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À la Conférence de Rome, Robert B. Zoellick lance un appel pour une action urgente en faveur des 20 pays les plus vulnérables

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ROME, le 3 juin 2008 — Le président du Groupe de la Banque mondiale, Robert B. Zoellick, a déclaré aujourd’hui qu’il appartient aux participants au Sommet de l’alimentation de s’engager à venir en aide aux 20 pays du monde les plus vulnérables dans les toutes prochaines semaines, avant que la flambée des prix alimentaires ne condamne des millions de personnes de plus à vivre dans la pauvreté ou à souffrir de malnutrition.

 

Traçant trois lignes d’action prioritaires pour cette réunion consacrée à la crise alimentaire, M. Zoellick a estimé que les organisations et pays représentés à Rome doivent également s’engager à mettre semences et engrais à la disposition des petits exploitants agricoles pour les mois de semailles à venir, et s’entendre sur un appel à la levée des interdictions et restrictions sur les exportations de produits alimentaires.

 

« Globalement, nous avons estimé que cette crise pourrait faire basculer 100 millions de personnes dans la pauvreté — 30 millions sur le seul continent africain », a-t-il déclaré devant les participants à ce sommet. « Il ne s’agit pas là d’une catastrophe naturelle, mais d’une situation due à l’homme et à laquelle nous pouvons remédier. Cela ne requiert pas de complexes travaux de recherche : nous savons ce qu’il y a à faire ; tout ce qu’il nous faut, c’est mettre en œuvre une action et des ressources en temps réel. »

 

Comme l’a expliqué son président, la Banque mondiale a procédé, avec le Programme alimentaire mondial (PAM) et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), à une évaluation des besoins de 28 pays, et 15 autres études de ce type sont en cours de réalisation. Cela a permis d’identifier 20 pays pour lesquels une aide immédiate s’impose d’ici à la réunion du Groupe des Huit, en juillet.

 

Cela doit se traduire selon lui par un appui en matière de filets de protection sociale, de programmes d’alimentation scolaire et de vivres contre travail, de protection de la mère et de l’enfant, de transferts monétaires conditionnels et d’appui budgétaire. « Cela peut se faire par le biais du PAM, de l’UNICEF, de la FAO et des banques de développement », a-t-il ajouté. « Après l’aide alimentaire directe du PAM, c’est là que le financement doit aller. »

 

Pour M. Zoellick, une autre priorité dans les mois qui viennent consiste à approvisionner en semences et engrais les pays en développement dans lesquels les petits exploitants seraient en mesure d’accroître leur production lors de la campagne à venir. D’ores et déjà, les responsables africains ont identifié 15 pays prioritaires pour une intervention rapide à ce niveau.

 

Le troisième ordre de priorité, selon lui, est constitué par les 28 pays qui ont imposé des interdictions sur les exportations de produits alimentaires. Ces interdictions et autres restrictions ont encouragé un phénomène de monopolisation et fait monter les prix, au préjudice des populations les plus démunies. Le président de la Banque a demandé instamment aux pays d’abolir immédiatement les restrictions et taxes concernant les achats et le transport de produits alimentaires répondant à des besoins humanitaires, ainsi que les expéditions de denrées destinées à des États fragiles et à des pays moins développés.

 

« Si nous entreprenons ne serait-ce que ces trois actions, nous qui sommes réunis ici à Rome pourrons faire une différence, et permettre à des millions d’avoir de la nourriture sur la table au lieu d’en être privés », a-t-il dit. « Le choix est clair. »

 

Dans la perspective du Sommet du G8, le mois prochain, M. Zoellick a invité les dirigeants à s’attaquer au problème à plus long terme consistant à multiplier par deux la production mondiale de produits alimentaires sur les 30 années qui viennent. Dans un commentaire publié la semaine dernière dans les colonnes du Financial Times, il avait défini les mesures à prendre pour s’attaquer à cette crise alimentaire. Son plan en dix points vise notamment à renforcer le niveau de production et de productivité des pays en développement dans le domaine agricole, pour leur permettre de tirer profit de la demande croissante de produits alimentaires. Cette stratégie à plus long terme fera notamment appel à la recherche agronomique dans l’optique d’une multiplication par trois des rendements, et à la mise en place d’outils de gestion des risques pour assurer une protection aux agriculteurs à faibles revenus. La réduction progressive des subventions, mandats et mesures tarifaires sur les biocarburants devrait également s’inscrire dans ce train de mesures à long terme, ainsi que la conclusion du cycle de négociations commerciales de Doha.

 

À l’appui de ce programme, la Banque mondiale a mis en place, la semaine dernière, un mécanisme d’intervention en réponse à la crise alimentaire mondiale visant à décaisser, selon des procédures accélérées, 1,2 milliard de dollars pour faire face aux besoins immédiats, y compris 200 millions de dollars sous forme de dons aux pays particulièrement vulnérables. Des dons de ce type ont déjà été approuvés pour Haïti, Djibouti et le Libéria, et d’autres opérations sont en cours d’élaboration pour le Togo, le Tadjikistan et le Yémen. Globalement, le Groupe de la Banque mondiale a annoncé qu’il se donne de renforcer son appui à l’agriculture et aux activités ayant trait à l’alimentation pour le porter, dans l’année qui vient, de 4 à 6 milliards de dollars.

 

 


Pour en savoir plus, veuillez consulter le site des Projets.



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