Les richesses culturelles et naturelles de Maijishan s’étendent sur 215 kilomètres carrés et constituent un précieux atout pour la deuxième province la plus pauvre de Chine. Cependant, de telles ressources se détériorent rapidement pour différentes raisons : l’humidité et l’érosion causée par le vent, ainsi que de mauvaises infrastructures et des ressources financières très limitées affectées à la conservation, ont laissé d’importants sites du patrimoine culturel du Gansu dans un état de délabrement.

Un projet de la Banque mondiale approuvé le 20 mars 2008 a pour but de réhabiliter le site de Maijishan ainsi que huit autres sites culturels et naturels répartis le long de la Route de la soie dans la province du Gansu. L’idée est d’y développer un tourisme durable pour financer une meilleure conservation des sites.

Reconnaître la valeur des biens culturels

« Le Gansu est l’une des provinces chinoises les plus riches en ressources touristiques, mais les secteurs touristiques n’y sont pas encore bien développés », explique Li Feng, vice-directeur de l’unité provinciale de gestion du projet.

Le tourisme a représenté seulement 3,5 % du PIB de la province en 2005, soit une proportion largement inférieure à la moyenne nationale. « Il y a beaucoup à faire. Il est évident que ce projet sera un grand pas en avant », dit M. Li.

La croissance de l’industrie touristique locale, si elle est bien gérée, améliorera les revenus des citoyens qui habitent près de ces sites. À l’heure actuelle, 42 % des ménages de Maijishan vivent sous le seuil de la pauvreté qui est de 860 yuans (environ 120 dollars) par personne par année.

Même si le projet de la Banque mondiale n’a été approuvé que récemment, sa préparation minutieuse a déjà eu une influence sur la façon dont les autorités locales perçoivent le développement de cette région. Au lieu de vouloir construire des parcs de loisirs et des lacs artificiels pour favoriser le tourisme à court terme, « les planificateurs pensent désormais au développement durable, à l’impact social et à la conservation », explique Mara Warwick, chef d’équipe du projet de la Banque mondiale.

Une partie du prêt de 38,4 millions de dollars accordé par la Banque mondiale sera consacrée au financement d’un vaste travail de conservation de qualité dans les zones négligées de Maijishan. De meilleures toitures et un système de drainage plus efficace permettront de protéger les reliques contre le vol et les dommages causés par les intempéries. Le prêt permettra également aux autorités locales de paver les chaussées de cette zone scénique afin de créer de nouvelles routes touristiques et de partager les retombées économiques de ce tourisme avec les villageois qui vivent sur place.

Les résidents de cette région tireront parti des améliorations d’infrastructures

L’amélioration des infrastructures constitue en fait la première priorité de ce projet. Lorsque le chemin boueux de 30 kilomètres menant à Quxi (une belle vallée où deux écosystèmes se rencontrent dans la région de Maijishan) sera pavé plus tard cette année, les résidents du village de Caotan auront un meilleur accès aux marchés et aux emplois.

À l’heure actuelle, les habitants doivent choisir entre une agriculture de subsistance et la migration. Le tourisme pourrait leur offrir une solution plus intéressante à l’heure où les agriculteurs sont encouragés à cesser de cultiver les terres inclinées et à y planter des arbres pour prévenir l’érosion.

Prenons par exemple Sun Jinsheng, l’un des habitants du village de Caotan. M. Sun a trois enfants, et deux d’entre eux sont partis très loin du village travailler dans des usines de la côte chinoise en plein essor. Toutefois, sa plus jeune fille a trouvé un travail de serveuse dans une grande auberge de la zone touristique, à une heure de motocyclette de chez elle.

Les activités touristiques à petite échelle ont déjà des retombées

D’autres habitants tirent parti au maximum des possibilités existantes. Lors d’une récente visite dans la région :
- Lili Piang, une agricultrice locale, se tenait au pied de la montagne en forme de meule de foin caractéristique de Maijishan pour prendre en photo des touristes venus de la capitale provinciale Lanzhou et leur vendre le cliché en souvenir.
- Youxu Dong, un jeune écolier de 12 ans, essayait quant à lui de vendre des pommes sauvages à des touristes pour payer ses livres d’école.
- Lu Suihua, une habitante du village de Qianchuan, faisait voir aux visiteurs les porte-bonheur qu’elle sculpte dans le bois des pêchers et qu’elle vend pendant la haute saison touristique.

Près de l’entrée Ouest de Maijishan, le village de Houchuan est paré de lanternes rouges accueillantes. Environ 40 ménages y offrent désormais des services de logement et de restauration à petite échelle pour les touristes. Une nouvelle route et un service d’autobus reliant toutes les heures la région scénique à Tianshui, la ville la plus proche, ont aidé à accroître le nombre de voyageurs indépendants qui veulent y passer la nuit pour visiter la région.

Les revenus annuels par habitant du village sont passés de 600 yuans (84 dollars) à près de 2 400 yuans (336 dollars) depuis l’ouverture des gîtes. « Une telle hausse aurait été impossible avec l’agriculture », commente Zhu Tian Shen, un ancien agriculteur de 44 ans qui a commencé à accueillir des touristes en 2003. « Avant, je pouvais à peine me nourrir », dit-il. M. Zhu possède désormais une voiture et une impressionnante collection de calligraphies.

Chen Shun Cheng, le maire du village âgé de 50 ans, affirme que le tourisme a fait progresser de manière significative les revenus et le niveau d’éducation. « Il y a actuellement 120 enfants du village qui vont à l’école et plus de 20 personnes qui vont à l’université. Il y a 15 ans, tout cela était impensable. Nous élevions nos enfants pour qu’ils travaillent dans les champs ».

Le nombre de personnes visitant Maijishan devrait continuer à augmenter, passant de 300 000 en 2004 à un million de visiteurs cette année. Cependant, les revenus directs et indirects provenant du tourisme sont difficiles à prévoir. Ce qui est certain, c’est que « l’agriculture n’est plus possible », dit M. Chen. En effet, au cours des années, près de 90 % des terres agricoles du village ont été replantées avec des arbres pour des raisons environnementales.

 

David Dollar, Directeur des opérations de la Banque mondiale en chine blogue sur le développement du tourisme en Chine  (a)
La Banque mondiale en Chine (a)
  

 

 

Ce projet permettra la conservation et le développement de 9 sites sur la "Route de la soie".

 

 

Des figures monumentales ont été sculptées à même le flanc de la montagne au 6ème siecle.

 

 

Lili Piang, une agricultrice locale, gagne de l'argent en prenant en photos des touristes.

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