Contacts : Ă Rome : Alexander Ferguson +1 202 640 8354 aferguson@worldbank.org Rachel Winter Jones +.33.6.23.14.17.45 rjones1@worldbank.org; Ă Washington : Carl Hanlon chanlon@worldbank.org +1 202 473 8087  ROME, le 3 juin 2008 â Le prĂ©sident du Groupe de la Banque mondiale, Robert B. Zoellick, a dĂ©clarĂ© aujourdâhui quâil appartient aux participants au Sommet de lâalimentation de sâengager Ă venir en aide aux 20 pays du monde les plus vulnĂ©rables dans les toutes prochaines semaines, avant que la flambĂ©e des prix alimentaires ne condamne des millions de personnes de plus Ă vivre dans la pauvretĂ© ou Ă souffrir de malnutrition.  Traçant trois lignes dâaction prioritaires pour cette rĂ©union consacrĂ©e Ă la crise alimentaire, M. Zoellick a estimĂ© que les organisations et pays reprĂ©sentĂ©s Ă Rome doivent Ă©galement sâengager Ă mettre semences et engrais Ă la disposition des petits exploitants agricoles pour les mois de semailles Ă venir, et sâentendre sur un appel Ă la levĂ©e des interdictions et restrictions sur les exportations de produits alimentaires.  « Globalement, nous avons estimĂ© que cette crise pourrait faire basculer 100 millions de personnes dans la pauvreté â 30 millions sur le seul continent africain », a-t-il dĂ©clarĂ© devant les participants Ă ce sommet. « Il ne sâagit pas lĂ dâune catastrophe naturelle, mais dâune situation due Ă lâhomme et Ă laquelle nous pouvons remĂ©dier. Cela ne requiert pas de complexes travaux de recherche : nous savons ce quâil y a Ă faire ; tout ce quâil nous faut, câest mettre en Ćuvre une action et des ressources en temps rĂ©el. »  Comme lâa expliquĂ© son prĂ©sident, la Banque mondiale a procĂ©dĂ©, avec le Programme alimentaire mondial (PAM) et lâOrganisation des Nations Unies pour lâalimentation et lâagriculture (FAO), Ă une Ă©valuation des besoins de 28 pays, et 15 autres Ă©tudes de ce type sont en cours de rĂ©alisation. Cela a permis dâidentifier 20 pays pour lesquels une aide immĂ©diate sâimpose dâici Ă la rĂ©union du Groupe des Huit, en juillet.  Cela doit se traduire selon lui par un appui en matiĂšre de filets de protection sociale, de programmes dâalimentation scolaire et de vivres contre travail, de protection de la mĂšre et de lâenfant, de transferts monĂ©taires conditionnels et dâappui budgĂ©taire. « Cela peut se faire par le biais du PAM, de lâUNICEF, de la FAO et des banques de dĂ©veloppement », a-t-il ajoutĂ©. « AprĂšs lâaide alimentaire directe du PAM, câest lĂ que le financement doit aller. »  Pour M. Zoellick, une autre prioritĂ© dans les mois qui viennent consiste Ă approvisionner en semences et engrais les pays en dĂ©veloppement dans lesquels les petits exploitants seraient en mesure dâaccroĂźtre leur production lors de la campagne Ă venir. Dâores et dĂ©jĂ , les responsables africains ont identifiĂ© 15 pays prioritaires pour une intervention rapide Ă ce niveau.  Le troisiĂšme ordre de prioritĂ©, selon lui, est constituĂ© par les 28 pays qui ont imposĂ© des interdictions sur les exportations de produits alimentaires. Ces interdictions et autres restrictions ont encouragĂ© un phĂ©nomĂšne de monopolisation et fait monter les prix, au prĂ©judice des populations les plus dĂ©munies. Le prĂ©sident de la Banque a demandĂ© instamment aux pays dâabolir immĂ©diatement les restrictions et taxes concernant les achats et le transport de produits alimentaires rĂ©pondant Ă des besoins humanitaires, ainsi que les expĂ©ditions de denrĂ©es destinĂ©es Ă des Ătats fragiles et Ă des pays moins dĂ©veloppĂ©s.  « Si nous entreprenons ne serait-ce que ces trois actions, nous qui sommes rĂ©unis ici Ă Rome pourrons faire une diffĂ©rence, et permettre Ă des millions dâavoir de la nourriture sur la table au lieu dâen ĂȘtre privĂ©s », a-t-il dit. « Le choix est clair. »  Dans la perspective du Sommet du G8, le mois prochain, M. Zoellick a invitĂ© les dirigeants Ă sâattaquer au problĂšme Ă plus long terme consistant Ă multiplier par deux la production mondiale de produits alimentaires sur les 30 annĂ©es qui viennent. Dans un commentaire publiĂ© la semaine derniĂšre dans les colonnes du Financial Times, il avait dĂ©fini les mesures Ă prendre pour sâattaquer Ă cette crise alimentaire. Son plan en dix points vise notamment Ă renforcer le niveau de production et de productivitĂ© des pays en dĂ©veloppement dans le domaine agricole, pour leur permettre de tirer profit de la demande croissante de produits alimentaires. Cette stratĂ©gie Ă plus long terme fera notamment appel Ă la recherche agronomique dans lâoptique dâune multiplication par trois des rendements, et Ă la mise en place dâoutils de gestion des risques pour assurer une protection aux agriculteurs Ă faibles revenus. La rĂ©duction progressive des subventions, mandats et mesures tarifaires sur les biocarburants devrait Ă©galement sâinscrire dans ce train de mesures Ă long terme, ainsi que la conclusion du cycle de nĂ©gociations commerciales de Doha.  à lâappui de ce programme, la Banque mondiale a mis en place, la semaine derniĂšre, un mĂ©canisme dâintervention en rĂ©ponse Ă la crise alimentaire mondiale visant Ă dĂ©caisser, selon des procĂ©dures accĂ©lĂ©rĂ©es, 1,2 milliard de dollars pour faire face aux besoins immĂ©diats, y compris 200 millions de dollars sous forme de dons aux pays particuliĂšrement vulnĂ©rables. Des dons de ce type ont dĂ©jĂ Ă©tĂ© approuvĂ©s pour HaĂŻti, Djibouti et le LibĂ©ria, et dâautres opĂ©rations sont en cours dâĂ©laboration pour le Togo, le Tadjikistan et le YĂ©men. Globalement, le Groupe de la Banque mondiale a annoncĂ© quâil se donne de renforcer son appui Ă lâagriculture et aux activitĂ©s ayant trait Ă lâalimentation pour le porter, dans lâannĂ©e qui vient, de 4 à 6 milliards de dollars.  Â
|